La foi nécessaire au salut
Publié : dim. 21 sept. 2025, 14:51
« Sans la foi, nul ne peut plaire à Dieu » (Hb. XI, 6), car la foi théologale est la racine de la charité. « Le but du commandement, c'est une charité venant d'un cœur pur, d'une bonne conscience, et d'une foi sincère. Quelques-uns, s'étant détournés de ces choses, se sont égarés dans de vains discours ; ils veulent être docteurs de la loi alors qu’ils ne comprennent ni ce qu'ils disent ni ce qu'ils affirment. » (I Tim. I, 5-7). Se sont égarés ceux qui, oubliant que la charité est un amour théologal pour le Dieu de la foi théologale, ont affirmé qu’une foi naturelle et païenne en un Dieu rémunérateur ainsi aimé peut suffire au salut. Certes le verset ne fait pas explicitement référence au Dieu chrétien : « sans la foi il est impossible d’être agréable à Dieu, car pour s'approcher de lui il faut croire qu’il existe et qu'il récompense ceux qui le cherchent. » (Hb. XI, 6). Mais il est précisé par d’autres, qui prouvent la nécessité absolue de la foi chretienne pour le salut : de la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi chrétienne.
1. La foi nécessaire au salut est la foi chrétienne. « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » (Mt. XII, 30). « Car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac. IV, 12). « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : ‘‘Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts. C'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la pierre angulaire. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.’’ » (Ac. IV, 8-12).
2. Il ne peut s’agir d’une foi exclusivement implicite. « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3). « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ‘‘Quiconque croit en lui ne sera point confondu’’… Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? … Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile. Aussi Isaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Ainsi la foi vient de l’audition de la prédication, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » (Rm. X, 9-17). « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. XXVIII, 19-20).
Conséquemment, puisque toute relation présuppose un fondement absolu, la filiation surnaturelle adoptive des enfants de Dieu est une relation ayant pour unique fondement la charité (assimilée à la grâce sanctifiante) : la charité spécifiée par la foi explicite au Christ Jésus. Ce n’est que dans la foi explicite au Christ que nous pouvons devenir surnaturellement fils et filles de Dieu, « car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Ga. III, 26). On peut certes considérer que cette relation a un double fondement, inchoactif et naturel par l’infusion de l’âme spirituelle directement par Dieu, terminatif et surnaturel par l’infusion en cette âme de la charité sainte. Si donc les hommes sont, d’un certain point de vue, inchoactivement tous fils de Dieu, ne sont véritablement fils et filles de Dieu que ceux-là seuls qui vivent et meurent en état de grâce. « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » (Mt. XII, 50). Or de toute évidence ce n’est pas faire la volonté du Père que n’être pas en état de grâce mais de péché mortel. La conclusion s’impose donc : seuls les membres vivants du Corps mystique sont formellement fils et filles de Dieu ; les autres ne le sont qu’inchoactivement, matériellement, dispositivement, non-formellement.
La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité qui vivifie la foi ; de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu trine et incarné, nul adulte n’aimera Dieu de charité, amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale. Il suffira de restreindre la charité théologale à un amour naturel par son objet pour la paganiser, la profaner, la naturaliser, en étendant le bénéfice de la foi implicite à la totalité des articles de la foi divine et catholique. La charité n’est pourtant pas surnaturelle seulement par son mode, l’infusion divine, mais d’abord par son objet. Surnaturelle d’abord parce que l’objet est le bien surnaturel incréé qu’est Dieu. Surnaturelle et théologale ensuite parce que le Surnaturel incréé est le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Surnaturelle et théologale enfin parce que c’est comme tel, Trine, que Dieu exige être aimé : aimer le vrai Dieu c’est aimer le Dieu Trine. Ce dernier point est incontestable à la lecture de la Bible : la confession du Fils (I Jn. II, 23 ; V, 10-12) et le baptême trinitaire (Mt. XXVIII, 19) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen.
