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Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : mar. 15 janv. 2008, 10:42
par VexillumRegis
Baptême du Seigneur
ou premier dimanche per annum
L’Epiphanie comprend traditionnellement 3 mystères de la manifestation du Verbe incarné aux hommes : l’adoration des mages (révélation aux nations païennes), le Baptême du Christ (manifestation aux Juifs) et les noces de Cana (premier miracle public) (1). Le 6 janvier (ou deuxième dimanche après Noël), c’est le premier de ces mystères qui est célébré. Dès la fin du VIIIème siècle, une octave fut ajoutée à l’Epiphanie, lors de laquelle on lisait, le dimanche, l’évangile du Baptême du Seigneur. Les liturgies françaises du XVIIIème siècle firent de ce jour la fête même du Baptême, le 13 janvier donc, date que Rome inscrivit en 1960 à son calendrier. En 1969, la fête fut fixée au dimanche qui suit l’Epiphanie.

(1) Antienne du Magnificat des vêpres de l’Epiphanie :

Tribus miráculis ornátum diem sanctum cólimus : hódie stella magos duxit ad præsépium ; hódie vinum ex aqua factum est ad núptias ; hódie in Iordáne a Ioánne Christus baptizári vóluit, ut salváret nos, allelúia.


Trois miracles ont marqué ce jour saint que nous célébrons : aujourd'hui, l'étoile a conduit les Mages à la crèche ; aujourd'hui, l'eau a été changée en vin au repas des noces ; aujourd'hui, dans le Jourdain, le Christ a voulu être baptisé par Jean afin de nous sauver, alléluia.


Le nouveau calendrier accorde moins d’importance à l’épisode des noces de Cana : il n’est lu qu’en l’année C au 2ème dimanche per annum (le dimanche qui suit la fête du Baptême), alors qu’il était lu au deuxième dimanche après l’Epiphanie dans le MR2002 (donc tous les ans).

La collecte d’entrée (2), composition nouvelle, résume l’esprit de la fête, qui fait à la fois mémoire du Baptême du Seigneur (et de la première manifestation du mystère trinitaire) et appelle au renouvellement des promesses baptismales des fidèles.

(2) Omnípotens sempitérne Deus, qui Christum, in Iordáne flúmine baptizátum, Spíritu Sancto super eum descendénte, diléctum Fílium tuum sollémniter declarásti, concéde fíliis adoptiónis tuæ, ex aqua et Spíritu Sancto renátis, ut in beneplácito tuo iúgiter persevérent. | [Traduction Dom HALA] Dieu éternel et tout-puissant, qui, lors du Baptême du Christ dans l’eau du Jourdain et de la descente de l’Esprit Saint, l’as solennellement déclaré ton Fils bien-aimé, accorde à tes fils adoptifs, renés de l’eau et de l’Esprit Saint, de persévérer toujours dans ton bon plaisir.

La première leçon, tirée d’Isaïe (L1 ; Is XLII, 1-4. 6-7), est une magnifique prophétie de l’élection du Serviteur de Dieu. “Ainsi parle le Seigneur : Voici mon serviteur que je soutiens, mon élu en qui j'ai mis toute ma joie.” : n’est-ce pas “l’onction de joie” (oleo laetitiae) que l’on chante dans l’introït ? (3) - “J'ai fait reposer sur lui mon esprit” : contrairement aux anciens prophètes et rois, Jésus n’a pas seulement été consacré par l’huile sainte, mais par l’Esprit-Saint Lui-même, qui est descendu sur Lui le jour de Son baptême pour manifester Sa filiation divine. - “Moi, le Seigneur, je t'ai appelé selon la justice, je t'ai pris par la main, je t'ai mis à part, j'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations.” : l’Alliance nouvelle et éternelle se manifeste en Jésus-Christ, qui unit en Sa personne divine l’homme à Dieu. “La lumière des nations” : c’est encore la lumière de Noël et de l’Epiphanie qui brille et est appelée à illuminer (A2) (4) toutes les nations : “Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ; mais, quelle que soit leur race, il accueille les hommes qui l'adorent et font ce qui est juste” (L2 ; Ac X, 34-38). Cette idée de justice est aussi présente dans l’évangile (ainsi que dans l’introït) : à Jean-Baptiste qui proteste que ce n’est pas à lui de baptiser Jésus, mais bien plutôt à Jésus de le baptiser, le Seigneur répond : “Pour le moment, laisse-moi faire ; c'est de cette façon que nous devons accomplir parfaitement ce qui est juste” (L3 ; Mt III, 13-17). Ce qui est juste, c’est de faire la volonté du Père. C’est par le Baptême que nous avons été justifiés, par la purification de la souillure originelle et l’infusion de la grâce sanctifiante.

(3) [Ps 42, 8 V/ 2] Dilexisti justitiam, et odisti iniquitatem : propterea unxit te Deus, Deus tuus, oleo laetitiae prae consortibus tuis. V/ Eructavit cor meum verbum bonum : dico ego opera mea Regi. | Tu as aimé la justice et haï l’iniquité ; aussi le Seigneur ton Dieu t’a consacré d’une onction de joie comme aucun de tes semblables. V/ D’heureuses paroles jaillissent de mon coeur ; je dédis mes oeuvres au roi.

Cet introït est employé au commun des vierges. Les chants de cette messe sont d’origine hétérogène : seul le graduel Benedictus Dominus est tiré du premier dimanche après l’Epiphanie. L’Alleluia In veni David est utilisé en la fête de saint Basile (14 juin) dans la MR1962. L’offertoire Benedictus qui venit et la communion Omnes qui in Christo sont quant à eux employés au samedi après Pâques, le jour où les néophytes déposaient leur aube, symbole de leur régénération baptismale.

(4) [Ps 117, 26-27] Benedictus, qui venit in nomine Domini : benediximus vobis de domo Domini : Deus Dominus, et illuxit nobis, alleluia, alleluia. | Beni soit celui qui vient au nom du Seigneur : Nous vous bénissons de la maison du Seigneur. Le Seigneur est Dieu, il fait briller sur nous sa lumière, alleluia, alleluia.


« Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour » (Hic est Filius meus dilectus, in quo mihi complacui) : avec l’Esprit-Saint qui descend sous la forme d’une colombe, la voix du Père annonce la filiation divine de Jésus et manifeste le mystère trinitaire. On retrouve comme un écho de cette déclaration divine à la fin de notre collecte : “in beneplácito tuo iúgiter persevérent”. C’est que le Baptême du Seigneur est le prototype de notre propre baptême. Lorsque nous avons été baptisés, l’Esprit Saint est aussi descendu sur nous pour nous régénérer, et le Père, par la grâce, a fait de nous ses fils adoptifs, mettant en nous tout son amour.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : lun. 21 janv. 2008, 19:42
par VexillumRegis
Dominica II per annum
2ème dimanche du Temps ordinaire
La messe de ce deuxième dimanche du Temps ordinaire, au moins dans ses lectures, est tellement proche de celle du dimanche précédent qu’elle en peut presque être considérée comme un doublet. Qu’on en juge :

- La première leçon (L1 ; Is XLIX, 3. 5-6), elle aussi tirée du prophète Isaïe, annonce également la venue du parfait Serviteur du Seigneur : “« Tu es mon serviteur, Israël, en toi je me glorifierai.» Maintenant le Seigneur parle, lui qui m'a formé dès le sein de ma mère pour que je sois son serviteur, que je lui ramène Jacob et que je lui rassemble Israël”. Non seulement Israël, mais l’ensemble des nations : “C'est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever les tribus de Jacob et ramener les rescapés d'Israël : je vais faire de toi la lumière des nations (1), pour que mon salut parvienne jusqu'aux extrémités de la terre”. (2)

(1) Expression épiphanique que l’on trouvait déjà dans la L1 de dimanche dernier : “J'ai fait de toi mon Alliance avec le peuple et la lumière des nations”.

(2) Dans le MR1962, cette péricope d’Isaïe, non coupée (XLIX, 1-7), est utilisée en la fête de la nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin), où elle est appliquée au Précurseur, malgré le verset 7 très évocateur : “A ta vue des rois se lèveront, des princes se prosterneront à cause du Seigneur, du Saint d’Israël qui t’a choisi.” Pourquoi ce passage, nettement épiphanique, a-t-il été supprimé ?


- Quant à l’évangile (L3 ; Jn I, 29-34), c’est tout simplement celui de la fête du Baptême du Seigneur dans le MR1962 ! Le point de vue est cependant différent : c’est celui du Précurseur que rapporte l’évangile selon saint Jean. Si la théophanie trinitaire n’y est pas complète (il n’y est pas fait allusion à la voix du Père), Jean-Baptiste annonce l’Agneau de Dieu qui doit instituer non plus seulement un baptême de pénitence dans l’eau, mais un baptême de régénération dans l’Esprit Saint.

En ce début du Temps ordinaire de l’anné A, la liturgie nous donne à lire le commencement de la première épître aux Corinthiens de saint Paul (L2 ; 1 Co I, 1-3), que nous continuerons à parcourir au début de chaque année du cycle triennal (3). Malgré une première impression aride et courte, la salutation qu’adresse saint Paul à l’Eglise de Corinthe au début de sa lettre est pleine d’enseignements. Nous aussi, nous avons été “sanctifiés dans le Christ Jésus”, et sommes “par appel de Dieu, le peuple saint, avec tous ceux qui, en tout lieu, invoquent le nom de notre Seigneur Jésus Christ, leur Seigneur et le nôtre.” “Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s'est acquis afin que vous annonciez les perfections de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière” (1 Pi II, 9).

(3) Année A (jusqu’au 8ème dimanche) : 1 Co I-IV ; année B (jusqu’au 6ème dimanche) : 1 Co VI-XI ; année C (jusqu’au 8ème dimanche) : 1 Co XII-XV.

Les chants grégoriens de la messe sont utilisés au deuxième dimanche après l’Epiphanie dans le MR1962, hormis la communion Lætábimur, propre à l’année A (4). Ils forment une louange d’adoration grandiose adressée au Père par toute la création, et qui s’élève de la terre (5) pour accompagner l’hosanna perpétuel des choeurs angéliques dans les cieux (6). L’objet de cette adoration reste centré sur le mystère de l’Incarnation du Verbe divin, ainsi que l’exprime admirablement le répons du graduel : Misit Dóminus verbum suum, et sanávit eos : et erípuit eos de intéritu eórum (7).

(4) [Ps 19, 6] Lætábimur in salutári tuo : et in nómine Dómini, Dei nostri, magnificábimur. | Nous nous réjouirons de votre salut, et nous nous glorifierons au nom de notre Dieu.

Cette pièce, aussi employée au 30ème dimanche per annum, est utilisée au mardi de la 4ème semaine de Carême dans le MR1962.

(5) Voici l’introït :

[Ps 65, 4 V/ 1-2] Omnis terra adóret te, Deus, et psallat tibi : psalmum dicat nómini tuo, Altíssime. V/ Iubiláte Deo, omnis terra, psalmum dícite nómini eius : date glóriam laudi eius. | Que la terre vous adore, ô Dieu, et chante en votre honneur, qu’elle dise un hymne à votre nom, ô Très-Haut. V/ Poussez vers Dieu des cris de joie, ô terre entière ; chantez un hymne à son nom ; rendez glorieuse sa louange.

Et l’offertoire :

[Ps 65, 1-2, 16] Iubiláte Deo, univérsa terra : psalmum dícite nómini eius : veníte et audíte, et narrábo vobis, omnes qui timétis Deum, quanta fecit Dóminus ánimæ meæ, allelúia. | Poussez des cris de joie, ô terre entière ; chantez un hymne à son nom. Venez et entendez, vous tous qui craignez Dieu et je vous raconterai tout ce que le Seigneur a fait à mon âme. Alléluia.

(6) Dans l’Alleluia :

[Ps 148, 2] Allelúia, allelúia. V/ Laudáte Dóminum, omnes Angeli eius : laudáte eum, omnes virtútes eius. Allelúia. | Louez le Seigneur, vous tous ses Anges ; louez-le, toutes ses puissances. Alléluia.

