Bonjour Léon,
Pas étonnant que vous ne compreniez pas, puisque la doctrine catholique n'est plus prêchée dans les paroisses... On vous dit d'aimer Dieu et le prochain, mais sans jamais distinguer les actes moralement honnêtes des actes surnaturellement salutaires. On vous sert une soupe, sorte de gloubi-boulga, où l'ordre naturel et l'ordre surnaturel ne sont pas distingués. On vous dit que nous sommes tous frères, oubliant de distinguer selon que frères en humanité ou que frères en Christ. On vous demande de prier pour la paix, sans distinguer la paix surnaturelle, la paix moyennant l'état de grâce, paix de l'âme avec Dieu, de la paix naturelle, la paix des armes... On vous parle du Dieu d'amour, en oubliant de dire que cet amour est au principe de sa vindicte : c'est parce qu'il est Amour qu'Il inflige des peines temporelles ici-bas et au Purgatoire, et des peines éternelles en Enfer...
Nous ne sommes pas là pour autre chose qu'éviter l'Enfer et faire notre salut !
Pour ce qui est du sacrifice, plusieurs choses.
1° Il ne s'agit pas d'aimer Dieu en paroles mais en actes. Qui aime Dieu accomplit les commandements de la Loi. Nul n'aime Dieu qui se détourne des commandements de la Loi. « C'est par là que se font reconnaître les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, non plus que celui qui n'aime pas son frère. » (I Jn. I, 3).[/list] « Nous connaissons que nous aimons les enfants de Dieu, lorsque nous aimons Dieu, et que nous pratiquons ses commandements. » (I Jn. V, 2).
2° Mais les commandements de Dieu sont arides à la nature déchue. C'est pourquoi
la MORTIFICATION est nécessaire pour :
1. Réformer nos mœurs afin d'éviter de pécher.
2. Expier nos fautes passées.
3. S'offrir en holocauste pour le salut des pécheurs en acceptant courageusement de participer au sacrifice du Christ.
Ce renouvellement de l'homme intérieur par la mortification est absolument nécessaire. Tant que nous vivrons, nous serons assaillis de tentations. Tout homme doit livrer le COMBAT SPIRITUEL afin d'éviter le péché et parvenir à la perfection : « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (Mt. V, 48).
Cette perfection à laquelle nous sommes appelés suppose la
VOIE PURGATIVE, par laquelle nous nous débarrassons des attaches au péché. Cette voie est préalable à la voie unitive, et tous les labeurs des ascètes chrétiens, leurs jeunes, leurs veilles, leurs inlassables prières, n'ont jamais eu d'autre but (outre celui d'expier leurs fautes passées) que de les conformer d'avantage au Christ, en combattant généreusement le bon combat, luttant contre les pensées de péché, se reniant eux-mêmes pour vivre et croitre en Christ, jusqu'à être hissés au sommet de la voie unitive, étant devenus des colonnes de feu, du feu de Dieu, du feu de l'Esprit Saint embrasant leurs âmes.
À défaut d'avoir ici-bas purgé notre nature, ça se fera dans les flammes du Purgatoire, dans de terribles souffrances. Comparant le feu du Purgatoire à celui du feu terrestre brûlant l'homme au troisième degré, le Padre Pio les distinguait comme l'eau bouillante et l'eau tiède... Et la peine du Purgatoire peut durer des mois et des années... À moins que vaincu par le péché, et mort en cet état, vous ne soyez damné. Tout au contraire, plus vous aurez combattu, avec l'aide de Dieu, pour devenir parfait, plus vous serez chargé de mérites.
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« Ceux qui ont mené une vie sans piété, n’ayant pensé à Dieu que de loin en loin et s’étant peu appliqués à Lui plaire, arrivent à la mort pauvres de mérites et par conséquent bien pauvres d’amour. Or comme ils garderont toute l’éternité la mesure d’amour qu’ils auront acquise au moment de leur mort, ils seront éternellement inférieurs et immensément inférieurs à ceux qui auront été pieux. Ces derniers, en effet, ont chaque jour accompli un grand nombre d’actes surnaturels, dont chacun est une graine d’éternité, semina ætemitatis, une semence de délices sans fin : prières, exercices pieux, devoirs d’état faits avec un grand esprit de foi, épreuves patiemment supportées, sacrifices généreux, élans d’amour, quelle riche moisson ils recueilleront, de quels trésors ils jouiront ! Ils seront beaucoup plus aimés de Dieu, ils connaîtront beaucoup mieux ce Dieu dont la beauté est si ravissante, ils l’aimeront bien davantage et Dieu se donnera à eux dans une bien plus abondante mesure ; ce seront les riches du paradis, et s’ils ont su s’élever par la ferveur de leur vie et une parfaite générosité au rang des amis intimes du Roi du ciel, ils resteront toute l’éternité ses bien-aimés et ses favoris. (Saudreau, Manuel de spiritualité, N. 6) »
