De l'art contemporain

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Que pensez vous de l'art contemporaine (la peinture)

Ca m'indiffère
4
29%
C'est génial
4
29%
C'est la décadence
2
14%
Génial et décadent
4
29%
 
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VexillumRegis
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De l'art contemporain

Message non lu par VexillumRegis » mer. 01 sept. 2004, 14:05

Voici une courte réflexion ; je vous la livre ; elle vaut ce qu'elle vaut.

Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ, et en se faisant homme, il a fait Dieu l'homme.

De ce principe fondamental est tiré ce qui caractérise le plus pleinement l'art chrétien : la représentation de la figure humaine comme image de Dieu.

L'Islam n'autorise pas se genre de représentations et privilégie les arabesques; l'art d'extrême-orient (Chine ou Japon) est surtout fait de représentation de la nature, dans une vision sans doute panthéiste et naturaliste.

Ainsi, la représentation cubiste de la personne humaine, par sa déformation des corps, est d'essence a-chrétienne ; elle méconnaît la dignité éminente de la figure humaine, dignité éminente révélé par l'Incarnation du Verbe.

Qu'en pensez-vous ? (il faudrait que j'étoffe peut-être...)

- VexillumRegis -

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questions ... aucune prise de position de ma part ...

Message non lu par piotr » mer. 01 sept. 2004, 14:12

vieux débat ... peut-on faire une représentation de Dieu ?

peut-on représenter l'Incarnation telle que présentié dans l'évangile selon saint Jean et définie par des siècles de réflexion ?

quelle est la place de l'icône sacrée ?

et avec l'arrivée de la réforme ...

la religion catholique n'est-elle pas devenue païenne par le culte de Marie, Médiatrice et Reine chez nous catholiques et Marie, porteuse du Logos chez les orthodoxes, par le culte des saints représentés par des statues, images ...

vieux débat ... et débat actuel ... puisque les protestants rejettent avec vigueur la venue du saint Père à Lourdes ...
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Jean-Pierre DALIBOT
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De l'art contemporain

Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » mer. 01 sept. 2004, 20:56

Le Cubisme est un merveilleux chemin qui fait passer du carré au cercle, du cloître à l'autel, de la terre au ciel.

- Je partage avec vous un beau texte d'un conservateur de musée concernant une exposition d'Abert GLEIZES, dont j'ai eu la chance de faire découvrir cette dernière à un aveugle.

" Du Cubisme, Gleizes veut faire plus qu'une école, un véritable mouvement de pensée qui se dote de moyens plastiques et intellectuels pour participer au renouveau du monde.

La manifestation du sacré est la raison d'être de sa peinture. Le sacré se révèle à l'homme lorsqu'il parvient à saisir un moment d'éternité. dans cette voie, le peintre cherche les formes permanentes qui figurent dans l'ensemble des traditions sacrées, qu'elles soi ent historiques ou géographiques. Il découvre toujours le cercle. La répétition de courbes, ce qu'il appelle les invariants traditionnels. La peinture de GLEIZES n'évoque pas les images religieuses. Elle fait apparîtres les formes qui émanent de l'activité laborieuse et magique de l'homme. Elle suggère que ce retour à l'essentiel n'est pas séparable d'une pratique artisanale source de la renaissance d'un idéal et relation individuelle au divin. Sa vision est moderne parce qu'elle voit l'homme, non pas lié par le devenir historique, mais animé par le sacré dont il lui faut toujours redécouvrir la permanence et la vérité profonde.

Comme ses contemporains, hommes de sciences et de pensée, GLEIZES met en oeuvre la connaissance des principes et des structures qui constituent toute réalité. La connaissance devient alors l'essentiel de la vérité. C'est pourquoi dans sa peinture, GLEIZES est soucieux de rendre claire la logique qui conduit ses gestes. En cela il est aussi moderne."


Albert GLEIZES écrivait en 1925:

"C'est ll'intelligence uniquement qui peut retourner à la terre; c'est l'intelligence qui retournera activement auw métiers manuels, qui renoueara ainsi avec sa partie vivante corporelle. Un homme nouveau aussi loin du manoeuvre spécialisé que de l'artiste mégalomane se constituera dans le silence, dans la natures des créations divines, dans le travail qui élabore une plastique mobile selon l'odre des techniques manuelles".

MB
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Re: De l'art contemporain

Message non lu par MB » mer. 01 sept. 2004, 22:27

VexillumRegis a écrit :Voici une courte réflexion ; je vous la livre ; elle vaut ce qu'elle vaut.