(7) [Ps 106, 20 V/ 21] Misit Dóminus verbum suum, et sanávit eos : et erípuit eos de intéritu eórum. V/ Confiteántur Dómino misericórdiæ eius : et mirabília eius fíliis hóminum. | Le Seigneur envoya sa parole et il les guérit, et les arracha à la mort. V/ Qu’ils louent le Seigneur pour sa miséricorde et pour les merveilles en faveur des enfants des hommes.


Comme les chants, et d’ailleurs non sans lien avec eux, la collecte est employée au deuxième dimanche après l’Epiphanie (8). Les deux autres oraisons de la messe sont remarquables. La secrète résume admirablement l’essence du sacrifice eucharistique, qui est l’actualisation non sanglante, pour notre salut, de la Passion et de la Résurrection de Notre-Seigneur Jésus-Christ (9). La prière après la communion ressemble fort à l’épiclèse de communion qui suit la consécration dans la prière eucharistique, et met en valeur le rôle de l’Esprit Saint dans l'unité du corps mystique de l’Eglise. De même que le Saint-Esprit est le « noeud divin » (10) qui unit le Père au Fils et le Fils au Père dans le mystère trinitaire, de même Il est le lien qui, dans la communion eucharistique, unie et édifie en un seul corps dans la charité les fidèles catholiques répandus sur toute la terre (11).

(8) Omnípotens sempitérne Deus, qui cæléstia simul et terréna moderáris, supplicatiónes pópuli tui cleménter exáudi, et pacem tuam nostris concéde tempóribus. | [Traduction Dom HALA] Dieu éternel et tout-puissant, toi qui gouvernes à la fois le ciel et la terre, exauce avec bonté les supplications de ton peuple, et accorde ta paix à notre temps.

Dieu gouverne toute Sa création, qui le loue dans ses chants pour Sa miséricorde et Ses merveilles.

(9) Concéde nobis, quǽsumus, Dómine, hæc digne frequentáre mystéria, quia, quóties huius hóstiæ commemorátio celebrátur, opus nostræ redemptiónis exercétur. | [Traduction du missel du Barroux] Seigneur, nous vous en prions, accordez-nous de participer souvent et dignement à vos saints mystères ; car l’oeuvre de notre rédemption s’accomplit chaque fois que se renouvelle la célébration de ce sacrifice.

Cette oraison est employée au 9ème dimanche après la Pentecôte dans le MR1962. Elle était utilisée au mois d’avril dans le sacramentaire de Vérone et au deuxième dimanche de Carême dans le Gélasien (*).

(10) « Exauce, Père saint, notre ardente prière,
Verbe, son Fils, Esprit, leur noeud divin,
Dieu qui, tout éclatant de ta propre lumière,
Règnes au ciel sans principe et sans fin
. »

Jean Racine, Hymnes traduites du Bréviaire romain.

(11) Spíritum nobis, Dómine, tuæ caritátis infúnde, ut, quos uno cælésti pane satiásti, una fácias pietáte concórdes. | [Traduction du missel du Barroux] Répandez en nous, Seigneur, votre esprit de charité : et par votre bonté, unissez ceux que vous avez rassasiés d’un même pain céleste.

Cette oraison est employée au vendredi après les cendres dans le MR1962 (**).

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : lun. 28 janv. 2008, 17:33
par VexillumRegis
Dominica III per annum
3ème dimanche du Temps ordinaire
La liturgie de ce troisième dimanche du Temps ordinaire reste dans le sillage du Temps de Noël et de l’Epiphanie. Le thème de la lumière, central à Noël (cf. prologue de saint Jean lu à la messe du jour de Noël) se retrouve aujourd’hui pour évoquer le commencement de la prédication du Seigneur en Galilée, après son baptême dans le Jourdain. Isaïe, dans la première leçon (L1 ; Is VIII, 23-IX, 3), prophétise l’aurore de la “lumière du monde” (Jn VIII, 12 ; cf. note 1 ci-dessous) en Galilée, “carrefour des païens” : “Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l'ombre, une lumière a resplendi”. Dans l’évangile (L3 ; Mt IV, 12-23), saint Matthieu évoque, après l’arrestation de Jean-Baptiste, la venue de Jésus en Galilée, en laquelle “s’accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète Isaïe”. Le thème de la lumière est encore présent avec une particulière insistance dans les antiennes que proposent la dernière édition du Missale Romanum (1). L’écho de la solennité de l’Epiphanie (royauté divine du Messie et allégeance des rois de la terre) se fait quant à lui entendre dans les pièces grégoriennes proposées par le Graduale Romanum, et tout particulièrement dans le répons graduel et l’Alleluia (2).

(1) Antienne d’ouverture :

[Ps 95, 1. 6] Cantáte Dómino cánticum novum, cantáte Dómino, omnis terra. Magnificentia et pulchritudo in conspectu eius, potentia et decor in sanctuario eius. | Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière. La splendeur et l’éclat, la puissance et la beauté brillent dans son temple saint !

Le psaume 95 est l’un des psaumes de Noël (messe de minuit).

Antiennes de communion :

[Ps 33, 6] Accédite ad Dóminum et illuminámini, et fácies vestræ non confundéntur. | Ensemble, approchez du Seigneur : resplendissez de sa lumière et sur votre visage il n’y aura plus d’ombre.

Ou

[Jn VIII, 12] Ego sum lux mundi, dicit Dóminus ; qui séquitur me, non ámbulat in ténebris, sed habébit lumen vitæ. | Je suis la lumière du monde, dit le Seigneur, celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres : il aura la lumière de la vie.

La communion eucharistique est communication à notre nature humaine de la lumière divine (la grâce) par le corps et le sang précieux et vivifiants de Celui qui, vrai homme et vrai Dieu, est la “lumière du monde”.

(2) Répons graduel :

[Ps 101, 16 V/ 17] Timébunt gentes nomen tuum, Dómine, et omnes reges terræ glóriam tuam. V/ Quóniam ædificávit Dóminus Sion, et vidébitur in maiestáte sua. | Les nations craignent votre nom, Seigneur, et tous les rois de la terre votre gloire. V/ Parce que le Seigneur a bâti Sion et qu’il sera vu dans sa majesté.

Alleluia :

[Ps 96, 1] Allelúia, allelúia. V/ Dóminus regnávit, exsúltet terra : læténtur ínsulæ multæ. Allelúia. | Le Seigneur est roi : que la terre tressaille de joie, que toutes les îles se réjouissent. Alléluia.

