"Il nous a dit que le film montrait ce qu'il avait connu. Et que le nazisme aurait dû être arrêté des le commencement mais qu'il y a beaucoup de lâcheté dans l'homme."
vous lui avez demande comment a son avis on aurait pu l'arrêter ?
La Chute de Oliver Hirschbiegel
Bonjour Charles
De la même manière, le monde germanique n'a pas été capable de résister durablement, à l'époque moderne, au flot culturel de l'Italie puis surtout de la France. Au 18ème siècle, pour faire bien en Allemagne, il faut parler français (et, comme Frédéric de Prusse, parler en allemand à ses chiens). Tous les critères culturels sont soit français, soit influencés par la France, par le monde des "welches". Culturellement, depuis le 17ème siècle, l'Allemagne subit en permanence, là aussi. Et c'est déjà le cas avant (la révolte de Luther peut être comprise comme une révolte contre le monde latin : "Italien heisst uns bestias"). C'est encore le cas aujourd'hui, mais envers quelqu'un d'autre - il n'y a pas de pays européen plus servile envers la culture américaine que l'Allemagne.
Ce pays, jusqu'en 1945, est donc tout entier construit sur le ressentiment à l'encontre des autres et surtout la sphère latine et notamment française. Seulement, les Français, les Latins, on ne peut pas les dévaloriser, on se positionne à eux, on les hait, mais on ne peut pas s'en détacher (ça fait très girardien je crois...). D'où aussi le besoin de Slaves, qui selon les Allemands fournissent le stock de ploucs par rapport auxquels on peut se sentir supérieur... Sans parler des malheureux Juifs.
Et voilà que tout d'un coup, à la fin du 19ème siècle, ce pays s'unit, devient fabuleusement riche, dépasse tous les autres en 20 ans, dans tous les domaines - enfin, il pense pouvoir s'affirmer, naturellement en tapant un peu sur ses voisins. Et malgré tous ses avantages, toutes ses qualités, malgré tout cela, en 1918, ça rate ! Ajoutez-y un million de morts, la perte de plusieurs territoires, une crise économique, et vous comprendrez pourquoi, dans l'entre-deux-guerres, malgré toutes leurs horreurs de 14-18, ils se sont un peu énervés...
En fait la "blessure du narcissime allemand" provient de choses beaucoup plus générales. C'est qu'à l'époque où les voisins des Allemands étaient unis et devenaient forts (construction de l'Etat, etc.), eux vivaient dans des petits royaumes, des petites principautés, qui subissaient en permanence. On sous-estime beaucoup le souvenir qu'ont laissé, par exemple, les guerres du 17ème siècle (guerre de Trente ans et aussi - très important - les campagnes de Louis XIV qui ont été comprises comme des humiliations).Charles a écrit :
Evidemment ce n'est pas un jugement que je porte, on peut décrire les circonstances socio-économiques favorables à de telles hystéries collectives. Mais cependant, il y a bien quelque chose d'étrange : cet argument de l'humiliation du traité de Versailles, l'humiliation d'une nation qui pendant 4 années a porté la guerre sur un sol étranger, en terre de France, et qu'elle a ravagé, déchiré des Vosges à la Mer du nord... Comment comparer la blessure du narcissisme allemand à celle des campagnes de Champagne, d'Artois, de la Somme et de la Meuse ???
De la même manière, le monde germanique n'a pas été capable de résister durablement, à l'époque moderne, au flot culturel de l'Italie puis surtout de la France. Au 18ème siècle, pour faire bien en Allemagne, il faut parler français (et, comme Frédéric de Prusse, parler en allemand à ses chiens). Tous les critères culturels sont soit français, soit influencés par la France, par le monde des "welches". Culturellement, depuis le 17ème siècle, l'Allemagne subit en permanence, là aussi. Et c'est déjà le cas avant (la révolte de Luther peut être comprise comme une révolte contre le monde latin : "Italien heisst uns bestias"). C'est encore le cas aujourd'hui, mais envers quelqu'un d'autre - il n'y a pas de pays européen plus servile envers la culture américaine que l'Allemagne.
Ce pays, jusqu'en 1945, est donc tout entier construit sur le ressentiment à l'encontre des autres et surtout la sphère latine et notamment française. Seulement, les Français, les Latins, on ne peut pas les dévaloriser, on se positionne à eux, on les hait, mais on ne peut pas s'en détacher (ça fait très girardien je crois...). D'où aussi le besoin de Slaves, qui selon les Allemands fournissent le stock de ploucs par rapport auxquels on peut se sentir supérieur... Sans parler des malheureux Juifs.
Et voilà que tout d'un coup, à la fin du 19ème siècle, ce pays s'unit, devient fabuleusement riche, dépasse tous les autres en 20 ans, dans tous les domaines - enfin, il pense pouvoir s'affirmer, naturellement en tapant un peu sur ses voisins. Et malgré tous ses avantages, toutes ses qualités, malgré tout cela, en 1918, ça rate ! Ajoutez-y un million de morts, la perte de plusieurs territoires, une crise économique, et vous comprendrez pourquoi, dans l'entre-deux-guerres, malgré toutes leurs horreurs de 14-18, ils se sont un peu énervés...
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