cmoi a écrit :
il est bien plus difficile de prêcher l’amour , …que de prêcher la doctrine
Le monde à l’envers car l’amour (pas la charité comme dit la chanson d’Eric Charden) va infiniment plus dans le sens des pulsions mondaines, donc consuméristes, que la doctrine. C’est la cause de l’occultation du dogme ; la miellosité émotive
On pourrait d'ailleurs ajouter les succès cathos tradis (taux astronomique de vocations)
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Il y a une explication sociologique fort simple à cela : les prêtres tradis forment des brebis qui à moins d’une forte personnalité ou d’un charisme spécial autant qu’original, deviendront inaptes à vivre dans le monde (pas capables de résister à ses tentations, si peut-être, mais c’est tout : pas capables d’y prêcher avec efficacité, d’y faire reconnaître la légitimité de leur pensée, d’y soigner les blessures, d’en écouter la souffrance, d’y vivre avec compassion et sans jugement, d’y porter une croix qui soit apostolique, etc. ) alors… ils foncent au couvent ou au monastère, sinon se font séminaristes car ils seront en milieu protégé…
Je carricature un peu car l'écris un peu rapidement mais l'idée de fond reste pertinente...
Oui c’est pertinent, ils ont un merveilleux système de défense antimondain (pas de ce monde, le monde me hait de l’évangile etc) qui explique le rajenisssement et le succès évident, astronomique pour les vocations. Il est possible que la fermeture sur le monde devienne excessive et donc inefficace, tout est une question d’équilibre : à partir de la béance mondaine de la génération défroquée, on ajoute une dose de plus en plus élevée de fermeture jusqu’à un point optimal d’équilibre entre ouverture et fermeture; passé ce point , la fermeture devient contre productive.
Inaptes à vivre dans le monde et prêche inefficace sont des éléments à tester empiriquement et non pas à affirmer a priori : ce pourrait être exactement le contraire, d’où nécessité absolue de la fsspx pour au moins 50 ans. Les vocations semblent indiquer le contraire alors que la mort se poursuit dans des pans entiers de l’autre bord.
Passer du sociologique au pastoral demande un minimum de rigueur doctrinale, sinon on peut faire dire ce que l’on veut aux faits.
A condition qu’ils ne parlent pas trop forts : morts des dominicains de Lyon (1997), de ceux de Hollande (2022), des jéuites du Québec (2018), séminaires vides pour des décennies etc. La mort c’est la mort, la décadence (noviciats vides dit Vatican II) c’est la décadence.
Il y a une analyse beaucoup plus simple que la vôtre et qui elle ne requiert aucun a priori.
A savoir que « le foyer du péché », le concupiscible, est puisant, et qu’il est normal qu’une population qui voit baisser son nombre de prêtres et donc l’apostolat, quoique celui des laïcs puisse compenser cette baisse mais pas si leur nombre baisse aussi, se dirige vers sa satisfaction et non sa guérison.
Oui mais on se demande pourquoi le nombre de prêtres baisse et pourquoi il monte de facon astronomique chez les tradis et la comm.st Martin.
Il y a aussi ce qui se cache sous les chiffres : quand et combien la foi des baptisés est-elle vraiment forte ou une habitude socio-culturelle ?
Cette idée est courante dans la gÉnération défroquée : la qualité a augmenté même si la quantité a diminué. C’est très dangereux car ca peut être faux et alors on s’enfonce. Voir Cuchet, Comment notre monde a cessé d’être xtien.
Les vocations, ca va plus loin que l’habitude, c’est un signe plus indicatif. D’ailleurs elles sont un appel par un évêque ou un supérieur majeur.
Le message du Christ ne retrouvera pas du crédit par plus de menaces, mais par plus d’amour et une mise en application immédiate de ce que vaut d’être en amitié avec Dieu.
Totalement gratuit , c’est le message hyperconservateur de 1970 et mielleux, et la décadence se poursuit. Ca aboutit à la censure de tout un pan de l’évangile (qui n’est pas mielleux)
On ne sauvera pas le christianisme par la voie de la médiocrité (contrition imparfaite, peur de l’enfer, sentiments de haine serait-ce du péché, jugements, divisions, etc.)
Encore une fois gratuit. Car s’abstenir de ces choses est incohérent. La contrition imparfaite est moins bonne que la contrition parfaite mais elle est un don divin dit le dogme. Un don divin ne peut pas être médiocre. Le jugement est répété dans le credo chaque dimanche, bien que censuré en homélie.
Il faut tester empiriquement : éliminer la miellosité et observer si les séminaires se remplissent.