Évidemment, dès qu'il y a activité humaine, il y a risque d'excès, et le culte des saints n'y échappe pas.
L'Église n'a pas toujours été très vigilante, mais bon, aujourd'hui, on peut dire que les choses sont sensiblement plus claires, sans être parfaites. Pour employer des mots compliqués, l'Église distingue le culte de
dulie, la vénération due aux saints (dont l'
hyperdulie, due à la Vierge Marie), et celui de
latrie, l'adoration due à Dieu seul (dans sa Trinité).
Sans nous encombrer de ces mots compliqués, on peut énoncer quelques points de vigilance :
1/ Le culte de certains saints a pu, et peut encore, être excessif ; il devient notamment excessif quand il
fait de l'ombre à Dieu lui-même. Cela a pu être le cas, déjà cité, de sainte Rita ou de saint Antoine de Padoue, mais aussi par le passé, de saint Martin. On ne s'adresse plus qu'à eux, au point d'en oublier Dieu, d'oublier que tout vient de Dieu.
2/ C'est plus particulièrement le cas avec certaines formes du culte marial, y compris aujourd'hui, y compris dans certains grands sanctuaires de pèlerinage. On en arrive à ne plus prier que la Vierge Marie, en quelque sorte en oubliant Dieu. On n'est alors plus très loin des cultes païens à la Déesse-mère. On parle alors de
mariolatrie, et ce mot est particulièrement péjoratif.
3/ Pourtant, s'adresser aux saints, et a fortiori à Marie, n'est pas en soi, une prière païenne, ni même déplacée ou dépassée. Bien au contraire ! L'Église le recommande !
Afin de ne pas tomber dans la confusion, il peut être utile de faire attention aux mots que nous employons pour parler de notre prière, et de nous méfier de certaines mauvaises habitudes prises :
a/ Nous
adorons Dieu, mais nous
vénérons les saints, dont Marie (même si nous la reconnaissons comme Mère de Dieu) ;
b/ Nous
prions Dieu, Notre Père, Jésus-Christ, et Saint Esprit, mais peut-être devrions-nous éviter de dire que nous prions Marie (même si bien des cantiques anciens emploient - un peu à tort - cette formule).
c/ Les invocations
saint Untel, prie pour nous, ou
Notre-Dame de quelque part, priez pour nous, si souvent répétées, sont infiniment plus justes que les expressions, pourtant courantes
prier saint Untel ou
prier Notre-Dame.
d/ Exemple : dans l'Ave Maria de Lourdes (version longue, à 72 couplets !), certaines invocations peuvent paraître plus ou moins fautives, ou en tout cas peuvent entraîner une confusion, telle
Pleine de grâce, nous te prions ou
Pleine de grâce, nous te louons, tandis que d'autres sont pleinement justifiées, telle
Pleine de grâce, nous t'acclamons. Bon, même maladroites, elles sont entérinés par l'usage, et on ne va pas les changer maintenant... (Moi-même, je les chante ainsi sans me poser de questions, lorsque je suis à Lourdes.)
Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas écrit ! Je ne minimise absolument pas la beauté et la justesse d'
invoquer Marie, Mère de Dieu, à commencer par ces cantiques si souvent répétés
Magnificat, Je vous salue Marie, Salve Regina, Regina Cœli, etc.
En conclusion :
Saints et saintes de Dieu,
Apprenez-nous à nous garder de l'idolatrie,
Apprenez-nous, à votre image,
à prier Dieu, Père, Fils et Esprit,
de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre force,
et à rendre à Dieu seul la louange qui lui est due.
Notre-Dame de Lourdes, p.p.n.
saint Antoine de Padoue, p.p.n.
sainte Rita, p.p.n.