Pour développer cet aspect de la justice :
Tout comme cette Liberté divine essentiellement positive dont le principe n'est qu'en Dieu, la Justice divine (intimement liée à la liberté divine) me paraît suivre la même logique, à savoir elle aussi essentiellement positive (d'essence positive, d'essence bonne) et dont le principe n'est pas non plus quelque chose d'extérieur à Dieu auquel il devrait se soumettre et qui le contraindrait, malgré ses préférences.
Si cette justice était négative alors ne rendrait-elle pas
justice au mal, rendant le mal pour le mal ?
Or, si elle rend le bien pour le mal
(Matthieu 5:38-48), tourne le mal en bien alors elle rend
justice au bien, elle rend bien.
"Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir." (Matthieu 5:17)
"Le Père ne juge personne, mais il a remis tout jugement au Fils" (Jean 5:22)
"Dieu, en effet, n'a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu'il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui."(Jean 3:17)
Le Christ est venu accomplir la loi,
accomplir la justice mais cette justice ne consiste visiblement pas à juger/condamner mais à
sauver.
Justice positive qui rend juste, rendant justice à Dieu.
Mais selon toute vraisemblance, rendre juste ne se fait pas sans souffrance.
Une justice négative, qui rend le mal pour le mal ne peut résoudre le mal, le dépasser car elle ne résout en rien l'injustice du rejet de Dieu, source de péché, mais tout au contraire elle la perpétue, l'alimente et s'y heurte constamment tel une personne s'obstinant à foncer indéfiniment dans une porte fermée !?
Oui mais les méchants ont ce qu'ils méritent ? Peut-être bien mais
leur refus demeure, l'injustice que constitue ce refus perdure et le problème subsiste. Mais le problème ne peut que subsister lorsqu'on veut résoudre le mal par le mal. On s'enferme dans un cercle vicieux, on se mord la queue.
Que l'homme s'enferme irrémédiablement par lui-même par son péché est une chose (de par sa nature créée et finie), mais que le péché de l'homme enferme Dieu dans une justice irrésolvable en est une autre...
C'est comme si l'infini, la plénitude se retrouvait ici soumis, limité, englobé par le fini et le manque !?
Cette justice du mal par le mal est irrésolvable car elle s'enferme dans une dynamique sans issue qui alimente l'injustice du refus par le mal qu'elle inflige qui l'oblige à réagir en alimentant l'injustice du refus par le mal qu'elle inflige qui l'oblige à réagir en alimentant l'injustice du refus par le mal qu'elle inflige qui l'oblige à réagir, etc. Se retrouvant ainsi comme prise en otage par ce qu'elle est supposé solutionner, l'injustice menant en fin de compte la danse...
Si Dieu est contraint par sa justice alors c'est qu'il n'est pas libre.
Or, lorsque l'on comprend que la justice vise ce qui est juste et vise donc à établir le bien et non à faire perdurer le mal, et que la peine et la souffrance visent essentiellement à ça par la grâce alors Dieu n'est plus contraint par sa justice.
Vindicte ?
C'est notre fondement, ce que nous sommes en vérité, l'être dont Dieu nous a fait don qui souffre en réaction au péché.
La loi de Dieu est gravée dans notre cœur car il s'agit tout simplement de la loi de l'être/amour. L'être étant notre fondement, nous sommes donc régi par la loi de ce que nous sommes, notre conscience nous l'enseignant. Si donc nous nous écartons de ce que nous sommes, voulant choisir d'être ce que nous voulons, voulant nous placer à notre fondement à la place de Dieu alors ce que nous sommes sans Dieu étant un néant il en résulte une dégradation de notre être, ce néant nécrose notre être, le péché apparaît. Et la nécrose n'engendre pas davantage de vie et de joie mais de la souffrance.
La vie entre en souffrance au contact du péché, notre être qui nous vient exclusivement de Dieu souffre, entre en réaction au contact du péché. Si nous ne respectons pas ce que nous sommes par Dieu alors ce que nous sommes par Dieu se venge en engendrant de la souffrance au contact du péché.
Il n'y a pas d'autre principe de l'être que Dieu, il s'ensuit donc que lorsque notre être entre en souffrance suite au péché alors c'est Dieu principe de notre être qui se venge du péché.
