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Le dieu "SEXE" et la médecine douce
Publié : mer. 20 août 2008, 19:38
par jean_droit
Mon actualité personnelle tout autant que l'actualité de l'Eglise et des églises est très focalisée sur le sexe.
Un curé catholique américain vient de célébrer un mariage homosexuel.
Un schisme de l'église anglicane a failli subvenir pour des histoires d'homosexualité.
Dans la récitation d'un chapelet j'ai eu le tord de parler de "chasteté" et j'ai eu droit à des oeillades de réprobation.
Un des sujets de débats favoris est souvent celui du mariage des prêtres.
Tout cela parle de sexe.
Nous sommes envahis de faits liés au sexe.
La permissivité est extrème dans notre société. Et nous l'entretenons souvent par notre propre silence.
Par exemple, combien de fidèles déconseillent à leurs filles d'avorter et sont prêts à admettre dans le sein de leur famille "le petit batard" ? Combien de femmes se font avorter poussés par leur "mari" pour des raisons de confort ?
Vous savez tous que la majorité des prisonniers sont des délinquants sexuels.
Sans parler du Sida meurtrier.
Et si nous réagissions ?
Et si nous proposions notre médecine douce : celle de la foi.
A nous de relever le défi de la morale chrétienne et de la morale tout court.
Si nous essayons plutôt l'Evangélisation, la prévention, la persuasion, la réprobation - mais oui la réprobation.
Plutôt que l'avortement ou la condamnation.
A nous et à nos prêtres de combattre le dieu "SEXE" ou le sexe mis au rang de dieu.
Re: Le dieu "SEXE" et la médecine douce
Publié : mer. 27 août 2008, 13:28
par Philon
Bonjour Jean-Droit,
je vais essayer de répondre avec le petit peu de bagage de réflexion dont je dispose en espérant que ceux qui ont plus de connaissances ajouteront leurs réflexions
Mère de deux fillettes je me trouve confrontée effectivement à des questions sur le sexe : que leur dire plus tard, comment les élever, quelles informations leur donner et à quel âge, etc. Notre époque bombarde les gens d'informations et d'injonctions à ce sujet comme si la doctrine de l'Eglise concernant la sexualité était dépassée ou répressive.
Mon expérience de vie m'a prouvé le contraire. J'ai retrouvé la foi à trente ans après avoir erré, égarée par le discours dominant sur les libertés sexuelles.
Mon auteur de référence en ce qui concerne ce que nous transmettons à nos enfants est Aldo Naouri, un pédiatre formé à la psychanalyse très contesté en raison de ses vues jugées "conservatrices" mais où je trouve le bon sens le plus élémentaire.
A mon avis, observer la plus grande discrétion à propos du sexe vis à vis de ses propres enfants et ne répondre qu'aux questions qu'ils posent revient à marquer la différence entre générations, à respecter leur intimité et à leur permettre cette curiosité qui les poussera à conquérir le savoir à l'âge où ils se sentiront prêts.
Eduquer ses filles comme des filles et leur montrer par ses choix de vie ou ses opinions que le mariage monogame catholique reste finalement la meilleure façon d'être heureux et de rendre les autres heureux n'est pas une répression comme ce que le discours "mai 68 "laisse entrendre : cela revient à donner des repères. De toutes façons une fois adultes nos enfants choisiront, alors autant qu'ils le fassent munis de bases solides.
Je trouve que le discours moderne concernant le sexe a semé la confusion et poussé de très nombreuses personnes au désespoir. Pour ma part, j'ai dû m'approprier sur le tard des habitudes et des opinions que ma famille d'origine juge "réactionnaires" grâce à la lecture de Tony Anatrella, Jean-Claude Guillebaud et Aldo Naouri.
On n'ose pas dire tout ce que l'on pense en la matière de crainte de passer pour "réac". Nos sociétés haissent le manque : on ne doit manquer de rien, surtout pas de liberté et de plaisirs. La sagesse jusqu'à il y a peu, apprenait à l'être humain à endurer quelques frustrations inévitables. Eduquer, c'était frustrer. Ne pas tout dire, tout permettre, cela permet de créer un espace où va se constituer le sujet.
Aujourd'hui on se sent coupable de frustrer les petits ou d'être malheureux soi-même au nom d'une "jouissance sans entrave" qui ne peut que mener à l'insatisfaction puisque le désir est sans limites : on veut toujours ce que l'on n'a pas.
