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Evangile du jour : Matthieu 19, 16-22
Publié : lun. 18 août 2008, 11:19
par naboth
Bonjour à tous,
Dans l'évangile de ce jour MT 19, 16-22, Jésus rétorque à l'homme qui s'adresse à lui en ces termes:"...pourquoi m'interroges-tu sur le bon? Unique est celui qui est bon...". Pourriez-vous m'expliquer ce que Jésus veut entendre par "Unique est celui qui est bon"? MERCI

Re: Evangile du jour : Matthieu 19, 16-22
Publié : lun. 18 août 2008, 14:12
par Olivier JC
Bonjour,
Jésus veut dire par là que seul Dieu est Bon, ou Saint, c'est pareil, et que l'homme "bon" ou "saint" ne l'est qu'en participation à la bonté ou sainteté de Dieu.
A noter que la traduction liturgique est curieuse. D'autres traduction portent que l'adjectif bon qualifie "maître", et que Jésus refuse que lui soit donné ce qualificatif de "bon". En effet, si Jésus est assurément "bon", ce n'est pas en cette qualité de maître pour laquelle vient le trouver le jeune homme, mais en qualité de Seigneur. A noter, d'ailleurs (ce qui est suffisamment peu usité dans les Evangiles pour être relevé), que le jeune homme n'appelle pas Jésus "Seigneur", mais "Maître".
Ce qui est très actuel : en réalité, à celui qui vient vers lui pour l'interroger comme Maître, c'est-à-dire comme sage (le jeune homme voit en lui un rabbi d'Israël), Jésus renvoie à Dieu. A rapprocher de tous ces passages où Jésus affirme ne pas parler de son propre fond, mais uniquement de ce qu'il a vu vers le Père.
Vous voyez donc l'actualité, en ces temps où nombreux sont ceux qui regardent Jésus comme un Maître de sagesse, à l'égal du Bouddha ou de je ne sais quels autres "éveillés". Pour tous ceux-là, Jésus répond ceci, en se mettant à leur niveau : "Tu m'appelles Maître, et tu fais bien car je le suis. Mais ce que tu recherche, je ne peux te le donner, car ce n'est pas de mon bien. Viens, suis-moi, et je te montrerai le Père".
Jésus reste comme caché derrière son humanité lorsque son interlocuteur ne voit pas plus loin que celle-ci. A ceux-là, au contraire, il avertit qu'il n'est pas le terme du chemin, mais il invite à le suivre.
Mais le jeune homme avait de grands biens. Le jeune homme est jeune, et c'est un homme. Il veut faire. Agir. Jésus lui propose un chemin d'humilité et de dépouillement : non plus faire, mais se laisser faire. Non plus agir, mais se laisser agir. Jésus ne lui indique pas ce qu'il faut faire pour être parfait : il l'invite à le suivre, de quitter le pays qu'il connaît, avec ses multiples richesses, et de le suivre vers le pays qu'il lui montrera, vers l'inconnu de Dieu.
Et, aujourd'hui encore, la Parole de Dieu touche juste, tel le glaive tranchant : car tel est l'écueil de ces temps, faire de la religion le moyen de l'épanouissement personnel, le moyen de trouver la paix.
A tous, Jésus propose toujours la même chose : "Suis-moi !"
Et où te suivrais-je, Seigneur ?
"Que t'importe... toi, suis-moi !" "Lève-toi, et vas vers le pays que je te montrerai."
+
Jésus et le jeune homme riche. Qu'est-ce qu'un grand bien ?
Publié : lun. 18 août 2008, 14:51
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 19,16-22. lundi 18 août 2008
Quelqu'un s'approcha de Jésus et lui dit : « Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ? » Jésus lui dit : « Pourquoi m'interroges-tu sur ce qui est bon ? Il n'y a qu'un seul être qui soit bon ! Si tu veux entrer dans la vie, observe les commandements. -
Lesquels ? » lui dit-il. Jésus reprit : « Tu ne commettras pas de meurtre. Tu ne commettras pas d'adultère. Tu ne commettras pas de vol. Tu ne porteras pas de faux témoignage.