Mais pas une vengeance de volonté (directement), plutôt une vengeance de nature (indirectement).
Si l'intégrité de notre corps est atteint d'un corps étranger tel un virus, il tombe malade, entre un souffrance. De même, le péché qui est un corps étranger à notre être le rend malade et provoque de la souffrance.
Certes, certains péchés peuvent donner l'illusion d'une satisfaction mais elle n'est qu'éphémère et superficielle. À terme, cela engendre surtout frustration, insatisfaction, manque et une souffrance qui peut être subtile.
Si le péché n'avait pas pour conséquence le mal et la souffrance alors on ne pourrait parler de vengeance et on pourrait s'interroger sur la nature de l'être. Car l'être et le péché étant inconciliables alors tant qu'il y a de la souffrance c'est qu'il y a de l'être, de la vie. Tant qu'il y a de l'être alors il y a de la souffrance. Une intelligence artificielle qui n'a pas l'être n'éprouverait pas de souffrance d'un quelconque mal.
Et tant qu'il y a de l'être c'est que Dieu nous en fait don en conformité avec sa liberté positive. Si cette Liberté devenait ici négative alors nous voulant du mal par vengeance
volontaire il ne nous donnerait plus l'être. Ce qui aurait paradoxalement la conséquence inverse du but recherché par cette vengeance, à savoir l'absence de souffrance. Puisque c'est l'être qui souffre. Donc s'il n'y a plus de don de l'être alors n'ayant plus d'être il n'y a pas de souffrance. Et c'est le retour au néant de la personne.
Mais c'est parce que cette volonté divine de liberté positive ne change pas que l'être demeure et l'être étant intègre, ne pouvant se trahir alors il ne peut que souffrir de ce mal contre-nature du péché. Notre trahison en succombant au péché provoque la vengeance de notre être, la souffrance.
Une vengeance de nature, non de volonté.
Dieu nous donne continuellement l'être de par sa liberté positive, signifiant par là un amour pour sa créature qui ne défaille jamais (raison de l'immortalité de l'âme). Car ce qu'il n'aime pas il ne le voudrait pas et ce qu'il ne veut pas ne peut être. La haine du pécheur (sans distinction de la personne et du péché) signifiant que Dieu ne veut pas le pécheur (car voudrait-il ce qu'il hait ?!) n'aurait pour conséquence que la disparition totale du pécheur (personne ici confondu avec son péché), et donc pas de souffrance pour ce qui n'est plus. Or, c'est parce que Dieu veux/aime continuellement la personne que celle-ci subsiste et souffre de son péché.
Ce que Dieu "ne veut pas" c'est le péché qui n'est pas de l'ordre de sa volonté mais de la volonté de l'homme seul.
Ce que Dieu ne veut pas ne peut avoir l'être. C'est pourquoi le péché étant le résultat de la seule volonté de l'homme sans Dieu alors il est un néant, il n'a pas l'être.
Tout ce qui "est" vient de Dieu, et de par sa liberté positive sa volonté ne change pas quant à SES œuvres. Mais le péché n'est pas son œuvre, n'est pas de sa volonté.
Qu'il ne le veuille pas n'induit pas ici une liberté négative (un "je ne veux pas") chez Dieu, simplement que cela n'est pas de sa volonté. Et si ce n'est pas
lié à sa volonté alors cela ne peut être bon. Et si ça n'est pas bon cela provoque du mal, de la souffrance. C'est ce que Dieu "ne veut pas" qui provoque de la souffrance, du mal,
conséquence de l'injustice de ce qui ne vient pas de Dieu. Or,
la Justice divine vise à établir le bien. Et donc à éradiquer la souffrance, le mal, le péché qui tient sa créature.
Je crois que lorsqu'on parle de
haine de Dieu ou de colère c'est comme
pour signifier que cela ne vient pas de lui de manière directe ou indirecte, et donc que ça ne peut être bon.
Je ne pense pas que Dieu combatte le péché frontalement tel le Dieu justice qui montre les muscles pour montrer qui est le plus fort.
Cela accorderait une valeur, un intérêt à ce qui n'en a pas en soi et cela changerait quelque chose chez Dieu qui ne serait plus Amour ici, impliquant cette liberté négative.
