Page 1 sur 1

Histoire de brocante à méditer

Publié : ven. 22 févr. 2008, 19:32
par Relief
C’était jour de brocante, il faisait beau et de nombreux promeneurs s’affairaient autour des étales. Le Diable avait décidé de profiter de l’occasion pour brader quelques péchés. Un homme s’approche, regarde le prix de chaque péché, et s’adressant au diable lui dit :
- Malgré la gravité de certains péchés, je suis surpris que vous ne les vendiez pas plus cher !

Le Diable lui répond :

-Vous savez mon brave Monsieur, je suis dans le commerce (des âmes) depuis bien longtemps, et avec le temps on apprend à reconnaître la valeur réelle de chaque péché. Tenez par exemple le mensonge. Je vous le vends pour trois fois rien, pourtant c’est une arme bien efficace, mais tellement utilisée…en effet, qui n’a jamais menti ? Et c’est la rareté d’un produit qui fait sa cherté.

-En effet reprend l’homme
-Et si vous êtes intéressés, je peux vous faire des lots « mensonge, adultère, concupiscence » trois articles pour le prix de deux. Ils s’adaptent parfaitement les uns aux autres.

-Non, répond l’homme, je ne fais que regarder les prix par curiosité

Il reste quelques instant à regarder les prix des multiples péchés, puis surpris il s’arrête à nouveau.

-Alors là je suis surpris dit-il au diable, vous êtes un sacré filou, car vous vendez à bas prix des péchés graves et celui-ci vous en demandez un prix exorbitant, alors qu’il n’est pas d’une grande valeur et que ce n’est même pas un péché. Et il désigne du doigt « le désespoir »

-On voit bien que vous n’y connaissez rien dans ce genre de commerce répond le diable. Vous êtes de ceux qui croient jeter un caillou et qui jettent des diamants. Ce n’est pas sans raison que je fixe un tel prix au « désespoir ». Puis il regarde froidement l’homme dans les yeux et lui dit : « d’ailleurs je ne fais JAMAIS RIEN SANS RAISON » J’essaie toujours car ON NE SAIT JAMAIS.

Attendez que je vous explique. Vous avez sûrement entendu dire que je suis le chef d’une petite tribu de quelques centaines de milliards de démons révolutionnaires dont le maître mot est : « DEVASTATION ». Dévastation des familles, des âmes, des esprits, des corps, de la santé, des mentalités, de l’art, de la moralité, de la nature, du travail, des richesses, de la planète…que sais-je, il y a tant de choses à dévaster. Il n’y a pas de chômage en enfer, et bien que la fainéantise soit un péché, il n’y a pas de fainéants parmi les démons. Mais revenons à nos moutons –quels horribles bêtes, ça me rappel l’agneau pascal-par la dévastation, j’amène les âmes au désespoir, même les plus saintes. Celles que d’ordinaire je dois fuir à cause de leurs maudites habitudes de réciter chapelet ou rosaire, celles qui sont impossibles à attraper par les moyens habituels, parce qu’elles savent contrer mes attaques, je les fais ramper à mes pieds par le désespoir.

-Je ne comprend pas très bien ou vous voulez en venir lui dit l’homme

-C’est pourtant très simple répond le diable. En apparence le désespoir ne parait pas être un péché. Pourtant c’est le plus grave de tous les péchés, car quand je réussis à faire entrer le désespoir dans une âme, elle devient mon esclave puisqu’elle doute de la bonté de Dieu. Et ce faisant elle blasphème contre L’Esprit Saint.

Avec une âme désespérée, vous pouvez faire tout ce que vous voulez. Le suicide par exemple, ou faire en sorte qu’avant de se suicider l’âme en vienne à tuer ses propres enfants. Elle cesse de prier, elle se livre d’elle-même, elle est paralysée comme avec du venin. C’est l’arme des armes, car elle détruit toute forme de confiance et d’espérance en Dieu. Et quand une âme perd cette confiance et cette espérance, elle fait n’importe quoi.

Bien entendu il y en a qui suivent la voie de la parfaite conformité à la Divine volonté. Celles là je ne peux pas les attraper car elles sont assez intelligentes pour comprendre que même leur malheur est source de plus grands biens futurs pour elles…mais toutes les autres, et Dieu seul sait -…oups j’ai dit Dieu…il faut que je surveille mon langage- si elle sont nombreuses.

Croyez moi mon ami, achetez moi le « désespoir », cela me peine de vendre une arme aussi subtile et de m’en séparer, mais vous ne serez pas déçu en l’utilisant. Elle est garantie à vie avec un taux de 99% de réussite. Je vous en donne ma parole d’horreur ».

Re: Histoire de brocante à méditer

Publié : sam. 23 févr. 2008, 0:39
par BenBornAgain
Edifiant :!: