Divorce et remariage
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Forum de discussions entre chrétiens sur les questions morales et éthiques. Certaines discussions de ce forum peuvent heurter la sensibilité des jeunes lecteurs.
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Divorce et remariage
Bonjour à tous,
étant divorcé-remarié, je me pose beaucoup de question par rapport à cette situation et à la position de l’Église catholique sur le sujet.
Aujourd’hui privé des sacrements, j’accepte la situation puisque j’ai choisi de me remarier en connaissance de cause; et j’ai choisi de vivre aujourd’hui dans l’obéissance malgré la désobéissance première qui m’a placé dans cette situation.
Je voudrais néanmoins faire part de mes incompréhension afin d’obtenir des éclaircissements sur certains points qui me semblent paradoxaux :
Exceptions au divorce
1) l’argument bien connu de l’Évangile selon Saint Matthieu, où Jésus énonce par deux fois une exception à l’interdiction de répudier sa conjointe (Mt 5, 32; Mt 19, 9). Les traductions divergent concernant l’exception : “fornication”, “union illégitime”, “infidélité”. Le mot grec utilisé est “porneia”. L’Église catholique nous dis que ce terme concerne des cas spécifiques, rares et extrêmes où “il n’y a pas de véritable union, notamment le cas d’inceste et d’autres cas d’union irrégulière” (http://www.belgicatho.be/archive/2015/1 ... 94811.html). et qui sont généralement reçus comme des raisons acceptables pour une réponse positive à une reconnaissance de nullité de mariage (le mariage n’est donc pas supprimé ou annulé mais n’a simplement jamais existé). Or le sens du mot porneia est au contraire très vague et englobe à peu près toute inconduite sexuelle ou impudicité et il est utilisé dans ce sens à de nombreuses reprises dans le nouveau testament (https://www.lueur.org/bible/strong/porneia-g4202).
2) autre passage connu en 1 Co 7, 14-15 : “En effet le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par son mari croyant. Autrement, vos enfants ne seraient pas purifiés, et en fait ils sont sanctifiés. Mais si le non croyant se sépare, qu’il le fasse : en de telles circonstances, notre frère ou notre sœur n’est pas réellement lié ; c’est pour vivre dans la paix que Dieu vous a appelés.”
Un prêtre me disait que le “non-croyant” signifiait en fait “non-baptisé” et que de fait le mariage était illégitime dans ce cas (et de nouveau, n’a jamais vraiment existé). Mais je pense que si Saint Paul avait voulu parler de personnes non baptisées, il l’aurait exprimé clairement en le disant tel quel. Au contraire, ici le terme qu’il utilise est “apistos” (https://www.lueur.org/bible/strong/apistos-g571) qui signifie “infidèle”, “sans foi”, “incrédule”.
Indissolubilité du mariage
1) concernant l’indissolubilité du mariage, l’Église se base sur les paroles du Christ qui nous dit : “Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !“ Or, ces paroles du Christ - si elles nous montrent clairement ce qu’il nous ordonne - ne montrent-elles pas aussi que le mariage n’est pas indissoluble puisqu’il nous demande de ne pas séparer ce que Dieu a uni. Le Christ lui-même ne souligne-t-il pas la possibilité de la séparation, tout en la déplorant et en nous ordonnant de ne pas le le faire ? Autrement dit, sans nier aucunement que ce soit une mauvaise chose, ne faut-il pas voir ici qu'il est effectivement possible (et non-souhaitable) de séparer ce que Dieu a uni ?
2) enfin, je note ces paroles de Jésus à la samaritaine : “Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai.” (Jn 4, 17-18). Ce que les paroles de Jésus m’indiquent sur le sujet qui m’occupe, c’est que la samaritaine a été mariée (5 maris), qu’elle vit actuellement avec un homme qui n’est pas son mari, et qu’elle n’est actuellement pas mariée (“Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari”). Or, à moins que ses 5 maris précédents soient tous morts (hautement improbable), on peut légitimement supposer que cette femme était une répudiée. Pourtant, Jésus confirme qu’elle n’est pas mariée et n’a pas de mari.
Refus des sacrements
Je terminerais en disant que même en acceptant que le remariage après divorce soit un péché mortel (ce dont je doute pour les raisons évoquées), je n’arrive pas à concilier la décision de l’Église de refuser les sacrements, avec les propos du Christ qui nous dit explicitement : “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. “ (Mc 2, 17). Comment comprendre que l’Église - pour la raison que nous serions “trop pécheurs” - nous refuse un Christ qui dit lui-même être venu en premier pour les pécheurs ?
étant divorcé-remarié, je me pose beaucoup de question par rapport à cette situation et à la position de l’Église catholique sur le sujet.
Aujourd’hui privé des sacrements, j’accepte la situation puisque j’ai choisi de me remarier en connaissance de cause; et j’ai choisi de vivre aujourd’hui dans l’obéissance malgré la désobéissance première qui m’a placé dans cette situation.
Je voudrais néanmoins faire part de mes incompréhension afin d’obtenir des éclaircissements sur certains points qui me semblent paradoxaux :
Exceptions au divorce
1) l’argument bien connu de l’Évangile selon Saint Matthieu, où Jésus énonce par deux fois une exception à l’interdiction de répudier sa conjointe (Mt 5, 32; Mt 19, 9). Les traductions divergent concernant l’exception : “fornication”, “union illégitime”, “infidélité”. Le mot grec utilisé est “porneia”. L’Église catholique nous dis que ce terme concerne des cas spécifiques, rares et extrêmes où “il n’y a pas de véritable union, notamment le cas d’inceste et d’autres cas d’union irrégulière” (http://www.belgicatho.be/archive/2015/1 ... 94811.html). et qui sont généralement reçus comme des raisons acceptables pour une réponse positive à une reconnaissance de nullité de mariage (le mariage n’est donc pas supprimé ou annulé mais n’a simplement jamais existé). Or le sens du mot porneia est au contraire très vague et englobe à peu près toute inconduite sexuelle ou impudicité et il est utilisé dans ce sens à de nombreuses reprises dans le nouveau testament (https://www.lueur.org/bible/strong/porneia-g4202).
2) autre passage connu en 1 Co 7, 14-15 : “En effet le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par son mari croyant. Autrement, vos enfants ne seraient pas purifiés, et en fait ils sont sanctifiés. Mais si le non croyant se sépare, qu’il le fasse : en de telles circonstances, notre frère ou notre sœur n’est pas réellement lié ; c’est pour vivre dans la paix que Dieu vous a appelés.”
Un prêtre me disait que le “non-croyant” signifiait en fait “non-baptisé” et que de fait le mariage était illégitime dans ce cas (et de nouveau, n’a jamais vraiment existé). Mais je pense que si Saint Paul avait voulu parler de personnes non baptisées, il l’aurait exprimé clairement en le disant tel quel. Au contraire, ici le terme qu’il utilise est “apistos” (https://www.lueur.org/bible/strong/apistos-g571) qui signifie “infidèle”, “sans foi”, “incrédule”.
Indissolubilité du mariage
1) concernant l’indissolubilité du mariage, l’Église se base sur les paroles du Christ qui nous dit : “Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !“ Or, ces paroles du Christ - si elles nous montrent clairement ce qu’il nous ordonne - ne montrent-elles pas aussi que le mariage n’est pas indissoluble puisqu’il nous demande de ne pas séparer ce que Dieu a uni. Le Christ lui-même ne souligne-t-il pas la possibilité de la séparation, tout en la déplorant et en nous ordonnant de ne pas le le faire ? Autrement dit, sans nier aucunement que ce soit une mauvaise chose, ne faut-il pas voir ici qu'il est effectivement possible (et non-souhaitable) de séparer ce que Dieu a uni ?
2) enfin, je note ces paroles de Jésus à la samaritaine : “Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai.” (Jn 4, 17-18). Ce que les paroles de Jésus m’indiquent sur le sujet qui m’occupe, c’est que la samaritaine a été mariée (5 maris), qu’elle vit actuellement avec un homme qui n’est pas son mari, et qu’elle n’est actuellement pas mariée (“Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari”). Or, à moins que ses 5 maris précédents soient tous morts (hautement improbable), on peut légitimement supposer que cette femme était une répudiée. Pourtant, Jésus confirme qu’elle n’est pas mariée et n’a pas de mari.
Refus des sacrements
Je terminerais en disant que même en acceptant que le remariage après divorce soit un péché mortel (ce dont je doute pour les raisons évoquées), je n’arrive pas à concilier la décision de l’Église de refuser les sacrements, avec les propos du Christ qui nous dit explicitement : “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. “ (Mc 2, 17). Comment comprendre que l’Église - pour la raison que nous serions “trop pécheurs” - nous refuse un Christ qui dit lui-même être venu en premier pour les pécheurs ?
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patatedouce
- Prætor

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- Inscription : lun. 26 juin 2023, 20:37
- Conviction : Catholique (Homme)
Re: Divorce et remariage
Bonjour,
Je lis vos messages et je sens votre détresse, mais je ne peux pas vous suivre quand vous dites que la position de l’Église sur le divorce est "incompréhensible". Elle est au contraire très claire, mais elle est exigeante.
Le mariage, ce n'est pas une option "satisfait ou remboursé". Vous avez donné votre parole devant Dieu pour le meilleur et pour le pire. Aujourd'hui, vous vivez le pire. Votre épouse est "défectueuse" ? Elle boit ? Elle vous rejette ? Mais nous sommes tous des pauvres pécheurs, nous sommes tous défectueux aux yeux de Dieu ! Qui êtes-vous pour la lâcher au moment où elle se noie ?
