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Méditations diverses d'Etienne Lorant
Publié : ven. 04 juil. 2008, 10:41
par etienne lorant
11 Voici venir des jours, déclare le Seigneur Dieu,
où j'enverrai la famine sur la terre ;
ce ne sera pas une faim de pain ni une soif d'eau,
mais la faim et la soif d'entendre les paroles du Seigneur.
(Am 8,11)
La faim et la soif d'entendre les paroles du Seigneur, je la connais chaque jour depuis les années 1976-1977 lorsque, ayant réalisé que je risquais de perdre mon coeur en accordant trop d'importance à la philosophie et à la raison (jusqu'à vouloir en vivre), j'ai fait demi-tour à la suite d'un grand chagrin que cette ambition me causait. C'était contradictoire mais très puissant. Je suis alors entré sur un chemin de conversion qui connaîtrait un premier aboutissement en 1985. Mais c'est une autre histoire. Oui, dès 1976 (à mes vingt ans - j'en aurai 52 ce 7 juillet), j'ai eu faim et soif d'entendre la voix du Seigneur. Et comme mon oreille intérieure était encombrée d'une foule d'autres paroles (philosophes, psychanalystes, scientifiques, etc.) - qui m'empêchaient d'ouvrir directement les Evangiles, j'ai commencé par lire ceux que j'appelais des "chercheurs de Dieu": Bernanos en premier lieu (Le Journal d'un curé de campagne fut pour moi une bouée de sauvetage), et puis de nombreux autres.
Je ne saurais les citer tous: je me souviens de Lanza del vasto ("Le Diable dans le jeu"), Léon Bloy, mais aussi Carlo Cocciolo (Le ciel et la terre), Bossuet (Les sermons), Récit d'un pèlerin russe, et d'autres encore... mais curieusement aucun François Mauriac. Rétrospectivement, il semble bien que j'ai été guidé imperceptiblement dans les livres que je décidais de lire, alors même que je pensais ne faire aucun tri (!) mais, aujourd'hui, je suis surpris. Ces auteurs me procuraient donc de la nourriture pré-mâchée, car je me reconnaissais dans leurs propres difficultés à réactualiser le message des Evangiles. Tous, à peu de choses après, convergeaient au même point: non seulement le monde ment sur Dieu, mais aussi sur la nature véritable de l'homme. Après ma conversion, j'ai continué d'avoir faim de la Parole - mais cette fois, la Bible a trôné (en plusieurs exemplaires, parfois) a trôné sur la table de ma chambre.
Cette faim et cette soif, je les considère à présent comme "de première nécessité" car de toute façon, je ne serai jamais assouvi sur la terre. Cette citation du prophète me renvoie directement au dialogue de Jésus avec la Samaritaine:
13 Jésus lui répondit : « Tout homme qui boit de cette eau aura encore soif ; 14 mais celui qui boira de l'eau que moi je lui donnerai n'aura plus jamais soif ; et l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source jaillissante pour la vie éternelle. » (Jn 4, 13) Et, quant à la faim, il me suffit de descendre de quelques versets pour trouver: "30 Ils sortirent de la ville, et ils se dirigeaient vers Jésus. 31 Pendant ce temps, les disciples l'appelaient : « Rabbi, viens manger. »
32 Mais il répondit : « Pour moi, j'ai de quoi manger : c'est une nourriture que vous ne connaissez pas. » 33 Les disciples se demandaient : « Quelqu'un lui aurait-il apporté à manger ? » 34 Jésus leur dit : « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé et d'accomplir son œuvre.
Aujourd'hui, je voudrais proclamer la louange du Seigneur, spécialement en ceci : que ni les difficultés, les désordres, les distractions, les peurs, les angoisses, les surcharges de travail... de tout cela, rien, fondamentalement, ne résiste au besoin où je suis d'appeler Dieu pour obtenir son conseil à propos de tout et de rien. Car "L'homme n'est qu'un pauvre qui a besoin de tout demander à Dieu" (Jean-Marie Vianney, curé d'Ars)
Qui est comme Dieu ?
Publié : lun. 07 juil. 2008, 15:27
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,18-26.
Tandis que Jésus leur parlait ainsi, voilà qu'un chef s'approcha ; il se prosternait devant lui en disant : « Ma fille est morte à l'instant ; mais viens lui imposer la main, et elle vivra. » Jésus se leva et se mit à le suivre, ainsi que ses disciples. Et voilà qu'une femme souffrant d'hémorragies depuis douze ans s'approcha par derrière et toucha la frange de son vêtement. Car elle se disait en elle-même : « Si je parviens seulement à toucher son vêtement, je serai sauvée. » Jésus se retourna, la vit et lui dit : « Confiance, ma fille ! Ta foi t'a sauvée. » Et la femme fut sauvée à l'heure même. Jésus, arrivé à la maison du chef, dit, en voyant les joueurs de flûte et l'agitation de la foule : « Retirez-vous. La jeune fille n'est pas morte : elle dort. » Mais on se moquait de lui. Quand il eut mis la foule dehors, il entra et saisit la main de la jeune fille, qui se leva. Et la nouvelle se répandit dans tout ce pays.
J'ai remarqué que "vie" et "salut", en même temps que "foi" et "confiance", se rencontrent dans ce passage et sont en lutte avec l'agitation de la foule. Pour moi, c'est typique du "langage" évangélique et de l'attitude constante de Jésus qui dissocie toujours chaque individu du reste de son groupe. C'est infiniment réconfortant, car loin de renier "le plus grand nombre", le Seigneur nous rassure tous sur la qualité du salut qu'Il est venu apporter : c'est un salut individuel, il n'y a jamais "amalgame" de personnes.