La foi est un assentiment intellectuel commandé par la volonté. L’acte de foi théologale va à son tour spécifier l’acte de volonté pour qu’elle émette l’acte de charité, afin qu’enfin la charité vivifie la foi. La volonté impère la foi ; la foi spécifie la charité. La foi qui justifie (Rm. III, 22, 30, IV, 16 ; Ga. III, 8) est celle vivifiée par la charité (I Cor. XIII, 1 ; Ga. V, 6) : la foi spécifie la charité qui vivifie la foi. De même quant aux vertus infuses : la vertu infuse de charité est de sa nature même spécifiée par la vertu infuse de foi. Aussi peut-on dire que le siège de l’habitus de foi infuse est autant l’intellect que la volonté, l’intellect siègeant dans la volonté à titre de partie intégrante de la volonté qu’il informe (spécifie), tant habituellement qu’actuellement, et si actuellement, pour autant que la volonté l’accepte, accepte de s’exercer en se conformant au dictamen de la foi surélevant la raison. Bref, l’intellect est une partie intégrante de la volonté, le primat est au vouloir, la volonté est la reine des facultés, la charité est la vertu totale.
La foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, ceux ayant le Dieu Trine pour objet, est nécessaire pour spécifier l’acte théologal de charité. Les articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, incarné, sauveur et juge, tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen absolue, c'est-à-dire qu’ils sont par décret divin si absolument nécessaires au salut de l’adulte, qu’à défaut d’user de ces moyens, rien ne pourra y suppléer, et l’homme sera damné. Cette nécessité de moyen n’est absolue qu’en un sens précis. La fin à laquelle le moyen s’ordonne est Dieu, Dieu aimé dans la gloire du Ciel. Dieu fin dernière surnaturelle absolue s’atteint dans la charité, spécifiée ici-bas par la foi théologale, au-delà par la vision intuitive. Cette fin n’est nécessaire que conditionnellement. À condition que Dieu veuille librement créer, est nécessaire (nécessité conditionnelle ou de conséquence) qu’il se veuille comme fin dernière surnaturelle absolue de sa création. Le moyen ordonné à cette fin ne pouvant avoir davantage de nécessité que la fin à laquelle il s’ordonne, sa nécessité n’est que conditionnelle. Si nonobstant on parle de la nécessité absolue du moyen, c’est en tant que ce moyen est la condition sine qua non d’atteindre la fin dernière surnaturelle absolue, là où d’autres moyens, qui ne sont nécessaires à l’obtention de cette fin que de nécessité de précepte, peuvent être suppléés par d’autres. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité, qui vivifie la foi, de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné en l’une de ses hypostases, l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas. Nul adulte ne peut donc poser des actes de charité sans avoir la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi, divine et catholique. Quant aux enfants, suffit à leur salut que la vertu théologale de charité leur soit infuse, en tant qu’en elle la vertu théologale de foi, qui spécifie la charité, l’est aussi.
La vie en Christ est surnaturelle par essence !
La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant), ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi surnaturelle explicite, la foi implicite entendue par certains incertains, incertains certains, comme suppléance aux articles fondamentaux de la foi théologale surnaturelle explicite, suppléance qu’ils imaginent trouver dans la vie naturellement vertueuse – pour autant qu’elle le soit – de l’infidèle négatif, ne suffit aucunement au salut. Le salut suppose la charité, qui suppose d’être spécifiée à tout le moins par les articles fondamentaux de la foi théologale explicite : « tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ». Aussi la foi exclusivement implicite ne supplée-t-elle pas, n’est aucunement justifiante, quoiqu’elle puisse disposer (disposition naturelle éloignée), en union à une vie moralement et naturellement droite, à la justification par la foi théologale et formée. La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale, ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi explicite au Dieu Trine de la foi théologale, la foi théologale n’existe pas. La foi théologale exclusivement implicite qu’imaginent certains, qu’ils pensent trouver dans la vie naturellement vertueuse et la croyance au Dieu Un, ne suffit aucunement au salut de l’infidèle négatif. Car nonobstant que voulant Dieu soit implicitement voulu la Trinité, la foi explicite au Fils de Dieu est l’unique moyen du salut : « Qui nie le Fils n'a pas le Père ; qui confesse le Fils a aussi le Père. » (I Jn. II, 23). Nier le Fils est l’acte de l’infidèle positif. Ne pas confesser le Fils est l’acte de l’infidèle négatif. Aussi la foi exclusivement implicite ne peut aucunement être théologale, par défaut de motif et d’objet. Incapable de suppléer à l’absence de foi explicite aux articles fondamentaux, la foi exclusivement implicite n’est pas une disposition surnaturelle prochaine à la justification de l’infidèle négatif, n’étant qu’une disposition naturelle éloignée à cette justification, pour autant que l’infidèle conjoigne dispositivement l’exigence d’une vie morale naturellement droite à la croyance naturelle au Dieu Un et rémunérateur. Le salut de l’infidèle négatif suppose sa conversion à la vraie foi, fut-ce à l’article de la mort, conséquemment à une grâce d’illumination : nul infidèle spécifique, ni positif ni négatif, n’hérite du Royaume de Dieu.
