Je reprends donc votre démonstration qui, en passant répond à une autre question que je n'osais poser: "À quoi ça sert, la petite partie "Cantiques et évangiles pour les vigiles" à la fin de ma LDH?"
C'est la forme "protracta", c'est à dire "allongée" de l'office, lorsqu'on a l'occasion de solenniser un peu plus.
Invitatoire avec Psaume 94

ça, je ne le vois pas...

Le Psaume invitatoire ; c'est ce qu'on récite au début de la journée, avant le premier office. Donc si ce sont des Vigiles, on commence la journée "de nuit", et il faut donc prendre le psaume invitatoire, qui est le 94. si on récite pendant la journée dans un office ce psaume 94, on est autorisé à en prendre un autre, parmi trois autres choix, le 99, le 66, ou le 23. Notez bien cependant, que dans sa forme chantée, seul le psaume 94 a une notation, accordée à l'antienne du jour qui est répétée à chaque verset, entièrement ou seulement pour moitié.
Pour aujourd'hui, on avait ça :
http://www.scholasaintmaur.net/index.ph ... 08&an=2008
Ici, sur notre site web, on le fait suivre des laudes ; on n'a pas encore mis l'office des lectures, parce que les lectures patristiques ont une traduction avec droit réservés. Autant il est simple de trouver des textes libres de droit pour ce qui est biblique, autant c'est une autre affaire pour les textes patristiques. Vous pourriez me dire de ne mettre que le latin pour les textes non libres, vous auriez raison.... On va voir ça !
Hymne

Ok
! C'est Pange Lingua. Remarquez que c'est aussi l'hymne qui est chantée le jeudi saint , après la messe
In Cena Domini, pour la procession au reposoir. Ce qui n'est évidemment pas un hasard.
Psalmodie avec les Psaumes 2, 21 et 37

OK aussi!
> Première lecture : Epitre aux Hébreux

Ça va!
Normalement, après ça il y a quand même un répons ; (Sicut ovis ad occisionem). Il faut noter que le répons est une des formes chantées les plus anciennes dans le rite romain, que la réforme liturgique a voulu clairement mettre en valeur, à l'office (la réintroduction des répons brefs, aux grandes heures et complies) et à la messe, nous en avons discuté sur un autre fil, avec le psaume responsorial à la messe lue et les répons (graduels et alléluiatiques) à la messe chantée.
Donc... Il ne faut pas les sauter !!!!
Seconde lecture : Catéchèse de S. Jean Chrysostome

Oups! J'ai un texte de St-Léon le Grand!
Je confirme que c'est bien S. Jean Chrisostome, le Vendredi Saint.
Il y a aussi des répons, normalement :
> Cantiques : Jr 14, 17-21 - Ez 36, 24-28 et Lm 3, 1-7.15-17.19-21

J'ai bien Jr 14, Ez 36, mais j'ai Lm 5
C'est Jer 14, 17-21 Ee 36, 24-28 et Lam 5,1-7. 15-17, 19-21.
> Evangile : suivant l'année liturgique en cours

No problem
En fait, ils mettent Ad Libitum, la passion de Saint Mathieu, de Saint Marc, ou de Saint Luc. Sachant qu'en fait on lit Saint Jean à la fonction du vendredi saint.
> Hymne Te Deum et oraison

