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La catastrophe du Collège des Bernardins

Publié : mer. 10 sept. 2008, 12:08
par Charles
[ L'équipe de modération rappelle aux lecteurs que les propos tenus par les intervenants du forum ne reflètent que l'opinion de leurs auteurs. Notre règlement n'interdit pas d'exprimer un avis critique sur l'art contemporain ni de discuter - dans la charité - les orientations des autorités de l'Église. | Christophe ]

Voilà donc ce que sera la programmation du Collège des Bernardins :

"L'art révèle à l'homme ce que les mots ne peuvent dire et qui jaillit de la sensibilité créatrice des artistes. Il explore les profondeurs de l'âme humaine. Il exprime la condition de l'homme et les interrogations et les attentes de son époque.
Ainsi, au Collège des Bernardins :
I Une place importante est donnée à l'expression artistique (arts plastiques, musique, cinéma) avec des expositions, des concerts et des projections sur place.
I L'art contemporain est privilégié au regard du patrimoine artistique.
Il s'agit de donner à voir et à entendre l'art tel qu'il est sans a priori thématique ou religieux... en permettant chaque fois que c'est possible une rencontre du public avec les créateurs ou les interprètes.
Aider les gens à prendre le temps d'être interpellés par l'œuvre, à se poser des questions... Pourquoi cela ? Pourquoi ici ? 
Et ensuite, ensuite seulement, entrer dans un regard, une compréhension, proposer un éclairage, des perspectives..
Expositions : place aux artistes contemporains

Chaque année, deux ou trois artistes de stature internationale choisis par un comité d’experts du monde de l’art sont invités à exposer leurs œuvres dans la grande nef du Collège des Bernardins ou dans l’ancienne sacristie.
Plusieurs expositions font l’objet de l’édition d’un catalogue qui prolonge le séjour de l’artiste et de son œuvre au Collège des Bernardins et fait écho des réflexions que cette intervention aura suscitées.
"


"Du 01/10/08 au 31/01/09
Une création pour le Collège des Bernardins
A l’invitation du Collège des Bernardins, Claudio Parmiggiani a conçu une installation puissante et spectaculaire qui entre en résonnance avec l’histoire comme avec l’architecture du lieu. L’œuvre, qui fait revivre la mémoire de l’enseignement et du savoir dispensés dans ce lieu, se constitue en chambre de résonnance et en révélateur. Le visiteur est incité à entrer en empathie avec l’énergie du lieu comme avec l’émotion que celui-ci a fait naître chez l’artiste. « Certains lieux ont une énergie, ils palpitent, d'autres pas. Si l'on fait un trou dans le mur de n'importe quelle cathédrale du Moyen Âge, il en sort du sang ; si l'on fait un trou dans le mur d'un musée, il n'en sort rien. J'ai le désir toujours plus fort non pas de produire des objets, aussi raffinés soient-ils, non pas de mettre en place de quelconque façon des objets dans l'espace, mais de créer des lieux psychologiques, des lieux évocateurs qui transmettent une secousse aux sens. Des lieux qui aient une voix, un coeur qui bat dans l'épaisseur des murs. »
À ce titre, aucun cadre ne pouvait mieux convenir à l’artiste que le Collège des Bernardins, qui allie à la fois la beauté de l’architecture, le caractère mystique d’un bâtiment religieux, la densité intellectuelle d’une ancienne université qui renoue aujourd’hui avec sa fonction pédagogique, et la force d’un passé qui a épousé les grands moments de l’histoire religieuse et civile. « Ma première sensation, dit-il, a été celle d’un lieu d’une grande spiritualité, d’une grande pureté, avec une très belle lumière qui ajoutait beaucoup à cette spiritualité. C’était un lieu exceptionnel. » À la force du lieu, va répondre la force de l’œuvre : par la remémoration de la mémoire intellectuelle et spirituelle du Collège, mais aussi par la mise en scène de la destruction et de l’oubli, Claudio Parmiggiani nous propose, plus qu’une œuvre, l’expérience d’une révélation
."

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"Du 18/03/09 au 07/06/09
Gérard Titus-Carmel présente dans la nef une série homogène inspirée de la Crucifixion du retable d’Issenheim, peinte par Mathias Grünewald, en 1512-1515 et conservé au musée d’Unterlinden à Colmar. 