Le seul cas où l’absence de foi théologale explicite au Dieu Trine fut cause dispositive surnaturelle prochaine à la justification était celui des justes de l’Ancien Testament, car leur foi était théologale par son principe, par son mode, par son objet. Par son principe, Dieu véritablement révélant ; donc aussi par son objet, Dieu révélé, et par son mode. Par son motif donc aussi par son objet, car c’était vraiment Dieu qui se révélait en une révélation qui, implicitement trinitaire en son sens littéral, l’était explicitement en son sens plénier, comme appert de Gn. XVII. Par son principe donc aussi par son mode surnaturel, la grâce actuelle à laquelle les croyants d’une révélation surnaturelle ayant véritablement Dieu pour auteur et objet coopéraient en posant l’acte surnaturel de foi théologale disposant à leur justification opérée dans l’amour du Dieu révélant et révélé et de sa Loi, expression de sa Volonté signifiée.
On voit donc ce qui distingue la foi théologale vétérotestamentaire de la foi préternaturelle satanique de ceux qui, ayant renié Dieu en crucifiant son Fils, ont immédiatement cessé d’être d’Église. L’Église d’avant l’Église était déjà l’Église, l’Église militante prise in fieri plutôt qu’in esse. Mais depuis son refus d’être l’Église, Corps du Christ, par son refus du Christ, elle n’est plus que la synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. III, 9), israélites selon la chair (I Cor. X, 18) mais non selon Dieu (Ga. VI, 12-16), vestige préternaturel satanique de la socièté divine qu’elle était autrefois, objet d’opprobre et de réprobation sempiternelle tant qu’elle ne reconnaitra pas Jésus comme Dieu et Messie d’Israël. « Vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mt. XXIII, 39). « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » (Jn. VIII, 21). « Car les enfants d'Israël resteront longtemps sans roi, sans chef, sans sacrifice, sans statue, sans éphod, et sans théraphim. Après cela, les enfants d'Israël reviendront ; ils chercheront l'Éternel leur Dieu, et David leur roi ; et ils tressailliront à la vue de l'Éternel et de sa bonté, dans la suite des temps. » (Os. III, 4-5). « Esaïe, de son côté, s'écrie au sujet d'Israël : Quand le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, un reste seulement sera sauvé. Car le Seigneur exécutera pleinement et promptement sur la terre ce qu'il a résolu… Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu'Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera pas confondu. » (Rm. IX, 24-33). « Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous. Je vous le dis à vous, païens, en tant qu’apôtre des païens je glorifie mon ministère, afin, s'il est possible, d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quelques-uns. Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie pour ceux qui sont morts ? » (Rm. XI, 12-15).
On voit encore tout ce qui distingue la foi théologale de la foi préternaturelle satanique des mahométans. Leur foi n’est pas surnaturelle. Elle ne l’est ni par son motif, Dieu n’étant aucunement l’auteur du Coran ; ni par son mode, l’assentiment de foi satanique et mahométane n’étant posé par les infidèles que moyennant le concours général de Dieu aux actes objectivement mauvais, nullement sous l’influence surnaturelle d’une grâce actuelle ; ni par son objet, puisque niant explicitement Dieu le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale, en niant sa Trinité, son Incarnation, son Corps vivant l’Église, sa Révélation. Le Coran est du Diable ; et Mahomet, le faux-prophète, est son prophète. « Pourquoi n’entendez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Vous avez le diable pour père, et vous voulez accomplir les désirs de votre père… Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu. Vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jn. VIII, 43 et 47). « Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu mais de l’antéchrist… Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute, et celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas : c'est par là que nous connaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur. » (I Jn. IV, 2-6). Que le diable, contrefaisant Dieu, se pare mensongèrement des attributs divins, ne change rien à l’affaire. Le mahométan qui de bonne foi, subjectivement, croit adorer Dieu, adore objectivement l’entité préternaturelle satanique répandant ses blasphèmes contre le vrai Dieu de la foi théologale. La religion mahométane est substantiellement satanique quelques semences du Verbe qui puissent accidentellement s’y trouver.