Pourtant, on dirait que lors des multiplications des pains et des poissons, il y a "miracle de masse". Mais c'est négliger le fait que Jésus fait ramasser tous les restes, les "reliefs" du repas par les disciples. Chose impossible à réaliser par eux seuls et qui implique forcément un apport individuel chacune des personnes ayant goûté à ce prodigieux banquet.
"Mon Seigneur et mon Dieu !", s'est exclamé Thomas, l'apôtre qui doutait. Cette louange lui est sortie de la bouche avec une force et une puissance de joie que je devine rien qu'à sa brièveté. Or, imagine-t-on quels cris d'émerveillement et de joie, et quels soupirs aussi, ont dû lancer vers Dieu tous ceux et toutes celles ayant eu recours à la compassion de Jésus ?
Moi aussi, je me mêle à l'exclamation par le souffle jailli de mon propre coeur !
Ce message est dédié à ma mère Léa - qui souffre de la part de son fils qui l'aime en ce jour de mon anniversaire !
Multiples guérisons et brebis sans bergers
Publié : mar. 08 juil. 2008, 9:59
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 9,32-38.
On présenta à Jésus un possédé qui était muet.
Lorsque le démon eut été expulsé, le muet se mit à parler. La foule fut dans l'admiration, et elle disait : « Jamais rien de pareil ne s'est vu en Israël ! »
Mais les pharisiens disaient : « C'est par le chef des démons qu'il expulse les démons. »
Jésus parcourait toutes les villes et tous les villages, enseignant dans leurs synagogues, proclamant la Bonne Nouvelle du Royaume et guérissant toute maladie et toute infirmité.
Voyant les foules, il eut pitié d'elles parce qu'elles étaient fatiguées et abattues comme des brebis sans berger. Il dit alors à ses disciples : « La moisson est abondante, et les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers pour sa moisson. »
Quand les Pharisiens attribuent au chef des démons les guérisons et les délivrances opérées par Jésus, ils commettent un épouvantable blasphème. C'est dire : ce qui est bien a pour origine le mal. Alors quoi, quelle est la prochaine étape ? Adorer le diable pour obtenir le bien ?!?
Ils commettent le péché qui ne sera pas pardonné, mais je note que dans cet Evangile, le Seigneur ne relève même pas l'offense, tant il est à sa mission et le coeur tout saisi de compassion en contemplant toutes ces brebis qui n'ont pas de bergers. Il faut prier le Père de leur envoyer des bergers.
A ce propos, je me souvient du mot malheureux d'un curé responsable d'une quinzaine de paroisses... Il vient de prendre la résolution de retourner procéder à un discernement chez les moines. Bref, un jour qu'une paroissienne avait attiré son attention sur de nombreuses personnes âgées qui demandaient le sacrement de réconciliation et le sacrement des malades, il avait consulté un agenda (bourré à craquer), et l'avait laissé retomber en soufflant: "Cela non, je ne sais plus, je ne suis pas marchand de pommes - il fallait évidemment comprendre: je n'ai pas le temps d'aller de porte en porte".
Or, pour moi, c'est justement cela, être berger: c'est passer de l'un à l'autre, ainsi que le faisait Jésus. Je prie pour que ce bon prêtre, au cours de sa retraite, découvre que ce qui semble logique à notre intelligence - et à la constitution de notre emploi du temps, ne l'est pas du point de vue de Dieu. Il faut être disponible en toute occasion, comme le Maître, qui s'écarta souvent de son chemin pour aller secourir l'une ou l'autre personne dont on lui apprenait la détresse.
De plus en plus, je l'ai constaté depuis quelques mois, je ressens un curieux pincement au coeur lorsque je rencontre des personnes en situations de "rupture économique et sociale". Or, ressentir ce pincement de coeur est "normal" (du moins si l'on a pas pris l'habitude de voir et ne rien regarder), mais ce qui fait mon étonnement de ce temps-ci, c'est que souvent, j'éprouve ce pincement de coeur, AVANT d'avoir croisé le chemin de cet homme ou de cette femme qui sont dans une grande misère. Est-ce une plus grande sensibilité - ou n'est-ce pas plutôt le fait que je me sens plus misérable qu'avant et que, dès lors, je suis attiré par ceux qui me ressemblent...
Mon Dieu, aie pitié de nous tous, croyant comme incroyant: viens allumer dans nos âmes le feu de ton Amour !
L'envoi final: au travail...
Publié : lun. 14 juil. 2008, 14:34
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 10,34-42.11,1.
Jésus acheva ainsi de donner ses instructions aux douze disciples, puis il partit de là pour enseigner et prêcher dans les villes du pays.
Voilà, c'est confirmé. Ce matin, une affichette était apposée sur l'une des chaises de la première pièce d'entrée du monastère des Clarisses. Elle disait: "Il n'y aura plus de messe ici à partir du 16 août. La chapelle sera fermée."
En posant des questions après la messe, j'ai appris que le prêtre continuerait à donner la messe "en privé" aux Sœurs jusqu'à leur départ pour la capitale à la mi-septembre. Ensuite, il sera possible d'assister de nouveau à une Eucharistie matinale dans un village voisin. Entre-temps, du 16 août au 15 septembre, une messe est dite à 8h00 dans une église en ville.
Toutes ces informations, je les livre avec mon partage, puisqu'elles en font partie. En effet, dans le dernier verset, pour les douze aussi, c'est le moment de l'envoi: eux vont aller de leur côté en suivant les instructions du Maître, et nous, les membres de la communauté eucharistique du monastère des Clarisses, nous allons être dispersés une première fois, ayant déjà tant reçu du Seigneur. Comme nous avons été privilégiés ! Puissions-nous, avec l'attitude d'abandon de foi, nous montrer dignes des dons reçus....
