Raison pratique et fécondité des croyances
Publié : mer. 22 mai 2024, 1:45
Ici viewtopic.php?t=44676, je me penche sur l’argument freudien utilisé par Comte-Sponville et bien d’autres.
Il existe un argument proche (« trop désirable pour être vrai ») mais cette fois-ci contre le pari de Pascal, aussi utilisé par Comte-Sponville, qui consiste à dire que la vérité ne saurait être tranchée par l’intérêt. Cependant, si on ajoute une prémisse au raisonnement de Pascal, le scénario change. En science empirique, par exemple, si on a 2 hypothèses également probables, il arrive très souvent qu’on va choisir de croire la plus utile, avec le plus de bonnes conséquences pratiques en science appliquées; cela ne rend pas du tout l’hypothèse plus vraie, mais meilleure au sens de bonne; c’est le critère de la fécondité des hypothèses. Et c’est raisonnable, non pas en raison théorique mais en raison pratique (qui concerne le bien, qui est toujours à rechercher). Ca semble transposable en d’autres domaines que la science empirique, pour toutes les croyances. Ce n’est donc pas du point de vue de la vérité, contrairement à ce que pense Comte-Sponville, que telle croyance est choisie, mais du point de vue de l’utilité, toutes probabilités étant égales d’ailleurs.
Cet argument de fécondité, à la condition d’une probabilité égale, est un peu différent d’un argument de convenance, qui lui concerne la vérité, non l’utilité; une hypothèse peut être plus cohérente avec d’autres données, plus unifiante, plus simple,plus esthétique même, et donc plus raisonnable quant à la vérité probable. De même, une philo de l’absurde semble moins raisonnable que les autres donc moins probable, sans aller nécessairement jusqu’à la boutade « l’absurde est absurde ». De même pour le nihilisme moral, mais avec en plus autre chose : l’infécondité. Non seulement il est inconvenant du point de vue de la raison pratique, il colle mal avec le réel organisé en général, mais encore il entraine de mauvaises conséquences, invivables par exemple, comparativement à d’autres théories.
Dans la même ligne, une théorie de philo morale qui soutiendrait que le bien et le mal ne sont que conventionnels et rien de plus; à probabilité égale, d’autres théories de philo morale auront davantage de conséquences souhaitables, seront plus stimulantes dans l’acquisition des vertus par exemple, ou l’évitement des crimes.
Si on fait intervenir la raison pratique, comme dans le pari de Pascal, les croyances, à probabilité égale en raison théorique, peuvent, doivent être raisonnablement suivies.
Or la religion concerne bien davantage la raison pratique que la raison théorique.
Il existe un argument proche (« trop désirable pour être vrai ») mais cette fois-ci contre le pari de Pascal, aussi utilisé par Comte-Sponville, qui consiste à dire que la vérité ne saurait être tranchée par l’intérêt. Cependant, si on ajoute une prémisse au raisonnement de Pascal, le scénario change. En science empirique, par exemple, si on a 2 hypothèses également probables, il arrive très souvent qu’on va choisir de croire la plus utile, avec le plus de bonnes conséquences pratiques en science appliquées; cela ne rend pas du tout l’hypothèse plus vraie, mais meilleure au sens de bonne; c’est le critère de la fécondité des hypothèses. Et c’est raisonnable, non pas en raison théorique mais en raison pratique (qui concerne le bien, qui est toujours à rechercher). Ca semble transposable en d’autres domaines que la science empirique, pour toutes les croyances. Ce n’est donc pas du point de vue de la vérité, contrairement à ce que pense Comte-Sponville, que telle croyance est choisie, mais du point de vue de l’utilité, toutes probabilités étant égales d’ailleurs.
Cet argument de fécondité, à la condition d’une probabilité égale, est un peu différent d’un argument de convenance, qui lui concerne la vérité, non l’utilité; une hypothèse peut être plus cohérente avec d’autres données, plus unifiante, plus simple,plus esthétique même, et donc plus raisonnable quant à la vérité probable. De même, une philo de l’absurde semble moins raisonnable que les autres donc moins probable, sans aller nécessairement jusqu’à la boutade « l’absurde est absurde ». De même pour le nihilisme moral, mais avec en plus autre chose : l’infécondité. Non seulement il est inconvenant du point de vue de la raison pratique, il colle mal avec le réel organisé en général, mais encore il entraine de mauvaises conséquences, invivables par exemple, comparativement à d’autres théories.
Dans la même ligne, une théorie de philo morale qui soutiendrait que le bien et le mal ne sont que conventionnels et rien de plus; à probabilité égale, d’autres théories de philo morale auront davantage de conséquences souhaitables, seront plus stimulantes dans l’acquisition des vertus par exemple, ou l’évitement des crimes.
Si on fait intervenir la raison pratique, comme dans le pari de Pascal, les croyances, à probabilité égale en raison théorique, peuvent, doivent être raisonnablement suivies.
Or la religion concerne bien davantage la raison pratique que la raison théorique.