« En cette vie la piété nous rend plus aisés les sacrifices qu’exige la pratique de nos devoirs et nous aide à nous en acquitter avec plus de fidélité et de perfection. Par le soin qu’elle nous fait apporter à corriger nos défauts et à acquérir des vertus, elle nous fait éviter un nombre considérable de péchés. Les prières qu’elle fait faire plus fréquentes, plus recueillies, plus ardentes, nous obtiennent des grâces nombreuses et précieuses ; les vertus auxquelles elle nous applique nous procurent des douceurs intimes que ne connaissent pas les âmes vulgaires ; elle adoucit les peines de la vie ; elle amène à servir Dieu avec plus de soin, plus de diligence, plus de perfection. Pour pratiquer les vertus il faut, certes, accomplir des actes pénibles, imposer à la nature des privations, des incommodités, la contraindre à renoncer à des satisfactions dont elle est fort avide, satisfactions d’amour-propre, de vanité, de sensualité, de curiosité, etc. Mais ceux qui s’adonnent à la piété comprennent bien vite que ces privations, ces actes de renoncement sont eux-mêmes bien peu de chose. Que durent-ils ? Souvent l’espace de quelques minutes, puis il en reste à peine le souvenir. Que ressentons-nous aujourd’hui des privations que nous nous sommes imposées il y a un an, dix ans, vingt ans ? Et quel plaisir nous reste-t-il des satisfactions dont Dieu nous demandait le sacrifice et auxquelles nous n’avons pas voulu renoncer ? L’Esprit-Saint nous le dit en termes saisissants au Livre de la Sagesse (v, 8), quand II nous représente les méchants, qui après leur mort comprennent, mais trop tard, l’inanité des jouissances de la vie... Ceux qui ne travaillent pas avec ardeur à l’extirpation de leurs défauts en restent les esclaves ; ils en souffrent, ils admirent ceux qui pratiquent les vertus contraires, et ils leur portent envie, mais ils demeurent attachés à ces défauts qui les tyrannisent. Beaucoup plus heureux sont les chrétiens pieux, qui par amour pour Dieu combattent fidèlement leurs mauvais penchants, et font effort pour grandir en vertus ; les victoires qu’ils remportent sur eux-mêmes, les actes généreux qu’ils accomplissent, leur font goûter des joies suaves et profondes, dont les gens sans piété n’ont aucune idée. » (N. 3).
« Il importe donc beaucoup à quiconque vise à la piété de donner à sa volonté toute l’énergie dont elle peut être capable. Cette énergie, il faut d’abord la demander à Dieu, et comme les combats durent toute la vie, comme la nature a toujours horreur de ce qui la gêne, de ce qui la fait souffrir, toujours il convient de faire cette prière : Seigneur, fortifiez ma volonté et augmentez mon courage. A la prière doit se joindre l’effort : Dieu n’agréerait pas la demande d’une âme qui voudrait obtenir une vertu en demeurant inerte. " L’homme spirituel, dit Clément d’Alexandrie, augmente la perfection de sa force par l’exercice, qui a pour but de vaincre les mouvements de l’âme. " (Strom., vii). Oui, la force s’accroît par les efforts, et plus les efforts sont énergiques plus l’âme devient forte ; elle s’accroît par les violences que l’on se fait pour dominer ses nerfs, pour maîtriser ses émotions, pour repousser les tentations, pour pratiquer les vertus difficiles ; elle s’accroît surtout si l’on persévère longtemps à soutenir les mêmes luttes. » (N. 102).
« Les maux de cette vie sont nombreux et la terre est justement appelée la vallée des larmes. La force empêche le chrétien de s’en effrayer et de négliger la pratique de la vertu par crainte des maux qu’elle fait encourir. Mais quand ces maux ne sont plus seulement une menace, lorsqu’ils sont présents et qu’on en ressent toute la peine, ce n’est plus contre la crainte que l’on a besoin d’être prémuni, c’est contre la tristesse et l’abattement. Le remède alors est dans la vertu de patience, fille de la force, dans la patience qui fait que l’âme éprouvée se résigne, accepte la douleur et conserve son courage. La patience comporte des degrés divers : elle est moindre si l’on accepte les peines que l’on s’est attiré soi-même et plus grande si l’on accepte celles qui sont faites injustement. On peut souffrir sans murmurer, c’est le premier degré ; on peut souffrir sans se plaindre à personne et sans s’apitoyer sur son sort, ce qui est plus méritoire ; enfin on peut souffrir avec amour et être heureux de souffrir pour Dieu, ce qui est la patience parfaite. (N.104). »
« Immenses sont les avantages que l’âme retire de ses épreuves si elle les supporte avec patience : par là elle se corrige de ses défauts, elle se purifie de ses fautes passées, elle se sanctifie grandement, elle obtient ici-bas la paix et acquiert pour le ciel d’inappréciables mérites. Les maux patiemment endurés nous corrigent : nous avons tous des défauts, c’est-à-dire des tendances au péché qui sont inhérentes à notre nature et à notre tempérament et que les fautes commises ont rendues plus fortes et plus pressantes. Les efforts que nous faisons pour combattre ces défauts les affaiblissent, mais ils resteraient toujours trop puissants et la lutte serait toujours laborieuse si des épreuves diverses, contrariétés, peines, humiliations, ne venaient briser notre volonté, réduire notre nature et rendre la victoire plus facile... Les fautes que nous commettons souillent nos âmes, et même quand elles ont été désavouées et pardonnées, ces souillures ne disparaissent pas tout entières ; seule l’expiation complète rend à l’âme sa blancheur et sa beauté. Or bien rares sont les âmes assez généreuses pour réparer complètement les péchés qu’elles ont commis. Les épreuves patiemment supportées venant s’ajouter aux expiations volontaires contribuent beaucoup à la purification de l’âme ; aussi sont-elles très fréquemment dans l’Écriture comparées à la fournaise où s’épurent les métaux précieux. (N. 105). »
Pour vous former :
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