Honore ton père et ta mère. Et aussi : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Le jeune homme lui dit : « Tout cela, je l'ai observé : que me manque-t-il encore ? »
Jésus lui répondit : « Si tu veux être parfait, va, vends ce que tu possèdes, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans les cieux. Puis viens, suis-moi. »
A ces mots, le jeune homme s'en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Qu'avait donc espéré ce bon fils de famille, en venant voir Jésus de Nazareth, ce prédicateur itinérant dont la réputation ne cesse de grandir ? Qu'était-il venu chercher ? J’ai souvent eu l’impression, en me fondant simplement sur la question qu’il pose, que ce jeune homme quête une approbation de son mode de vie. Puisque sa famille est riche, elle lui a certainement donné une bonne éducation, et les commandements que Jésus lui cite, il est évident pour moi qu’il les connaît déjà. (Alors pourquoi demander lesquels, s’il les connaît ? Et il va montrer lui-même qu’il les connaît, puisqu’il déclare : « Tout cela, je l’ai observé !»)…
De ce fait, il me semble vraiment que qu’il demande c’est une garantie formelle de vie éternelle, une approbation publique de sa vie présente– puisque toute cette foule qui suit Jésus pourra en témoigner. Mais à peine la question posée, la question elle-même est reformulée par Jésus, qui oppose d’emblée "faire ce qui est bon" et "un seul être est bon". (Ce qui m'enchante car cela rejoint les méditations que je me fais plus souvent qu'autrefois: je peux faire beaucoup aussi longtemps que j'ai de la force, mais ce n'est pas la quantité et le nombre de choses que je peux accomplir pour Dieu qui compteront, mais c'est mon désir de devenir bon comme Dieu est bon.)
Or, pour devenir bon comme Dieu est bon, pour devenir parfait – c’est Jésus qui le lui propose ici (et à nous aussi quand il ose dire : « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait !),
il y a un préalable incontournable : il faut se désapproprier complètement de soi-même ; il faut faire « table rase » du passé, se faire une outre neuve prête à recevoir le vin nouveau ! Mais entendant ces mots, le jeune homme se retire tout triste, car il possède de grands biens…
Je pense qu’il est important de noter que ces grands biens, nous les connaissons tous, nous les possédons. Nous ne possédons peut-être pas une maison et une villa, ni un bateau de croisière, ni des millions dans plusieurs banques, mais il suffit d’avoir un bon revenu et de se croire à l’abri du besoin. L’imagination joue un grand rôle dans la pensée de la richesse, cette pensée n’est jamais objective !
Car à quoi me servirait-il d’avoir placé des millions de côté, si j’attrape une maladie grave, si un accident me rend invalide, si à l’intérieur de moi-même, je suis complètement rongé par une passion amoureuse…
Pour parler en mon nom personnel, il me suffit d’avoir à dos, depuis avril, la gestion et l’entretien tant de la maison familiale que de ma boutique pour dire que le revers des « grands » biens, c’est surtout qu’il sont très encombrants, et qu’ils m’obligent à leur consacrer beaucoup de temps ! Je suis bien logé, soit, mais dans une maison vide, on dort mal, on se réveille souvent très angoissé, la table de chaque jour est déserte et l’on a hâte de terminer son repas. Tandis que ces moines que j’ai regardés hier dans le film « Le grand silence » (film documentaire de 2005 du cinéaste allemand Philip Gröning sur les moines de la Grande Chartreuse), j’ignore vraiment si je serais capable de les suivre, mais tout de même : ils n’ont plus rien à prouver au monde. Ils n’ont pas de carte de crédit, pas de factures glissées sous la porte de leur cellule, ils n’ont pas besoin d’être en tout temps au courant des nouveautés ou des nouvelles, ils n’ont pas de jeu à jouer devant autrui, ils ne craignent pas la hausse des coûts de l’énergie… et ils sont beaucoup moins isolés que les habitants d’une tour – sans parer de l’Eucharistie quotidienne, de l’Office de Laudes et des Vêpres : car ils vivent déjà dans la « Maison du Seigneur »
J'ai demandé une chose au Seigneur,
la seule que je cherche :
habiter la maison du Seigneur
tous les jours de ma vie,
pour admirer le Seigneur dans sa beauté
et m'attacher à son temple.
Combien de fois, après l’Eucharistie au monastère, n’ai-je pas désiré pouvoir prolonger, ne serait-ce qu’une heure, mon adoration ! Combien de fois m’est-il arrivé dans la pénombre d’un matin d’hiver, de réchauffer mon corps et mon cœur, tout simplement à regarder Jésus qui me regardait !
Re: Evangile du jour : Matthieu 19, 16-22
Publié : lun. 18 août 2008, 17:11
par naboth
Merci infiniment d'avoir répondu à ma préoccupation

Re: Jésus et le jeune homme riche. Qu'est-ce qu'un grand bien ?
Publié : lun. 18 août 2008, 21:40
par Souricette
Les pères de du désert, pour montrer que le vrai détachement est avant tout intérieur, citaient des moines qui quittaient de grandes richesse, mais s'attachaient aux quelques babioles qu'ils possédaient, rendant ainsi vaine leur démarche de tout quitter.