Je pense plutôt qu'
en s'incarnant, en revêtant l'humanité il y a fait habiter l'amour infini. Portant Tous les péchés de l'humanité, son amour, son "je veux", son "oui" absolus et indépassables ont comme expulsé tous les "je ne veux pas", les "non" pathétiques et vides de l'humanité, signifié par la résurrection, le "non" ne pouvant retenir ce "oui", l'éteindre, éveillant ce "OUI" en l'homme.
"Et moi, quand j'aurai été élevé de la terre, j'attirerai tous les hommes à moi." (Jean 12:32)
La loi consistant à rendre le mal pour le mal est simplement celle consistant à subir la conséquence de son péché. Cette loi c'est la loi de l'être comme précisée précédemment qui ne peut cohabiter avec le péché sans provoquer une souffrance à la mesure du péché qui le touche.
- [+] Texte masqué
- "Dieu nous juge selon notre être substantiel naturel, qu'il garde toujours en lui, sain et sauf, éternellement. Sa justice parfaite prononce ce jugement. L'homme, lui, juge d'après sa sensualité ondoyante qui lui fait voir tantôt d'une manière, tantôt d'une autre, d'après un moi fragmentaire n'appréhendant que des expériences extérieures. Aussi ce jugement est-il confus : parfois bienveillant et ouvert, parfois rigide et sévère. En tant qu'il est bienveillant et ouvert, il est en harmonie avec la justice parfaite de Dieu. En tant qu'il est rigide et sévère, notre bon Seigneur Jésus le réforme, dans sa miséricorde et sa grâce, par sa bienheureuse passion. Il l'amène ainsi à la justice parfaite. Bien que ces deux jugements soient, de la sorte, mis en accord et unifiés, cependant ils seront, tous deux, éternellement connus au ciel séparément.
Le premier jugement, qui appartient à la justice de Dieu et donc à son amour sublime illimité, est cet admirable et suave jugement qui m'a été manifesté dans toutes ces belles Révélations où je vis que Dieu ne nous inflige aucune sorte de blâme. Bien qu'il me fut doux et délicieux à contempler, je ne pus être pleinement à l'aise, car le jugement de la sainte Église, dont j'avais eu d'abord l'intelligence, demeurait continuellement sous mes yeux. Ce jugement me donnait à penser que je devais nécessairement me reconnaître comme pécheresse. Il me faisait comprendre que les pécheurs étaient parfois dignes de blâme et de colère. Or je ne parvins pas à voir ces deux points en Dieu. Plus que je puis le dire, je voulus en savoir davantage. Car, en même temps, Dieu ne cessait de me présenter son jugement supérieur, et je devais nécessairement l'accueillir. Le jugement inférieur m'avait été enseigné, en premier, par la sainte Église : je ne pouvais en aucune façon le laisser de côté.
Tel fut mon désir : voir en Dieu comment le jugement de la sainte Église est vrai à ses yeux et comment je puis en avoir une connaissance authentique qui sauvegarde les deux jugements, afin que gloire soit donnée à Dieu et, à moi, vérité. À tout cela, je n'eus pas d'autre réponse que l'histoire exemplaire d'un seigneur et d'un serviteur, ainsi que je le raconterai plus bas : j'en eu la révélation mystérieuse. Aussi ai-je, et aurai-je toujours jusqu'à ma mort, désir et volonté de connaître ces deux jugements, autant qu'il m'appartient. Car toutes choses du ciel et de la terre sont incluses en eux. Plus nous les connaîtrons et les comprendrons sous la conduite pleine de grâce du Saint-Esprit, plus nous verrons et connaîtrons nos fautes. Et plus nous verrons ces dernières, plus nous aspirerons, selon notre nature et la grâce, à être remplis d'une joie et d'un bonheur sans fin. Voilà pourquoi nous avons été créés. Notre Moi substantiel est, par nature, présentement bienheureux en Dieu. Il l'est depuis qu'il a été créé. Il le sera sans fin." (Le livre des Révélations, chapitre 45)
Et en autre passage cité dans le fil sur "L'unité", elle dit encore :
"Il m'apprit à connaître comment Dieu nous considère dans notre péché. Je vis que la souffrance est notre seul blâme et punition. Notre aimable Seigneur, lui, nous réconforte et nous secourt. Il ne cesse de se présenter à l'âme avec un visage de joie, plein d'amour et ardemment désireux de nous emporter
dans sa béatitude."