Ça va!
Je ne pense pas qu'il y ait Te Deum. C'est réservé aux Dimanches, Solennités et fêtes.
Si on veut encore "ajouter des choses", il y a toujours effectivement, pour le Vendredi Saint, "l'usage reçu" :
L'idée est que comme ceux qui assistent au Chemin de Croix et à l'office de la Passion n'ont ni Vêpres ni complies,
(Vesperæ dicuntur tantum ab iis qui Actioni liturgicæ postmeridianæ non intersunt) on fait solenellement un office plus long en enchainant les Vigiles + les Laudes : c'est ce qu'on appelle les Ténèbres. C'est dans l'absolu un office qui doit se finir au lever du jour. Donc, très tôt le matin. Il est toléré de le faire la veille au soir - mais ça ne me semble pas très intelligent, en sortant de la messe vespérale du jeudi saint, ça fait un sacré enchaînement.... Ou le vendredi matin, en ayant soin d'occulter la lumière, l'effet "lumineux", pour cet office, étant essentiel, nous verrons pourquoi ensuite.
Il faut aussi rappeler que les statues et la croix sont voilées depuis les Rameaux. Ca fait partie aussi du décorum, et de l'abiance de cet office.
L'habitude de continuer à utiliser cette forme de Ténèbres à 15 psaumes est mentionnée par Mgr Eliott dans un livre de cérémonial qui s'appelle "Ceremonies of the Modern Roman Rite".
Voilà à quoi ça pourrait ressembler :
- Ps invitatoire avec ant. Christum, Dei Fílium, qui suo nos redémit sánguine, veníte, adorémus. On la trouve dans Liber Hymarius, 1985.
(A noter ; autrefois, on supprimait aux Ténèbres le Domine labia mea aperies et les Gloria Patri des psaumes et des répons. Je sais que les Dominicains font encore aujourd'hui comme cela. Je ne suis pas certain qu'il faille les sauter dans une forme "ordinaire", puisqu'ils sont écrits notamment dans le lectionarium monasticum)
- Hymne Pange Lingua
- Ant. Astiterunt reges terrae + ps 2
- Ant. Diviserunt sibi + ps 21
- Ant. Inserrexerunt in me + ps 26
Leçon I : Incipit Liber Lamentationum. 1,1-14 + Répons In Monte Oliveti, (sur Gregofacsimil)
Leçon II + répons Tristis est
Leçon III + répons Ecce vidimus.
(A noter que ces leçons étaient autrefois aux Ténèbres du jeudi saint, et on du vendredi saint. En réalité, - et c'est à discuter, on considère aujourd'hui que le Triduum pascal commencçant réellement à la messe in Cena Domini, on ne chante des Ténèbres qu'à compter du vendredi...)
II° nocturne :
Ant Vim faciebant + ps 37
Ant. Confundantur + ps 39
Ant. Alieni + ps 53
Leçon IV : Ex Catechesibus sancti Ioannis Chrysostomi espiscopi. + Répons Tamquam ad latronem.
Leçon V + Tenebrae factae sunt
Leçon VI + Répons Animam meam
III° nocturne :
Ant. Ab insurgentibus + ps 58
Ant. Longe fecisti + ps 87
Ant. Captabunt + ps 93
C'est là qu'on pourrait mettre le début de l'Evangile "et reliqua", si on ne célébrait que les Vigiles. Mais comme on enchaîne avec les laudes, puisque ce sont des Ténèbres, le lectionnaire monastique propose S. Léon Le Grand (le voilà on le retrouve !) la première année et Rupert de Deutz la deuxième année, commentaire de S. Jean. L'ancien ordo mettait ici l'Epître aux Hébreux.
Leçon VII : Ex Sermonibus sancti Leonis Magni, (S40, 1, SC 74, 27-28). + Répons Tradidérunt.
Leçon VIII + répons Iesum tradidit.
Leçon IX + répons Caligaverunt.
Si on s'arrêtait aux Vigiles, on pourrait envisager ici de chanter l'Evangile. C'est vrai que ça pourrait avoir une certaine classe de le dialoguer, comme à l'office de la Passion, avec les trois voix : une basse poiur le Christ, une moyenne pour le narrrateur, une haute pour la "synagogue". Mais on enchaîne ensuite sur les laudes, sans Deus in adiutorium, sans hymne.