En acceptant le divorce, vous démissionnez de votre rôle de sentinelle. Le plus grand soutien qu'on puisse recevoir, c'est quand tout le monde vous lâche (et qu'on se lâche soi-même), de voir que l'autre, lui, ne bouge pas. C'est cela, être une "ancre".
On aimerait tous la "parfaite chrétienne" pieuse et sans histoires. Mais la réalité du combat spirituel, c'est d'aimer celle qui est là, dans sa misère. S'en remettre à Dieu, ce n'est pas pleurer dans son coin en attendant que le problème disparaisse, c'est puiser en Lui la force de dire : "Je ne signerai pas, je ne partirai pas, car tu restes ma femme."
Il n'y a pas de milieu :
1. Soit votre mariage était nul dès le premier jour, et vous demandez à l'Église de le reconnaître.
2. Soit il est valide, et en acceptant de briser ce lien, vous êtes en faute.
Ne cherchez pas à rendre l'Église responsable de votre manque de combativité. L’engagement, c’est justement de rester quand tout pousse à partir. C'est ce "Non" au divorce qui pourrait être le seul chemin de salut pour votre femme et votre famille.
Donc je ne pense pas que la position de l’Eglise soit à remettre en question même si j’admets qu’elle est difficile à tenir, surtout quand l’un n’est pas croyant mais baptisé.
Je précise que vous êtes libre de faire ce que vous voulez, je ne vous juge absolument pas. Je ne connais pas plus votre cas personnel qui peut remettre en cause mon message. C’est à vous de discerner avec un prêtre comme le suggère Amoris Laetitia.
En UDP avec vous
Je lis vos messages et je sens votre détresse, mais je ne peux pas vous suivre quand vous dites que la position de l’Église sur le divorce est "incompréhensible". Elle est au contraire très claire, mais elle est exigeante.
Le mariage, ce n'est pas une option "satisfait ou remboursé". Vous avez donné votre parole devant Dieu pour le meilleur et pour le pire. Aujourd'hui, vous vivez le pire. Votre épouse est "défectueuse" ? Elle boit ? Elle vous rejette ? Mais nous sommes tous des pauvres pécheurs, nous sommes tous défectueux aux yeux de Dieu ! Qui êtes-vous pour la lâcher au moment où elle se noie ?
En acceptant le divorce, vous démissionnez de votre rôle de sentinelle. Le plus grand soutien qu'on puisse recevoir, c'est quand tout le monde vous lâche (et qu'on se lâche soi-même), de voir que l'autre, lui, ne bouge pas. C'est cela, être une "ancre".
On aimerait tous la "parfaite chrétienne" pieuse et sans histoires. Mais la réalité du combat spirituel, c'est d'aimer celle qui est là, dans sa misère. S'en remettre à Dieu, ce n'est pas pleurer dans son coin en attendant que le problème disparaisse, c'est puiser en Lui la force de dire : "Je ne signerai pas, je ne partirai pas, car tu restes ma femme."
Il n'y a pas de milieu :
1. Soit votre mariage était nul dès le premier jour, et vous demandez à l'Église de le reconnaître.
2. Soit il est valide, et en acceptant de briser ce lien, vous êtes en faute.
Ne cherchez pas à rendre l'Église responsable de votre manque de combativité. L’engagement, c’est justement de rester quand tout pousse à partir. C'est ce "Non" au divorce qui pourrait être le seul chemin de salut pour votre femme et votre famille.
Donc je ne pense pas que la position de l’Eglise soit à remettre en question même si j’admets qu’elle est difficile à tenir, surtout quand l’un n’est pas croyant mais baptisé.
Je précise que vous êtes libre de faire ce que vous voulez, je ne vous juge absolument pas. Je ne connais pas plus votre cas personnel qui peut remettre en cause mon message. C’est à vous de discerner avec un prêtre comme le suggère Amoris Laetitia.
En UDP avec vous
Re: Divorce et remariage
Bonjour patatedouce et merci pour votre réponse,
vous dites que vous ne me jugez pas, donc j'ai relu votre message trois fois en gardant bien cela en tête et en prenant de la distance.
Si je répond si rapidement, c'est surtout pour préciser qu'en postant mon message d'origine, je ne cherchais pas vraiment à parler de moi ou de ma situation personnelle, mais davantage des éclaircissements par rapport à ces divers passages de l’Écriture avec lesquels l’Église semble être (dans ma compréhension des choses) en paradoxe.
Je ne cherchais pas particulièrement une réflexion sur le mariage et la fidélité qui en fait partie, car ce que vous écrivez je ne l'ignorais pas et je suis d'ailleurs d'accord avec vous sur la quasi totalité de votre message. Je vais néanmoins vous répondre sur certaines choses.
Je suis d'accord avec vous (et avec l’Église) quand vous dites que le mariage catholique suppose une promesse faite devant Dieu qu'il convient de tenir dans le meilleur et dans le pire.
La question qui se pose à mon sens, c'est de l'existence de la promesse quand l'épouse contracte une nouvelle union, quitte son conjoint et exige le divorce. Que reste-t-il de l'union première, et de la promesse ? Ou pour le dire autrement, à quelle genre de promesse bizarre le conjoint délaissé serait-il encore lié ? L'épouse exprime clairement son désintérêt total pour son époux et son mariage, délaisse ses enfants, quitte définitivement le domicile familial pour rejoindre l'homme avec lequel elle était adultère depuis plusieurs mois, et exige le divorce. Dans ce cadre précis, que reste-t-il du lien et de la promesse ? Ne sommes-nous pas en plein porneia (Mt 5 et Mt 19) ? La partie non-croyante n'est-elle pas définitivement partie (1 Co 7) ?
Vous terminez ce paragraphe en écrivant "Qui êtes-vous pour la lâcher au moment où elle se noie ?" Je comprend ce que vous voulez exprimer mais je trouve que l'image est incorrecte. Je ne l'ai jamais lâchée, c'est elle qui l'a fait. Ce qu'on peut me reprocher, c'est de n'être pas resté, immobile et la main tendue à la surface de l'eau jusqu'à la fin de mes jours.
vous dites que vous ne me jugez pas, donc j'ai relu votre message trois fois en gardant bien cela en tête et en prenant de la distance.
Si je répond si rapidement, c'est surtout pour préciser qu'en postant mon message d'origine, je ne cherchais pas vraiment à parler de moi ou de ma situation personnelle, mais davantage des éclaircissements par rapport à ces divers passages de l’Écriture avec lesquels l’Église semble être (dans ma compréhension des choses) en paradoxe.
Je ne cherchais pas particulièrement une réflexion sur le mariage et la fidélité qui en fait partie, car ce que vous écrivez je ne l'ignorais pas et je suis d'ailleurs d'accord avec vous sur la quasi totalité de votre message. Je vais néanmoins vous répondre sur certaines choses.
Nous sommes bien d'accord. Si on prend la position de l’Église comme un tout isolé, elle est compréhensible, cohérente, claire, et effectivement exigeante. Notez bien que je n'ai pas écris qu'elle est incompréhensible mais bien que j'avais des incompréhensions - par par rapport à la position de l’Église en elle-même - mais en la mettant en rapport avec certains passages de l’Écriture que je citais pas après et concernant lesquels je souhaitais des éclaircissements après avoir fait des recherches personnelles qui ne m'avaient pas permis de les concilier avec la position de l’Église.je ne peux pas vous suivre quand vous dites que la position de l’Église sur le divorce est "incompréhensible". Elle est au contraire très claire, mais elle est exigeante
Je suis d'accord avec vous (et avec l’Église) quand vous dites que le mariage catholique suppose une promesse faite devant Dieu qu'il convient de tenir dans le meilleur et dans le pire.
La question qui se pose à mon sens, c'est de l'existence de la promesse quand l'épouse contracte une nouvelle union, quitte son conjoint et exige le divorce. Que reste-t-il de l'union première, et de la promesse ? Ou pour le dire autrement, à quelle genre de promesse bizarre le conjoint délaissé serait-il encore lié ? L'épouse exprime clairement son désintérêt total pour son époux et son mariage, délaisse ses enfants, quitte définitivement le domicile familial pour rejoindre l'homme avec lequel elle était adultère depuis plusieurs mois, et exige le divorce. Dans ce cadre précis, que reste-t-il du lien et de la promesse ? Ne sommes-nous pas en plein porneia (Mt 5 et Mt 19) ? La partie non-croyante n'est-elle pas définitivement partie (1 Co 7) ?
Vous terminez ce paragraphe en écrivant "Qui êtes-vous pour la lâcher au moment où elle se noie ?" Je comprend ce que vous voulez exprimer mais je trouve que l'image est incorrecte. Je ne l'ai jamais lâchée, c'est elle qui l'a fait. Ce qu'on peut me reprocher, c'est de n'être pas resté, immobile et la main tendue à la surface de l'eau jusqu'à la fin de mes jours.
Le point 1 a déjà été éclairci et l’Église s'est prononcée en faveur de la validité du mariage. Donc reste le point 2. Mais tout l'objet de mon message était (non pas d'invalider ces deux points mais) d'en évoquer un 3ème.1. Soit votre mariage était nul dès le premier jour, et vous demandez à l'Église de le reconnaître.
2. Soit il est valide, et en acceptant de briser ce lien, vous êtes en faute.
Et pourquoi pas ? Croyez-moi ou non ou accusez-moi d'incohérence mais je suis un catholique plutôt conservateur et traditionaliste. Pourtant je reconnais que ce sont notamment des remises en question qui ont fait avancer l’Église. C'est tout l'objet de mon message d'ailleurs : et s'il fallait remettre ce point en question ?Donc je ne pense pas que la position de l’Eglise soit à remettre en question même si j’admets qu’elle est difficile à tenir, surtout quand l’un n’est pas croyant mais baptisé.
