Le culte de la liberté
Publié : ven. 02 juil. 2021, 13:57
Bonjour,
Un texte intéressant et dont je donnerai la référence à la fin.
LE CULTE DE LA LIBERTE
La liberté est un dogme du monde moderne. On la porte aux nues, on la met au rang des grands biens à chérir en cette vie, un bien pour lequel il vaut la peine de mourir. C’est pour la sauvegarde de la liberté qu’eut lieu la Guerre de l’Indépendance américaine. C’est pour la liberté qu’eut lieu la Deuxième Guerre Mondiale, et c’est par les “Liberty Bonds” qu’elle fut partiellement financée. Longtemps notre monnaie a porté l’effigie d’une femme personnifiant la liberté, et qui portait même sur la tête une couronne où était inscrit le mot liberté.
Cette “Miss Liberty” portait aussi bien un “bonnet phrygien” qui figure également sur l’emblème de nombreux états, ceux de New York et du New Jersey entre autres. Au milieu du port de New York se dresse la colossale Statue de la Liberté, une torche à la main, initialement dénommée “La Liberté éclairant le Monde”. Le drapeau américain avec ses raies rouges et blanches dérive du drapeau des “Fils de la Liberté”. Patrick Henry disait: “Donnez-moi la liberté ou la mort”.
C’est Thomas Jefferson qui consacra la liberté dans la Déclaration d’Indépendance en la mettant au nombre des droits inaliénables: vie, liberté, et poursuite du bonheur. Cette Déclaration des Droits exalte liberté de religion, liberté d’expression, liberté de la presse en tant que grands biens à préserver. Sur une suggestion de Franklin D. Roosevelt, Norman Rockwell réalisa un tableau qui en représente les quatre points essentiels: l’affranchissement de la misère, l’affranchissement de la crainte, la liberté de culte, la liberté d’expression.
Enfin c’est la “Cloche de la Liberté”, devenue relique nationale et lieu de pèlerinage, qui sonna la Déclaration d’Indépendance.
L’attachement à la liberté représente une grande partie, sinon l’essence, de la culture américaine, mais ne se cantonne pas pour autant en Amérique. La France continue à graver sur sa monnaie le mot liberté avec ceux d’égalité et de fraternité. Presque toutes les démocraties européennes sacralisent d’une façon ou d’une autre le concept de liberté. Toute culture devant faire l’objet d’un examen minutieux de la part de la Foi catholique, il est nécessaire d’examiner un peu ce culte de la liberté qui fait partie intégrante de la culture américaine et de la culture occidentale depuis le XVIIIème siècle.
La notion catholique de liberté
Ce qui, à première vue, paraît un peu étrange dans le culte de la liberté est qu’il n’existait pas avant le XVIIIème siècle.
Nulle part dans la grande culture catholique de l’Europe médiévale on ne trouve un culte de la liberté. Pourquoi, tout à coup, dans l’Europe du XVIIIème, trouve-t-on ce culte poussé au point de “diviniser” le concept par l’intermédiaire de la représentation d’une femme glorifiée?
Tout catholique un peu versé en histoire devrait y voir là comme un signal d’alarme.
Le dix-huitième siècle est en effet le siècle de la Révolution, de la Franc-Maçonnerie, du naturalisme et du rationalisme. C’est le siècle de la guillotine. C’est le siècle du Jansénisme qui, outre le fait d’être, dans le domaine religieux, une forme du Protestantisme, exerça également une influence politique puissante aux côtés du libéralisme.
En bref, le dix-huitième siècle est le siècle du ferment intellectuel contre l’autorité légitime de l’Église et un siècle de gouvernement de l’État. Ce culte de la liberté nouveau genre laissait entendre que l’Église catholique et la culture catholique jusqu’au XVIIIème siècle avaient en quelque sorte loupé le coche en ce qui concerne la liberté. C’est comme si quelque chose manquait à la vie, comme s’il y avait des contraintes dans la vie catholique dont il fallait se débarrasser. Autrement dit, de quoi les adorateurs du culte de la liberté du XVIIIème siècle cherchaient-ils à se libérer?
Cependant rien n'avait été négligé en matière de liberté. Toujours pour la défense du libre arbitre, en particulier à l’encontre des protestants, l’Église catholique n’a manqué en aucune façon de traiter le problème de la liberté de la volonté humaine dans les écrits de ses grands esprits. Elle a toujours enseigné que l’homme est doté de libre arbitre et qu’il est par conséquent responsable de ses actions. A cause de son libre arbitre, il est capable de mérite, et donc capable, avec l’aide de la grâce divine, de parvenir au salut éternel. Par conséquent il est aussi capable de démérite, et capable de se damner par sa propre faute pour toute l’éternité.
La philosophie catholique enseigne que la volonté humaine est une faculté aveugle qui doit être informée par l’intellect sur ce qui est bien et ce qui est mal. L’intelligence est cette faculté de l’âme par laquelle elle appréhende la réalité. L’intellect informe et commande la volonté en fonction des objets qu’elle doit poursuivre. En outre la philosophie catholique enseigne que le fondement de la liberté de la
volonté est l’indifférence à l’égard de l’objet.
Cela signifie simplement que les biens créés, à la différence de Dieu, n’ont pas un pouvoir d’attraction nécessaire sur l’âme, comme un aimant sur le métal, mais simplement un pouvoir d’attraction limité, tel qu’il peut être refusé par l’intellect, et donc par la volonté.
