Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 19,25-27.
Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la soeur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine. Jésus, voyant sa mère, et près d'elle le disciple qu'il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui.
Comme c'est étrange... Il y a six mois aujourd'hui, je me tenais à côté de ma mère, de mes sœurs et d'une de mes tantes, et je voyais ma mère le visage fixé sur l'urne funéraire qu'un employé des pompes funèbres venait, très dignement d'ailleurs, de placer dans le colombarium. Elle regardait ainsi, fixement, et je me demandais comment elle pouvait voire autre chose que l'urne dans son logement.... Je me demandais aussi combien de temps nous allions rester là.
Au bout d'une dizaine de minutes, un peu agacé, je suis parti trouver les ouvriers communaux pour leur demander ce qu'ils attendaient pour placer le carreau de marbre et sceller l'orifice: "Nous attendons que la famille ait fini de se recueillir..." Alors, je suis retourné auprès de ma mère, je lui ai glissé un mot à l'oreille et ensuite je l'ai soutenue pour retourner à la voiture. "N'aie pas peur, lui ai-le dit. Ne sens-tu pas cette énergie, cette force qui est dans l'air ?" Et elle m'a répondu : "Je sais, je la sens depuis que le cercueil a été déposé dans l'allée centrale de l'église ce matin".
Oui, je sais, ceci n'est pas un commentaire de l'Évangile, mais simplement un souvenir. Cependant, si ce texte me rappelle tous ces détails, c'est bien parce que le Seigneur s'est fait proche de nous dans toutes les circonstances de toutes nos vies. Et cette énergie que je ressentais était comme une "lumière noire", une onde qui se dégageait - comme l'avait bien noté ma mère, de notre présence à l'église dès le matin et qui semblait contredire l'événement que nous vivions. En fait, elle ne le contredisait pas, mais rayonnait au-delà de lui, du décor, des vêtements sombres (mais nous, la famille proche, portions du blanc), des têtes sévères, du deuil, du chagrin et de la simple pensée de la mort.
Cette étrange aura se dégageait aussi des lectures choisies, de la croix toute dorée posée près de l'autel, de la cantate de Bach que papa préférait, de l'union de nos coeurs. Quelques minutes avant la sortie de la messe, nous avions entonné:
Sur le seuil de sa maison, Notre Père t'attend
Et les bras de Dieu S'ouvriront pour toi
Quand les portes de la vie S'ouvriront devant nous,
Dans la paix de Dieu, Nous te reverrons.
Par le sang de Jésus-Christ Par sa mort sur la croix,
Le pardon de Dieu, Te délivrera
L'eau qui t'a donné la vie Lavera ton regard
Et tes yeux verront Le salut de Dieu.
Quand viendra le dernier jour A l'appel du Seigneur
Tu te lèveras Et tu marcheras
Comme à ton premier matin Brillera le soleil
Et tu entreras Dans la joie de Dieu.
Ce chant avait été celui des funérailles la mère de mon père, qui en avait parlé vers la fin de sa maladie.
Je me souviens encore que pour la première fois, en vingt-cinq ans, j'ai croisé mon Eric dans une église et qu'il avait qu il m'a dit, les larmes aux yeux: "C'était vraiment une belle cérémonie !"
Je note encore que le testament de Jésus a tenu en six mots - et que c'étaient des mots de consolation et d'amour... et, enfin, que si Jésus n'avait pas confié Marie à Jean et Jean à Marie, nous n'aurions jamais, ce 15 avril 2008, éprouvé ces sentiments de force qui rappellent : "Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu" !
15/9/2008 - Stabat Mater
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etienne lorant
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15/9/2008 - Stabat Mater
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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