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patatedouce
- Prætor

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- Conviction : Catholique (Homme)
Re: Divorce et remariage
Mon propos portait sur le divorce en général, même si je l’illustrais par votre situation personnelle. Quand je demandais : « Qui êtes-vous pour la lâcher au moment où elle se noie ? », je ne visais pas votre personne, mais le fait que vous preniez la défense du divorce. Ma question a donc une portée générale et non particulière.
Vous dites qu’elle a « exigé » le divorce. Pourtant, en France, pour divorcer unilatéralement, il faut justifier d'une séparation de corps d'au moins un an (sans compter les délais juridiques). En réduisant ce délai par votre consentement, j'ai l'impression que vous n'avez pas réellement dit « non ».
De plus, une fois le divorce prononcé, rien n’oblige au remariage :
- On peut choisir d'entrer dans les ordres.
- On peut choisir de vivre en « colocation » chaste, sans rapports sexuels (à l’image de l’abstinence des prêtres). Passé 40 ans, les relations sexuelles ont-elles encore un sens tel qu'elles en deviendraient obligatoires au point de rompre un sacrement ?
Sur le fait de dire « c’est elle qui est partie », les choses sont souvent plus complexes. Pourquoi est-elle partie ? L’avez-vous soutenue lorsqu’elle allait moins bien ? Laisser pourrir une situation n’est pas forcément synonyme de soutien. Au final, peut-on vraiment dire que l’on vit un divorce en dehors de toute responsabilité personnelle ?
Enfin, vous citez certains passages de l’Écriture, mais quid de la parabole du Bon Samaritain ou de celle du Fils Prodigue ? Le Père n'a pas rompu le lien parce que son fils s'était égaré.
C’est pourquoi je ne pense pas que la position de l’Église doive être remise en question, même si j’admets qu’elle est difficile à tenir, surtout dans les mariages disparates (entre un baptisé croyant et un baptisé non-croyant). C’est cette réalité moderne qui rend la position de l’Église complexe, mais cela ne justifie pas d'en modifier le fond. Je ne critique pas votre croyance, je souligne simplement l'exigence du sacrement.
D'ailleurs, Amoris Laetitia ouvre une porte aux divorcés-remariés pour l'accès à la communion lorsque l'un des époux « subit » la situation, mais cela nécessite un véritable chemin de discernement à faire avec un prêtre (Chapitre 8).
Vous dites qu’elle a « exigé » le divorce. Pourtant, en France, pour divorcer unilatéralement, il faut justifier d'une séparation de corps d'au moins un an (sans compter les délais juridiques). En réduisant ce délai par votre consentement, j'ai l'impression que vous n'avez pas réellement dit « non ».
De plus, une fois le divorce prononcé, rien n’oblige au remariage :
- On peut choisir d'entrer dans les ordres.
- On peut choisir de vivre en « colocation » chaste, sans rapports sexuels (à l’image de l’abstinence des prêtres). Passé 40 ans, les relations sexuelles ont-elles encore un sens tel qu'elles en deviendraient obligatoires au point de rompre un sacrement ?
Sur le fait de dire « c’est elle qui est partie », les choses sont souvent plus complexes. Pourquoi est-elle partie ? L’avez-vous soutenue lorsqu’elle allait moins bien ? Laisser pourrir une situation n’est pas forcément synonyme de soutien. Au final, peut-on vraiment dire que l’on vit un divorce en dehors de toute responsabilité personnelle ?
Enfin, vous citez certains passages de l’Écriture, mais quid de la parabole du Bon Samaritain ou de celle du Fils Prodigue ? Le Père n'a pas rompu le lien parce que son fils s'était égaré.
C’est pourquoi je ne pense pas que la position de l’Église doive être remise en question, même si j’admets qu’elle est difficile à tenir, surtout dans les mariages disparates (entre un baptisé croyant et un baptisé non-croyant). C’est cette réalité moderne qui rend la position de l’Église complexe, mais cela ne justifie pas d'en modifier le fond. Je ne critique pas votre croyance, je souligne simplement l'exigence du sacrement.
D'ailleurs, Amoris Laetitia ouvre une porte aux divorcés-remariés pour l'accès à la communion lorsque l'un des époux « subit » la situation, mais cela nécessite un véritable chemin de discernement à faire avec un prêtre (Chapitre 8).
Re: Divorce et remariage
Autant pour moi
Vos propos étaient tellement en lien avec ce que j'ai vécu (vous évoquiez même les problèmes d'alcool) que je l'ai pris un peu trop personnellement.
Je ne sais pas pour la France car je suis belge, mais en ce qui me concerne les choses se sont passées très vite. Je lis qu'en Belgique : "le divorce pour désunion irrémédiable est la seule forme de divorce, prononcé obligatoirement par un tribunal de la famille. Il peut être amiable (consentement mutuel, après 6 mois de séparation) ou unilatéral (après 1 an de séparation de fait)."
A l'époque je ne m'étais pas opposé au divorce. Avec le recul je me dis que cela aurait été plus cohérent avec ma conception du mariage. Mais on parle d'une époque où j'étais déstabilisé, chamboulé, et épuisé physiquement et émotionnellement, et où ma priorité première était le bien de ma fille. Lorsque la question du consentement mutuel m'a été posée officiellement, je me souviens avoir répondu "je ne le souhaite pas, mais je ne peux pas la retenir contre son gré". La situation était très difficile et pour le bien de ma fille (et le mien), je cherchais l’apaisement en gardant l'espoir qu'elle reviendrait à plus de raison avant qu'il soit trop tard. Je ne dis pas cela pour me disculper ou me trouver des circonstances atténuantes, ce sont simplement les faits que je relate. Cela confirme votre impression. Je me suis battu pour l'éviter et j'ai fait énormément dans ce sens. Mais à la question, je n'ai effectivement pas "réellement dit « non » ".
Le passage du fils prodigue parle de notre relation au Père. Et la parabole du Bon Samaritain ne nous dit pas quelle responsabilité nous avons envers quelqu'un qui ne veut pas être aidé et certainement pas par son conjoint.
Je ne sais pas pour la France car je suis belge, mais en ce qui me concerne les choses se sont passées très vite. Je lis qu'en Belgique : "le divorce pour désunion irrémédiable est la seule forme de divorce, prononcé obligatoirement par un tribunal de la famille. Il peut être amiable (consentement mutuel, après 6 mois de séparation) ou unilatéral (après 1 an de séparation de fait)."
A l'époque je ne m'étais pas opposé au divorce. Avec le recul je me dis que cela aurait été plus cohérent avec ma conception du mariage. Mais on parle d'une époque où j'étais déstabilisé, chamboulé, et épuisé physiquement et émotionnellement, et où ma priorité première était le bien de ma fille. Lorsque la question du consentement mutuel m'a été posée officiellement, je me souviens avoir répondu "je ne le souhaite pas, mais je ne peux pas la retenir contre son gré". La situation était très difficile et pour le bien de ma fille (et le mien), je cherchais l’apaisement en gardant l'espoir qu'elle reviendrait à plus de raison avant qu'il soit trop tard. Je ne dis pas cela pour me disculper ou me trouver des circonstances atténuantes, ce sont simplement les faits que je relate. Cela confirme votre impression. Je me suis battu pour l'éviter et j'ai fait énormément dans ce sens. Mais à la question, je n'ai effectivement pas "réellement dit « non » ".
On peut difficilement choisir d'entrer dans les ordres. Dans mon cas, déjà parce que j'ai une enfant qui avait 10 ans à l'époque. Ensuite parce que pour l’Église catholique on reste marié. D'où impossibilité de rentrer dans les ordres. Ce n'est pas la même chose qu'être veuf.De plus, une fois le divorce prononcé, rien n’oblige au remariage :
- On peut choisir d'entrer dans les ordres.
On ne peut pas non plus vivre en colocation avec une personne qui a déménagé et laissé derrière elle maison, mari et enfants. Je prends mon cas en exemple puisqu'il sert à illustrer nos propos : je pouvais difficilement la suivre et m'imposer dans son appartement pour y vivre avec elle et son nouveau compagnon...On peut choisir de vivre en « colocation » chaste, sans rapports sexuels (à l’image de l’abstinence des prêtres). Passé 40 ans, les relations sexuelles ont-elles encore un sens tel qu'elles en deviendraient obligatoires au point de rompre un sacrement ?
Les choses sont effectivement complexes et je ne vais pas m'y étendre (mes anciens posts sur ce forum datant de l'époque du divorce en parlent assez). Pour résumer, non on ne peut pas dire que l'on vit un divorce en dehors de toute responsabilité personnelle, personne n'est parfait, et ça vaut aussi pour nous en tant qu'époux ou épouse. Mais je pense qu'il y a des situations où les torts sont partagés de façon très déséquilibrée. Soit, de façon évidente, lorsqu'il y a maltraitance physique. Soit quand il y a d'un côté un désintérêt total pour la relation, le mariage et le conjoint, un refus de toute communication, un empressement à partir le plus vite possible, des infidélités, un mépris constant et des insultes répétées; et de l'autre des tentatives de reconstruction, de nombreux compromis acceptés, et une priorité mise sur le bien des enfants. En ce qui me concerne : est-ce que j'aurais pu faire mieux ? Sans doute. Est-ce que j'aurais pu empêcher le divorce ? Je n'en sais rien. Est-ce que les torts sont partagés pour moitié ? Rien ne saurait être plus éloigné de la réalité.Sur le fait de dire « c’est elle qui est partie », les choses sont souvent plus complexes. Pourquoi est-elle partie ? L’avez-vous soutenue lorsqu’elle allait moins bien ? Laisser pourrir une situation n’est pas forcément synonyme de soutien. Au final, peut-on vraiment dire que l’on vit un divorce en dehors de toute responsabilité personnelle ?
