Cinci a écrit : ↑dim. 22 août 2021, 17:52
Un questionnement parfaitement valable en effet. Merci !
La Revue parlementaire
[...]
Cette conception est problématique pour plusieurs raisons. Tout d’abord, il relève d’une conception très restrictive de la santé qui se résumerait à des chiffres de décès et d’occupation d’hôpitaux. En la matière, il est toujours utile d’en revenir à la définition de la santé qu’offre l’Organisation Mondiale de la Santé : «
La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste
pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité »
https://www.larevueparlementaire.fr/art ... eurs-couts
Bonjour Cinci,
Oui, ce point est sans doute le plus flagrant de la séquence que le monde entier vit depuis plus d'un an : la réduction de la vie humaine à un ensemble de paramètres quantitatifs extrêmement restreints, comme ceux que la revue parlementaire donne. Il faut quand même, avant même d'émettre une critique, savoir s'étonner : des décisions publiques extrêmement lourdes de conséquences sur la totalité de la vie humaine (individuelle et collective) ont été prises sur la base de 2 ou 3 indicateurs purement numériques : nombre de lits, nombre de décès, modélisation mathématique programmée pour le pire. Cette focalisation exclusive sur ces critères donne le vertige quand on sait qu'elles ont été avancées comme la justification de la fermeture des écoles, de l'enfermement obligatoire de plusieurs milliards de personnes,etc.
Ceci provient d'un mal extrêmement profond qui remonte très loin dans notre civilisation : la perspective scientifique sur le réel réduit tout ce qui est à l'état d'objet calculable et manipulable dans le cadre d'expérimentations contrôlables et sur la base de données chiffrées. La science ne retient du réel que ce qui s'ajuste
a priori à ses propres exigences méthodologiques et scientifiques. Quand on s'applique à la matière, passe encore; quand on arrive sur le vivant, ça commence déjà un peu à coincer; mais quand le champ d'investigation devient la société humaine dans son entier et l'intimité de chaque individu en particulier, le citoyen disparaît pour ne devenir qu'un objet mesurable qu'il s'agit de façonner à notre guise dans le seul et unique but de contrôler le virus - qui n'est pas tant contrôlé que ça, d'ailleurs - abstraction faite de toutes les autres dimensions de son existence.
Au fond, le mécontentement profond d'une partie conséquente de la population n'est peut-être que la conséquence de ce sentiment d'être réduit à l'état d'objet mitraillé par un système médiatique déchaîné qui a bien décidé de mobiliser psychologiquement la foule dans le but de satisfaire aux exigences scientifiques du moment.
Ce divorce entre la science et la vie humaine éclate au grand jour dans ce moment sanitaire.
Cinci a écrit : ↑dim. 22 août 2021, 17:52
Un réflexe politicien similaire, - toutes proportions gardées, chacun dans son ordre -, entre la nécessité de détruire tout un pays pour combattre (plutôt inefficacement) la menace terroriste des barbus, la nécessité («pas le choix !»; « Il le faut», «évidence indiscutable», «Tous les experts sont d'accord», «pas de temps à perdre en parlotes débilitantes à l'Assemble nationale», etc.) de restructurer nos façons de faire en faisant ce qui ne se faisait pas hier pour combattre la menace d'un microbe.
Ce "cela va de soi" et ces "évidences" censées faire "l'unanimité" parmi les experts sont un des éléments les plus grotesques, en effet, de la période. D'une part, parce que cette unanimité n'existe pas dans la réalité scientifique actuelle, qui ne cesse de discuter et de disputer sur le phénomène qu'il s'agit de comprendre, avec des incertitudes légitimes - cette unanimité est donc une fabrication purement médiatique qui, dans sa mission de fabrication du consentement, est persuadé qu'il faut simplifier à outrance les choses en créant une uniformité simpliste du discours des "experts" afin de produire une obéissance collective certaine. Car quand tous les "gens respectables" apparaissent comme absolument d'accord sur tout, on peut donner une impression d'évidence qui rejette dans le camp de l'obscurantisme toute forme de questionnement, avec l'ostracisme politique et social qui découle d'une telle pression collective.
D'autre part, il est remarquable de voir que ceux qui se réclament de la science, des "Lumières", de la liberté et de la raison semblent avoir bannis le doute et le questionnement de leur démarche intellectuelle, de telle sorte qu'il se produit un réel renversement : plus l'individu se sent appartenir au camp de la raison et aux classes supérieures, plus il s'interdit d'avoir le moindre doute sur une question scientifique ou politique... et il est fier de cette auto-censure, car il sent bien que la moindre question pourrait ternir sa petite image sociale d'appartenance au "cercle de la raison" intégrés parmi les "gens respectables". Conséquence : son comportement relève de la pure soumission aveugle et irréfléchie.
Cinci a écrit : ↑dim. 22 août 2021, 17:52
Et tout cela vendu sous un emballage de «raison supérieure», des «bons soins» que papa le premier ministre ou papa- président (papa a raison) uniquement soucieux d'assurer le bien-être de ses enfants, n'agissant que par amour ...
Le paternalisme, en effet. Pleinement d'accord avec vous. Il serait bon que les âmes dociles du moment se souviennent que l'amour qu'un père a pour son enfant ne se retrouvera jamais entre le roi et son peuple, ce qui rend hautement dangereuse la doctrine du paternalisme politique. Car en politique, l'amour du père qui voit en son fils un autre soi-même pour qui il donnerait sa vie laisse place à la
libido dominandi du chef qui prend plaisir à se faire obéir, et pas toujours dans l'intérêt du peuple. La nature humaine est ainsi...
Cinci a écrit : ↑dim. 22 août 2021, 17:52
Aux abonnés absents (comme lieu d'expression d'une dissidence, force d'opposition) [...] : l'Église catholique ...
Il est vrai que les autorités de l'Eglise catholique semblent muettes sur cette question.