@ Chevy
. Oui, effectivement : quoique la question d'un point de départ de l'univers, d'un acte fondateur, en quelque sorte, se pose et ne soit pas annexe, par "créer" on entend bien avant tout (pas seulement moi, mais la philosophie catholique) le fait de "donner l'existence" en permanence.
Dit autrement, le fait même que l'univers existe, actuellement, est une création.
. Cependant, il ne faudrait pas non plus, comprenant mal ce concept, se représenter en quelque sorte un dieu qui à chaque instant "crée" un univers complet, crée chaque être, au sens de faire apparaître, et que la succession arbitraire de ces êtres ou de ces états créés nous donne l'illusion de lois physiques : non, on parle bien d'un univers continu, fonctionnant selon des lois précises, mais qui en permanence "reçoit l'existence" d'autre chose que lui-même.
(Autrement dit, Dieu ne fait pas du stop-motion)
. Il ne s'agit pas non plus d'un dieu intervenant en permanence dans les mécanismes de l'univers, d'un dieu-mécanicien : on ne dit pas que Dieu souffle le vent, fasse prendre votre mayonnaise, et pousse les montagnes sur les villages en développement.
Toujours, on considère bien un univers continu, avec ses lois, fonctionnant selon ses lois, ses causses et ses effets, mais tout cela n'existant à chaque instant qu'en recevant de Dieu l'existence.
Je dirais un peu comme un rêve poursuivant son propre scénario : si vous arrêtez de rêver, cela n'existe plus ; pour autant, ce n'est pas vous qui faites directement se passer telle ou telle chose. (À cette différence près évidemment, que si Dieu est bien Dieu, alors il est également responsable en pleine liberté et toute-puissance des conditions de départ de l'univers, de ses principes de fonctionnement, et conscient et connaissant en permanence tout de cet univers, n'étant pas, Lui, inscrit dans le temps ni dans l'espace ; l'image du rêve est donc très imparfaite, et illustre uniquement le principe d'un univers fonctionnant recevant de Dieu l'existence sans que Dieu intervienne directement dans chacun de ses mécanismes).
. Mais donc, oui, l'univers continue bien sans aucune "aide" ; non pas sans moteur : mais son moteur est inclus dans son fonctionnement - voilà pourquoi je pense qu'on peut étudier et expliquer le fonctionnement de l'univers, du strict point de vue scientifique, sans faire appel aucunement à Dieu, et donc pourquoi les débats créationnistes/évolutionnistes n'ont pas de sens.
. Cependant, lorsque vous réduisez le sens d'"exister" à "exister physiquement", c'est vous qui restreignez arbitrairement le sens de ce terme.
De fait, votre intelligence existe - je veux dire, la capacité et la propension à chercher et trouver le sens de ce qui vous entoure, comme vous le faites en ce moment. Si vous n'existez plus, elle cesse d'exister : soit. Mais cela ne signifie pas qu'elle n'existe réellement pas tant qu'elle existe.
Que certaines réalités n'existent que dans, ou par, l'être humain : certes ; mais cela ne fait pas qu'elles n'existent pas ; cela signifie simplement que ce sont des réalités qui nécessitent des humains pour exister.
Si mon chat a faim, alors sa sensation de faim existe, réellement ; son miaulement existe aussi ; ce sont des réalités qui n'ont rien de subjectif, d'imaginaire, ou d'abstrait. Cependant, s'il cesse d'exister (ce qui arrivera malheureusement un jour

), ces choses là cessent d'exister. Ce sont des réalités dépendantes de son existence... mais des réalités quand-même. Aussi objectives que les réalités matérielles.
. Concernant la matière : n'ayant pas en elle-même de quoi exister, elle tire donc son existence d'autre chose, nous sommes d'accord. Par définition, cet autre chose n'est pas matériel, sinon il faudrait à nouveau se demander d'où vient la matière qui le compose, et nous n'aurions pas répondu à la question.