Quand je cite les Écritures, je cite des passages qui parlent de mariage, d'adultère, de séparation.Enfin, vous citez certains passages de l’Écriture, mais quid de la parabole du Bon Samaritain ou de celle du Fils Prodigue ? Le Père n'a pas rompu le lien parce que son fils s'était égaré.
Le passage du fils prodigue parle de notre relation au Père. Et la parabole du Bon Samaritain ne nous dit pas quelle responsabilité nous avons envers quelqu'un qui ne veut pas être aidé et certainement pas par son conjoint.
Je pense pour ma part qu'on peut remettre la position de l’Église en question, et que c'est sain de le faire (tant que cette position n'est pas dogmatique). Quitte à en conclure que cette position est la bonne le cas échéant.C’est pourquoi je ne pense pas que la position de l’Église doive être remise en question, même si j’admets qu’elle est difficile à tenir, surtout dans les mariages disparates (entre un baptisé croyant et un baptisé non-croyant). C’est cette réalité moderne qui rend la position de l’Église complexe, mais cela ne justifie pas d'en modifier le fond. Je ne critique pas votre croyance, je souligne simplement l'exigence du sacrement.
D'ailleurs, Amoris Laetitia ouvre une porte aux divorcés-remariés pour l'accès à la communion lorsque l'un des époux « subit » la situation, mais cela nécessite un véritable chemin de discernement à faire avec un prêtre (Chapitre 8).
- florence_yvonne
- Censor

- Messages : 174
- Inscription : mer. 21 janv. 2026, 1:00
- Conviction : Catholique par tradition sinon déiste
Re: Divorce et remariage
Est-ce que cette règle s'applique au divorce dans le cadre d'un mariage civil ? quand le mariage n'a pas été béni par un prêtre ?
Re: Divorce et remariage
A priori oui. Je lis ici que : "l'Eglise reconnaît comme indissoluble le mariage civil de deux non baptisés même si ce dernier n'est pas sacramentel"florence_yvonne a écrit : ↑lun. 09 mars 2026, 16:06 Est-ce que cette règle s'applique au divorce dans le cadre d'un mariage civil ? quand le mariage n'a pas été béni par un prêtre ?
Re: Divorce et remariage
??? Auriez-vous une justification SVP ?patatedouce a écrit : ↑lun. 09 mars 2026, 14:33
De plus, une fois le divorce prononcé, rien n’oblige au remariage :
- On peut choisir d'entrer dans les ordres.
j'en déduis donc qu'un homme même divorcé civilement, est toujours considéré comme marié aux yeux de l'Eglise (tant que la nullité n'a pas été prononcée ou que l'épouse n'est pas décédée), et donc d'une part qu'il ne peut aller plus loin que le diaconat permanent, et d'autre part que pour devenir diacre permanent, il faut le consentement de l'épouse.Can. 1031 – § 1. Le presbytérat ne sera confié qu’à ceux qui ont vingt-cinq ans accomplis et qui jouissent d’une maturité suffisante, en observant en outre un intervalle d’au moins six mois entre le diaconat et le presbytérat ; ceux qui se destinent au presbytérat ne peuvent être admis au diaconat qu’à partir de vingt-trois ans accomplis.
§ 2. Un candidat au diaconat permanent qui ne serait pas marié, ne doit pas y être admis, s’il n’a pas au moins vingt-cinq ans accomplis ; un candidat qui est marié ne doit pas y être admis s’il n’a pas au moins trente-cinq ans accomplis, et sans le consentement de son épouse.
Can. 1041 – Sont irréguliers pour la réception des ordres : 1 celui qui est atteint d’une forme de folie ou d’autre maladie psychique en raison de laquelle, après consultation d’experts, il est jugé incapable d’accomplir correctement le ministère ; 2 celui qui a commis le délit d’apostasie, d’hérésie ou de schisme ; 3 celui qui a attenté un mariage, même purement civil, alors qu’il est lui-même empêché de contracter mariage à cause du lien matrimonial, ou d’un ordre sacré, ou du vœu perpétuel de chasteté, ou parce qu’il s’est marié avec une femme déjà validement mariée ou liée par ce même vœu ; 4 celui qui a commis un homicide volontaire ou procuré un avortement suivi d’effet, et tous ceux qui y ont coopéré positivement ; 5 celui qui, d’une manière grave et coupable, s’est mutilé ou a mutilé quelqu’un d’autre, ou celui qui a tenté de se suicider ; 6 celui qui a posé un acte du sacrement de l’Ordre réservé à ceux qui sont constitués dans l’ordre de l’épiscopat ou de presbytérat, alors qu’il n’a pas cet ordre ou qu’il lui est défendu de l’exercer par une peine canonique déclarée ou infligée.
Can. 1042 – Sont simplement empêchés de recevoir les ordres : 1 l’homme marié, à moins qu’il ne se destine légitimement au diaconat permanent ; 2 celui qui occupe une fonction ou un rôle d’administration interdit aux clercs selon les can. 285 et 286, et dont il doit rendre compte, jusqu’à ce que, après avoir quitté sa fonction et son administration et qu’il ait rendu ses comptes, il soit devenu libre ; 3 le néophyte, à moins qu’au jugement de l’Ordinaire, il ne soit suffisamment éprouvé.
Et puis surtout, entrer dans les ordres doit être le fruit d'une vocation, pas parce que le mariage s'est mal poursuivi.
Si quelqu'un vient à vous sans cette doctrine, ne le saluez pas
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
Nous réclamons la constance de votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique ....défendre de toutes vos forces une loi de si haute importance et de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.
Omnes dii gentium daemonia
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
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Re: Divorce et remariage
Bonjour CyberTruc,CyberTruc a écrit : ↑lun. 09 mars 2026, 12:08 Bonjour à tous,
étant divorcé-remarié, je me pose beaucoup de question par rapport à cette situation et à la position de l’Église catholique sur le sujet.
Aujourd’hui privé des sacrements, j’accepte la situation puisque j’ai choisi de me remarier en connaissance de cause; et j’ai choisi de vivre aujourd’hui dans l’obéissance malgré la désobéissance première qui m’a placé dans cette situation.
Je voudrais néanmoins faire part de mes incompréhension afin d’obtenir des éclaircissements sur certains points qui me semblent paradoxaux :
Exceptions au divorce
1) l’argument bien connu de l’Évangile selon Saint Matthieu, où Jésus énonce par deux fois une exception à l’interdiction de répudier sa conjointe (Mt 5, 32; Mt 19, 9). Les traductions divergent concernant l’exception : “fornication”, “union illégitime”, “infidélité”. Le mot grec utilisé est “porneia”. L’Église catholique nous dis que ce terme concerne des cas spécifiques, rares et extrêmes où “il n’y a pas de véritable union, notamment le cas d’inceste et d’autres cas d’union irrégulière” (http://www.belgicatho.be/archive/2015/1 ... 94811.html). et qui sont généralement reçus comme des raisons acceptables pour une réponse positive à une reconnaissance de nullité de mariage (le mariage n’est donc pas supprimé ou annulé mais n’a simplement jamais existé). Or le sens du mot porneia est au contraire très vague et englobe à peu près toute inconduite sexuelle ou impudicité et il est utilisé dans ce sens à de nombreuses reprises dans le nouveau testament (https://www.lueur.org/bible/strong/porneia-g4202).
2) autre passage connu en 1 Co 7, 14-15 : “En effet le mari non croyant se trouve sanctifié par sa femme, et la femme non croyante se trouve sanctifiée par son mari croyant. Autrement, vos enfants ne seraient pas purifiés, et en fait ils sont sanctifiés. Mais si le non croyant se sépare, qu’il le fasse : en de telles circonstances, notre frère ou notre sœur n’est pas réellement lié ; c’est pour vivre dans la paix que Dieu vous a appelés.”
Un prêtre me disait que le “non-croyant” signifiait en fait “non-baptisé” et que de fait le mariage était illégitime dans ce cas (et de nouveau, n’a jamais vraiment existé). Mais je pense que si Saint Paul avait voulu parler de personnes non baptisées, il l’aurait exprimé clairement en le disant tel quel. Au contraire, ici le terme qu’il utilise est “apistos” (https://www.lueur.org/bible/strong/apistos-g571) qui signifie “infidèle”, “sans foi”, “incrédule”.
Indissolubilité du mariage
1) concernant l’indissolubilité du mariage, l’Église se base sur les paroles du Christ qui nous dit : “Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas !“ Or, ces paroles du Christ - si elles nous montrent clairement ce qu’il nous ordonne - ne montrent-elles pas aussi que le mariage n’est pas indissoluble puisqu’il nous demande de ne pas séparer ce que Dieu a uni. Le Christ lui-même ne souligne-t-il pas la possibilité de la séparation, tout en la déplorant et en nous ordonnant de ne pas le le faire ? Autrement dit, sans nier aucunement que ce soit une mauvaise chose, ne faut-il pas voir ici qu'il est effectivement possible (et non-souhaitable) de séparer ce que Dieu a uni ?