La bonne vieille morale nous apprenait à accepter la vie, les autres, et nos limites. Dans les sociétés très hiérarchisée, il n'y a pas de dépressions ou presque.
En tant que mère, je me sens obligée de donner à mes enfants des bases. Sans condamner les femmes qui avortent, je déconseille fortement de le faire parce que ce n'est pas à nous de décider de la vie ou de la mort. Ne pas prendre de contraception "moderne" revient à accepter les décisions de Dieu et à avoir les enfants qu'Il nous donne : ces enfants sont donc issus de la volonté divine et non du désir d'une mère qui ne les laissera peut-être pas la quitter, qui les aura peut-être pour les motifs égoistes.
De même, je pense que rester chaste jusqu'au mariage revient à placer sa sexualité sous la protection de Dieu au lieu de la livrer aux caprices instables du désir humain avec toutes les catastrophes que cela peut entrainer et dont les conséquenses psychiques sont beaucoup plus graves que ce que l'insouciance hédoniste actuelle veut nous faire croire.
Je suis donc pour une certaine réprobation, petite "violence" que nos grands-parents savaient encaisser parce qu'elle nous épargne des violences plus grandes : on ne peut pas dire que la "iberté" sexuelle nous rende heureux si l'on regarde l'état de la conjugalié aujourd'hui.
En Christ
Philon
Re: Le dieu "SEXE" et la médecine douce
Publié : mer. 27 août 2008, 15:47
par Hélène
Philon,
Tout à fait d'accord avec votre exposé. Merci beaucoup.
Hélène
Re: Le dieu "SEXE" et la médecine douce
Publié : jeu. 28 août 2008, 10:54
par Olivier JC
Bonjour,
Il me semble que le problème réside, de façon générale, dans une compréhension tordue de la notion de liberté. A partir du moment où elle est comprise par le monde comme la capacité de faire ce que l'on veut, toute limite est intolérable. C'est dans la logique du concept.
Mais, d'un point de vue spécifiquement catholique (donc, vrai), la liberté n'est pas la capacité de faire ce que l'on veut, mais de vouloir ce que l'on est. Ce qui est donc bien différent, bien plus humain. Les limites ne sont pas des limites venant de l'extérieur, mais correspondent à notre nature.
S. Paul exhorte les chrétiens à convertir leur façon de penser. Voilà un endroit où il faut bien travailler à se convertir, parce que bien des problèmes et bien des incompréhensions découlent de cette conception tordue de la vérité.
Pour la question qui occupe ce fil, la réponse devient évidente : dans la mesure où l'être humain, par cause du péché, n'a plus spontanément une claire vision de ce qu'il est, à plus forte raison lorsque la société marche sur la tête, il relève du grave devoir des parents que de le leur enseigner.
Cela ne s'appelle pas poser des limites ou des interdits, mais tout simplement faire d'un homme un homme et d'une femme une femme en leur apprenant, par nos mots comme par notre exemple, ce que c'est que d'être un homme et ce que c'est que d'être une femme.
Vous viendrait-il à l'idée de mettre du lait dans le réservoir de votre voiture ? Hé bien, sur le principe, c'est la même chose pour l'éducation des enfants. Il s'agit de leur apprendre que tout comme une voiture est conçue pour fonctionner avec de l'essence et non avec du lait, l'être humain est "conçu" pour "fonctionner" d'une certaine manière et non pas d'une autre. Et que tout comme une voiture que l'on tente de faire rouler avec du lait finit bien vite à la casse, l'être humain qui s'obstine à "fonctionner" d'une manière contradictoire avec ce qu'il est finira aussi à la casse.
Et cela vaut tout particulièrement pour la sexualité. Prétendre que la fornication n'obère pas en quelque manière la capacité à vivre le mariage comme ce qu'il doit être, une communion de personnes résultant d'un don réciproque, est un mensonge, ce que la réalité démontre amplement. Prétendre qu'en soi, la fornication est sans incidence et permet de "faire son expérience" est une ânerie qui permet simplement aux fabricants de mouchoirs, d'antidépresseurs et aux psys de gagner leur croûte. Et la liste pourrait être longue.
Le plus triste, c'est que l'on en soit là : à devoir présenter la morale chrétienne sous la forme du développement personnel. Saint Basile le Grand nous dirait que nous sommes des mercenaires, prompts à obéir à Dieu pour l'attrait de la récompense, et non pour l'amour de Dieu lui-même. Qu'y faire...
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