Dans mon partage d'aujourd'hui devrait figurer aussi, je le pense, la carte de vœux que m'a fait parvenir Odile, qui habite Montbrison (France), à l'occasion de mon anniversaire. Elle était, avant Internet, une correspondante lointaine (600 km) avec qui je partageais comme je le fais ici, mais en échangeant des pages de courrier. Ce que me dit Odile, c'est (après le décès de mon père et le départ de ma mère en maison de repos): "Vis pleinement ta vie et n'hésite pas à faire les choses qui te font envie..." En réalité, je crois avoir souvent fait ce que j'avais envie - mais globalement ce courrier est encore signe de changement.
Et de trois: ma mère rencontre le chirurgien demain matin et en moi, l'inquiétude est montée d'un cran - en même temps que mon "seuil d'alerte" dans la prière. Je n'ai qu'une seule intention de prière: "En tout et pour tout, Seigneur, qu'il nous en soit fait comme Toi tu veux !"
Devrais-je ajouter, pour terminer, que je me familiarise au fonctionnement de mon GPS ? ... Ce cadeau, qui me permet désormais de voyager sans craindre de me perdre, décidément, me parle de changement lui aussi ! Vais-je déménager ? Changer de vie complètement ? Désormais, et en réalité depuis toujours, c'est un jour à la fois...
Nous sommes des villes impénitentes
Publié : mar. 15 juil. 2008, 16:10
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 11,20-24.
Jésus se mit à faire des reproches aux villes où avaient eu lieu la plupart de ses miracles, parce qu'elles ne s'étaient pas converties.
Ces villes dont il est question dans l'Evangile du jour pourraient aussi bien porter chacun de nos prénoms. Dans le sens de ma propre expérience, la conversion est une joie qui nous donne à vivre, c'est une joie qui nous épanouit, c'est une joie d'espérance. "Si vous ne croyez pas mes paroles, dit Jésus par ailleurs, du moins croyez à cause des œuvres !"
Mais les hommes semblent peser tellement lourdement sur la terre, comment est-ce possible d'être aveugles, obtus et fermés à ce point ? Ce que Jésus reproche à Capharnaüm, Corazim et Bethsaïda, c'est d'avoir perdu l'esprit d'enfance. Car Il est venu, Il a rendu la vie à un paralytique, Il a chassé des démons, Il a réconcilié les ennemis jurés, Il a ressuscité des morts, Il a accompli parfois plusieurs de ces choses sur la même journée, en dépensant une énergie phénoménale... mais le lendemain, c'est comme si tout était à refaire. Quel chagrin, quelle lourdeur, quelle pesanteur dans les âmes !
Dans ce passage, je vois l'amour déçu, l'amour renié, déserté, abandonné comme une chose qui rebute - alors que si nous n'avions pas l'amour, si nous n'avions pas le désir d'aimer, autant creuser notre propre tombe un peu chaque jour ! Je me regarde moi-même dans ma glace et je vois qu'il y a du mort et du vivant en moi. Il y a, du côté de la vie, ce réveil difficile, suivi d'une prière qui m'a fait me lever aussitôt et abandonner ma tristesse. Il y a eu l'assistance portée à une personne âgée dans un monde qui ne cesse jamais de parler du "bon vieux temps". Il y a eu, à midi, ce repas avec un ancien ennemi, devenu ami parce qu'il est aujourd'hui orphelin anonyme comme je le suis moi-même - sans un seul mot sur le thème, mais j'ai bien ressenti que le coeur y était.
En même temps, du côté de la mort, de la mort en moi, il y a - et c'est typique: l'anticipation d'un avenir douloureux, le calcul sur le temps, l'argent dépensé, les nouvelles des journaux, le prix de l'essence, mon taux de cholestérol, la hausse des prix, l'avenir du pays, etc. Il y a donc un coeur léger, et il est léger par l'Esprit, et un coeur gros, alourdi par la chair.
Oh, comme c'est simpliste, me dira-t-on, et pourtant: comme c'est vrai, comme c'est clair ! Car les enfants aiment la vie, ils n'anticipent rien, ne connaissent pas la valeur de l'argent, ne lisent pas les journaux, n'ont aucune idée de l'évolution du prix du baril de pétrole, la politique leur paraît à cent lieues de la vie, et ils n'ont certes pas de problèmes de régime.
Notre malheur d'adultes, c'est sans doute d'être divisés en nous-mêmes. Je pense tout le temps à la femme de Lot, qui était sauve de Sodome, mais s'est retournée... nous nous retournons beaucoup trop souvent, et cela nous fige !
Hors de Dieu, beaucoup d'efforts, résultats nuls
Publié : jeu. 17 juil. 2008, 10:16
par etienne lorant
Livre d'Isaïe 26,7-9.12.16-19.
Le chemin du juste va tout droit, et toi qui es droit, Seigneur, tu aplanis le sentier du juste. Sur le chemin que tracent tes sentences, nous espérons en toi, Seigneur. Nous rappeler ton nom, voilà tout notre désir. Mon âme aspire vers toi pendant la nuit, mon esprit te cherche dès le matin. Lorsque tes jugements s'exercent sur la terre, les habitants du monde découvrent la justice. Seigneur, tu nous assureras la paix, car même ce que nous entreprenons, c'est toi qui l'accomplis pour nous.Seigneur, dans la détresse on a recours à toi ; quand tu sévis, on se répand en prières.
Nous avons été devant toi, Seigneur, comme une femme enceinte sur le point d'enfanter, qui se tord et crie dans les douleurs.