Il n’est de Dieu que Trine et Jésus est son Christ.
1. La foi nécessaire au salut est la foi chrétienne. « Qui n’est pas avec moi est contre moi, et qui n’amasse pas avec moi dissipe. » (Mt. XII, 30). « Car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés. » (Ac. IV, 12). « Alors Pierre, rempli du Saint-Esprit, leur dit : ‘‘Chefs du peuple, et anciens d'Israël, puisque nous sommes interrogés aujourd'hui sur un bienfait accordé à un homme malade, afin que nous disions comment il a été guéri, sachez-le tous, et que tout le peuple d'Israël le sache ! C'est par le nom de Jésus-Christ de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité des morts. C'est par lui que cet homme se présente en pleine santé devant vous. Jésus est la pierre rejetée par vous qui bâtissez, et qui est devenue la pierre angulaire. Il n'y a de salut en aucun autre ; car il n'y a sous le ciel aucun autre nom qui ait été donné parmi les hommes, par lequel nous devions être sauvés.’’ » (Ac. IV, 8-12).
2. Il ne peut s’agir d’une foi exclusivement implicite. « Celui qui n’honore pas le Fils n’honore pas le Père qui l'a envoyé. » (Jn. V, 23). « Reconnaissez à ceci l’Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu, c’est celui de l’antéchrist » (I Jn. IV, 2-3). « Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton cœur que Dieu l'a ressuscité des morts, tu seras sauvé. Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut, selon ce que dit l'Écriture : ‘‘Quiconque croit en lui ne sera point confondu’’… Car quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler, s'il n'y a personne qui prêche ? Et comment y aura-t-il des prédicateurs, s'ils ne sont pas envoyés ? … Mais tous n’ont pas obéi à l’Évangile. Aussi Isaïe dit-il : Seigneur, qui a cru à notre prédication ? Ainsi la foi vient de l’audition de la prédication, et la prédication se fait par la parole de Dieu. » (Rm. X, 9-17). « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père du Fils et du Saint-Esprit, et enseignez-leur à observer tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu'à la fin du monde. » (Mt. XXVIII, 19-20).
Conséquemment, puisque toute relation présuppose un fondement absolu, la filiation surnaturelle adoptive des enfants de Dieu est une relation ayant pour unique fondement la charité (assimilée à la grâce sanctifiante) : la charité spécifiée par la foi explicite au Christ Jésus. Ce n’est que dans la foi explicite au Christ que nous pouvons devenir surnaturellement fils et filles de Dieu, « car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ ; vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ. » (Ga. III, 26). On peut certes considérer que cette relation a un double fondement, inchoactif et naturel par l’infusion de l’âme spirituelle directement par Dieu, terminatif et surnaturel par l’infusion en cette âme de la charité sainte. Si donc les hommes sont, d’un certain point de vue, inchoactivement tous fils de Dieu, ne sont véritablement fils et filles de Dieu que ceux-là seuls qui vivent et meurent en état de grâce. « Car quiconque fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux, celui-là est mon frère, et ma sœur, et ma mère. » (Mt. XII, 50). Or de toute évidence ce n’est pas faire la volonté du Père que n’être pas en état de grâce mais de péché mortel. La conclusion s’impose donc : seuls les membres vivants du Corps mystique sont formellement fils et filles de Dieu ; les autres ne le sont qu’inchoactivement, matériellement, dispositivement, non-formellement.