Cette série est composée de 159 dessins, réalisés entre 1994 et 1997, et d’une peinture (400 x 300 cm), reprenant la composition de l’œuvre de Grünewald. Cette peinture est l’aboutissement de la série des dessins : on y retrouve, dans un même cadre, les différents détails qui ont été au centre de la recherche de l’artiste.
En s’attardant dans ses dessins sur les détails de la peinture de Grünewald, l’artiste fragmente le tableau initial, et pénètre ainsi dans la composition elle-même. Chacun de ses dessins est un arrêt sur image, l’analyse d’une forme, une réflexion.
"

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Je n'ai pas le temps de commenter tout de suite, mais on retrouve dès les première ligne toute la médiocrité, le mensonge, le cynisme de l'art contemporain... C'est une vraie catastrophe. On avait des curés athées, on a maintenant un centre catholique d'art contemporain...

Re: La catastrophe du Collège des Bernardins

Publié : mer. 10 sept. 2008, 13:10
par Charles
Le langage du Collège des Bernardins est le jargon prétentieux en usage pour dissimuler le néant de l'art contemporain. Souvenons-nous d'abord des quatre moyens de simuler l'art démasqués par Tolstoï : les emprunts, l'ornementation, les effets de saisissement, l'excitation de la curiosité. Voilà donc la voix du diocèse de Paris en matière de culture

"une installation puissante et spectaculaire qui entre en résonnance avec l’histoire comme avec l’architecture du lieu"

Dès l'abord, on nous annonce un effet de saisissement. Puis un emprunt...

"L’œuvre (...) se constitue en chambre de résonnance et en révélateur"

C'est le comble du cynisme, la misérable tentative de l'artiste sétrile prétendant révéler le travail des architectes médiévaux, comme si ce travail n'était pas à lui seul suffisamment révélateur. La vérité étant que Parmiggiani va bénéficier de l'architecture du lieu, c'est lui le parasite, et c'est lui qui va être porté par le lieu.

"entrer en empathie avec l’énergie du lieu"

Cela ne veut rien dire.

"créer des lieux psychologiques, des lieux évocateurs qui transmettent une secousse aux sens"

Encore l'effet de saisissement. Où l'art contemporain s'identifie aux manèges de la Foire du Trône, aux films d'horreurs, à tout ce qui peut donner "une secousse aux sens"... Et pourquoi donner une secousse aux sens ? Sinon pour masquer l'absence d'un art authentique où comme le dit Baudelaire tout parle "à l'âme en secret sa douce langue natale" ? Le Collège des Bernardins sera donc un parc d'attraction où le public aura ses sens secoués. Dans cette optique on se demande se qui retient le directeur du centre de programmer des oeuvres comme le "Piss Christ" de Serrano, parce que là, les sens des visiteurs seraient encore mieux secoués.

"plus qu’une œuvre, l’expérience d’une révélation"

On va jusqu'à avouer que cela n'est pas une oeuvre d'art. Il faut le faire. Plus qu'une oeuvre... il ne fait pas le comprendre de cent façons, plus qu'une oeuvre et donc pas une oeuvre.

"une série homogène inspirée de la Crucifixion du retable d’Issenheim, peinte par Mathias Grünewald"

On commence par un effet de saisissement. Les deux variantes de ce moyen sont en effet la répétition et le gigantisme. Les deux se conjuguant très bien quand la répétition est un nombre de fois suffisant pour que la somme occupe un grand espace. Et un emprunt, bien sûr le parasite va sucer le sang d'une oeuvre d'art réelle, pour que le public retrouve un peu d'art dans son simulacre.

"Cette série est composée de 159 dessins"

Ce que je disais, effet de saisissement.

"Cette peinture est l’aboutissement de la série des dessins : on y retrouve, dans un même cadre, les différents détails qui ont été au centre de la recherche de l’artiste"

Tout ça pour quoi ? Pour ensuite verser les dessins dans un tableau comme une benne dans une décharge.

"En s’attardant dans ses dessins sur les détails de la peinture de Grünewald, l’artiste fragmente le tableau initial, et pénètre ainsi dans la composition elle-même"

"et pénètre ainsi dans la composition elle-même"... ça ne veut rien dire, c'est du vent, du bla-bla, du néant... Par contre, le fait qu'il découpe le tableau en morceau, le tableau d'un autre... c'est un procédé de brocanteur et d'escroc. Il y en a qui font ça, qui découve des oeuvres et les revendent en pièces détachées.