Ces chants sont utilisés au 3ème dimanche après l’Epiphanie dans le MR1962.


Mais plus encore que Noël et l’Epiphanie, c’est la fête du Baptême du Seigneur qui, comme dimanche dernier, se poursuit en quelque sorte en cette messe du troisième dimanche de l’année. Ainsi la collecte (3) est très proche, par certaines de ses expressions, de l’oraison d’entrée de la fête du Baptême du Seigneur (cf. note 2 ici, ainsi que le dernier paragraphe du commentaire), à tel point que dom Patrick HALA se demande s’il “est possible que l’auteur de cette composition nouvelle ait eu la collecte n° 3 à l’esprit” (4). C’est la voix du Père tout-puissant qui retentit encore : “Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en lui j'ai mis tout mon amour” (Hic est Filius meus dilectus, in quo mihi complacui). Dans la deuxième lecture (L2 ; 1 Co I, 10-13. 17), saint Paul exhorte les fidèles de Corinthe à mettre fin aux disputes et aux divisions qui les déchirent, et à vivre dans l’unité, “en parfaite harmonie de pensées et de sentiments” : “Le Christ est-il donc divisé ? Est-ce donc Paul qui a été crucifié pour vous ? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés ?” C’est au nom très saint de Jésus-Christ que nous sommes baptisés, c’est en Lui, en Sa Passion et en Sa Résurrection, que nous sommes purifiés de la lèpre originelle et régénérés pour une vie nouvelle. Comment le baptême, qui est par excellence le sacrement de l’unité, lui qui nous intègre à l’Eglise qui est une, pourrait-il être cause de division ? C’est pourtant ce qu’il semble s’être passé à Corinthe, où les fidèles se divisaient selon le nom de l’apôtre qui les avait baptisés, d’après ce qu’écrit saint Paul aux versets 14 et 15 (omis dans notre lecture) : “Je rends grâces à Dieu de ce que je n'ai baptisé aucun de vous, si ce n'est Crispus et Gaïus, afin que personne ne puisse dire qu'il a été baptisé en mon nom.” C’est oublier que ce n’est pas une personne, fusse-t-elle apôtre, qui baptise, mais bien le Seigneur et Son Eglise, que cette personne représente (= rend présente).

(3) Omnípotens sempitérne Deus, dírige actus nostros in beneplácito tuo, ut in nómine dilécti Fílii tui mereámur bonis opéribus abundáre. | [Traduction Dom HALA] Dieu éternel et tout-puissant, daigne diriger nos actions selon ton bon plaisir, afin qu’au nom de ton Fils bien-aimé, nous puissions fructifier en bonnes oeuvres.

Cette collecte est employée au dimanche dans l’octave de Noël dans le MR1962.

Voici les deux autres oraisons de la messe :

La Super Oblata

Múnera nostra, Dómine, súscipe placátus, quæ sanctificándo nobis, quǽsumus, salutária fore concéde. | Seigneur, dans votre bonté recevez nos offrandres, et accordez, nous vous en prions, que par leur sanctification ils deviennent pour nous des moyens de salut.

Cette oraison n’est pas dans le MR1962, mais se trouve dans le sacramentaire de Vérone (*).

La postcommunion

Præsta nobis, quǽsumus, omnípotens Deus, ut, vivificatiónis tuæ grátiam consequéntes, in tuo semper múnere gloriémur. | [Traduction Dom LEFEBVRE] Faites, Dieu tout-puissant, qu’en recevant la grâce par laquelle vous nous communiquez la vie, nous mettions toujours notre gloire en ce don que vous nous faites.

Cette oraison est utilisée au 2ème dimanche après Pâques dans le MR1962.

(4) Dom HALA, Habeamus gratiam. Commentaire des collectes du Temps ordinaire, p. 29, n. 5.


La deuxième partie de l’évangile (lecture longue) peut être interprétée dans un sens baptismal (5). Jésus parcourt la Galilée et proclame “la Bonne Nouvelle du Royaume” : “Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche”. Ce faisant, “il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et son frère André”, puis “deux autres frères, Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean”, tous quatre pêcheurs du lac de Galilée. “Il les appela. Aussitôt, laissant leur barque, leurs filets et leur père, ils le suivirent.” Tel est le schéma de l’appel que Dieu propose aux catéchumènes qui se tournent vers Lui (convertere = se tourner vers), d’abord dans le secret de leur âme, puis officiellement par l’évêque du diocèse, lors de l’“appel décisif”. Dieu nous appelle à Lui : nous devons Lui répondre et, comme les premiers apôtres, abandonner les biens passagers du monde pour nous tourner vers les biens célestes qui demeurent.

(5) La Graduale Romanum suppose la lecture longue, puisqu’il propose pour l’introït et la communion des passages de l’appel des premiers apôtres (deuxième partie de l’évangile). Ces deux pièces sont utilisées en la fête de saint André (30 novembre) dans le MR1962.

Introït :

[Mt IV, 18-19 V/ Ps 18, 1] Dominus secus mare Galilaeae vidit duos fratres, Petrum et Andream, et vocavit eos : Venite post me : faciam vos fieri piscatores hominum. V/ Caeli enarrant gloriam Dei : et opera manuum eius annuntiat firmamentum. | Le Seigneur, sur les rives du lac de Galilée, vit deux frères, Pierre et André. Il les appela : “Venez à ma suite, je ferai de vous des pêcheurs d’hommes.” V/ Les cieux proclament la gloire de Dieu et le firmament publie l’ouvrage de ses mains.

Communion :

[Mt IV, 19-20] Venite post me : faciam vos piscatores hominum : at illi, relictis retibus et navi, secuti sunt Dominum. | Venez à ma suite, je vous ferai pêcheurs d’hommes ; et eux, laissant barque et filets, suivirent le Seigneur.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : lun. 04 févr. 2008, 23:42
par VexillumRegis
Dominica IV per annum
4ème dimanche du Temps ordinaire
La collecte qui ouvre ce quatrième dimanche du Temps ordinaire, par son extrême concision, est très représentative du style romain de la prière, la brevitas romana. Elle évite toute digression et va droit à l’essentiel : le grand et double commandement évangélique de l’amour de Dieu et du prochain (Mt XXII, 37-40) (1).