Nous avons conçu, nous avons été dans les douleurs, mais nous n'avons enfanté que du vent : nous n'apportons pas le salut à la terre, nous ne donnons pas naissance aux habitants du monde.
Il faudrait relire Isaïe plus souvent, et Jérémie aussi. Dans ce passage d'aujourd'hui, que de consolations, quelle incitation à l'espérance au milieu des douleurs du monde !
J'ai mis en exergue un paragraphe, parce qu'il constitue une image forte de l'échec certain des tentatives strictement humaines d'instaurer une forme de justice sur la terre: "Nous avons été dans les douleurs, mais nous n'avons enfanté que du vent"...
Je prie que dans mes douleurs, dans ma solitude, mon angoisse, je ne m'égare pas en projets stériles et que mon imagination ne me fasse pas non plus me disperser en distractions vaines. Je prie encore et toujours le Seigneur de me mettre au travail dans sa Vigne, quand bien même la vigne que je peux voir me paraît désormais très réduite...
Dans le passé, plusieurs fois, j'ai conçu nombre de projets qui ont abouti à ma confusion. J'avoue que j'ai été souvent comme dans la fable de Jean de la Fontaine: une grenouille qui voulait se faire forte qu'un bœuf... Mais si Tu es avec moi, Seigneur, je peux encore changer de vie, il suffit que Tu me guides par Ta main très sûre. Je Te prie chaque à cette intention, mais aussi, selon Ton souhait Seigneur, pour tous les pauvres gens, pauvres d'argent et surtout pauvres d'espérance, que je croise chaque jour.
Père que Ton règne vienne !
Ce livre me parle constamment...
Publié : jeu. 17 juil. 2008, 19:15
par etienne lorant
Mt 11, 28-30)
28i En ce temps-là, Jésus prit la parole: "Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. 29 Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez le repos. 30 Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. »
Je remarque qu'il y a dans le texte deux conditions pour obtenir le repos que Jésus procure: la première est de peiner sous le fardeau (ce qui présuppose que l'on reconnaisse l'existence dans le monde comme un fardeau - et c'est mon cas, même "moi" suis un fardeau pour moi !); et la seconde condition, c'est de prendre son joug et devenir son disciple.
L'origine du mot "joug" m'a posé quelques problèmes de recherche: le mot latin décrit une pièce de bois placée sur le collier des bœufs pour les atteler ensemble - j'imagine qu'en hébreu comme dans toutes les civilisations antiques, on désignait ainsi le même objet. De toute manière, on passe d'un fardeau à une "guidance" étroite, par laquelle on n'est plus seul, abandonné à son fardeau.
O étrange chose que la Bible ! Au moment où j'ai commencé cette recherche, j'ignorais qu'avant qu'elle aboutisse, j'apprendrais la date de l'opération de ma mère et aussi le fait qu'à cette date, le 30 juillet, mes deux sœurs seront au lac Majeur, en congés.
Ce que me dit donc la Parole de Dieu aujourd'hui, c'est d'abandonner ce nouveau fardeau aussi vite et de m'en remettre immédiatement au Seigneur. Eh bien, qu'il m'en soit fait ainsi... La voix légèrement altérée de ma sœur, à l'autre bout du fil, mon propre ton sobre, un peu froid, trahissent d'un côté un aveu du style : "Ne compte pas sur moi. Je te refile le problème") et de ma part.... oh l'angoisse d'abord, et maintenant la volonté de changer ce signe d'angoisse en signe d'espérance. Le Seigneur semble me dire: j'attends de toi que tu agisses en homme qui connaît l'Espérance et que tu ne te rebiffes pas.
Amen, Seigneur Jésus, qu'il m'en soit fait comme Tu veux !
(Mais tiens-moi fermement la main... que dis-je ? Ta main, Jésus, voilà mon joug !)
Le repos dans la Paix, le travail dans la Joie
Publié : ven. 18 juil. 2008, 11:21
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 12,1-8.
En ce temps-là, Jésus passait, un jour de sabbat, à travers les champs de blé, et ses disciples eurent faim ; ils se mirent à arracher des épis et à les manger.
En voyant cela, les pharisiens lui dirent : « Voilà que tes disciples font ce qu'il n'est pas permis de faire le jour du sabbat ! »
Mais il leur répondit : « N'avez-vous pas lu ce que fit David, quand il eut faim, ainsi que ses compagnons ?
Il entra dans la maison de Dieu, et ils mangèrent les pains de l'offrande ; or, cela n'était permis ni à lui, ni à ses compagnons, mais aux prêtres seulement.
Ou bien encore, n'avez-vous pas lu dans la Loi que le jour du sabbat, les prêtres, dans le Temple, manquent au repos du sabbat sans commettre aucune faute ?
Or, je vous le dis : il y a ici plus grand que le Temple.
Si vous aviez compris ce que veut dire cette parole : C'est la miséricorde que je désire, et non les sacrifices,
vous n'auriez pas condamné ceux qui n'ont commis aucune faute. Car le Fils de l'homme est maître du sabbat. »
Comme j'aime beaucoup saint Augustin, je ne me retiens pas de reproduire ici son commentaire:
"Lorsque la grâce a été révélée, les fidèles ont été relevés de l'observance du sabbat qui consistait dans le repos d'un jour. Maintenant, par la grâce, le chrétien observe un sabbat perpétuel, si tout ce qu'il fait de bon il le fait dans l'espoir du repos à venir et s'il ne se glorifie pas de ses bonnes œuvres (...) En agissant ainsi, il se repose de ses oeuvres anciennes, marche dans les sentiers d'une vie nouvelle, et reconnaît que Dieu agit en lui, Dieu qui tout à la fois agit en lui en tant qu'il gouverne ses créatures comme il faut, et se repose, en tant qu'il a en lui la tranquillité éternelle."