Dieu s'est fait homme en Jésus-Christ, et en se faisant homme, il a fait Dieu l'homme.

De ce principe fondamental est tiré ce qui caractérise le plus pleinement l'art chrétien : la représentation de la figure humaine comme image de Dieu.

L'Islam n'autorise pas se genre de représentations et privilégie les arabesques; l'art d'extrême-orient (Chine ou Japon) est surtout fait de représentation de la nature, dans une vision sans doute panthéiste et naturaliste.

Ainsi, la représentation cubiste de la personne humaine, par sa déformation des corps, est d'essence a-chrétienne ; elle méconnaît la dignité éminente de la figure humaine, dignité éminente révélé par l'Incarnation du Verbe.

Qu'en pensez-vous ? (il faudrait que j'étoffe peut-être...)
Enfin, je suis navré, mais ce que vous dites du cubisme ne va pas du tout. Pourquoi faudrait-il toujours représenter la figure humaine de la même manière ?

Vous pouvez ne pas aimer cette peinture, ou ne pas y trouver d'intérêt ; mais là encore, il est préférable de différer et d'avoir le courage de suspendre son jugement.

MB
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Re: De l'art contemporain

Message non lu par MB » jeu. 02 sept. 2004, 12:53

On a le droit de se tromper en effet, et il est parfois bon de prendre des risques. Mais dire que le cubisme nie la dignité humaine parce qu'il représente dans certains de ses tableaux des figures vues de tous les sens, c'est un peu outré. Il n'y a pas qu'une manière de représenter ; et l'on ne doit pas condamner le cubisme en tant que tel, mais séparer les bons des mauvais tableaux, qu'ils soient cubistes ou non.
L'expérience de Giacometti et de Breton est intéressante, mais on ne doit pas tirer des théories générales à partir du parcours personnel d'un artiste (au demeurant - malgré tout son talent - un peu fêlé...).
Enfin, si on parle d'art contemporain, il faut dépasser le cubisme ; ça date d'il y a bientôt cent ans, et ça n'est plus tout jeune. Beaucoup de créations d'aujourd'hui sont plus susceptibles de générer un tel débat.

Bien à vous

MB
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Reprenons

Message non lu par MB » jeu. 02 sept. 2004, 20:50

Donc bref...

Je ne veux pas attirer l'attention du monde entier sur ce que je dis, mais Vexillum Regis a dit quelques trucs qui ne vont pas, et qu'un précédent message n'a pu faire remarquer...

- Art de l'Islam : il est faux de dire que cet art proscrit les figures humaines. On trouve effectivement des idéologues qui sont de cette tendance, et des formes artistiques - au demeurant splendides - qui en sont l'écho. Mais que dire, alors, de l'art des miniatures (mésopotamienne au XIIème siècle, persane, moghole, ottomane, etc.), que dire encore des "palais du désert" des premiers temps de l'Islam (où l'on trouve de belles décorations figuratives, avec échansons, servantes, rois de la terre se prosternant devant le calife) ? Que dire encore des représentations de la Vierge Marie dans l'Egypte musulmane (et non copte) au XIIème siècle ? Je n'ai pas beaucoup de sympathie pour l'Islam, mais on doit bien reconnaître que ce monde ne forme pas un seul bloc.

- Arts d'extrême-orient : même chose, on ne peut pas tout enfermer dans une formule si simple que "surtout fait de représentation de la nature, dans une vision sans doute panthéiste et naturaliste"... je vois à quoi vous faites allusion (la peinture de lettrés), mais que dire des représentations de scènes de genre, de batailles, d'illustrations de romans japonais, de portraits sculptés du Bouddha ou des moines bouddhistes ?

- Quant au cubisme, ce que dit V.R. ne va vraiment pas. Un cubiste ne s'amuse pas à triturer ce qu'il représente pour le plaisir ; il cherche à dépasser la tridimensionnalité, à représenter l'objet (pas nécessairement humain, du reste) ou ce qu'il représente, sous tous ses angles, sous toutes ses coutures pour ainsi dire. Parlant pour moi, je trouve dans les meilleurs tableaux cubistes une grande harmonie, une beauté attachante, qui m'oblige à les admirer longtemps lorsque je passe devant eux. Peut-être ce résultat n'est-il pas celui que les artistes cherchaient ; mais on se sent bien rien qu'à admirer l'effort intellectuel, la recomposition, et l'application de tout cela sur un support peint ou collé de papiers découpés.