(1) Concéde nobis, Dómine Deus noster, ut te tota mente venerémur, et omnes hómines rationábili diligámus afféctu. | [Traduction Dom HALA] Accorde-nous, Seigneur notre Dieu, de t’adorer de toute notre âme, et d’aimer tous les hommes d’une vraie charité.

Cette antique oraison, absente des anciens missels, est issue du sacramentaire de Vérone. Elle se trouve dans la série des messes du pape Gélase 1er (492-496) contre les Lupercales, et fut écrite pour le dimanche 29 janvier 495, deux semaines avant le festival païen annuel (Dom HALA, p. 33).

Cf. aussi la 25ème collecte per annum : ici.


Les lectures proposées arborent une belle unité. On remarquera en particulier que la deuxième leçon s’accorde parfaitement avec les deux autres lectures, ce qui est assez rare, étant donné que le cycle des épîtres a sa logique propre, différente de celle qui régit les deux autres lectures. Autour de l’évangile des béatitudes (L3 ; Mt V, 1-12), la fleur de la prédication du Seigneur, gravitent les deux autres leçons. Dans la première (L1 ; So II, 3, III, 12-13), tirée du livre de Sophonie, le prophète annonce que Dieu s’est choisi « un peuple petit et pauvre », le « Reste d’Israël », qu’Il délivrera des tribulations et conduira au salut. Cette prédiction du « Reste d’Israël » se retrouve chez d’autres prophètes de l’Ancien Testament, comme par exemple Isaïe, Amos ou Ezéchiel (2). Dans le livre de Michée, cette prophétie précède (IV, 7) et suit immédiatement (V, 2), l’annonce de l’élection de Bethléem d’où sortira le Messie (3). C’est que ce « Reste d’Israël », « petit et pauvre », que Dieu s’est choisi, est le peuple chrétien, le peuple engendré avec le Fils de Dieu à Bethléem. Saint Paul, dans la deuxième lecture (L2 ; 1 Co I, 26-31) nous dit que Dieu a appelé à Lui ce qui est le plus méprisable dans le monde, afin de couvrir de confusion l’orgueil du monde. Le Christ Jésus « a été envoyé pour être notre sagesse, pour être notre justice, notre sanctification, notre rédemption » (4) ; Sa grâce supplée à la faiblesse des humbles et manifeste à la face du monde la puissance de Dieu. L’orgueil égoïste du monde est ainsi détruit : « Celui qui veut s'enorgueillir, qu'il mette son orgueil dans le Seigneur ». Ainsi s’expliquent les neuf béatitudes du Seigneur : c’est dans et par ce qui est humble, petit et pauvre, et persécuté, que Dieu manifeste la grâce de Son salut : « Réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ! »

(2) Is VI, 13 ; X, 19-21 ; XXXVII, 31-32 ; Am IX, 8-10 ; Ez V, 2-4.

(3) Et toi, Bethléem Ephrata, petite pour être entre les milliers de Juda, de toi sortira pour moi celui qui doit être dominateur en Israël, et ses origines dateront des temps anciens, des jours de l'éternité. (Mi V, 1).

(4) Jésus-Christ est “notre rédemption”, Lui qui, par Son sang précieux répandu sur la croix, nous a délivrés des griffes du démon. La collecte sur les offrandes du deuxième dimanche per annum nous a appris que “l’oeuvre de notre rédemption s’accomplit chaque fois” que nous célébrons les saints mystères. En ce dimanche encore, la Super Oblata et la postcommunion nous délivrent le même enseignement réconfortant et salutaire :

La Super Oblata

Altáribus tuis, Dómine, múnera nostræ servitútis inférimus, quæ, placátus assúmens, sacraméntum nostræ redemptiónis effícias. | [Traduction A. JORE] Sur vos autels, Seigneur, nous déposons les offrandes de notre sujétion, afin que, les recevant avec clémence, vous en fassiez le sacrement de notre rédemption.

Cette oraison, comme la précédente, se trouve dans le sacramentaire de Vérone, mais ne se trouvait pas dans l’édition de 1962 du Missale Romanum.

La postcommunion

Redemptiónis nostræ múnere vegetáti, quǽsumus, Dómine, ut hoc perpétuæ salútis auxílio fides semper vera profíciat. | [Traduction Dom LEFEBVRE] Nourris du don même de notre rédemption, nous demandons, Seigneur, que sous l’action de ce sacrement qui communique le salut éternel, la vraie foi ne cesse de se propager.

Cette prière est utilisée au samedi in albis dans le MR2002.


Les chants grégoriens proposés dans le Graduale Romanum sont d’origine diverse. L’introït a clairement été choisi en raison de la première leçon (5), et la communion pour faire écho à l’évangile des béatitudes (6). Le répons graduel a un rapport plus général avec les lectures (7). L’Alleluia et l’offertoire, quant à eux, n’ont pas été choisis en fonction des lectures, mais chantent les louanges du saint Nom de Dieu (8), comme l’antienne d’ouverture proposée par le Missale Romanum (9).

(5) L’introït Laetétur cor quaeréntium est utilisé le jeudi de la 4ème semaine de Carême dans le MR1962.

[Ps 104, 3-4 V/ 1] Lætétur cor quæréntium Dóminum : quǽrite Dóminum, et confirmámini : quǽrite fáciem eius semper. V/ Confitémini Dómino, et invocáte nomen eius : annuntiáte inter gentes ópera eius. | Que le cœur de ceux qui cherchent le Seigneur se réjouisse ! Cherchez le Seigneur, et soyez remplis de force, cherchez sans cesse son visage. V/ Célébrez le Seigneur, et invoquez son nom ; annoncez ses œuvres parmi les nations.

La L1 commence par ces paroles qui expliquent le choix de cet introït : “Cherchez le Seigneur, vous tous, les humbles du pays qui faites sa volonté. Cherchez la justice, cherchez l'humilité : peut-être serez-vous à l'abri au jour de la colère du Seigneur.”

(6) La communion Beati mundo corde est aussi employée en la Toussaint.