2) enfin, je note ces paroles de Jésus à la samaritaine : “Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari : des maris, tu en as eu cinq, et celui que tu as maintenant n’est pas ton mari ; là, tu dis vrai.” (Jn 4, 17-18). Ce que les paroles de Jésus m’indiquent sur le sujet qui m’occupe, c’est que la samaritaine a été mariée (5 maris), qu’elle vit actuellement avec un homme qui n’est pas son mari, et qu’elle n’est actuellement pas mariée (“Tu as raison de dire que tu n’as pas de mari”). Or, à moins que ses 5 maris précédents soient tous morts (hautement improbable), on peut légitimement supposer que cette femme était une répudiée. Pourtant, Jésus confirme qu’elle n’est pas mariée et n’a pas de mari.
Refus des sacrements
Je terminerais en disant que même en acceptant que le remariage après divorce soit un péché mortel (ce dont je doute pour les raisons évoquées), je n’arrive pas à concilier la décision de l’Église de refuser les sacrements, avec les propos du Christ qui nous dit explicitement : “Ce ne sont pas les gens bien portants qui ont besoin du médecin, mais les malades. Je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs. “ (Mc 2, 17). Comment comprendre que l’Église - pour la raison que nous serions “trop pécheurs” - nous refuse un Christ qui dit lui-même être venu en premier pour les pécheurs ?
Quelques très brefs éléments de réponse.
D'abord, l'Eglise catholique ne se base pas uniquement sur la Bible. Elle se base aussi sur la Tradition et le Magistère. Donc se cantonner à la Bible, c'est passer à côté de pas mal de choses.
Donc c'est à l'Eglise de donner les interprétations des textes.
Par ailleurs, sur votre question de "1) concernant l’indissolubilité du mariage", je pourrais vous dire qu'il est reconnu au Pape de reconnaître la nullité d'un mariage. Donc techniquement, il y a bien un homme qui a le pouvoir.
Et le refus des sacrements est totalement logique : l'Eglise ne refuse pas les sacrements au motif que le remarié est "trop" pécheur (il suffit de lire sainte Thérèse de l'Enfant Jésus "Moi si j'avais commis tous les crimes possibles..." pour se rendre compte que ce n'est pas le motif), l'Eglise se borne à constater que les remèdes des sacrements sont pour des malades qui veulent guérir. Or, ce n'est pas le cas. L'Eglise a déclaré peccamineux le remariage après divorce. Vous n'êtes pas convaincu de ces raisons, c'est votre droit, vous venez creuser ici, c'est louable, mais en attendant c'est quand même à l'Eglise de décider. Elle a décidé que c'est peccamineux. Donc, le divorcé remarié persiste dans son péché, persiste à refuser les enseignements de l'Eglise ; comment peut-il prétendre avec cela vouloir recevoir les sacrements de la même Eglise dont il méprise les enseignements ? Aucun sens !
Le parallèle est absolument nul, mais tant pis : supposons que j'appartienne à une association végétarienne mais que je mange mon bifteack à chaque midi ; bon, à un moment on va m'exclure ! quelle logique y a t-il à participer à des travaux d'une association tout en faisant exactement l'inverse de ce qu'elle proclame ?
J'ajoute d'ailleurs que pour recevoir la communion, il faut être en état de grâce ; pas parfait, mais au moins a minima pas trop indigne. Or, le pécheur en état de péché mortel n'est pas en état de grâce. Ergo, avant de communier, il doit se confesser. Le problème est que la condition requise pour que la confession porte ses fruits est le regret du péché par le pénitent, ce qui implique de fuir les occasions de péché. Or, un divorcé remarié vit en couple avec son ou sa chérie, et n'a nullement l'intention de rompre la vie commune. Donc, il ne fuit pas les occasions de péché, ce qui montre qu'il ne regrette pas son péché, et donc ne peut se confesser validement. Il est donc bloqué dans son état, sans pouvoir communier.
Et s'il enfreint les règles en décidant de recevoir les sacrements, qu'il médite d'abord les Ecritures :
Et saint Thomas d'Aquin (hymne Lauda Sion) :28 On doit donc s’examiner soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe.
29 Celui qui mange et qui boit mange et boit son propre jugement s’il ne discerne pas le corps du Seigneur.1 Co 11
Communier en état de péché mortel, ce qui serait un sacrilège, ne fera qu'aggraver sa peine au moment de sa mort, alors même que le divorcé remarié est déjà (sous réserve de connaître et d'avoir conscience du caractère peccamineux de son acte) en état de péché mortel.Sumunt boni, sumunt mali, sorte tamen inæquali : vitæ vel interitus.
Les bons le reçoivent, les méchants aussi, mais pour un sort bien inégal : pour la vie ou pour la mort.
Mors est malis, vita bonis, vide paris sumptionis quam sit dispar exitus.
Mort pour les méchants, vie pour les bons, vois comme d’une même communion l’effet peut être différent.
Je ne peux qu'inviter les divorcés remariés à poursuivre la réflexion sur le fait de continuer à commettre ce qui est considéré comme étant un péché mortel aux yeux de l'Eglise et aux conséquences de cela sur leur jugement particulier après la mort.
L'Eglise nous a toujours promis que si l'on se repent pleinement demain, on est pardonné et sauvé ; en revanche, elle ne nous a jamais promis qu'il y aurait un demain.
Si quelqu'un vient à vous sans cette doctrine, ne le saluez pas
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
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Omnes dii gentium daemonia
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
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- Fée Violine
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Re: Divorce et remariage
Peut-être dans certains cas est-ce possible ? Du moins je connais une dame, quittée par son mari depuis de longues années (et il s'est remarié de son côté donc aucun espoir pour elle de reprendre la vie commune). Elle a souhaité entrer au carmel. Notre évêque a envoyé sa demande à Rome : Rome l'a autorisée et elle est entrée au carmel. D'ailleurs elle en est ressortie assez vite car elle s'est aperçue que finalement ce n'était pas sa vocation.Toto2 a écrit : ↑mar. 10 mars 2026, 10:22
j'en déduis donc qu'un homme même divorcé civilement, est toujours considéré comme marié aux yeux de l'Eglise (tant que la nullité n'a pas été prononcée ou que l'épouse n'est pas décédée), et donc d'une part qu'il ne peut aller plus loin que le diaconat permanent, et d'autre part que pour devenir diacre permanent, il faut le consentement de l'épouse.
Et puis surtout, entrer dans les ordres doit être le fruit d'une vocation, pas parce que le mariage s'est mal poursuivi.
Re: Divorce et remariage
Bonjour Fée Violine,
J'aurais dû effectivement ajouter que le Pape peut prononcer une dispense, bien sûr. Mais du coup, cela ne se fait pas "comme ça". Il faut arguer.
Un autre exemple est le couple d'Elbée ; Monsieur et Madame, mariés, ont envoyé à Rome une demande d'autorisation pour entrer en vie religieuse. Cela a été accepté, Monsieur est devenu Père d'Elbée, sa femme est devenue religieuse.
C'est possible, mais cela reste de l'exceptionnel.
Les idées sous-jacentes à cette dispense est que cela revient à bien affirmer que le divorce n'équivaut pas à la fin du mariage catholique d'une part et d'autre part que les époux doivent avoir la possibilité (même si la probabilité est infime) de reprendre leur vie d'époux (se remettre ensemble). Si une entrée dans les ordres est possible facilement, que Monsieur, aveuglé par le chagrin, y va, que Madame regrette et veut revenir auprès de Monsieur, que Monsieur se dit que ce serait effectivement une bonne chose mais qu'il a été ordonné prêtre entretemps, on voit les désordres que cela peut causer.
Donc je trouve que c'est bien qu'une dispense soit nécessaire, et je peux comprendre que dans des situations exceptionnelles il puisse y avoir dispense.
J'aurais dû effectivement ajouter que le Pape peut prononcer une dispense, bien sûr. Mais du coup, cela ne se fait pas "comme ça". Il faut arguer.
Un autre exemple est le couple d'Elbée ; Monsieur et Madame, mariés, ont envoyé à Rome une demande d'autorisation pour entrer en vie religieuse. Cela a été accepté, Monsieur est devenu Père d'Elbée, sa femme est devenue religieuse.
C'est possible, mais cela reste de l'exceptionnel.
Les idées sous-jacentes à cette dispense est que cela revient à bien affirmer que le divorce n'équivaut pas à la fin du mariage catholique d'une part et d'autre part que les époux doivent avoir la possibilité (même si la probabilité est infime) de reprendre leur vie d'époux (se remettre ensemble). Si une entrée dans les ordres est possible facilement, que Monsieur, aveuglé par le chagrin, y va, que Madame regrette et veut revenir auprès de Monsieur, que Monsieur se dit que ce serait effectivement une bonne chose mais qu'il a été ordonné prêtre entretemps, on voit les désordres que cela peut causer.
Donc je trouve que c'est bien qu'une dispense soit nécessaire, et je peux comprendre que dans des situations exceptionnelles il puisse y avoir dispense.
Si quelqu'un vient à vous sans cette doctrine, ne le saluez pas
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
Nous réclamons la constance de votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique ....défendre de toutes vos forces une loi de si haute importance et de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.
Omnes dii gentium daemonia
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
Nous réclamons la constance de votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique ....défendre de toutes vos forces une loi de si haute importance et de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.
Omnes dii gentium daemonia
Re: Divorce et remariage
Bonjour Toto12 et merci beaucoup pour votre excellente réponse.