Je voudrais bien poser une question d'ordre plus général : pourquoi faut-il absolument que nous nous "prenions la tête" sur les questions artistiques ? Faut-il réglementer là aussi ? La diversité, la surprise, au-delà de ce qu'elles permettent de représenter et de créer, ne sont-elles pas la preuve de la dignité de l'homme ?

Olivier
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Message non lu par Olivier » jeu. 02 sept. 2004, 20:53

Je pense que notre art contemporain décadent résulte de l'athéisme ambiant.
Car qu'est qui était le moteur de l'art? D'abord la religion, pensée aux statuts greco-romaines, representant les dieux, à l'art chrétien, comme dans Eglises, les statuts des Saints, le Moïse de Michel Ange, puis il y a aussie l'amour, ou dans des periodes sombres des termes sombres comme la guerre, même dans le christianisme avec une image du Christ crussifié comparé avec des époques lumineux avec l'Image d'un christ réussisté et invicus. Depuis, que notre époque est athée, l'art décline.

Pour le cubisme, je me rapelle que dans le cours de philo, le professeur nous a montré une madone avec une enorme tête disproportionnée comparée au corps. Il nous a expliqué que l'Esprit était superieur au corps!

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Message non lu par MB » jeu. 02 sept. 2004, 22:14

Bonsoir Olivier
Olivier a écrit :Je pense que notre art contemporain décadent résulte de l'athéisme ambiant.
Car qu'est qui était le moteur de l'art? D'abord la religion, pensée aux statuts greco-romaines, representant les dieux, à l'art chrétien, comme dans Eglises, les statuts des Saints, le Moïse de Michel Ange, puis il y a aussie l'amour, ou dans des periodes sombres des termes sombres comme la guerre, même dans le christianisme avec une image du Christ crussifié comparé avec des époques lumineux avec l'Image d'un Christ réussisté et invicus. Depuis, que notre époque est athée, l'art décline.

Pour le cubisme, je me rapelle que dans le cours de philo, le professeur nous a montré une madone avec une enorme tête disproportionnée comparée au corps. Il nous a expliqué que l'Esprit était superieur au corps!

La religion, moteur de l'art, c'est vite dit mais c'est souvent ça en effet... seulement, les statues gréco-romaines, que nous admirons tant, et avec raison, sont le produit d'une religiosité païenne qui n'hésite pas à être diabolique de temps en temps... alors il faudrait savoir.
"L'art décline" : faux, je regrette. Un Kandinsky, un Malévitch, sont de grands artistes au même titre que les plus grands d'autrefois. Remarquez, ils ne sont plus contemporains... et quand vous pensez aux happenings et performances actuelles (qui ne sont pas exclusifs, il suffit, pour trouver quelque chose de bon, de regarder à côté), je conçois que vous vous posiez des questions. Seulement, ces choses-là correspondent à une époque, la nôtre, de même que l'art académique correspond au 19ème siècle, et ne vaut guère mieux. Soit dit en passant, les happenings et autres sont tout à fait comparables à des cérémonies païennes, qu'elles soient actuelles (Océanie, etc.) ou anciennes (Grèce, Rome) : or la Grèce et Rome ont produit les fameuses statues sont vous parlez. Dire "l'art décline" parce que beaucoup de nos contemporains sont athées, ou néo-païens, etc. ne tient pas.

Bien à vous

MB
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Message non lu par MB » jeu. 02 sept. 2004, 23:34

Re-bonsoir

Je vous cite :
Seulement on attend encore que les happenings s'accompagnent d'une production artistique du niveau de ces statues "fameuses" dont vous parlez.

On ne s'est pas très bien compris. Je n'apprécie guère les happenings, installations et autres joyeusetés de ce genre, tout en reconnaissant que ces choses correspondent à un esprit post-moderne, post-industriel etc. (fugacité de l'oeuvre, rapport instantané à l'image, préférence pour le mouvement, ou au contraire pour le statisme vu avec une certaine ironie ; ironie et critique sociale en permanence). [Lisez Gilles Lipovetsky, L'Ere du Vide, qui à mon avis décrit bien l'état d'esprit. ] Il s'agit d'une sorte d'académisme contemporain, en effet ; ce que je veux dire, c'est qu'à côté de cet académisme, il y a bien des choses intéressantes et parfois somptueuses (je pense à ce grand peintre chinois, vivant à Paris, récemment exposé au Jeu de Paume, et dont j'ai oublié le nom :oops: ; mais il n'y a pas besoin de faire "comme avant", ni même de représenter exactement la figure humaine, pour faire du bon boulot. Pour le fauvisme, le cubisme, le suprématisme, la peinture abstraite, etc. je persiste et signe, c'est de l'art, et quand c'est bon, du grand art.
(soit dit en passant, l'art ne décline pas dans les autres domaines, cf. l'architecture contemporaine, ou celle du XXème siècle, dans ce qu'elle a de meilleur)