"Chacun de ses dessins est un arrêt sur image, l’analyse d’une forme, une réflexion."

Il faut quand même poser la question du public du Collège des Bernardins. Parce que cette phrase prend vraiment celui qui la lit pour un idiot.

[ *** ] Il faut aller au bout du cynisme, pourquoi se gêner ? avec cette programmation pathétique, le Collège des Bernardins a déjà fait la moitié du chemin.

Le Collège des Bernardins

Publié : sam. 13 sept. 2008, 2:32
par Charles

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : sam. 13 sept. 2008, 3:11
par Charles
Bien sûr leurs oeuvres se ramènent toutes aux quatre moyens de simuler l'art démasqués par Tolstoï.

Que je rappelle :

1 emprunts (plagiats, détournements)
2 ornementations (couleurs criardes, néons, sexe)
3 effets de saisissement (répétition, gigantisme, violence)
4 excitation de la curiosité (non-sens)

Cette fois, je ne vais pas commenter chaque oeuvre, à vous de le faire...

Et en conséquent aucun de ces "artiste" n'est un artiste, ils sont tous des simulateurs. Eh oui ! :oui:

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : sam. 13 sept. 2008, 3:31
par Charles
Catherine Millet et Philippe Sollers étaient invités, mais pas Christine Sourgins... les stars du vice et de l'anticléricalisme mais pas l'humble servante de la Vérité...

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : sam. 13 sept. 2008, 17:38
par Charles
En plus, notre Eglise a encore une guerre de retard, car l'art contemporain touche à sa fin. Il n'y a qu'à voir les "jeunes galeries" à la FIAC : c'est évident qu'il n'y a aucun avenir pour ce microcosme exténué, où tournent en rond l'argent, les simulacres et les vanités. Et même dans la grande presse, on commence à voir les prémisses de sa chute.

Dans le Wall Street Journal : http://online.wsj.com/article/SB1220039 ... d=2_1168_1

Dans le Figaro : http://www.lefigaro.fr/debats/2008/04/1 ... porain.php

Les investisseurs, les Pinault et autres, craignent que la baudruche se dégonfle. C'est surtout l'article du Wall Street Journal qui a produit le plus d'inquiétude. Pourquoi croyez-vous qu'Aillagon ait mis Koons à Versailles ? Et pourquoi Damien Hirst vend-il l'intégralité de son atelier, plus de 220 pièces ? Et réalise aujourd'hui ses 140 millions d'euros ? Demandez-vous ce qui peut le pousser à se défaire soudainement de l'intégralité de son stock... ;)

Il n'y a que la paresse intellectuelle, la faiblesse morale ou l'intérêt financier qui justifient aujourd'hui de soutenir l'imposture. Et pourtant c'est ce que font Mgr Vingt-Trois, Mgr Beau et Vincent Aucante... Il veulent "dialoguer" mais il n'y a personne en face, il n'y a pas d'artistes, il n'y a que des investisseurs et des imposteurs. Ce qui fait que le collège des Bernardins, vu sa programmation actuelle, est mort-né. On peut être certain que rien de sortira de là.

Les artistes contemporains n'ayant strictement rien à dire : http://traces-du-sacre.centrepompidou.f ... .php?id=24

Le Collège de Bernardins est déjà mort... :croix:

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : dim. 14 sept. 2008, 3:15
par Charles
Cet échec programmé nous renseigne aussi sur le manque d'imagination de notre hiérarchie catholique, et bien sûr sur son ignorance de la culture française d'aujourd'hui. Le Collège des Bernardins, pour ce qui est de la partie arts plastiques, est un témoignage sur notre temps. Il nous dit que la bassesse est devenue universelle, que l'Eglise aussi s'y laisse aller peut-être même avec un secret soulagement... Et plus j'y pense, plus je crois qu'il n'y a absolument aucune vision à moyen ou long terme dans ce projet. Ses concepteurs et dirigeants ne savent pas où ils vont.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 16 sept. 2008, 22:25
par Théophane
Catherine Millet chez le Pape ? Cela se passe de commentaires...

Est-il possible de trouver quelque part la liste des personnalités invitées ?