[Mt V, 8-10] Beáti mundo corde, quóniam ipsi Deum vidébunt ; beáti pacífici, quóniam fílii Dei vocabúntur ; beáti qui persecutiónem patiúntur propter iustítiam, quóniam ipsórum est regnum cælórum. | Heureux les coeurs purs, car ils verront Dieu ; heureux les pacifiques, car ils seront appelés fils de Dieu ; heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, car le royaume des cieux est à eux.

(7) Le Graduel Quis sicut Dominus est employé au mercredi des Quatre-Temps de septembre dans le MR1962.

[Ps 112, 5-6 V/ 7] Quis sicut Dominus Deus noster, qui in altis habitat, et humilia respicit in caelo et in terra ? V/ Suscitans a terra inopem, et de stercore erigens pauperem. | Qui est semblable au Seigneur notre Dieu qui habite dans les hauteurs mais regarde ce qui est humble au ciel et sur la terre ? V/ Il relève le faible de la poussière, et du fumier il retire le pauvre.

(8) L’Alleluia Adorabo ad templum est utilisé en la fête de la dédicace.

[Ps 137, 2] Alleluia, alleluia. V/ Adorabo ad templum sanctum tuum : et confitebor nomini tuo. Alleluia. | Je t’adorerai dans ton saint temple et je chanterai ton nom.

L’offertoire Bonum est confitéri est employé à la Septuagésime dans le MR1962.

[Ps 91, 2] Bonum est confitéri Dómino, et psállere nómini tuo, Altíssime. | Il est bon de louer le Seigneur et de chanter votre nom, ô Très-Haut.

(9) [Ps 105, 47] Salvos nos fac, Dómine Deus noster, et cóngrega nos de natiónibus, ut confiteámur nómini sancto tuo, et gloriémur in laude tua. | Sauve-nous, Seigneur notre Dieu, et rassemble-nous d’entre les nations, pour confesser ton saint Nom, et nous glorifier en ta louange.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : jeu. 05 juin 2008, 11:26
par VexillumRegis
Dominica IX per annum
9ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Deus, cuius providéntia in sui dispositióne non fállitur, te súpplices exorámus, ut nóxia cuncta submóveas, et ómnia nobis profutúra concédas.

[Traduction Dom HALA] O Dieu, dont la providence ne se trompe jamais en ses desseins, nous te prions humblement d’écarter toute nuisance, et de nous accorder toutes choses utiles.


Cette oraison est employée au septième dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

La Super Oblata

In tua pietáte confidéntes, Dómine, cum munéribus ad altária veneránda concúrrimus, ut, tua purificánte nos grátia, iísdem quibus famulámur mystériis emundémur.

Confiants en votre bonté, Seigneur, nous nous rassemblons à votre autel vénérable avec nos offrandes, afin que, purifiés par votre grâce, nous vous servions par le même Mystère par lequel nous sommes lavés de nos péchés.


Cette oraison amalgame deux prières du Veronense :

Ver 1261 [cum muneribus ad altaria ueneranda concurrimus]
Ver 146 [ut purificante nos gratia tua hisdem quibus famulamur mysteriis emundemur]

La postcommunion

Rege nos Spíritu tuo, quǽsumus, Dómine, quos pascis Fílii tui Córpore et Sánguine, ut te, non solum verbo neque lingua, sed ópere et veritáte confiténtes, intráre mereámur in regnum cælórum.

Guidez-nous par votre Esprit, Seigneur, nous vous prions, vous qui nous donnez en nourriture le Corps et le Sang de votre Fils, afin que, en confessant [votre Nom] non pas seulement par des paroles, mais aussi par nos actes et en vérité, nous méritions d’entrer dans le Royaumes des cieux.


L'origine de cette oraison n'a pu être déterminée.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : dim. 08 juin 2008, 9:59
par VexillumRegis
Dominica X per annum
10ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Deus, a quo bona cuncta procédunt, tuis largíre supplícibus, ut cogitémus, te inspiránte, quæ recta sunt, et, te gubernánte, éadem faciámus.

[Traduction Dom HALA] Dieu, de qui procède tout bien, nous t’en supplions, inspire la rectitude à notre pensée et fais que, sous ta gouverne, nous y accordions nos actes.


Cette oraison est employée au Vème dimanche après Pâques dans le MR62.

La Super Oblata

Réspice, Dómine, quǽsumus, nostram propítius servitútem, ut quod offérimus sit tibi munus accéptum, et nostræ caritátis augméntum.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Regardez avec bienveillance, Seigneur, le ministère que nous accomplissons, afin que notre offrande soit pour vous un hommage agréable, et nous obtienne un accroissement de charité.


Cette oraison est employée au XIème dimanche après la Pentecôte dans le MR62. La fin en a été modifiée :

Réspice, Dómine, quǽsumus, nostram propítius servitútem, ut quod offérimus sit tibi munus accéptum, et sit nostrae fragilitatis subsidium. | Regardez avec bienveillance, Seigneur, le ministère que nous accomplissons, afin que notre offrande soit pour vous un hommage agréable, et qu'elle nous soit un soutien pour notre faiblesse.

La postcommunion

Tua nos, Dómine, medicinális operátio, et a nostris perversitátibus cleménter expédiat, et ad ea quæ sunt recta perdúcat.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Que votre action guérissante, Seigneur, nous délivre avec miséricorde de nos tendances perverses et nous mène à ce qui est droit.


Cette oraison est utilisée au VIIème dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : dim. 15 juin 2008, 10:06
par VexillumRegis
Dominica XI per annum
11ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Deus, in te sperántium fortitúdo, invocatiónibus nostris adésto propítius, et, quia sine te nihil potest mortális infírmitas, grátiæ tuæ præsta semper auxílium, ut, in exsequéndis mandátis tuis, et voluntáte tibi et actióne placeámus.

[Traduction Dom HALA] O Dieu, force de ceux qui espèrent en toi, rends-toi propice à nos appels, et, puisque la fragilité humaine ne peut rien sans toi, accorde-nous toujours le secours de ta grâce, de sorte qu’en suivant tes commandements, nous puissions te plaire et par le désir, et par les actions.


