Bonjour,
poche a écrit : ↑jeu. 19 oct. 2023, 10:44Une autre chose à laquelle il faut réfléchir est la façon dont le gouvernement israélien a approché le Saint-Père.
Look up details. Il veut prier pour toutes les victimes innocentes et ils sont offensées.
La réaction de l'Etat d'Israël est parfaitement logique avec l'idéologie qui l'anime, particulièrement depuis que son gouvernement est conduit par M. Netanyahou. Il faut toujours garder à l'esprit l'idéologie, au sens étymologique du terme, sur laquelle repose cette structure étatique.
Pendant des siècles, les Juifs ont considéré que la perte de Jérusalem et de la Terre Sainte résultait de la Volonté de Dieu et que, par conséquent, seul Dieu, par l'envoi de son Messie, restituerait sa Terre à son Peuple. Ce n'est qu'au mitan du XIXème siècle qu'un courant est né considérant que les Juifs devaient participer à leur propre rédemption en s'établissant en Terre Sainte pour préparer l'arrivée du Messie. C'est de ce courant théologico-politique qu'est issu ce que l'on appelle le sionisme. C'est ce courant théologico-politique qui est à l'origine, au lendemain de la première guerre mondiale, du mandat britannique sur la Palestine précédemment sous domination de la Sublime Porte, mandat qui prévoit explicitement la constitution en cette terre d'un Etat Juif.
Dès lors, du point de vue de cette idéologie, la légitimité des Juifs sur la Terre Sainte est totale et indiscutable car procédant d'une Promesse divine. Cette Terre est à eux car Il a plu à Dieu de la leur donner il y a fort longtemps, et ce d'autant plus qu'ils y sont, de fait, retournés, de telle sorte que Dieu l'a permis. Nul autre n'est par conséquent légitime à émettre à son sujet quelque revendication que ce soit. Ce n'est pas pour rien que, quelle que soit la sensibilité des gouvernements qui se sont succédés, jamais la solution à deux états prévue dans les résolutions de l'ONU n'a abouti, ni même commencé à aboutir.
Par conséquent, et toujours ce ce point de vue, la présence de non-Juifs sur cette terre est illégitime.
Maintenant, voyons de l'autre côté de la barrière. Les palestiniens sont en quelque sorte les natifs du continent nord-américain devant l'avancée des colons venus d'Europe. Cette terre était leur terre ancestrale. Les gouvernants israéliens le savent parfaitement, et les premiers d'entre eux, tels David Ben Gourion par exemple, le reconnaissaient benoîtement.
D'ailleurs, il s'agit à ce point de leur terre ancestrale que, selon toute probabilité, ils descendent selon la chair des juifs qui vivaient là lors de la destruction du deuxième Temple, convertis à l'Islam lors de l'expansion de celui-ci quelques siècles plus tard
Ce que l'Etat d'Israël fait avec la Cisjordanie, qui accueille à l'heure actuelle environ 700 000 colons israéliens et qui, selon les intentions de l'actuel gouvernement évoquée ces jours derniers par l'un de ses ministres, devrait (idéalement à bref délai) en accueillir encore plusieurs centaines de milliers, ne peut être fait avec la bande de Gaza en raison de la densité de population.
D'une certaine manière, l'inqualifiable action terroriste perpétrée par le Hamas le 7 octobre dernier est une occasion sans précédent pour légitimer une expulsion des habitants de la bande de Gaza, ce que l'Etat d'Israël cherche à faire en ce moment avec le soutien des Etats-Unis et d'autres, l'idée étant de les déplacer en Egypte, quelque part dans le Sinaï, pour des raisons en apparence humanitaires. Un tel déplacement, naturellement, serait définitif.
Mais il est évident que pour espérer voir cette stratégie aboutir, il est nécessaire que l'Etat d'Israël soit soutenu sans faille, à défaut de quoi une intervention militaire des pays environnants, au premier chef l'Iran, voire plus lointains comme la Turquie, pourrait aboutir à sa disparition. C'est parce que l'Etat d'Israël n'est, en quelque sorte, que la partie émergée d'un iceberg, que sa pérennité est assurée.
Voilà pourquoi il est inadmissible pour le gouvernement israélien que l'on prétendre remonter en-deçà du 7 octobre dernier pour apprécier la situation. Voilà pourquoi il faut que l'Occident dise d'une seule voix que l'action militaire de l'Etat d'Israël est une réaction légitime à l'attaque terroriste dont il a été victime.
Et, de son point de vue, cela vaut également, et peut-être même spécialement eu égard à ce qu'il représente (même si son autorité morale n'est plus ce qu'elle a pu être par le passé, loin s'en faut), pour le Souverain Pontife.
+