Ant. Proprio Filio suo + ps 50 (miserere mei Deus)
Ant. Anxiatus est in me + ps 142.
Ant. Ait latro ad latronem + ps 84
Ant. Dum conturbata fuerit + Cant. d'Habacuc.
Ant. Memento mei + ps 147
Leçon brève : Is 52, 13, 15.
Verset : Collocavit me in obscuris. Sicut mortuos in saeculi.
Ant. Posuerunt super caput eius + Benedictus.
Prières litaniques.
Répons Christus Factus est, à genoux.
Pater, tout bas.
Ps 50 (Miserere Mei).
Oratio : (sans Oremus) : Réspice, quæsumus, Dómine, super hanc famíliam tuam, pro qua Dóminus noster Iesus Christus non dubitávit mánibus tradi nocéntium et crucis subíre torméntum. Qui tecum.
On peut aussi "jouer" la coutume des 15 cierges qu'on éteint sur le chandeilier triangulaire :
Ceremoniale Episcoparum (1752) a écrit : À la fin de chacun des psaumes, un cérémoniaire ou un chapelain, avec les révérences prescrites, se rend avec l’éteignoir au chandelier triangulaire. [D’abord] il en éteint le cierge placé à l’extrémité du côté de l’évangile ; puis, à la fin du second psaume, celui du côté opposé : il éteint ainsi [quatorze] cierges, alternativement des deux côtés, un par un, à la fin de chaque psaume tant du premier nocturne que des suivants et des Laudes.
Lorsqu’on répète l’antienne après le Benedictus, le cérémoniaire ou chapelain retire du chandelier triangulaire l’unique cierge resté allumé, placé au sommet du triangle, et, la main élevée, le tient au-dessus du coin de l’autel du côté de l’épître [292] ; lorsqu’on commence Christus factus est pro nobis, etc., il le cache, allumé, derrière l’autel ou d’une autre manière.
[Note 292] « Le bref séjour du cierge au coin de l’épître est le fruit d’une confusion. Son passage en ce lieu, donné par le Cæremoniale S.R.E., a été pris pour un séjour. » – Mgr Gromier.
13. Pendant la susdite répétition de l’antienne, l’évêque descend du trône ; lorsqu’on commence Christus factus est, etc., il s’agenouille au faldistoire préparé devant l’autel, tous se mettant à genoux. Ensuite, le chœur commence Pater Noster en silence [293] ; puis le psaume Miserere mei, Deus, etc., chanté, mais d’une voix larmoyante [294]
[Note 293] « Chacun dit secrètement le Pater » – Mgr Gromier.
[Note 294] « Anciennement le psaume Miserere était seulement récité à haute voix ; c’est ainsi que l’entend l’Antiphonaire officiel. Le C. E. a adopté l’usage, introduit dès le XVIe siècle, mais resté facultatif, qu’un verset soit chanté en musique par les chantres, avec alternance du suivant récité par le chœur à voix haute, mais sur un ton grave ; ce qui répond assez bien aux expressions du C. E. » – Mgr Gromier.
14. Le psaume fini, l’évêque [demeurant] à genoux, et la tête un peu inclinée, récite à voix claire (soit sur le livre, soit de mémoire) l’oraison Respice, quæsumus, etc., jusqu’à [la conclusion] Qui tecum exclusivement, et l’achève secrètement.
15. L’oraison finie, un cérémoniaire fait un fracas ou bruit – le strepitum – en frappant de la main pendant un bref moment sur un banc ou sur un livre, et tous font pareillement jusqu’à ce que le [chapelain ou autre] cérémoniaire rapporte au milieu le susdit cierge allumé, qu’il avait caché : aussitôt [le cierge] reparu, tous doivent cesser de faire du bruit.
16. Le strepitum fini, l’évêque et tous se lèvent, et se retirent de la manière et dans l’ordre où ils sont venus.
Je trouve que c'est très intéressant à faire. Certains esprits chagrins trouveront que c'est trop. Mais je ne suis pas le seul cinglé à trouver que ça a un sens :
http://www.youtube.com/watch?v=HyP9BtmNlVA