Voici mes réflexions par rapport à quelques-unes de vos remarques, et pourquoi je pense que la question reste posée :
Vous dites :
Je répond que l’Église a également décidé de lancer les croisades et a établit que la Terre était le centre de l’Univers. Sur bien des sujets elle s’est rétractée. Je pense donc qu’un questionnement sérieux et honnête ne peut jamais faire de mal.
Concernant le refus des sacrements, il est en effet très logique : le divorcé-remarié dont on parle ici se place de lui-même, volontairement et en connaissance de cause dans une situation de péché mortel dont il n'a aucunement l'intention de sortir. Dès lors l'absolution ne saurait lui être accordée puisqu'il n'y a ni repentance ni volonté de ne plus pécher. Et s'ensuit logiquement la conclusion que l'on connaît concernant la communion. Le raisonnement est donc très simple, très claire, et je le comprend.
Les points que je questionne sont ceux-ci :
le remariage est-il toujours un péché ? Les Saintes Écritures ne mentionnent-elles pas plusieurs exceptions (voir mon premier post) qu'il ne faudrait pas ignorer ? Pourquoi faire fi de ces passages, ou leur donner des interprétations bancales ?
Et même si les divorcés-remariés étaient en état de péché :
- que penser du second mariage ? Nous savons que dans le sacrement du mariage, “ce sont les époux qui, comme ministres de la grâce du Christ, se confèrent mutuellement le sacrement du Mariage” (Catéchisme de l’Église catholique). Nous savons également que l’Église reconnaît comme indissoluble le mariage célébré en dehors d’un cadre catholique (par exemple le mariage civile). Sans dire qu’il y aurait ici un sacrement à proprement parler, il semble tout de même qu’il y a une union à caractère indissoluble qu’il convient dès lors de prendre en compte. On en arrive alors à une situation où le divorcé-remarié pèche en restant avec son épouse, et pèche en se séparant d’elle, ce qui me semble difficilement concevable.
- en poursuivant le premier point, je rappelle que dans l’union charnelle, l’homme et la femme font véritablement un, peu importe qu’ils soient mariés ou non et même dans les pires circonstances : “Ne le savez-vous pas ? Celui qui s’unit à une prostituée ne fait avec elle qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un.” (1 Co 6, 16). Il y a donc une véritable union des corps (“tous deux ne feront qu’une seule chair”) telle que décrite dans la Bible entre le divorcé-remarié et sa nouvelle épouse. Ils font véritablement un.
- suite au point précédent, je ne puis m’empêcher de relever qu’un divorcé-remarié (ou un homme toujours marié) qui coucherait avec une femme différente tous les soirs aurait toujours de bon droit accès aux sacrements, alors que l’homme remarié vivant le plus chrétiennement possible, fidèle à sa seconde épouse, élevant ses enfants dans la foi chrétienne, en est exclu automatiquement sans autre forme de procès.
- le divorcé-remarié est il dans un état constant de péché répété, ou a-t-il péché une fois en se remariant pour ensuite en subir les conséquences mais sans re-commettre de faute continuellement ? La question est développée ici : https://www.lavie.fr/actualite/societe/ ... -19974.php par Mgr Jean-Paul Vesco
Voilà donc mon opinion. Je comprend bien la logique de mon Église mais différents éléments dans cette logique me semblent pour le moins discutables… donc je suis venu en discuter ici car je suis personnellement concerné. C’est important pour moi.
Je terminerai ce post en écrivant une réflexion qui n’apportera rien à la discussion mais que j’ai sur le cœur : ce n’est pas un secret qu’il est bien trop fréquent que des personnes qui ne le devraient pas reçoivent la communion. Je parle du pécheur invétéré qui n’a absolument aucune intention de changer et qui se complaît dans son péché quel qu’il soit, je parle du tonton complètement athée qui est venu à la communion de son neveu et qui fait la file comme tout le monde pour suivre le protocole, je parle de toutes ces apparentes hosties dont nous savons qu’elles sont véritablement le corps de notre Seigneur Jésus-Christ qui sont prises avec la plus totale désinvolture. N’est-ce pas là le drame ? Est-ce vraiment à la personne remariée - qu’elle pense être dans le péché ou non, qu’elle le soit effectivement ou pas - est-ce bien à cette personne qui vit ardemment sa foi et qui languit après le Christ “comme le cerf après les sources d’eau”, est-ce bien à elle qui gémit “me voici devant toi comme une terre assoiffée” devant son Seigneur qu’elle reconnaît et qu’elle aime mais qu’elle ne peut approcher; est-ce vraiment à elle qu’il faut le refuser ?
Voici mes réflexions par rapport à quelques-unes de vos remarques, et pourquoi je pense que la question reste posée :
Je suis d'accord avec vous. Mais j'ajouterais que la Bible, la Tradition et le Magistère ne peuvent pas se contredire entre eux car la Vérité est une. Dès lors, les versets que j'ai rapportés ici restent pertinents même si la Bible n'est pas la seule source de vérité. Rappelons avec humilité qu'au court de son histoire, l’Église a parfois mal interprété des textes Bibliques avec des conséquences plus ou moins graves.Toto2 a écrit : ↑mar. 10 mars 2026, 10:55 D'abord, l’Église catholique ne se base pas uniquement sur la Bible. Elle se base aussi sur la Tradition et le Magistère. Donc se cantonner à la Bible, c'est passer à côté de pas mal de choses. Donc c'est à l’Église de donner les interprétations des textes.
Vous dites :
Toto2 a écrit : ↑mar. 10 mars 2026, 10:55Vous n'êtes pas convaincu de ces raisons, c'est votre droit, vous venez creuser ici, c'est louable, mais en attendant c'est quand même à l’Église de décider. Elle a décidé que c'est peccamineux
Je répond que l’Église a également décidé de lancer les croisades et a établit que la Terre était le centre de l’Univers. Sur bien des sujets elle s’est rétractée. Je pense donc qu’un questionnement sérieux et honnête ne peut jamais faire de mal.
Concernant le refus des sacrements, il est en effet très logique : le divorcé-remarié dont on parle ici se place de lui-même, volontairement et en connaissance de cause dans une situation de péché mortel dont il n'a aucunement l'intention de sortir. Dès lors l'absolution ne saurait lui être accordée puisqu'il n'y a ni repentance ni volonté de ne plus pécher. Et s'ensuit logiquement la conclusion que l'on connaît concernant la communion. Le raisonnement est donc très simple, très claire, et je le comprend.
Les points que je questionne sont ceux-ci :
le remariage est-il toujours un péché ? Les Saintes Écritures ne mentionnent-elles pas plusieurs exceptions (voir mon premier post) qu'il ne faudrait pas ignorer ? Pourquoi faire fi de ces passages, ou leur donner des interprétations bancales ?
Et même si les divorcés-remariés étaient en état de péché :
- que penser du second mariage ? Nous savons que dans le sacrement du mariage, “ce sont les époux qui, comme ministres de la grâce du Christ, se confèrent mutuellement le sacrement du Mariage” (Catéchisme de l’Église catholique). Nous savons également que l’Église reconnaît comme indissoluble le mariage célébré en dehors d’un cadre catholique (par exemple le mariage civile). Sans dire qu’il y aurait ici un sacrement à proprement parler, il semble tout de même qu’il y a une union à caractère indissoluble qu’il convient dès lors de prendre en compte. On en arrive alors à une situation où le divorcé-remarié pèche en restant avec son épouse, et pèche en se séparant d’elle, ce qui me semble difficilement concevable.
- en poursuivant le premier point, je rappelle que dans l’union charnelle, l’homme et la femme font véritablement un, peu importe qu’ils soient mariés ou non et même dans les pires circonstances : “Ne le savez-vous pas ? Celui qui s’unit à une prostituée ne fait avec elle qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un.” (1 Co 6, 16). Il y a donc une véritable union des corps (“tous deux ne feront qu’une seule chair”) telle que décrite dans la Bible entre le divorcé-remarié et sa nouvelle épouse. Ils font véritablement un.
- suite au point précédent, je ne puis m’empêcher de relever qu’un divorcé-remarié (ou un homme toujours marié) qui coucherait avec une femme différente tous les soirs aurait toujours de bon droit accès aux sacrements, alors que l’homme remarié vivant le plus chrétiennement possible, fidèle à sa seconde épouse, élevant ses enfants dans la foi chrétienne, en est exclu automatiquement sans autre forme de procès.
- le divorcé-remarié est il dans un état constant de péché répété, ou a-t-il péché une fois en se remariant pour ensuite en subir les conséquences mais sans re-commettre de faute continuellement ? La question est développée ici : https://www.lavie.fr/actualite/societe/ ... -19974.php par Mgr Jean-Paul Vesco
Voilà donc mon opinion. Je comprend bien la logique de mon Église mais différents éléments dans cette logique me semblent pour le moins discutables… donc je suis venu en discuter ici car je suis personnellement concerné. C’est important pour moi.
Je terminerai ce post en écrivant une réflexion qui n’apportera rien à la discussion mais que j’ai sur le cœur : ce n’est pas un secret qu’il est bien trop fréquent que des personnes qui ne le devraient pas reçoivent la communion. Je parle du pécheur invétéré qui n’a absolument aucune intention de changer et qui se complaît dans son péché quel qu’il soit, je parle du tonton complètement athée qui est venu à la communion de son neveu et qui fait la file comme tout le monde pour suivre le protocole, je parle de toutes ces apparentes hosties dont nous savons qu’elles sont véritablement le corps de notre Seigneur Jésus-Christ qui sont prises avec la plus totale désinvolture. N’est-ce pas là le drame ? Est-ce vraiment à la personne remariée - qu’elle pense être dans le péché ou non, qu’elle le soit effectivement ou pas - est-ce bien à cette personne qui vit ardemment sa foi et qui languit après le Christ “comme le cerf après les sources d’eau”, est-ce bien à elle qui gémit “me voici devant toi comme une terre assoiffée” devant son Seigneur qu’elle reconnaît et qu’elle aime mais qu’elle ne peut approcher; est-ce vraiment à elle qu’il faut le refuser ?
