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Sur les remarques autres de Coco Lapin :
6. « Le figuier qui se dessèche "à l'instant même" en Mt 21, et seulement le lendemain en Marc 11. Il s'agit pourtant clairement de la même scène ».
Matthieu 21 :19-20 : Et voyant un figuier sur le chemin, il s’en approcha ; et il n’y trouva rien que des feuilles ; et il lui dit : Que jamais aucun fruit ne naisse plus de toi ! Et à l’instant le figuier sécha. Et les disciples, le voyant, en furent étonnés, disant : Comment en un instant le figuier est-il devenu sec !
Marc 11 :13-14 : Et, voyant de loin un figuier qui avait des feuilles, il s’en approcha pour voir si peut-être il y trouverait quelque chose ; mais, y étant venu, il n’y trouva rien que des feuilles, car ce n’était pas la saison des figues. Et répondant, il lui dit : Que désormais personne ne mange jamais de fruit de toi. Et ses disciples l’entendirent. Marc 11 : 20-21 : Et le matin, comme ils passaient, ils virent le figuier séché depuis les racines. Et Pierre, se ressouvenant de ce qui s’était passé, lui dit : Rabbi, voici, le figuier que tu as maudit est sec.
Je ne vois pas de contradictions entre ces deux récits.
7. « La date de la scène de l'onction à Béthanie n'est pas la même. Marie-Madeleine parfume les pieds/la tête de Jésus. Cette scène a lieu deux jours avant la Pâque selon Mt 26 et Mc 14, et six jours avant la Pâque selon Jean 12. Il s'agit pourtant de la même scène ».
L’hypothèse que les trois évangiles décrivent la même circonstance a beaucoup d’appui en sa faveur. Car non seulement les trois « évangélistes » Matthieu, Marc et Jean parlent de façon concordante de Béthanie et de la femme qui a oint le Seigneur, mais chacun d’eux évoquent le reproche des disciples qui suit, sur un prétendu gaspillage du parfum.
En outre il n’est guère concevable que durant les six jours précédant la fête de Pâque, le Seigneur ait visité deux fois Béthanie, et qu’Il y ait été oint aussi deux fois. Deux jours avant la Pâque, il ne restait pas assez de temps pour organiser un grand repas. Que les récits particuliers montrent des aspects différents est par contre normal, et n’a pas besoin d’être explicité. Ils ne se contredisent pas, mais se complètent.
L’importance de ces complémentarités doit être soulignée par les quelques indications qui suivent. L’onction du Seigneur par Marie n’a pas eu lieu dans la maison de Marthe, mais dans celle de Simon le lépreux. Cela éclaire du reste l’indication de Jean 12 selon laquelle Lazare était « était un de ceux qui étaient à table avec lui ». Il aurait été superflu de le souligner si le souper avait eu lieu chez lui. Combien la parole de Dieu est précise ! Les récits brefs de Matthieu et Marc désignent les disciples comme ceux qui ont fait le reproche de gaspillage. Ce n’est que par Jean que nous apprenons qui a lancé le reproche à l’origine : c’est Judas Iscariote. Et cela fait le joint avec la question de savoir pourquoi Matthieu et Marc ont manifestement mis de côté l’ordre chronologique pour raconter après coup la circonstance dans la maison de Simon.
Ces deux écrivains rapportent la délibération des principaux sacrificateurs et des scribes sur la manière dont ils pourraient se saisir de Jésus avec ruse, et le faire mourir. Matthieu cite d’abord la parole du Seigneur à Ses disciples selon laquelle Il serait livré, et crucifié dans deux jours lors de la fête de la Pâque (Matt. 26:1-5). Marc cite ces deux jours avant la Pâque en rapport avec la délibération des conducteurs spirituels (Marc 14:1, 2). Directement après cela, ces deux évangélistes décrivent la circonstance dans la maison de Simon le lépreux. Mais il est frappant qu’ils évitent tous les deux de donner aucune indication de temps. Les expressions si habituelles chez ces deux auteurs telles que « alors », ou « et aussitôt », manquent totalement. Le premier commence son récit ainsi : « Et comme Jésus était à Béthanie… », et l’autre de manière très semblable : « Et comme il était à Béthanie…». Ils laissent complètement ouverte la date de l’événement. Nous devons parfois apprendre non seulement de ce que l’Écriture dit, mais aussi de ce qu’elle ne dit pas.
La raison pour laquelle la description revient en arrière sur ce qui s’était passé dans la maison de Simon le lépreux, est bien que les écrivains voulaient faire la relation entre les délibérations des principaux sacrificateurs pour faire mourir le Seigneur, et l’instrument docile que le diable leur mit entre les mains. Car n’oublions pas que le traître venait du milieu des douze ! et qu’il avait justement donné la preuve de sa soif d’argent dans la maison de Simon (Jean 12:6). Cela s’était produit six jours avant la Pâque. Et maintenant deux jours avant cette même Pâque, il allait vers les principaux sacrificateurs pour leur demander ce qu’ils lui donneraient s’il leur livrait Jésus.
Cela parait être la raison pour laquelle Matthieu et Marc rapportent le souper de Béthanie en dehors de l’ordre chronologique, et mettent directement après, l’accord conclu entre les principaux sacrificateurs et Judas Iscariote.
A noter que ce n’est pas Marie-Madeleine, mais Marie de Béthanie, qui oignit le Seigneur.
8. « Jésus et ses disciples sont censés manger la Pâque le jour J selon Mathieu et Marc, mais en fait ils la mangent un jour avant puisque la pâque a lieu après la crucifixion selon Jean, et que le lendemain du repas pascal des disciples n'est pas un sabbat ».
La pâque a bien été mangée le Vendredi soir.
Il faut noter qu’il y eu cette semaine deux fêtes 1°) la pâque 2°) une seconde pâque puisqu’il est écrit que ce jour était grand.
10. « Le temps passé dans le tombeau »
La manière juive de compter était de considérer un jour entamé comme à prendre en entier.
10bis : « Deuxième problème, Paul parle d'une résurrection le 3ème jour, conformément aux écritures, mais l'Ecriture ne parle pas explicitement d'une résurrection, et encore moins "le 3ème jour" ».
Jésus indique lui-même qu’il convient de se référer au « signe de Jonas ». Voir aussi Matthieu 16 :21.
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1. « Les récits de la découverte du tombeau vide sont incompatibles, surtout celui de Matthieu et de Jean ». Quand Marie-Madeleine arrive au sépulcre, elle ne voit pas d'ange lui parler à l'entrée.
En fait, elle ne mentionne pas ce fait, même s'il eut lieu.
Les deux Marie, qui ont assisté à son ensevelissement, se sont rendues au sépulcre tout de suite après la fin du jour du sabbat. Elles sont venues « au crépuscule du premier jour de la semaine ». Selon la manière juive de compter, la journée s’achevait au coucher du soleil, et le dévouement de ces femmes était tel qu’elles vinrent au sépulcre à peine le sabbat passé. Il est difficile de coordonner les détails fournis par les quatre évangélistes pour en faire un récit suivi ; mais il semble bien que les deux Marie soient venues seules pour cette visite spéciale, et qu’elles soient retournées ensuite avec Salomé et peut-être d’autres, apportant des aromates pour l’embaumer. Marc et Luc nous le précisent, et il semblerait que le verset 5 de Matthieu 28 se situe lors de cette seconde occasion, de sorte que ce dont il nous est parlé dans les versets 2 à 4 a eu lieu entre les deux visites. Quoi qu’il en soit, il est clair qu’à l’aube du premier jour de la semaine le Christ était ressuscité.
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