Cette oraison est employée au premier dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

La Super Oblata

Deus, qui humáni géneris utrámque substántiam præséntium múnerum et aliménto végetas et rénovas sacraménto, tríbue, quǽsumus, ut eórum et corpóribus nostris subsídium non desit et méntibus.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Dieu qui pour soutenir notre vie humaine en sa double substance, corporelle et spirituelle, faites de ces dons à la fois un aliment qui nous soutient et un sacrement qui nous renouvelle, ne nous laissez point manquer, pour nos corps et pour nos âmes, du secours que nous en attendons.


Cette oraison se trouve dans le MR62 (Orationes Diversae n°14 : Tempore famis) et déjà dans le sacramentaire de Vérone, au mois de septembre (N°908 ici).

La postcommunion

Hæc tua, Dómine, sumpta sacra commúnio, sicut fidélium in te uniónem præsígnat, sic in Ecclésia tua unitátis operétur efféctum.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Que cette sainte communion, symbole de l’union des fidèles en vous, opère dans votre Eglise, Seigneur, son oeuvre d’unité.


Cette oraison se trouve aussi dans le MR62 (Missae Votivae : Missa ad tollendum schisma, pour l’unité de l’Eglise).

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : ven. 20 juin 2008, 21:39
par VexillumRegis
Dominica XII per annum
12ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Sancti nóminis tui, Dómine, timórem páriter et amórem fac nos habére perpétuum, quia numquam tua gubernatióne destítuis, quos in soliditáte tuæ dilectiónis instítuis.

[Traduction Dom HALA] Seigneur, donne-nous d’avoir toujours à la fois et crainte et amour de ton saint nom, car jamais tu ne prives de ta sauvegarde ceux que tu établis dans la solidité de ton amour.


Cette oraison est employée au deuxième dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

La Super Oblata

Súscipe, Dómine, sacrifícium placatiónis et laudis, et præsta, ut, huius operatióne mundáti, beneplácitum tibi nostræ mentis offerámus afféctum.

Recevez, Seigneur, ce sacrifice de propitiation et de louange, et faites que, purifiés par sa vertu, nous puissions vous offrir en nos âmes des sentiments qui vous plaisent.


Cette oraison se trouve au samedi après les Cendres dans le MR62. Elle a cependant été modifiée dans sa première partie :

Súscipe, Dómine, sacrifícium, cuius te voluísti dignánter immolatióne placári : præsta, quǽsumus ; ut, huius operatióne mundáti, beneplácitum tibi nostræ mentis offerámus afféctum. | Recevez, Seigneur, ce sacrifice par l’immolation duquel vous avez voulu être dignement apaisé, et accordez-nous, s’il vous plaît, qu’étant purifiés par sa vertu, nous vous offrions en notre âme des sentiments qui vous plaisent.

La postcommunion

Sacri Córporis et Sánguinis pretiósi alimónia renováti, quǽsumus, Dómine, cleméntiam tuam, ut, quod gérimus devotióne frequénti, certa redemptióne capiámus.

Renouvelés par le corps sacré et le sang précieux [de votre Fils], nous implorons votre clémence, Seigneur : puissions-nous recevoir comme un gage assuré de notre rédemption ce que nous accomplissons avec une dévotion assidue.


Les anciens sacramentaires présentent deux versions de cette oraison :

Hadrianum 624 :
Corporis sacri et pretiosi sanguinis repleti libamine, quaesumus, domine deus noster, ut quod pia devotione gerimus, certa redemptione capiamus.

Veronense 69 :
Sacri corporis et sanguinis praetiosi renovati libamine quaesumus, domine, clementiam tuam, ut quod frequenti deuotione gerimus, certa redemptione capiamus.

Le Missale Romanum dans son édition de 1962 emploie sans modification la première version en la fête des saints Processus et Martinien (2 juillet). L'édition la plus récente emploie en ce jour la deuxième version, en substituant le terme "alimonia" à celui de "libamine" (*)

(*) « Il faut remarquer le mot libamen employé aujourd’hui dans le Missel. Libamen, libamentum ou libum c’est, au sens classique, l’effusion d’un liquide quelconque en sacrifice à la divinité. Par la suite, libare ou praelibare signifia aussi goûter, ou participer au sacrifice en buvant du liquide offert. Transporté dans le langage liturgique, ce mot indique que la Communion des fidèles représente à la fois leur participation rituelle au Sacrifice eucharistique et le Banquet du Sacrifice. » - Dom SCHUSTER, Liber Sacramentorum, t. VII, p. 374.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : lun. 07 juil. 2008, 10:42
par VexillumRegis
Dominica XIV per annum
14ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Deus, qui in Fílii tui humilitáte iacéntem mundum erexísti, fidélibus tuis sanctam concéde lætítiam, ut, quos eripuísti a servitúte peccáti, gáudiis fácias pérfrui sempitérnis.

[Traduction Dom HALA] O Dieu, toi qui a relevé le monde déchu par l’abaissement de ton Fils, accorde à tes fidèles la sainte joie, afin de faire jouir du bonheur éternel ceux que tu as délivrés de l’esclavage du péché.


« Ancienne collecte du 2ème dimanche après Pâques, mais remaniée. [...] On peut noter deux variantes par rapport au texte original. La joie est ici qualifiée de ‘sainte’, alors que dans l’ancien Missel romain, elle était ‘éternelle’ - ‘perpetua’ -, mais rien de tout cela dans la version primitive. La deuxième variante, ‘l’esclavage du péché’, remplace ‘les dangers d’une mort éternelle’ - ‘perpetuae mortis... casibus’. Dans le Missel romain actuel, on utilise également cette prière les lundis après les 2, 4 et 6èmes dimanches du Temps pascal. » (Dom HALA, pp. 74-75)

La Super Oblata

Oblátio nos, Dómine, tuo nómini dicáta puríficet, et de die in diem ad cæléstis vitæ tránsferat actiónem.

[Traduction Dom LEFEBVRE]Que cette offrande qui va vous être consacrée nous purifie, Seigneur, et de jour en jour nous hausse à la pratique d’une vie toute céleste.


Secrète du 2ème dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

La postcommunion

Tantis, Dómine, repléti munéribus, præsta, quǽsumus, ut et salutária dona capiámus, et a tua numquam laude cessémus.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Comblés de tels dons, Seigneur, puissions-nous y puiser des grâces de salut et ne jamais cesser de chanter vos louanges.


