Mes déboires avec les milieux charismatiques
Publié : mer. 26 août 2020, 9:10
Bonjour,
que les personnes sympathisantes avec ce mouvement veuillent bien pardonner ce fil quelque peu amer...
J'aimerais témoigner en peu de lignes de ce que j'ai vécu et retenu de quelques années de ma vie où je suis allée à des veillées de louanges et d'adoration charismatiques, où j'ai fréquenté des charismatiques.
J'essaie d'y voir clair et de comprendre pourquoi ce mouvement n'est pas fait pour moi.
C'est un ami qui venait d'y adhérer avec enthousiasme qui m'y a amenée, au moment où je traversais une crise dans ma vie privée.
Lui avait été ( comme moi auparavant) un catholique assez tiède, puis il avait rencontré divers mouvements de jeunesse et s'était engagé, c'est là qu'il a trouvé ces amitiés charismatiques et il en a dit du bien.
Cela avait "changé sa vie".
J'ai d'abord été séduite ( c'est le mot) par la ferveur des veillées, la beauté des chants, l'émotion qui se dégageait et les témoignages de"blessés de la vie" ( comme moi) que la foi avait fait renaitre.
Cela tombait en moi sur un terrain "propice".
Très vite j'ai retrouvé après une période de paresse spirituelle une vie sacramentelle, une pratique hebdomadaire, les prières quotidiennes...
Mais assez vite j'ai remarqué que cette foi "sentimentale" était incomplète ( je suis plutôt dans la réflexion intellectuelle, je me méfie du culte moderne des "émotions" et en général de ce qui brille).
J'ai remarqué aussi que pas mal de leaders avaient le culte du "bonheur" et une sorte de mépris pour les personnes incapables de bonheur et d'autonomie, une attitude de "il n'y a pas de problèmes il n'y a que des solutions", "chacun est responsable de son bonheur". Une façon exubérante, démonstratives d'extérioriser leur joie et leurs réussites ( façon pub)contraire à la vertu de modestie. Je ne me sentais pas à la hauteur ( surtout au vu de ma situation privée lourde à porter)de ce "devoir de bonheur et je culpabilisais lorsqu'on me faisais comprendre que c'était par la joie rayonnante que l'on convertissais les autres, que c'était le devoir des Chrétiens. Qu'un vrai Chrétien ne pouvait qu'être dans la joie....une bonne personne, donc, ne pouvait pas être malheureuse.
Cela rejoignait le "culte" du bonheur ( les marchands de bonheur) moderne qui base la valeur sociale d'une personne à sa capacité ( volontariste) d'être heureux. Je ne vais pas convertir grand monde, me disais-je...à nouveau je me sentais nulle. Nullache !
Des personne sassez proches de moi notamment m'avaient donné le conseil de divorcer ou me séparer ( j'avais eu l'imprudence d'évoquer mes ennuis privés) et lorsque j'avais objecté que la question ne se posait pas pour moi, que ma situation ne le requérait pas, que je savais que cela me ferait encore plus de mal que mes soucis présents, une personne évangélisatrice ( parmi les leaders) forte et très capable de surmonter rapidement les épreuves ( sa vie l'avait prouvé) avait insinué que ce n'était pas impossible, elle connaissait des gens qui l'avaient fait et désormais étaient heureux en étant seul et en s'investissant dans une paroisse, etc. Je m'étais sentie encore plus nulle et je ne comprenais pas qu'il y ait si peu de compréhension de la part de catholiques pour une personne qui ne veut pas divorcer , parce qu'elle en a conclu à mon peu de valeur et à ma faiblesse...
Il est vrai que le monde moderne prône le bonheur et reconnait d'autant plus de valeur à une personne qu'elle est heureuse, positive et capable de surmonter la souffrance, voire de ne pas souffrir du tout (comme cette "leader" charismatique). Partant, les mentalités modernes culpabilisent ceux qui n'y arrivent pas ou pas assez ! Ce qui me semble tout à la fois irréaliste et répugnant au plan moral...
Ma belle mère était dépressive et mon père l'a très longtemps été, sans qu'aucun efforts de leur part ait vraiment pu changer quoi que ce soit. Il y a certaines choses devant lesquelles nous sommes impuissants, par exemple des proches qui souffrent et que la médecine elle-même n'y puisse pas grand chose.
Je me suis peu à peu éloignée du charismatisme à cause de ce culte de la personnalité de certains leaders très "épanouis" et très fiers de l'être, à cause de l'incompréhension et de la culpabilisation dont je faisais implicitement l'objet dans ce "volontarisme" de la joie.
Persister dans ma décision de fidélité, rester "triste", suscitait l'incompréhension, la dévalorisation, j'avais l'impression de ne pas " faire partie du club"( des élus), d'être pour eux une personne trop "négative" et qu'ils ne voyaient pas autre chose que cela .
Pour moi ce n'est pas forcément donné à tous de trouver le bonheur sur la terre, ce n'est pas non plus une priorité.
Ce n'est surtout pas un devoir "moral" !!!!!
Ce serait faire injustice à ceux qui n'y arrivent pas et que les épreuves accablent, comme ma tante ou ma belle-mère.
Le charismatisme et son culte de la joie m'a surtout beaucoup perturbée, jusqu'à ce que je m'éloigne.