La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité qui vivifie la foi ; de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu trine et incarné, nul adulte n’aimera Dieu de charité, amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale. Il suffira de restreindre la charité théologale à un amour naturel par son objet pour la paganiser, la profaner, la naturaliser, en étendant le bénéfice de la foi implicite à la totalité des articles de la foi divine et catholique. La charité n’est pourtant pas surnaturelle seulement par son mode, l’infusion divine, mais d’abord par son objet. Surnaturelle d’abord parce que l’objet est le bien surnaturel incréé qu’est Dieu. Surnaturelle et théologale ensuite parce que le Surnaturel incréé est le Dieu de la foi théologale : le Dieu Trine incarné en la seconde de ses hypostases. Surnaturelle et théologale enfin parce que c’est comme tel, Trine, que Dieu exige être aimé : aimer le vrai Dieu c’est aimer le Dieu Trine. Ce dernier point est incontestable à la lecture de la Bible : la confession du Fils (I Jn. II, 23 ; V, 10-12) et le baptême trinitaire (Mt. XXVIII, 19) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen.
La foi est un assentiment intellectuel commandé par la volonté. L’acte de foi théologale va à son tour spécifier l’acte de volonté pour qu’elle émette l’acte de charité, afin qu’enfin la charité vivifie la foi. La volonté impère la foi ; la foi spécifie la charité. La foi qui justifie (Rm. III, 22, 30, IV, 16 ; Ga. III, 8) est celle vivifiée par la charité (I Cor. XIII, 1 ; Ga. V, 6) : la foi spécifie la charité qui vivifie la foi. De même quant aux vertus infuses : la vertu infuse de charité est de sa nature même spécifiée par la vertu infuse de foi. Aussi peut-on dire que le siège de l’habitus de foi infuse est autant l’intellect que la volonté, l’intellect siègeant dans la volonté à titre de partie intégrante de la volonté qu’il informe (spécifie), tant habituellement qu’actuellement, et si actuellement, pour autant que la volonté l’accepte, accepte de s’exercer en se conformant au dictamen de la foi surélevant la raison. Bref, l’intellect est une partie intégrante de la volonté, le primat est au vouloir, la volonté est la reine des facultés, la charité est la vertu totale.
La foi explicite aux articles fondamentaux du christianisme, ceux ayant le Dieu Trine pour objet, est nécessaire pour spécifier l’acte théologal de charité. Les articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, incarné, sauveur et juge, tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant) sont nécessaires au salut de nécessité de moyen absolue, c'est-à-dire qu’ils sont par décret divin si absolument nécessaires au salut de l’adulte, qu’à défaut d’user de ces moyens, rien ne pourra y suppléer, et l’homme sera damné. Cette nécessité de moyen n’est absolue qu’en un sens précis. La fin à laquelle le moyen s’ordonne est Dieu, Dieu aimé dans la gloire du Ciel. Dieu fin dernière surnaturelle absolue s’atteint dans la charité, spécifiée ici-bas par la foi théologale, au-delà par la vision intuitive. Cette fin n’est nécessaire que conditionnellement. À condition que Dieu veuille librement créer, est nécessaire (nécessité conditionnelle ou de conséquence) qu’il se veuille comme fin dernière surnaturelle absolue de sa création. Le moyen ordonné à cette fin ne pouvant avoir davantage de nécessité que la fin à laquelle il s’ordonne, sa nécessité n’est que conditionnelle. Si nonobstant on parle de la nécessité absolue du moyen, c’est en tant que ce moyen est la condition sine qua non d’atteindre la fin dernière surnaturelle absolue, là où d’autres moyens, qui ne sont nécessaires à l’obtention de cette fin que de nécessité de précepte, peuvent être suppléés par d’autres. La nécessité absolue de la foi théologale explicite à ses articles fondamentaux résulte du fait que la foi spécifie la charité, qui vivifie la foi, de sorte que sans la foi théologale explicite au Dieu Trine incarné en l’une de ses hypostases, l’amour surnaturel pour le Dieu de la foi théologale n’existe pas. Nul adulte ne peut donc poser des actes de charité sans avoir la foi théologale explicite aux articles fondamentaux de la vraie foi, divine et catholique. Quant aux enfants, suffit à leur salut que la vertu théologale de charité leur soit infuse, en tant qu’en elle la vertu théologale de foi, qui spécifie la charité, l’est aussi.