Je peux m'imaginer les disciples marchant aux abord d'un champs de blé arrivé à maturité et, certainement sans penser à mal, froisser quelques épis pour en avaler la semence. J'ai fait cela l'année passée lors d'une visite à un ami qui a la chance d'habiter en pleine campagne, c'était gai sous le soleil très chaud. Nous avons croisé le paysan qui nous a lancé: "Goûtez ! La récolte est bonne !" Un souvenir joyeux, çà compte !... Dans une lecture précédente, nous avions lu comment Jésus avait réagi en expliquant aux Pharisiens que ses disciples ne pouvaient pas jeûner tant que l'Epoux est parmi eux. Il y a un temps pour tout et un temps pour chaque chose dit l'Ecclésiaste. Le temps que Jésus est venu apporter, et qu'Il apporte, aujourd'hui à tout homme, c'est le temps de la délivrance des entraves du péchés et de l'angoisse de la mort, et son Esprit nous guide en toute occasion.
Pour ce qui est de moi, aujourd'hui et dans les prochains jours, oui je vais jeûner pour obtenir la réussite de l'opération de ma mère, normalement prévue pour le 30 juillet, mais peut-être imminente, tant les douleurs l'accablent. Elle ne cesse de pleurer et de trembler sur ses jambes, et c'est intolérable. On n'est jamais trop fatigué à servir Dieu dans le prochain, les forces sont données en autant d'abondance que lors de la multiplication des pains.
Merci de prier pour maman Léa !
Veillez ! Afin de ne pas entrer en tentation.
Publié : sam. 19 juil. 2008, 15:31
par etienne lorant
Livre de Michée 2,1-5.
Malheureux ceux qui, du fond de leur lit, méditent le crime, élaborent le mal !Au point du jour, dès qu'ils en ont les moyens, ils l'exécutent. S'ils convoitent des champs, ils s'en emparent ;des maisons, ils les prennent ;ils saisissent le maître avec sa maison, l'homme avec son héritage.
Oui, malheureux ceux qui consacrent leurs heures de sommeil à méditer un crime - et qui dès le réveil, le lendemain, vont au bout d'un projet néfaste ainsi conçu. Pour nous, l'heure du sommeil est celle où nous remettons au Seigneur nos soucis, celle où nous pensons le plus à ceux et celles qui nous manquent. Souvent, les miennes sont remplies des "choses-à-faire" que je ne dois pas oublier... jusqu'à ce que je m'endorme. En réalité, je me dis qu'en ces heures où l'homme doit s'en remettre à Dieu pour le salut de son âme, combien plus il est coupable s'il fait exactement le contraire et conçoit le mal à accomplir le lendemain !
(Suite)
Comme rien, dans mes lectures (d'autant que je les sélectionne) n'est vraiment un hasard pour moi, à propos de la nuit et ce qui se passe dans l'esprit des hommes durant les nuits, j'ai trouvé cette réflexion de Julien Green dans son journal:
"En pensant à quelqu'un je lui tenais mentalement ce discours: "Entre toi et toi-même, il faut que s'élève la muraille de flammes qui te gardera du mal et derrière laquelle l'âme pourra monter vers Dieu. Chaque jour est une bataille, et chaque nuit. Je le sais bien. Le sommeil lui-même n'est plus une cité de refuge contre le mal comme le fut la petite ville de Zoar (Note: Zoar ou: Soar - lieu où se réfugia Loth avec la permission de Dieu lors de l'anéantissement de Sodome).
Dans les rêves, dans le plus profond de l'inconscient et de l'irresponsable, le démon se rue comme une bête et c'est Dieu qui le repousse, mais la chair souffre de ce conflit dévastateur. Pourquoi n'en parle-t-on jamais ? Il est clair que si la volonté est endormie avec le corps, elle ne peut lutter. Qui donc lutte pour toi, si ce n'est ton Créateur lui-même ?
La pureté est tellement nécessaire à l'amitié de Dieu que si on la Lui demande fortement, Il la donne, mais il faut qu'elle soit liée à l'amour. Ceux qui croient que qu'elle (la pureté) n'est pas indispensable s'abusent de façon étrange".
L'auteur dans ce texte a identifié la petite ville de Zoar (le mot signifie "petit" en hébreux) comme le refuge du sommeil devant certaines catastrophes... qu'en pensez-vous ?
Pour ma part, en lisant ce texte, je me suis souvenu de rêves extrêmement pervers que j'avais vécus sous anti-dépresseur. A mon réveil, j'ai jeté le médicament et j'ai dit au médecin: "Jusqu'à la dernière nuit, je ne savais pas que mon propre cerveau put produire de telles images et je ne les tolère pas". Il m'a prescrit une nouvelle "molécule" beaucoup moins "agressive"...
A part cette anecdote, le texte du prophète - tout comme celui de J. Green, me rappellent encore la parole de Jésus:
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu (Mt 6, 20-25)
22 La lampe du corps, c'est l'oeil. Donc, si ton oeil est vraiment clair, ton corps tout entier sera dans la lumière ;
23 mais si ton oeil est mauvais, ton corps tout entier sera plongé dans les ténèbres. Si donc la lumière qui est en toi est ténèbres, quelles ténèbres y aura-t-il !
... Si en plein jour, notre regard est déjà dans les ténèbres, qu'en deviendra-t-il durant les longues nuits d'hiver ? Il serait intéressant de retrouver ces anciennes prières que l'on donnait à réciter avant le sommeil. Car, oui, des anges peuvent nous visiter, mais il n'y a pas que les anges !