Postcommunion du 1er dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : sam. 19 juil. 2008, 21:30
par VexillumRegis
Dominica XV per annum
15ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Deus, qui errántibus, ut in viam possint redíre, veritátis tuæ lumen osténdis, da cunctis qui christiána professióne censéntur, et illa respúere, quæ huic inimíca sunt nómini, et ea quæ sunt apta sectári.

[Traduction Dom HALA] O Dieu, toi qui montres aux égarés la lumière de ta vérité pour qu’ils puissent reprendre le bon chemin, donne à tous ceux qui portent le nom de chrétien, de rejeter ce qui s’oppose à ce nom, et de rechercher de qui lui fait honneur.


Collecte du 3ème dimanche après Pâques dans le MR62.

La Super Oblata

Réspice, Dómine, múnera supplicántis Ecclésiæ, et pro credéntium sanctificatiónis increménto suménda concéde.

[Traduction Dom LEFEBVRE]Jetez les yeux, Seigneur, sur les offrandes de votre Eglise en prière, et faites-en pour les croyants un aliment qui augmente en eux la sanctification.


Secrète du 3ème dimanche après la Pentecôte (légèrement modifiée).

La postcommunion

Sumptis munéribus, quǽsumus, Dómine, ut, cum frequentatióne mystérii, crescat nostræ salútis efféctus.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Nourris de vos dons, puissions-nous, Seigneur, par la fréquentation de votre sacrement, voir se développer en nous votre oeuvre de salut.


Postcommunion du 4ème dimanche de l’Avent dans le MR62.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : dim. 20 juil. 2008, 11:00
par VexillumRegis
Dominica XVI per annum
16ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Propitiáre, Dómine, fámulis tuis, et clémenter grátiæ tuæ super eos dona multíplica, ut, spe, fide et caritáte fervéntes, semper in mandátis tuis vígili custódia persevérent.

[Traduction Dom HALA] Sois favorable à tes serviteurs, Seigneu, et dans ta bonté, multiplie sur eux les dons de ta grâce ; ainsi, enflammés par l’espérance, la foi et la charité, qu’ils soient toujours attentifs à garder tes commandements.


Oraison tirée des sacramentaires de tradition milanaise, où elle était utilisée le deuxième des trois jours consacrés aux Rogations, juste avant la Pentecôte.

La Super Oblata

Deus, qui legálium differéntiam hostiárum uníus sacrifícii perfectióne sanxísti, áccipe sacrifícium a devótis tibi fámulis, et pari benedictióne, sicut múnera Abel, sanctífica, ut, quod sínguli obtulérunt ad maiestátis tuæ honórem, cunctis profíciat ad salútem.

[Traduction Dom LEFEBVRE]Dieu, qui en un seul sacrifice parfait avez résumé les multitude de ceux qu’imposait l’ancienne Loi, recevez celui que vous offrent vos fidèles, et, comme jadis l’offrande d’Abel, bénissez-le et santifiez-le, afin qu’offert par chacun en l’honneur de votre majesté, il serve au salut de tous.


Secrète du 7ème dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

La postcommunion

Pópulo tuo, quǽsumus, Dómine, adésto propítius, et, quem mystériis cæléstibus imbuísti, fac ad novitátem vitæ de vetustáte transíre.

Dans votre bonté, Seigneur, venez en aide à votre peuple ; après l’avoir enrichi par les mystères célestes, faites-le passer de la vétusté [de l’humanité déchue] à la vie nouvelle [de la Résurrection].


Cette oraison est une adaptation de la postcommunion du lundi dans l'octave de la Pentecôte dans le MR62. Elle est aussi employée au 5ème dimanche de Pâques.

Re: Commentaires des dimanches du Temps ordinaire (année A)

Publié : dim. 27 juil. 2008, 12:09
par VexillumRegis
Dominica XVII per annum
17ème dimanche du Temps ordinaire (A)
La collecte

Protéctor in te sperántium, Deus, sine quo nihil est válidum, nihil sanctum, multíplica super nos misericórdiam tuam, ut, te rectóre, te duce, sic bonis transeúntibus nunc utámur, ut iam possímus inhærére mansúris.

[Traduction Dom HALA] Protecteur de ceux qui espèrent en toi, ô Dieu, sans qui rien n’est solide, rien n’est saint, répands sur nous avec abondance ta miséricorde, afin que sous ta conduite et ta direction, nous usions actuellement des biens passagers de manière à pouvoir dès ici-bas rester attachés à ceux qui demeurent.


Collecte du 3ème dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

« La fin du texte original a été modifiée à partir de ‘sic...’. Le nouveau texte a été pris dans la préface 495 du sacramentaire de Vérone. On rencontre l’expression ‘inhaerere mansuris’ dans ce même sacramentaire (prière 173). » - Dom HALA, p. 88.

La Super Oblata

Súscipe, quǽsumus, Dómine, múnera, quæ tibi de tua largitáte deférimus, ut hæc sacrosáncta mystéria, grátiæ tuæ operánte virtúte, et præséntis vitæ nos conversatióne sanctíficent, et ad gáudia sempitérna perdúcant.

[Traduction Dom LEFEBVRE] Agréez, Seigneur, ces présents que nous tenons nous-mêmes de votre largesse, afin que, sous l’action de votre grâce, ces mystères sacrés nous fassent mener ici-bas une vie sainte et nous conduisent aux joies de l’éternité.


Secrète du 8ème dimanche après la Pentecôte dans le MR62.

La postcommunion

Súmpsimus, Dómine, divínum sacraméntum, passiónis Fílii tui memoriále perpétuum ; tríbue, quǽsumus, ut ad nostram salútem hoc munus profíciat, quod ineffábili nobis caritáte ipse donávit.

Nous venons de recevoir, Seigneur, le divin sacrement, mémorial éternel de la Passion de votre Fils ; accordez-nous, nous vous en prions, que ce présent qu’Il nous a Lui-même donné dans son ineffable amour, puisse être profitable à notre salut.


La première partie de l’oraison reprend en le modifiant légèrement le début de la postcommunion en la fête de saint Paul de la Croix (MR62 ; 28 avril) :

Sumpsimus, Domine, divinum sacramentum, immensae caritatis tuae memoriale perpetuum (...)

L’origine de la seconde partie n’a pu être déterminée.