La vie en Christ est surnaturelle par essence !
La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale (Dieu Trine, Incarné, Sauveur et Juge, Tête de l’Église en grâce qui est son corps vivant), ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi surnaturelle explicite, la foi implicite entendue par certains incertains, incertains certains, comme suppléance aux articles fondamentaux de la foi théologale surnaturelle explicite, suppléance qu’ils imaginent trouver dans la vie naturellement vertueuse – pour autant qu’elle le soit – de l’infidèle négatif, ne suffit aucunement au salut. Le salut suppose la charité, qui suppose d’être spécifiée à tout le moins par les articles fondamentaux de la foi théologale explicite : « tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu ». Aussi la foi exclusivement implicite ne supplée-t-elle pas, n’est aucunement justifiante, quoiqu’elle puisse disposer (disposition naturelle éloignée), en union à une vie moralement et naturellement droite, à la justification par la foi théologale et formée. La foi implicite ne suffit au salut qu’à celui qui, ayant la foi explicite aux articles fondamentaux de la foi théologale, ignore de bonne foi les autres articles. En l’absence complète de foi explicite au Dieu Trine de la foi théologale, la foi théologale n’existe pas. La foi théologale exclusivement implicite qu’imaginent certains, qu’ils pensent trouver dans la vie naturellement vertueuse et la croyance au Dieu Un, ne suffit aucunement au salut de l’infidèle négatif. Car nonobstant que voulant Dieu soit implicitement voulu la Trinité, la foi explicite au Fils de Dieu est l’unique moyen du salut : « Qui nie le Fils n'a pas le Père ; qui confesse le Fils a aussi le Père. » (I Jn. II, 23). Nier le Fils est l’acte de l’infidèle positif. Ne pas confesser le Fils est l’acte de l’infidèle négatif. Aussi la foi exclusivement implicite ne peut aucunement être théologale, par défaut de motif et d’objet. Incapable de suppléer à l’absence de foi explicite aux articles fondamentaux, la foi exclusivement implicite n’est pas une disposition surnaturelle prochaine à la justification de l’infidèle négatif, n’étant qu’une disposition naturelle éloignée à cette justification, pour autant que l’infidèle conjoigne dispositivement l’exigence d’une vie morale naturellement droite à la croyance naturelle au Dieu Un et rémunérateur. Le salut de l’infidèle négatif suppose sa conversion à la vraie foi, fut-ce à l’article de la mort, conséquemment à une grâce d’illumination : nul infidèle spécifique, ni positif ni négatif, n’hérite du Royaume de Dieu.
Le seul cas où l’absence de foi théologale explicite au Dieu Trine fut cause dispositive surnaturelle prochaine à la justification était celui des justes de l’Ancien Testament, car leur foi était théologale par son principe, par son mode, par son objet. Par son principe, Dieu véritablement révélant ; donc aussi par son objet, Dieu révélé, et par son mode. Par son motif donc aussi par son objet, car c’était vraiment Dieu qui se révélait en une révélation qui, implicitement trinitaire en son sens littéral, l’était explicitement en son sens plénier, comme appert de Gn. XVII. Par son principe donc aussi par son mode surnaturel, la grâce actuelle à laquelle les croyants d’une révélation surnaturelle ayant véritablement Dieu pour auteur et objet coopéraient en posant l’acte surnaturel de foi théologale disposant à leur justification opérée dans l’amour du Dieu révélant et révélé et de sa Loi, expression de sa Volonté signifiée.