O, veiller constamment !
Publié : jeu. 24 juil. 2008, 19:03
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,10-17.
Le coeur de ce peuple s'est alourdi :i ls sont devenus durs d'oreille,ils se sont bouché les yeux,pour que leurs yeux ne voient pas,que leurs oreilles n'entendent pas,que leur coeur ne comprenne pas,et qu'ils ne se convertissent pas. Sinon, je les aurais guéris !
Mais vous, heureux vos yeux parce qu'ils voient, et vos oreilles parce qu'elles entendent !
Si nos coeurs s'alourdisssent, alors nous devenons durs d'oreille et nous voilons les yeux. De ce temps-ci, je confesse que dans l'agrandissement de la solitude, et la montée des inquiétudes, mon propre coeur a tendance à s'alourdir: je prie bien toute une journée, et le lendemain, je me retrouve à m'apitoyer sur mon sort, à rechercher des distractions, et je retombe tout de suite.
Cependant, je témoigne encore que, pas une seule seconde, le Seigneur n'a cessé de me manifester, de multiples façons, qu'Il continue de m'aimer, et même qu'Il me dit: "Appuie-toi sur ma croix, je te relèverai..."
O doux Jésus, comme je Te fais souffrir par mes manques de foi, par la jalousie stupide qui m'a enflammé le coeur contre mes soeurs, par mon manque de vigilance ! Et ce soir, je me souviens de ce que tu avais dit à une de tes âmes élues: "Ce ne sont ni les âmes coupables, ni les âmes innocentes qui me sont le plus chères, mais celle qui m'aiment". Amen, Jésus, me voici, j'ai confiance en Toi !
Fin des paraboles sur le Royaume
Publié : jeu. 31 juil. 2008, 10:03
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 13,47-53.
Le Royaume des cieux est encore comparable à un filet qu'on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons.
Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s'assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.
Ainsi en sera-t-il à la fin du monde : les anges viendront séparer les méchants des justes
et les jetteront dans la fournaise : là il y aura des pleurs et des grincements de dents.
Avez-vous compris tout cela ? — Oui », lui répondent-ils.
Jésus ajouta : « C'est ainsi que tout scribe devenu disciple du Royaume des cieux est comparable à un maître de maison qui tire de son trésor du neuf et de l'ancien. »
Jésus acheva ainsi de proposer des paraboles, puis il s'éloigna de là.
Les paraboles sur le Royaume ont été dites et en désignant "tout scribe devenu disciple", je vois d'abord que Jésus me désigne moi aussi - puisque j'écrivais déjà beaucoup avant de devenir disciple. A cette époque, j'écrivais à la recherche de la Vérité, et quand je l'ai trouvée, la Vérité m'a rendue libre. Désormais, j'écris en vue du Royaume, je ne peux pas écrire pour moi-même, mais laisser l'Esprit écrire "en vue du Royaume".... La responsabilité est importante - puisqu'elle est comparable à celle d'un "maître de maison", pas moins ! Et ici, tiens, tiens, on retrouve l'homme de la parabole d'hier, qui a acheté le champ et qui désormais possède le trésor.
Et quoi encore : oh, il en retire du neuf et de l'ancien ! Ne serait-ce pas du fait que ce trésor, il est déjà tout entier dans l'Ancien et le Nouveau Testament ? Voyez comme la liturgie est adaptée: on y puise de l'Ancien - qui est la Loi, dont "pas un seul trait ne passera avant que tout ne soit accompli", et du Nouveau, qui est cette même Loi transcrite désormais dans nos cœurs. D'abord gravée dans la pierre au Mont Sinaï, Jésus, par son incarnation, par sa passion, et sa résurrection est venu écrire l'Alliance dans le coeur de ses disciples. Et il est logique de communier ensuite au Verbe de Dieu, à la Lumière qui éclaire "tout homme venant dans le monde". A chaque Eucharistie, sur toute la terre, la Parole ne cesse donc de se réactualiser et d'enrichir la vie. Quel profond et merveilleux mystère !
Je prie le Seigneur de me garder un coeur toujours ouvert à tout ce qu'Il voudra me montrer, et cela dans le temps de paix, comme dans le temps d'épreuve, car la Parole est de tous les temps. Loué soit le Seigneur, mon Dieu !
Le martyre de Jean-Baptiste
Publié : sam. 02 août 2008, 19:33
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 14,1-12.
"Car Hérode avait fait arrêter Jean, l'avait fait enchaîner et mettre en prison, à cause d'Hérodiade, la femme de son frère Philippe. En effet, Jean lui avait dit : « Tu n'as pas le droit de vivre avec elle. »
Voici la faute que l'on porte. Et voici le remède. Or, le remède, plutôt que de le prendre en vue de guérir, on le met de côté - ici dans une prison (aujourd'hui au fond d'une armoire, ou derrière le dernier des livres d'une bibliothèque...)
Hérode, en enfermant Jean dans un de ses cachots, songeait à se repentir, mais souvent le remède est amer et il faut l'avaler d'un trait. Alors il tarde, et plus il tarde, plus la guérison est compromise. Et dans le récit de la mort de Jean le Baptiste, je vois bien que c'est la tête qui est séparée du corps, ce qui me rappelle : ce qui est de la chair est chair, ce qui est de l'Esprit est esprit. Voici la lutte perpétuelle de l'homme avec lui-même, et ni la philosophie, ni la psychanalyse, ni les lois, ni les mouvements libertaires ne peuvent empêcher que ce combat ait lieu.