Vous dites encore :
La fin de l'art a été annoncée par Hegel, pas par l'Eglise catholique.

Peu m'importe ce qu'a dit Hegel. Je ne l'ai pas lu, je me le réserve pour plus tard ; en attendant, je ne me fonde pas sur ce que je sais de lui pour interpréter la réalité (et c'est un euphémisme...)

Je vous cite toujours :
Mais le déclin de l'art du point de vue officiel, médiatique et du pouvoir culturel est cependant une réalité. Il correspond à une négation de l'anthropologie classique et chrétienne : le corps est nié dans sa singularité, et l'esprit nié dans son universalité. L'art contemporain est un silence du corps et une relativisation de la pensée (c'est pour cela que j'aime ces mots de Gleizes : "qui renouera ainsi avec sa partie vivante corporelle... dans le travail qui élabore une plastique mobile selon l'ordre des techniques manuelles").
Négation du corps humain : c'est faux. Regardez les nombreuses expos de photographies (pas toujours de très bon goût, d'ailleurs) qui ne traitent que de ce sujet. Voyez les sculptures d'Ousmane Sow, elles ne sont pas du genre à négliger le corps humain et le défaire.

Je parle évidemment de l'art contemporain comme courant et qui est aujourd'hui l'art officiel. Mais il est existe un autre art contemporain, antinomique, occulté par l'art hégémonique (le courant "art contemporain") qui vit sa vie féconde à l'écart malgré les vexations et l'oppression dont il est victime (article du magazine Beaux-Arts : "Pourquoi la peinture est-elle plus montrable aujourd'hui qu'il y a deux ans ?" :sick: )
Je vois ce que vous voulez dire et ces choses-là me rendent aussi malades que vous ; le terrorisme intellectuel est aussi appliqué au monde artistique. Mais l'académisme idiot du 19ème siècle, c'est pareil. Et de grâce, ne vous contentez pas de la soupe médiatique, l'intéressant n'est pas là, allez chercher pour vous-même !

Bien à vous (je suis ravi de pouvoir discuter avec qqn d'une autre opinion, et qui se défend bien, c'est galvanisant ! :) )

MB
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Réponse à Charles

Message non lu par MB » ven. 03 sept. 2004, 12:32

Coucou

Je vois à quel genre d'artistes vous faites allusion... ;-) après, il faut modérer, là encore. Par exemple, tel artiste africain, au 19ème siècle, utilisera de la ferraille européenne de récupération pour créer quelque chose de totalement original. Si eux y arrivent, pourquoi pas nous ? :-x Donc contentons-nous de sélectionner les bons et de ne pas nous intéresser aux mauvais. Faire de la grande théorie sur le déclin, etc. je n'y vois pas d'intérêt, ça fait plusieurs siècles que ça se fait.
Il faudrait que nous utilisions les mêmes mots : vous désignez par l'expression "art contemporain" l'académisme postmoderne de nos jours ; trouvez autre chose ; Ousmane Sow travaille à notre époque, donc c'est de l'art contemporain...

Bien à vous

MB
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Message non lu par MB » ven. 03 sept. 2004, 13:47

J'en profite pour vous poser une question : je n'arrive toujours pas à me rappeler le nom de l'artiste chinois dont je vous ai parlé, qui a été exposé récemment au Jeu de Paume. Il vit depuis plusieurs décennies à Paris, je devrais m'en souvenir, mais bon...

Charles
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Message non lu par Charles » ven. 03 sept. 2004, 14:00

C'est Zao Wou-Ki. :unsure:

Jean-Pierre DALIBOT
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Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » ven. 03 sept. 2004, 14:57

L'art ne se trouve pas , tout en étant très respectueux, dans les discours des peintres du dimanche ni dans le soutien de journalistes ou de quelques mécènes.
Une oeuvre devient de l'ART lorsqu'elle passe l'épreuve du temps. A ce momment il n'est plus question d'art sacré ou autre. C'est de l'ART.