On voit donc ce qui distingue la foi théologale vétérotestamentaire de la foi préternaturelle satanique de ceux qui, ayant renié Dieu en crucifiant son Fils, ont immédiatement cessé d’être d’Église. L’Église d’avant l’Église était déjà l’Église, l’Église militante prise in fieri plutôt qu’in esse. Mais depuis son refus d’être l’Église, Corps du Christ, par son refus du Christ, elle n’est plus que la synagogue de Satan de ceux qui se disent juifs mais ne le sont pas (Ap. III, 9), israélites selon la chair (I Cor. X, 18) mais non selon Dieu (Ga. VI, 12-16), vestige préternaturel satanique de la socièté divine qu’elle était autrefois, objet d’opprobre et de réprobation sempiternelle tant qu’elle ne reconnaitra pas Jésus comme Dieu et Messie d’Israël. « Vous ne me verrez plus désormais, jusqu'à ce que vous disiez : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Mt. XXIII, 39). « Je m’en vais ; vous me chercherez, et vous mourrez dans votre péché. Là où moi je vais, vous ne pouvez pas aller. » (Jn. VIII, 21). « Car les enfants d'Israël resteront longtemps sans roi, sans chef, sans sacrifice, sans statue, sans éphod, et sans théraphim. Après cela, les enfants d'Israël reviendront ; ils chercheront l'Éternel leur Dieu, et David leur roi ; et ils tressailliront à la vue de l'Éternel et de sa bonté, dans la suite des temps. » (Os. III, 4-5). « Esaïe, de son côté, s'écrie au sujet d'Israël : Quand le nombre des fils d'Israël serait comme le sable de la mer, un reste seulement sera sauvé. Car le Seigneur exécutera pleinement et promptement sur la terre ce qu'il a résolu… Les païens, qui ne cherchaient pas la justice, ont obtenu la justice, la justice qui vient de la foi, tandis qu'Israël, qui cherchait une loi de justice, n'est pas parvenu à cette loi. Pourquoi ? Parce qu'Israël l'a cherchée, non par la foi, mais comme provenant des œuvres. Ils se sont heurtés contre la pierre d'achoppement, selon qu'il est écrit : Voici, je mets en Sion une pierre d'achoppement et un rocher de scandale, et celui qui croit en lui ne sera pas confondu. » (Rm. IX, 24-33). « Or, si leur chute a été la richesse du monde, et leur amoindrissement la richesse des païens, combien plus en sera-t-il ainsi quand ils se convertiront tous. Je vous le dis à vous, païens, en tant qu’apôtre des païens je glorifie mon ministère, afin, s'il est possible, d'exciter la jalousie de ceux de ma race, et d'en sauver quelques-uns. Car si leur rejet a été la réconciliation du monde, que sera leur réintégration, sinon une vie pour ceux qui sont morts ? » (Rm. XI, 12-15).
On voit encore tout ce qui distingue la foi théologale de la foi préternaturelle satanique des mahométans. Leur foi n’est pas surnaturelle. Elle ne l’est ni par son motif, Dieu n’étant aucunement l’auteur du Coran ; ni par son mode, l’assentiment de foi satanique et mahométane n’étant posé par les infidèles que moyennant le concours général de Dieu aux actes objectivement mauvais, nullement sous l’influence surnaturelle d’une grâce actuelle ; ni par son objet, puisque niant explicitement Dieu le vrai Dieu, le Dieu de la foi théologale, en niant sa Trinité, son Incarnation, son Corps vivant l’Église, sa Révélation. Le Coran est du Diable ; et Mahomet, le faux-prophète, est son prophète. « Pourquoi n’entendez-vous pas mon langage ? Parce que vous ne pouvez entendre ma parole. Vous avez le diable pour père, et vous voulez accomplir les désirs de votre père… Qui est de Dieu entend les paroles de Dieu. Vous n’entendez pas, parce que vous n’êtes pas de Dieu. » (Jn. VIII, 43 et 47). « Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : Tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu dans la chair est de Dieu ; et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n’est pas de Dieu mais de l’antéchrist… Vous, petits enfants, vous êtes de Dieu, et vous les avez vaincus, parce que celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde. Eux, ils sont du monde ; c'est pourquoi ils parlent d'après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute, et celui qui n'est pas de Dieu ne nous écoute pas : c'est par là que nous connaissons l'esprit de la vérité et l'esprit de l'erreur. » (I Jn. IV, 2-6). Que le diable, contrefaisant Dieu, se pare mensongèrement des attributs divins, ne change rien à l’affaire. Le mahométan qui de bonne foi, subjectivement, croit adorer Dieu, adore objectivement l’entité préternaturelle satanique répandant ses blasphèmes contre le vrai Dieu de la foi théologale. La religion mahométane est substantiellement satanique quelques semences du Verbe qui puissent accidentellement s’y trouver.
Il n’est de Dieu que Trine et Jésus est son Christ.