Je cherche une autre manière de vivre la foi, qui me soit plus appropriée.
que les personnes sympathisantes avec ce mouvement veuillent bien pardonner ce fil quelque peu amer...
J'aimerais témoigner en peu de lignes de ce que j'ai vécu et retenu de quelques années de ma vie où je suis allée à des veillées de louanges et d'adoration charismatiques, où j'ai fréquenté des charismatiques.
J'essaie d'y voir clair et de comprendre pourquoi ce mouvement n'est pas fait pour moi.
C'est un ami qui venait d'y adhérer avec enthousiasme qui m'y a amenée, au moment où je traversais une crise dans ma vie privée.
Lui avait été ( comme moi auparavant) un catholique assez tiède, puis il avait rencontré divers mouvements de jeunesse et s'était engagé, c'est là qu'il a trouvé ces amitiés charismatiques et il en a dit du bien.
Cela avait "changé sa vie".
J'ai d'abord été séduite ( c'est le mot) par la ferveur des veillées, la beauté des chants, l'émotion qui se dégageait et les témoignages de"blessés de la vie" ( comme moi) que la foi avait fait renaitre.
Cela tombait en moi sur un terrain "propice".
Très vite j'ai retrouvé après une période de paresse spirituelle une vie sacramentelle, une pratique hebdomadaire, les prières quotidiennes...
Mais assez vite j'ai remarqué que cette foi "sentimentale" était incomplète ( je suis plutôt dans la réflexion intellectuelle, je me méfie du culte moderne des "émotions" et en général de ce qui brille).
J'ai remarqué aussi que pas mal de leaders avaient le culte du "bonheur" et une sorte de mépris pour les personnes incapables de bonheur et d'autonomie, une attitude de "il n'y a pas de problèmes il n'y a que des solutions", "chacun est responsable de son bonheur". Une façon exubérante, démonstratives d'extérioriser leur joie et leurs réussites ( façon pub)contraire à la vertu de modestie. Je ne me sentais pas à la hauteur ( surtout au vu de ma situation privée lourde à porter)de ce "devoir de bonheur et je culpabilisais lorsqu'on me faisais comprendre que c'était par la joie rayonnante que l'on convertissais les autres, que c'était le devoir des Chrétiens. Qu'un vrai Chrétien ne pouvait qu'être dans la joie....une bonne personne, donc, ne pouvait pas être malheureuse.
Cela rejoignait le "culte" du bonheur ( les marchands de bonheur) moderne qui base la valeur sociale d'une personne à sa capacité ( volontariste) d'être heureux. Je ne vais pas convertir grand monde, me disais-je...à nouveau je me sentais nulle. Nullache !
Des personne sassez proches de moi notamment m'avaient donné le conseil de divorcer ou me séparer ( j'avais eu l'imprudence d'évoquer mes ennuis privés) et lorsque j'avais objecté que la question ne se posait pas pour moi, que ma situation ne le requérait pas, que je savais que cela me ferait encore plus de mal que mes soucis présents, une personne évangélisatrice ( parmi les leaders) forte et très capable de surmonter rapidement les épreuves ( sa vie l'avait prouvé) avait insinué que ce n'était pas impossible, elle connaissait des gens qui l'avaient fait et désormais étaient heureux en étant seul et en s'investissant dans une paroisse, etc. Je m'étais sentie encore plus nulle et je ne comprenais pas qu'il y ait si peu de compréhension de la part de catholiques pour une personne qui ne veut pas divorcer , parce qu'elle en a conclu à mon peu de valeur et à ma faiblesse...
Il est vrai que le monde moderne prône le bonheur et reconnait d'autant plus de valeur à une personne qu'elle est heureuse, positive et capable de surmonter la souffrance, voire de ne pas souffrir du tout (comme cette "leader" charismatique). Partant, les mentalités modernes culpabilisent ceux qui n'y arrivent pas ou pas assez ! Ce qui me semble tout à la fois irréaliste et répugnant au plan moral...
Ma belle mère était dépressive et mon père l'a très longtemps été, sans qu'aucun efforts de leur part ait vraiment pu changer quoi que ce soit. Il y a certaines choses devant lesquelles nous sommes impuissants, par exemple des proches qui souffrent et que la médecine elle-même n'y puisse pas grand chose.
Je me suis peu à peu éloignée du charismatisme à cause de ce culte de la personnalité de certains leaders très "épanouis" et très fiers de l'être, à cause de l'incompréhension et de la culpabilisation dont je faisais implicitement l'objet dans ce "volontarisme" de la joie.
Persister dans ma décision de fidélité, rester "triste", suscitait l'incompréhension, la dévalorisation, j'avais l'impression de ne pas " faire partie du club"( des élus), d'être pour eux une personne trop "négative" et qu'ils ne voyaient pas autre chose que cela .
Pour moi ce n'est pas forcément donné à tous de trouver le bonheur sur la terre, ce n'est pas non plus une priorité.
Ce n'est surtout pas un devoir "moral" !!!!!
Ce serait faire injustice à ceux qui n'y arrivent pas et que les épreuves accablent, comme ma tante ou ma belle-mère.
Le charismatisme et son culte de la joie m'a surtout beaucoup perturbée, jusqu'à ce que je m'éloigne.
Je cherche une autre manière de vivre la foi, qui me soit plus appropriée.