Une oeuvre est de l'ART, lorsqu'elle est transcendatale, qu'elle me fait sortir au-delà des frontières de mon esprit pour atteindre l'ESPRIT, l'ARTISTE, le CREATEUR.

Il faut bien reconnaître que dans l'histoire, nous avons admiré ou fait l'éloge de certaines oeuvres parce qu'elles étaient le fruit de ceux qui pensaient comme nous. Nous avons eu ainsi qu'une médiocrité de bazars qui encombrent aujourd'hui notre environnement et qui a bloqué une certaine évolution spirituelle ou autre.

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Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » sam. 04 sept. 2004, 15:38

"Tout ce qui appartient à l'ordre du collage, du bricolage à partir de récupération, de l'installation, etc. est occultation du corps de l'artiste. C'est très facile à comprendre, plus une personne est artiste, plus elle cherchera une matière fluide, plastique, au grain le plus fin, plus elle cherchera la ductilité de la matière et c'est-à-dire la plus grande liberté d'engendrer les formes. Et elle la marquera de son empreinte digitale, mais encore selon un mode particulier, celui de sa vision artistique singulière. Et moins elle est artiste plus elle craindra cette confrontation, car une matière parfaitement soumise est aussi une épreuve, celle du talent et de la créativité. Prenez une motte de glaise, tout sera de vous, de votre corps et de votre âme, concrètement, charnellement, réellement. Récupérez des objets dans une benne et faites-en un objet, très peu sera de vous, ce sera d'Ikéa, de Seb, de Moulinex, de leurs ingénieurs et designers... le cloutage, le collage et l'intention seront de vous, oui... En comparaison d'une terre cuite, si vous êtes artiste, il n'y a pas photo."


Je vous propose:

LES
CHRISTS
DE
STRUBEL



Nous sommes loin des représentations lisses du plus célèbre des suppliciés, loin des Christs bien découpés, comme sortis d'un gymnase, et cloués par inadvertance sur une croix dont nous inonde le marché de la foi; ce n'est pas un petit saignement ici, un vague rictus là, pour preuve du sacrifice d'un homme, fût-il le Messie, banalisé par les échoppes de Lourdes; ce n'est pas davantage d'or et de diamants ce faste ignoble d'une part de l'Eglise qui fit d'une plaie joyau et bijou d'un calvaire.
Seuls jusqu'ici les sublimes expressions de l'art religieux tels les Primitifs Flamands, le Grunewald de Golmar, et les sculpteurs du Moyen-âge avaient su m'introduire dans le mystère de la souffrance de l'un témoignant de la souffrance de tous.
Mais Strubel dépasse les bornes du modèle immuable. En les dépassant, il renouvelle et rafraîchit notre intuition de la douleur éternelle. Ses crucifixions rameutent en elles la violence sans âge de la passion des pauvres et des persécutés.
Il remonte jusqu'au visage insondable de la pitié et de la mort, et c'est tout l'enfer terrestre des mals aimés de la vie qui s'arrache ainsi au corps convulsif, et c'est la terreur, la plainte et la révolte de l'âme enchaînée.
Les frivoles n'y verront qu'une oeuvre dédivinisée, à la limite du blasphématoire, alors qu'il s'agit d'un terrible retour au sens. Pour ceux qui croient en Dieu, et pour ceux qui n'y croient pas, Strubel recrucifie Jésus à sa manière, non pour rajouter du crime de maintenant au crime de jadis, mais pour nous en rendre immédiate et sensible la vérité de toujours :
une vérité pâlie voir parfois abolie par l'accoutumance, c'est à dire la soumission au signe plus qu'à ce qu'il signifie, au symbole plus qu'à ce qu'il symbolise.
L'artiste a su mettre les objets vils, les rebus, les laissés pour compte de la matière, ouvrée ou non, au service d'une vision de la folie qui nous grandit face à celle qui nous rapetisse. Il les plie, les tord, les triture, les démantèle au gré de son obsession de montreur d'absolu. Ce lyrisme de la chute de l'être se hisse sans cesse à la mystique de sa rédemption. Les formes les plus désespérées du réel trouvent dans ce forcené de la transfiguration une promesse de salut.

Marcel MOREAU

Si vous voulez en voir plus: http://www.jean-pierre-dalibot.net page Noël-Pâques JESUS.