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 16 sept. 2008, 22:32
par Christophe
Théophane a écrit :Est-il possible de trouver quelque part la liste des personnalités invitées ?
:arrow: http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 241#p57489

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : mar. 16 sept. 2008, 23:19
par Théophane
Merci beaucoup. ;)
Le forum est tellement riche qu'il n'est pas toujours facile de s'y retrouver.

Anne Roumanoff invitée aux Bernardins, cela aussi se passe de commentaires...

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : jeu. 18 sept. 2008, 11:42
par Etrigan
Sacré défouloir que vous vous êtes offert là Charles : je connais très mal l'art contemporain. J'ai récemment visité le musée de Nice et plusieurs oeuvres m'ont séduite notamment par les couleurs et l'esthétique visuelle déconcertante (hélas, je n'ai retenu aucun nom ;) ). Par contre, lorsqu'au jardin du Luxembourg ont été installées des sculptures hideuse auprès des statues des rois et reines, cela m'a dégoutté tant tout cela suintait la laideur. Trop souvent, j'ai vu des choses imbuvables dans le genre, mais parfois, il y a une attention particulière portée à la couleur qui me ravit parce qu'on sent une vérité poindre à travers la sobriété.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : jeu. 18 sept. 2008, 12:45
par Charles
Bonjour Etrigan,

le défouloir, ce sont les foires d'art contemporain. Visitez-en une, n'importe laquelle, et vous verrez ce qu'est un défouloir. Les photos que je cite dans le premier message ne sont qu'un pâle aperçu de la chose. Le diocèse de Paris s'étant obligé à une certaine retenue.

Damien Hirst
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[+] Texte masqué
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Jeff Koons
[+] Texte masqué
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Andy Wahrol
[+] Texte masqué
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Pollock et Matthieu
[+] Texte masqué
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[+] Texte masqué
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Piero Manzoni
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Et encore, il y a bien pire. Mais le commun, c'est qu'il n'y a rien. Marc Couturier, Fleur Nabert, Nathalie Brevet et les autres invités aux Bernardins, rien non plus. Le vide.

Bien à vous

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : jeu. 18 sept. 2008, 15:15
par Etrigan
Ah là... c'est sur que c'est pas mon truc ^__^

Mais ça :

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et ça :

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J'aime bien, à cause du travail sur les couleurs...

Mais histoire d'aller jusqu'au bout, que considérez-vous comme un véritable Art et surtout, pourquoi ? Deux questions qui m'intéressent beaucoup et ce sera un plaisir d'en discuter avec Vous, Charles.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : jeu. 18 sept. 2008, 17:37
par Charles
Etrigan,

il n'y a pas de travail et pas de couleurs. Ca sort tout brut du tube, il n'y a aucune transcription de l'expérience visuelle du peintre. L'un utilise tel bleu de chez tel fournisseur, qu'il allonge de noir ou de blanc ; et chez l'autre c'est à peine mieux, il rajoute un peu de rouge, encore tout brut, et de jaune et voilà. Ce n'est pas ce qu'on appelle un travail de peintre.

Pour un travail, sur les couleurs, allez voir par exemple La leçon de lecture de Gerard ter Borch qui est au Louvre ou La cathédrale de Rouen de Monet qui est au Musée d'Orsay dont on dirait qu'elle sort du four ou n'importe quelle nature morte de Morandi. Si vous êtes au Louvre, profitez en pour voir les Poussin, La femme adultère par exemple. Si vous comprenez ça, vous comprenez tout le reste et vous voyez bien que vous pouvez entasser des milliers de Fried et de Titus-Carmel, en faire des piles hautes comme des montagnes, leurs "tableaux" seront jamais de la peinture. Ces gens n'ont même pas commencé à peindre, ils sont dehors, et ils y resteront à jamais.

Re: Les "artistes" invités au collège des Bernardins

Publié : jeu. 18 sept. 2008, 20:08
par Etrigan
Je suis très sensible à la peinture et j'ai passé de longues heures au Louvre à admirer de grandes toiles. Mais il faut bien reconnaitre que je n'ai pas suivi d'études d'Art : du coup, j'ai une expérience empirique des choses et très subjective. C'est un défaut dont j'ai bien conscience.

Merci pour votre analyse : c'est complexe et ça mérite que je le médite avant de vous relancer là dessus.