Ombiace a écrit : ↑mer. 02 nov. 2022, 2:32
Je hasarderais :
Tout l'AT surtout, le NT ensuite, nous montre la palette des réactions de Dieu avec l'humanité.. Je ne Le vois pas comme un Dieu figé.
Je ne sais pas pourquoi ce que je dis vous donne l'impression d'un Dieu figé.
J'ai dit "J'imagine une sensibilité qui soit l'expression de l'amour et non d'un manque".
En effet, la joie ou la compassion sont des expressions de l'amour.
Cependant, je ne pense pas que de retrouver la brebis égarée par exemple apporte une joie à Dieu telle qu'il lui aurait manqué quelque chose, telle qu'elle augmenterait sa joie. Rien que le terme "apporter" semble faire défaut.
Quand Dieu exprime de la joie, il exprime simplement ce qu'il est. Plutôt que d'apporter de la joie en Dieu comme si c'était la brebis retrouvée qui
apportait quelque chose à Dieu qu'il n'aurait pas eu avant, il s'agirait surtout de la joie qui est en Dieu que cette situation suscite, qu'elle "tire" de Dieu. Mais joie qui est déjà préalablement pleinement en Dieu.
Il en est de même pour les autres expressions de l'amour en Dieu que des événements font surgir, "ressortir ".
Ainsi, il s'agit de l'expression de ce qui est déjà pleinement en Dieu, de ce qu'est Dieu.
Mais la colère, la haine, la vengeance m'apparaissent comme l'expression d'un manque. Or, il n'y a pas de manque en Dieu.
Ombiace a écrit :Tout l'AT surtout, le NT ensuite, nous montre la palette des réactions de Dieu avec l'humanité
D'ailleurs, je ne sais même pas s'il est correct de parler de "réaction" en ce qui concerne Dieu. Action oui, Dieu est agir, il est à l'origine, à l'initiative, il est la cause. Mais "réaction" supposerait qu'il n'est plus la cause première, comme s'il était contraint à réagir face à un événement inattendu, comme s'il était surpris ?! Comme si c'était la créature qui déterminait quelque chose chez Dieu ?!
Je sais que dans la Bible, il est souvent parlé d'émotions telles que la colère, la vengeance, la jalousie mais il semble évident que lorsqu'elles sont attribuées à Dieu elles ne sont pas à entendre dans le sens humain. D'ailleurs, il suffit de voir dans le catéchisme comme ces dernières sont systématiquement condamnées chez l'homme pour comprendre qu'il faut les entendre différemment lorsqu'elles concernent Dieu que dans le sens humain.
Ainsi je n'aurai pas de mal à entendre la colère divine comme le rejet, la condamnation d'un péché. Plus le terme est violent plus le rejet est ferme.
Quand d'ailleurs ça n'est pas à entendre selon la subjectivité humaine. En effet, l'état dans lequel le péché peut nous conduire peut nous faire ressentir subjectivement un abandon, une colère pesant sur nous par exemple, sans que cela soit objectivement le cas en Dieu.
Ombiace a écrit :Didyme a écrit : ↑mar. 01 nov. 2022, 23:26
D'ailleurs, qu'il soit receptif dans son être au péché semblerait signifier qu'il soit possible à Dieu de pécher
Et pourquoi établir ce lien ?
Didyme a écrit : ↑mar. 01 nov. 2022, 23:26
C'est plutôt cela qui mettrait Dieu en défaut. Il serait déficient en perfection, en sainteté.
Occulter le péché "immuniserait" Dieu contre lui, est-ce là où vous voulez en venir ?
Si c'est bien d'immunisation dont il est question, je verrais plus l'intégrité de Sa perfection avec "un système immunitaire" qu'avec "une occultation", qui par ailleurs, aurait peut-être toutes les apparences d'une politique de l'autruche
Non, il ne s'agit pas de l'occulter. Le péché est bel et bien reconnu pour ce qu'il est, il est rejeté, fermement condamné. Mais le péché ne trouve pas de place, pas d'accueil en Dieu qui ne souffre d'aucun manque, d'aucune faiblesse.
Le péché trouve place dans le manque.
Je suis manquant, je peux manquer et le péché apparaître à travers ce manque. Le manque que j'exprime par de la haine par exemple peut trouver place chez mon prochain qui dans son propre manque va l'accueillir et l'exprimer à son tour par de la colère, de la haine, de la vengeance. Mais Dieu qui est perfection et plénitude n'a pas de manque qui pourrait accueillir le péché en lui et lui faire produire l'expression de ce manque. Ainsi le péché n'est plus alimenté en Dieu, ne se propage plus mais est comme noyé dans l'amour qui le désarme.
Dieu le reconnaît, le condamne mais Dieu ne lui donne pas de pouvoir en lui.
On peut donc dire que Dieu est effectivement immunisé par ce qu'il est.