PS : Je ne sais pas vous faire partager des photos.

Charles
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Message non lu par Charles » mar. 07 sept. 2004, 10:10

Marcel MOREAU a écrit :Nous sommes loin des représentations lisses du plus célèbre des suppliciés, loin des Christs bien découpés, comme sortis d'un gymnase, et cloués par inadvertance sur une croix dont nous inonde le marché de la foi; ce n'est pas un petit saignement ici, un vague rictus là,
Lisses, biens découpés, sortis d'un gymnase, un petit saignement, un vague rictus... c'est donc cela l'histoire de l'art avant ce Strubel ? Giotto, Brunelleschi, Fra Angelico, Rembrandt, Michel-Ange, et les autres peuvent rentrer chez eux ?
Marcel MOREAU a écrit :ce n'est pas davantage d'or et de diamants ce faste ignoble d'une part de l'Eglise qui fit d'une plaie joyau et bijou d'un calvaire.
Pour celui qui ne comprend pas le triomphe de la Croix et pour qui l'amour est totallement occulté par la souffrance (faisant de la Passion une défaite et non plus une victoire), il n'y a effectivement aucune raison de signifier qu'il y ait quoi que ce soit de précieux en elle. Mais le regard de la Foi contemple la souffrance et l'amour, Dieu et l'homme, l'abaissement et l'élévation...
Marcel MOREAU a écrit : Seuls jusqu'ici les sublimes expressions de l'art religieux tels les Primitifs Flamands, le Grunewald de Golmar, et les sculpteurs du Moyen-âge avaient su m'introduire dans le mystère de la souffrance de l'un témoignant de la souffrance de tous.
C'est donc son avis très personnel.
Marcel MOREAU a écrit : Mais Strubel dépasse les bornes du modèle immuable.
Ah, voilà un bon point : il faut toujours dépasser les bornes, surrenchérir, s'affranchir des modèles et suivre les évolutions... C'est un credo, non pas de la foi chrétienne mais de l'art contemporain (le courant).
Marcel MOREAU a écrit :En les dépassant, il renouvelle et rafraîchit notre intuition de la douleur éternelle.
C'est très evident : sauf cette expression de "douleur éternelle"...
Marcel MOREAU a écrit :Ses crucifixions rameutent en elles la violence sans âge de la passion des pauvres et des persécutés.
S'il le dit...
Marcel MOREAU a écrit : Il remonte jusqu'au visage insondable de la pitié et de la mort, .
Pas du tout, il le quitte, ce visage... comme le quitte l'art contemporain en général.
Marcel MOREAU a écrit : et c'est tout l'enfer terrestre des mals aimés de la vie qui s'arrache ainsi au corps convulsif,
On dirait que ça ne veut rien dire... (?)
Marcel MOREAU a écrit :et c'est la terreur, la plainte et la révolte de l'âme enchaînée.
L'âme enchaînée ? Quelle âme ? Quelles chaînes ?
Marcel MOREAU a écrit : Les frivoles n'y verront qu'une oeuvre dédivinisée,
Non mais les artistes et les connaisseurs y verront une "oeuvre" d'art brut de plus comme on en trouve des milliers dans les Marchés d'Art Contemporain (MAC, GMAC) et les galeries médiocres
Marcel MOREAU a écrit : à la limite du blasphématoire, alors qu'il s'agit d'un terrible retour au sens.
Quel "sens" ? C'est fabuleux comme le jargon qui entoure l'art contemporain se condense le plus autour du vide...
Marcel MOREAU a écrit : au service d'une vision de la folie qui nous grandit face à celle qui nous rapetisse.
C'est encore une phrase pour ne rien dire.
Marcel MOREAU a écrit : Il les plie, les tord, les triture, les démantèle au gré de son obsession de montreur d'absolu.
Encore une phrase pour ne rien dire.
Marcel MOREAU a écrit : Ce lyrisme de la chute de l'être se hisse sans cesse à la mystique de sa rédemption.
Une phrase pour ne rien dire
Marcel MOREAU a écrit : Les formes les plus désespérées du réel trouvent dans ce forcené de la transfiguration une promesse de salut.
Pour ne rien dire

...................................

Image
Rembrandt
Image
Brunelleschi
Image
Mantegna

.................

Image
Strubel, "forcené de la transfiguration"...
Image
Dernière modification par Charles le sam. 15 avr. 2006, 16:41, modifié 12 fois.

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