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Re: Divorce et remariage
Je parlais de devenir religieux pas ordonné.Toto2 a écrit : ↑mar. 10 mars 2026, 10:22??? Auriez-vous une justification SVP ?patatedouce a écrit : ↑lun. 09 mars 2026, 14:33
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Re: Divorce et remariage
J'ai une amie qui est restée vingt ans, dans un couvent, puis elle l'a quitté et s'est reconvertie dans le protestantisme, mais elle ne m'a jamais dit pourquoi.Fée Violine a écrit :Peut-être dans certains cas est-ce possible ? Du moins je connais une dame, quittée par son mari depuis de longues années (et il s'est remarié de son côté donc aucun espoir pour elle de reprendre la vie commune). Elle a souhaité entrer au carmel. Notre évêque a envoyé sa demande à Rome : Rome l'a autorisée et elle est entrée au carmel. D'ailleurs elle en est ressortie assez vite car elle s'est aperçue que finalement ce n'était pas sa vocation.
Re: Divorce et remariage
Bonjour CyberTruc,
Quelques éléments de réponse, qui, j'en ai bien conscience, ne répondront pas à toutes vos questions pertinentes.
Jésus n'a pas tout codifié, il y a des éléments de droit divins, des éléments de droit ecclésial... les paroles de Jésus sont bien sûr de droit divin, mais Jésus n'est pas rentré dans chacun des détails qui doivent régir la vie ecclésiale, points qui au demeurant peuvent tenir compte du progrès moderne ou de la vie de la société.
La question du remariage des divorcés remariés est une question théologique. Les autres questions ne le sont pas. Si je demande à Léon XIV de dessiner les plans d'une centrale nucléaire, il y aura probablement des erreurs que relèverait facilement un ingénieur en physique nucléaire.
Les points que je questionne sont ceux-ci :
Remarquez qu'à supposer que l'Eglise se trompe (!), cela ne donne pas droit à la désobéissance.
D'abord, le mariage, pour être valide (décret Tametsi) devait être célébré devant le curé.
Et je rappelle que pendant des siècles, le mariage religieux suffisait à lui seul.
Ensuite, vous confondez deux situations : celle où aucun des époux n'est baptisé et l'autre où les deux époux sont baptisés (je mets à part le troisième cas -un seul époux baptisé - parce que mon point ne nécessite pas de rentrer dans le détail théologique).
Si deux personnes non baptisées sont mariées civilement, l'Eglise peut effectivement reconnaître la validité de leur mariage, remarquez néanmoins que cette reconnaissance est dépourvue de toute conséquence puisque, n'étant pas chrétien, a priori ils ne solliciteront jamais la sainte Eglise.
En revanche, si deux baptisés se marient civilement, l'Eglise ne considérera pas que leur mariage soit indissoluble. La meilleure preuve est que si M. veut rompre et se marier à l'Eglise avec une autre, il pourra le faire. Ils ne sont pas mariés aux yeux de l'Eglise.
L'Eglise n'exige pas le mariage religieux à l'Eglise pour des non baptisés (évidemment), donc il faut bien se raccrocher à la seule chose qu'ils ont, à savoir le mariage civil. Mais pour des baptisés appelés à se marier religieusement, le mariage civil n'a aucune valeur.
L'homme qui coucherait avec une femme différente tous les soirs serait dans une situation de fornication et coupé de la grâce divine. Il devra donc se confesser, avec un profond regret, et dans l'intention de ne plus jamais repécher à l'avenir. Ce qui est incompatible avec le fait, sitôt de sortir du confessionnal, d'appeler Micheline pour planifier son prochain RDV galant. Donc, non.
Par ailleurs, l'homme divorcé remarié ne vit pas "le plus chrétiennement possible", puisqu'il vit maritalement avec une femme qui n'est pas la sienne.
Je ne suis pas d'accord avec sa thèse, car le péché, dans le cas du divorcé remarié, ne se limite pas au remariage, mais est réitéré à chaque union sexuelle avec celle qui n'est pas sa femme. En effet, l'Eglise n'autorise pour un baptisé catholique que de coucher avec sa femme avec qui on s'est marié à l'Eglise. Il n'y aurait plus de péché, comme nous le disait Jean-Paul II, si le divorcé remarié vivait avec sa femme comme frère et soeur.
j'ai envie de dire, au contraire ; il y a suffisamment de mal comme cela sur terre, cela devrait nous pousser à tenter de "compenser" par un plus grand respect du sacrement.
La communion n'est pas un dû, c'est un immense cadeau, mais il est conditionné au fait d'être en état de grâce ; de la même manière, et j'ai bien conscience des limites de la comparaison, si la Reine d'Angleterre ou le Pape au temps de sa vie décidait de venir chez moi, je m'arrangerais pour que mon logis soit aussi propre que possible. Le "logis" de notre Seigneur dans l'Hostie, c'est notre coeur, qui doit être aussi propre que possible, c'est à dire être en état de grâce. Les divorcés remariés ne le sont objectivement pas.
De manière analogue, dans notre paroisse, on a deux catéchumènes qui vivent en couple, ils se sont engagés devant l'évêque, une fois le baptême célébré, à vivre comme frère et soeur jusqu'à leur mariage religieux. Cela va être dur, disent-ils, mais ils le font par obéissance envers l'Eglise.
J'entends parfaitement que cela puisse être un motif de souffrance que de devoir s'abstenir de relations conjugales avec celle que l'on aime et dont on est aimé. Mais cet effort a pu être réalisé par plein de prêtres, de religieux, de célibataires cherchant à se marier qui n'ont pas pu l'être... Il suffit de se tourner vers la vie de Notre Seigneur et de sa sainte Mère, qui ont énormément souffert, le premier par obéissance au Père. Le bonheur n'est pas pour la vie terrestre, il est pour la vie céleste... à condition d'y arriver.
Qu'allez vous dire - selon l'imagerie populaire - à saint Pierre à votre mort ? Comment les divorcés remariés expliqueront-ils qu'ils ont préféré, en toute connaissance de cause, la jouissance du corps au lieu des instructions et préceptes du corps mystique du Christ, son Eglise, dirigée par le vicaire du Fils de Dieu, successeur de saint Pierre ?
A un moment, la seule chose qui va compter, c'est de savoir si on est au ciel ou en enfer. Ce serait dommage de risquer la damnation éternelle...
je prierai pour vous.
j'ai bien conscience du caractère lacunaire de ma réponse, mais trouver tous les éléments pour répondre à votre question prendrait trop de temps, je ne suis pas théologien, je me bornerai juste à dire "à un moment, il faut faire confiance à l'Eglise".
Quelques éléments de réponse, qui, j'en ai bien conscience, ne répondront pas à toutes vos questions pertinentes.
Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même est venu ccomplir par interprétation certaines lourdeurs de la loi pharisaïque, mal comprises.CyberTruc a écrit : ↑mar. 10 mars 2026, 14:04 Je suis d'accord avec vous. Mais j'ajouterais que la Bible, la Tradition et le Magistère ne peuvent pas se contredire entre eux car la Vérité est une. Dès lors, les versets que j'ai rapportés ici restent pertinents même si la Bible n'est pas la seule source de vérité. Rappelons avec humilité qu'au court de son histoire, l’Église a parfois mal interprété des textes Bibliques avec des conséquences plus ou moins graves.
Jésus n'a pas tout codifié, il y a des éléments de droit divins, des éléments de droit ecclésial... les paroles de Jésus sont bien sûr de droit divin, mais Jésus n'est pas rentré dans chacun des détails qui doivent régir la vie ecclésiale, points qui au demeurant peuvent tenir compte du progrès moderne ou de la vie de la société.
Vous comparez des choses qui ne sont pas du tout sur le même plan.Je répond que l’Église a également décidé de lancer les croisades et a établit que la Terre était le centre de l’Univers. Sur bien des sujets elle s’est rétractée. Je pense donc qu’un questionnement sérieux et honnête ne peut jamais faire de mal.
La question du remariage des divorcés remariés est une question théologique. Les autres questions ne le sont pas. Si je demande à Léon XIV de dessiner les plans d'une centrale nucléaire, il y aura probablement des erreurs que relèverait facilement un ingénieur en physique nucléaire.
Les points que je questionne sont ceux-ci :
Parce que justement, l'incise est relativement imprécise et que c'est à l'Eglise de définir, du mieux qu'elle peut et en essayant de coller au maximum à ce qui lui a été laissé.le remariage est-il toujours un péché ? Les Saintes Écritures ne mentionnent-elles pas plusieurs exceptions (voir mon premier post) qu'il ne faudrait pas ignorer ? Pourquoi faire fi de ces passages, ou leur donner des interprétations bancales ?
Remarquez qu'à supposer que l'Eglise se trompe (!), cela ne donne pas droit à la désobéissance.