Un texte intéressant et dont je donnerai la référence à la fin.
LE CULTE DE LA LIBERTE
La liberté est un dogme du monde moderne. On la porte aux nues, on la met au rang des grands biens à chérir en cette vie, un bien pour lequel il vaut la peine de mourir. C’est pour la sauvegarde de la liberté qu’eut lieu la Guerre de l’Indépendance américaine. C’est pour la liberté qu’eut lieu la Deuxième Guerre Mondiale, et c’est par les “Liberty Bonds” qu’elle fut partiellement financée. Longtemps notre monnaie a porté l’effigie d’une femme personnifiant la liberté, et qui portait même sur la tête une couronne où était inscrit le mot liberté.
Cette “Miss Liberty” portait aussi bien un “bonnet phrygien” qui figure également sur l’emblème de nombreux états, ceux de New York et du New Jersey entre autres. Au milieu du port de New York se dresse la colossale Statue de la Liberté, une torche à la main, initialement dénommée “La Liberté éclairant le Monde”. Le drapeau américain avec ses raies rouges et blanches dérive du drapeau des “Fils de la Liberté”. Patrick Henry disait: “Donnez-moi la liberté ou la mort”.
C’est Thomas Jefferson qui consacra la liberté dans la Déclaration d’Indépendance en la mettant au nombre des droits inaliénables: vie, liberté, et poursuite du bonheur. Cette Déclaration des Droits exalte liberté de religion, liberté d’expression, liberté de la presse en tant que grands biens à préserver. Sur une suggestion de Franklin D. Roosevelt, Norman Rockwell réalisa un tableau qui en représente les quatre points essentiels: l’affranchissement de la misère, l’affranchissement de la crainte, la liberté de culte, la liberté d’expression.
Enfin c’est la “Cloche de la Liberté”, devenue relique nationale et lieu de pèlerinage, qui sonna la Déclaration d’Indépendance.
L’attachement à la liberté représente une grande partie, sinon l’essence, de la culture américaine, mais ne se cantonne pas pour autant en Amérique. La France continue à graver sur sa monnaie le mot liberté avec ceux d’égalité et de fraternité. Presque toutes les démocraties européennes sacralisent d’une façon ou d’une autre le concept de liberté. Toute culture devant faire l’objet d’un examen minutieux de la part de la Foi catholique, il est nécessaire d’examiner un peu ce culte de la liberté qui fait partie intégrante de la culture américaine et de la culture occidentale depuis le XVIIIème siècle.
La notion catholique de liberté
Ce qui, à première vue, paraît un peu étrange dans le culte de la liberté est qu’il n’existait pas avant le XVIIIème siècle.
Nulle part dans la grande culture catholique de l’Europe médiévale on ne trouve un culte de la liberté. Pourquoi, tout à coup, dans l’Europe du XVIIIème, trouve-t-on ce culte poussé au point de “diviniser” le concept par l’intermédiaire de la représentation d’une femme glorifiée?
Tout catholique un peu versé en histoire devrait y voir là comme un signal d’alarme.
Le dix-huitième siècle est en effet le siècle de la Révolution, de la Franc-Maçonnerie, du naturalisme et du rationalisme. C’est le siècle de la guillotine. C’est le siècle du Jansénisme qui, outre le fait d’être, dans le domaine religieux, une forme du Protestantisme, exerça également une influence politique puissante aux côtés du libéralisme.
En bref, le dix-huitième siècle est le siècle du ferment intellectuel contre l’autorité légitime de l’Église et un siècle de gouvernement de l’État. Ce culte de la liberté nouveau genre laissait entendre que l’Église catholique et la culture catholique jusqu’au XVIIIème siècle avaient en quelque sorte loupé le coche en ce qui concerne la liberté. C’est comme si quelque chose manquait à la vie, comme s’il y avait des contraintes dans la vie catholique dont il fallait se débarrasser. Autrement dit, de quoi les adorateurs du culte de la liberté du XVIIIème siècle cherchaient-ils à se libérer?
Cependant rien n'avait été négligé en matière de liberté. Toujours pour la défense du libre arbitre, en particulier à l’encontre des protestants, l’Église catholique n’a manqué en aucune façon de traiter le problème de la liberté de la volonté humaine dans les écrits de ses grands esprits. Elle a toujours enseigné que l’homme est doté de libre arbitre et qu’il est par conséquent responsable de ses actions. A cause de son libre arbitre, il est capable de mérite, et donc capable, avec l’aide de la grâce divine, de parvenir au salut éternel. Par conséquent il est aussi capable de démérite, et capable de se damner par sa propre faute pour toute l’éternité.
La philosophie catholique enseigne que la volonté humaine est une faculté aveugle qui doit être informée par l’intellect sur ce qui est bien et ce qui est mal. L’intelligence est cette faculté de l’âme par laquelle elle appréhende la réalité. L’intellect informe et commande la volonté en fonction des objets qu’elle doit poursuivre. En outre la philosophie catholique enseigne que le fondement de la liberté de la
volonté est l’indifférence à l’égard de l’objet.
Cela signifie simplement que les biens créés, à la différence de Dieu, n’ont pas un pouvoir d’attraction nécessaire sur l’âme, comme un aimant sur le métal, mais simplement un pouvoir d’attraction limité, tel qu’il peut être refusé par l’intellect, et donc par la volonté.