Jean est-il mort pour rien ? Hérode est-il maudit ? Moi, je ne l'affirmerais pas aussi catégoriquement. Car Jean n'a cessé de harceler Hérode sur la question de la fidélité et, qui sait si le roi ne s'est pas repenti avant de mourir ? Si le mouvement de repentir a suffi au "bon larron", crucifié avec Jésus, pour se retrouver en paradis, alors comment imaginer que le martyre de Jean n'ait pas servi à sauver son persécuteur ?
Et qu'en est-il de nous ? Nous, qui tenons-nous enfermé dans le cachot de nos cœurs ? Jusques à quand (Quosque tandem !) tarderons-nous à nous convertir !!!
La loi, la règle, la mesurette, la paille et la poutre !
Publié : mar. 05 août 2008, 18:25
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 15,1-2.10-14.
Alors des pharisiens et des scribes venus de Jérusalem s'approchent de Jésus et lui disent : « Pourquoi tes disciples désobéissent-ils à la tradition des anciens ? En effet ils ne se lavent pas les mains avant de prendre leur repas. » Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! Ce n'est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l'homme impur. Mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l'homme impur. »
Jésus a dit que pas un trait de la Loi ne passera avant que tout soit accompli, mais quant à la tradition des anciens, il ne s'agit que de la tradition, c'est-à-dire une pratique symbolique. S'il existe une tradition de se laver les mains avant de prendre un repas, elle signifie d'abord rendre grâce à Celui qui est à la source de tous les biens, et d'abord de la nourriture. Et celui qui rend grâce au Père qui lui donne le pain quotidien, s'est déjà lavé les mains, et aussi la tête. Quant à celui qui partage le pain avec son prochain, il a fait beaucoup plus encore.
Ainsi celui qui enseignera que la tradition est supérieure à la Loi, ne sert pas la Loi, mais se rend impur. Et l'impureté me paraît ainsi comme un désordre grave du regard devant la Loi.
J'ai connu beaucoup de gens que j'appellerais des "éplucheurs de l'Ecriture". Ils diront en se fondant sur un mot de saint Paul qu'il n'y a que la foi qui sauve, alors que saint Paul dit Lui-même : prenez-moi pour modèle, car mon modèle c'est le Christ. S'il n'y a que la foi qui sauve, comment expliquer qu'au jugement dernier, les bénis de Dieu sont ceux qui ont accompli des actes de miséricorde - alors même qu'ils admettront ne pas connaître le Seigneur ?
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Voici un bel exemple d'épluchage de l'Ecriture... armez-vous de patience, il en faut !
«La foi sans les œuvres est morte» (Jacques 2.28)
Ce verset est souvent mal compris et bien des personnes s’en servent pour proclamer qu’il faut faire des œuvres pour obtenir le salut. Remarquons d’abord que cette déclaration de Jacques ne signifie aucunement que les œuvres sauvent, autrement elle contredirait les enseignements de Paul tels que :
«Vous êtes sauvés par la grâce, par la foi, et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu ; non pas sur le principe des œuvres, afin que personne ne se glorifie» [Eph.2.8]
«L’homme n’est pas justifié sur le principe des œuvres de loi, ni autrement que par la foi en Jésus Christ» (Galates 2.16)
«Dieu nous sauva, non sur la base d’œuvres accomplies en justice que nous, nous aurions faites, mais selon sa propre miséricorde…» (Tite 3.5)
Quand Jacques dit que la foi sans les œuvres est morte, il rejoint la pensée du Seigneur Jésus : «Vous les reconnaîtrez à leurs fruits… Tout bon arbre produit des bons fruits, mais l’arbre mauvais produit des mauvais fruits. Un bon arbre ne peut pas produire de mauvais fruits, ni un arbre mauvais produire de bons fruits» (Mat. 7, 15 à 20)
Les œuvres sont les fruits de la foi ainsi prouvée aux yeux des hommes, mais Dieu qui connaît nos cœurs jusque dans les moindres recoins, n’a pas besoin de voir nos œuvres pour savoir si nous avons la foi.
Imaginons que je me présente à un architecte en vue d’une embauche, lui déclarant que je suis un excellent dessinateur. L’architecte va me demander que je lui prouve mes talents en lui montrant ce que je sais faire. Dieu, lui, n’a pas besoin de preuve parce qu’il me connaît et sait si j’ai des talents de dessinateur ou non.
Quelles œuvres pourrions-nous d’ailleurs faire pour gagner la faveur du Dieu saint ? Toute œuvre aussi bonne, aussi grande, aussi sincère soit-elle ne peut rien ôter au fait que nous sommes pécheurs. Seule, l’Œuvre de Jésus Christ accomplie à la croix sauve le croyant à tout jamais. Il l’a accomplie parfaitement, il n’y a rien à ajouter. Vouloir faire des œuvres pour le salut de son âme, c’est vouloir ajouter à l’Œuvre de Christ, c’est donc considérer que son sacrifice n’est pas suffisant.
Le croyant doit faire des œuvres, non pas pour son salut, mais pour plaire à son Sauveur et par amour pour son prochain. Voilà le fruit de la foi.
L'annonce qui suit la Transfiguration
Publié : jeu. 07 août 2008, 14:31
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,13-23.
A partir de ce moment, Jésus le Christ commença à montrer à ses disciples qu'il lui fallait partir pour Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des chefs des prêtres et des scribes, être tué, et le troisième jour ressusciter. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches : « Dieu t'en garde, Seigneur ! cela ne t'arrivera pas. » Mais lui, se retournant, dit à Pierre : « Passe derrière moi, Satan, tu es un obstacle sur ma route ; tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
Comme chaque jour, l’Evangile répond aussi bien au choix des lectures de la liturgie de la veille, tout comme il répond à mon interrogation personnelle. Qu’est-ce que je découvre en fait ? Après l’épisode merveilleux de la Transfiguration, durant lequel Jésus s’est entretenu autant avec trois de ses disciples, autant qu’avec deux prophètes de l’ Ancien Testament – après la voix du Père qui s’est fait entendre pour dire : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le ! »… voici une autre Parole qui n’annonce que peine, trahison, souffrance, présence de Satan, Passion, mort et Résurrection.
Or, j’ai moi aussi quelque chose à dire qui ressemble beaucoup à « peine, trahison, souffrance, présence de Satan, passion… » Car depuis le 9 avril de cette année, date du décès de mon père, je suis demeuré comme le second du navire qui remplace le capitaine, et bon gré mal gré, j’ai rempli ma tâche. Ma mère a commencé à souffrir en mai, cependant elle n’a rien osé dire jusqu’à mi-juin. A ce moment, mes sœurs ayant programmé de partir à deux pour visiter les lacs entre l’Italie, la France et la Suisse, n’ont pas voulu ni reporter, ni annuler, ni simplifier leur projet. Maman a donc attendu seule (si ce n’est la présence de son fils désolé et très songeur) l’opération du le 31 juillet – laquelle était frappée d’un « petit 50/50 ».
Pour répondre à une demande de ma mère Je suis parti en pèlerinage à saint Mutien-Marie, , et j’ai passé des nuits en prière. L’opération a pleinement réussi, mais ce succès, à raison même qu’il était surprenant, a retiré toute crédibilité à mes sœurs. Et tout ce qui s’est passé ensuite, je le savais par avance, ayant recouvré d’un seul coup mon esprit pointu d’avant ma conversion. Je les ai revues toutes deux à la boutique exactement à l’heure où il était prévisible qu’elles arrivent.
Contre toute logique, mais avec la grande assurance que donnent les mensonges longuement mûris : « Nous sommes toujours disponibles pour vous, ayez confiance ! » C’était plus de huit heures après que ma mère soit sortie de la salle de réveil. Depuis, chacune des deux est repartie de son côté, l’une à la frontière allemande, injoignable, portable coupé du matin au soir et l’autre… je ne sais où. Dans la journée d’hier, sous 30° à l’ombre, j’ai veillé que le retour de ma mère à la maison de repos, soit le plus paisible possible, j’ai reçu les félicitations de la part de ses voisines de chambre pour ma délicatesse et j’ai souri, en pleine béatitude, et rendant grâce à Dieu…
Tout de même, comme je passais, à la gauche de mon champ de vision, le sourire ironique du directeur de la maison de repos ne m’a pas échappé et ce matin, j’ai entrepris une recherche administrative sur sa formation et son passé professionnel. Déjà, lors d’une précédente visite, mon oreille avait perçu, de la part d’un de ses collaborateurs : « Bouge-toi ! Nous avons de l’argent à faire ! » De l’argent à faire ? Sur le dos de qui ? Et depuis, je joue de nouveau au petit bienheureux béat – l’idiot du village à leurs yeux, ce qui m’a profité énormément dans mes affaires, car derrière le masque du faible d’esprit, j’ai toujours calculé à froid mes chances devant un péril possible.
Eh bien, ce que j’annonce de mon côté, c’est un engagement déterminé à souffrir autant qu’à sourire, à subir l’injustice tout en pratiquant la justice avec le même sourire, à me fondre dans la foule tout en la divisant, à pratiquer la vérité quand tous diront « Quel comédien celui-là ». En effet, ce que fera ma main droite, celle que tous regarde, ne saura pas elle-même le geste de miséricorde qu’aura accompli ma main gauche ». Il ne s’agit même pas de vivre caché, mais d’agir avec prudence.
La marche en avant !
Publié : ven. 08 août 2008, 9:33
par etienne lorant
Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 16,24-28.
Alors Jésus dit à ses disciples : « Si quelqu'un veut marcher derrière moi, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. Car celui qui veut sauver sa vie la perdra, mais qui perd sa vie à cause de moi la gardera.
Quel avantage en effet un homme aura-t-il à gagner le monde entier, s'il le paye de sa vie ? Et quelle somme pourra-t-il verser en échange de sa vie ? Car le Fils de l'homme va venir avec ses anges dans la gloire de son Père ; alors il rendra à chacun selon sa conduite.
Amen, je vous le dis : parmi ceux qui sont ici, certains ne connaîtront pas la mort avant d'avoir vu le Fils de l'homme venir dans son Règne. »
A partir du moment de la conversion, une marche commence, que rien n'arrête. Or, celui qui s'est mis à marcher ne remarque rien sur le moment. Car le renoncement qui lui est demandé est totalement compensé par la joie éprouvée; et qu'est-ce que prendre sa croix, sinon assumer sa nature chaque jour, avec l'adhésion de foi qui permet sa lente spiritualisation ? Le converti, l'homme qui s'est rendu compte de la valeur du trésor découvert dans le champ, sait très bien que tout est bouleversé, que le temps est court, et il a hâte d'ajuster sa conduite non plus en fonction des consensus du monde mais de la Vérité qui demeure. Dans ce passage, aujourd'hui, au lieu de trouver un avertissement du Seigneur concernant la caractère radical du choix à effectuer, je vois... comme l'homme à qui Jésus remis les péchés - ce qui a scandalisé les Pharisiens, mais qui aussitôt ensuite à entendu: "Lève-toi, prends ta croix (ton grabat de chair) et marche !" Et il ne l'aurait pas fait ???