Alors quelques réserves.Et même si les divorcés-remariés étaient en état de péché :
- que penser du second mariage ? Nous savons que dans le sacrement du mariage, “ce sont les époux qui, comme ministres de la grâce du Christ, se confèrent mutuellement le sacrement du Mariage” (Catéchisme de l’Église catholique). Nous savons également que l’Église reconnaît comme indissoluble le mariage célébré en dehors d’un cadre catholique (par exemple le mariage civile). Sans dire qu’il y aurait ici un sacrement à proprement parler, il semble tout de même qu’il y a une union à caractère indissoluble qu’il convient dès lors de prendre en compte. On en arrive alors à une situation où le divorcé-remarié pèche en restant avec son épouse, et pèche en se séparant d’elle, ce qui me semble difficilement concevable.
D'abord, le mariage, pour être valide (décret Tametsi) devait être célébré devant le curé.
Et je rappelle que pendant des siècles, le mariage religieux suffisait à lui seul.
Ensuite, vous confondez deux situations : celle où aucun des époux n'est baptisé et l'autre où les deux époux sont baptisés (je mets à part le troisième cas -un seul époux baptisé - parce que mon point ne nécessite pas de rentrer dans le détail théologique).
Si deux personnes non baptisées sont mariées civilement, l'Eglise peut effectivement reconnaître la validité de leur mariage, remarquez néanmoins que cette reconnaissance est dépourvue de toute conséquence puisque, n'étant pas chrétien, a priori ils ne solliciteront jamais la sainte Eglise.
En revanche, si deux baptisés se marient civilement, l'Eglise ne considérera pas que leur mariage soit indissoluble. La meilleure preuve est que si M. veut rompre et se marier à l'Eglise avec une autre, il pourra le faire. Ils ne sont pas mariés aux yeux de l'Eglise.
L'Eglise n'exige pas le mariage religieux à l'Eglise pour des non baptisés (évidemment), donc il faut bien se raccrocher à la seule chose qu'ils ont, à savoir le mariage civil. Mais pour des baptisés appelés à se marier religieusement, le mariage civil n'a aucune valeur.
En poussant à l'extrême votre logique, l'homme qui a couché avec une prostituée serait engagé avec elle jusqu'à la mort ?- en poursuivant le premier point, je rappelle que dans l’union charnelle, l’homme et la femme font véritablement un, peu importe qu’ils soient mariés ou non et même dans les pires circonstances : “Ne le savez-vous pas ? Celui qui s’unit à une prostituée ne fait avec elle qu’un seul corps. Car il est dit : Tous deux ne feront plus qu’un.” (1 Co 6, 16). Il y a donc une véritable union des corps (“tous deux ne feront qu’une seule chair”) telle que décrite dans la Bible entre le divorcé-remarié et sa nouvelle épouse. Ils font véritablement un.
Alors oui mais non.- suite au point précédent, je ne puis m’empêcher de relever qu’un divorcé-remarié (ou un homme toujours marié) qui coucherait avec une femme différente tous les soirs aurait toujours de bon droit accès aux sacrements, alors que l’homme remarié vivant le plus chrétiennement possible, fidèle à sa seconde épouse, élevant ses enfants dans la foi chrétienne, en est exclu automatiquement sans autre forme de procès.
L'homme qui coucherait avec une femme différente tous les soirs serait dans une situation de fornication et coupé de la grâce divine. Il devra donc se confesser, avec un profond regret, et dans l'intention de ne plus jamais repécher à l'avenir. Ce qui est incompatible avec le fait, sitôt de sortir du confessionnal, d'appeler Micheline pour planifier son prochain RDV galant. Donc, non.
Par ailleurs, l'homme divorcé remarié ne vit pas "le plus chrétiennement possible", puisqu'il vit maritalement avec une femme qui n'est pas la sienne.
notons que ce n'est que l'opinion personnelle de Mgr Vesco, qui s'inscrit en faux contre la Tradition et le Magistère.- le divorcé-remarié est il dans un état constant de péché répété, ou a-t-il péché une fois en se remariant pour ensuite en subir les conséquences mais sans re-commettre de faute continuellement ? La question est développée ici : https://www.lavie.fr/actualite/societe/ ... -19974.php par Mgr Jean-Paul Vesco
Je ne suis pas d'accord avec sa thèse, car le péché, dans le cas du divorcé remarié, ne se limite pas au remariage, mais est réitéré à chaque union sexuelle avec celle qui n'est pas sa femme. En effet, l'Eglise n'autorise pour un baptisé catholique que de coucher avec sa femme avec qui on s'est marié à l'Eglise. Il n'y aurait plus de péché, comme nous le disait Jean-Paul II, si le divorcé remarié vivait avec sa femme comme frère et soeur.
Je ne peux que saluer votre démarche de questionnement. Je tempère néanmoins en disant que la loi ne peut pas changer au motif que l'on est soi même dans une situation réprimée par la loi et que celle-ci ne nous va pas. Ou pour le dire plus précisément : la validité et le bien fondé de la loi ne peuvent pas dépendre de notre situation personnelle. Un exemple caricatural : la loi interdit de frapper quelqu'un, j'ai un voisin absolument insupportable qui me casse les oreilles avec sa musique tous les soirs, bien que ce soit entendable, ce n'est pas un motif pour aller lui casser la figure parce que j'ai envie, ce serait toujours un délit.Voilà donc mon opinion. Je comprend bien la logique de mon Église mais différents éléments dans cette logique me semblent pour le moins discutables… donc je suis venu en discuter ici car je suis personnellement concerné. C’est important pour moi.
Qu'il y ait sûrement des gens qui communient n'importe comment, oui. Est-ce une raison pour faire de même, non. Toutes proportions gardées, vous me faites penser à la FSSPX qui essaye de légitimer désespérement ses nouveaux sacres en expliquant que puisque les Chinois font n'importe quoi, eux aussi ils ont le droit, c'est dire la pauvreté de leur argumentation et la faiblesse de leur position...Je terminerai ce post en écrivant une réflexion qui n’apportera rien à la discussion mais que j’ai sur le cœur : ce n’est pas un secret qu’il est bien trop fréquent que des personnes qui ne le devraient pas reçoivent la communion. Je parle du pécheur invétéré qui n’a absolument aucune intention de changer et qui se complaît dans son péché quel qu’il soit, je parle du tonton complètement athée qui est venu à la communion de son neveu et qui fait la file comme tout le monde pour suivre le protocole, je parle de toutes ces apparentes hosties dont nous savons qu’elles sont véritablement le corps de notre Seigneur Jésus-Christ qui sont prises avec la plus totale désinvolture. N’est-ce pas là le drame ? Est-ce vraiment à la personne remariée - qu’elle pense être dans le péché ou non, qu’elle le soit effectivement ou pas - est-ce bien à cette personne qui vit ardemment sa foi et qui languit après le Christ “comme le cerf après les sources d’eau”, est-ce bien à elle qui gémit “me voici devant toi comme une terre assoiffée” devant son Seigneur qu’elle reconnaît et qu’elle aime mais qu’elle ne peut approcher; est-ce vraiment à elle qu’il faut le refuser ?
j'ai envie de dire, au contraire ; il y a suffisamment de mal comme cela sur terre, cela devrait nous pousser à tenter de "compenser" par un plus grand respect du sacrement.
La communion n'est pas un dû, c'est un immense cadeau, mais il est conditionné au fait d'être en état de grâce ; de la même manière, et j'ai bien conscience des limites de la comparaison, si la Reine d'Angleterre ou le Pape au temps de sa vie décidait de venir chez moi, je m'arrangerais pour que mon logis soit aussi propre que possible. Le "logis" de notre Seigneur dans l'Hostie, c'est notre coeur, qui doit être aussi propre que possible, c'est à dire être en état de grâce. Les divorcés remariés ne le sont objectivement pas.
De manière analogue, dans notre paroisse, on a deux catéchumènes qui vivent en couple, ils se sont engagés devant l'évêque, une fois le baptême célébré, à vivre comme frère et soeur jusqu'à leur mariage religieux. Cela va être dur, disent-ils, mais ils le font par obéissance envers l'Eglise.
J'entends parfaitement que cela puisse être un motif de souffrance que de devoir s'abstenir de relations conjugales avec celle que l'on aime et dont on est aimé. Mais cet effort a pu être réalisé par plein de prêtres, de religieux, de célibataires cherchant à se marier qui n'ont pas pu l'être... Il suffit de se tourner vers la vie de Notre Seigneur et de sa sainte Mère, qui ont énormément souffert, le premier par obéissance au Père. Le bonheur n'est pas pour la vie terrestre, il est pour la vie céleste... à condition d'y arriver.
Qu'allez vous dire - selon l'imagerie populaire - à saint Pierre à votre mort ? Comment les divorcés remariés expliqueront-ils qu'ils ont préféré, en toute connaissance de cause, la jouissance du corps au lieu des instructions et préceptes du corps mystique du Christ, son Eglise, dirigée par le vicaire du Fils de Dieu, successeur de saint Pierre ?
A un moment, la seule chose qui va compter, c'est de savoir si on est au ciel ou en enfer. Ce serait dommage de risquer la damnation éternelle...
je prierai pour vous.
j'ai bien conscience du caractère lacunaire de ma réponse, mais trouver tous les éléments pour répondre à votre question prendrait trop de temps, je ne suis pas théologien, je me bornerai juste à dire "à un moment, il faut faire confiance à l'Eglise".
Si quelqu'un vient à vous sans cette doctrine, ne le saluez pas
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
Nous réclamons la constance de votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique ....défendre de toutes vos forces une loi de si haute importance et de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.
Omnes dii gentium daemonia
que les femmes se taisent dans les assemblées, car il ne leur est pas permis d'y parler; [...] il est malséant à une femme de parler dans l'Église.
Nous réclamons la constance de votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique ....défendre de toutes vos forces une loi de si haute importance et de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.
Omnes dii gentium daemonia
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