Les thèses de Pierre Perrier
Publié : dim. 26 oct. 2008, 22:14
Bonjour à tous,
Sur le forum les travaux de Pierre Perrier ont déjà étés abordés, cependant j’aimerai rassembler la réflexion dans un seul sujet.
Le Synode étant achevé, on a pu voir les différents commentaires de l’approche qu’on doit avoir par rapport à la Bible, dans le souci de concilier à la foi l’exégèse scientifique et la lectio divina.
Pierre Perrier à de quoi remuer les habitudes, avec cependant un manque de clarté dans son discours (nul n’est parfaitement pédagogue) qui demande des précisions pour ceux qui n’ont pas une culture d’exégèse suffisante. Même sur les sites en question et dans ses vidéos je n’arrive pas à bien saisir la puissance de son approche.
Je me place en élève par rapport à vous, je ne cherche qu’à comprendre par ceux qui connaissent son approche, pour cela je vais poser des questions simplistes et je vais certainement faire de grossières approximations pour que tout le monde comprenne, il ne faut pas hésiter à me corriger.
La réponse peut se poser comme un résumé clair de la pensée de Pierre Perrier, ce qui compte est de montrer ce qu’il critique et en quoi il y a un intérêt essentiel dans ses travaux.
Quel crédit accorde Pierre Perrier à l’apport grec au Nouveau Testament ? J’ai cru comprendre qu’il accepte le fait que ce soit plus précis que l’araméen, mais que cela reste dans le cadre de l’écriture, dans une dimension scripturaire, et que, se baser uniquement là-dessus pour penser l’Eglise primitive est une sottise (ce qui est évident quand on est catholique ou orthodoxe) étant donné qu’elle s’est fondée avant l’écriture avec la Tradition basée sur l’oralité (araméenne, cela reste à confirmer). Cependant le Nouveau Testament écrit en grec est t-il à négliger pour lui ? Préfère t-il le texte en araméen ?
Benoît XVI rappelle dans son discours de Ratisbonne qu’il y a comme une nécessité de préserver le grec, que ce n’est pas un hasard si cette langue à croiser le christianisme, qu’il y a eu une rencontre qui a déjà commencé avec la Septante, que c’est l’alliance des deux qui fonde le chrétien. Il s’inquiète de la déshellénisation rampante qui pourrait nuire à ce qui fait aussi de nous des chrétiens. Pierre Perrier en occultant l’apport du grec ne nuit t-il pas au final au christianisme ?
Tout cela peut poser la question d’une manière plus globale, à savoir que ce n’est pas dans un environnement araméen que l’Eglise a changé le monde, mais dans l’univers gréco-romain et même romain tout court, qui a su lié le christianisme et la pensée grec, cela a été le fruit du fait que l’Occident est devenu le phare du monde, et ce monde n’a pas connu l’oralité araméenne et même le retour à l’araméen concernant le Nouveau Testament. En quoi est-ce si important de revenir à cette oralité en sachant qu’on dispose de la lectio divina ? (Même s’il est évident que la lectio divina n’est pratiqué par presque personne) Que nous manque-t-il d’après Pierre Perrier ? Sommes-nous encore dans une approche de discrédit envers l’Occident chrétien ?
Qu’est ce qui fait dire à certains que l’approche de Pierre Perrier casse complètement l’approche protestante-moderniste ? Si l’on s’en tient au problème de la datation des Evangiles, les travaux de Philippe Rolland vont dans ce sens (http://certitudes.free.fr/nrc15/nrc15002.htm ) et le fait que la transmission orale soit solide peut être admis par beaucoup d’exégètes. Indemne pour le fait que l’apparition des chapitres et des versets réduisent la parole de Dieu, c’est bien pour cela qu’il faut prendre en compte l’unité de toute l’Ecriture comme dit le Saint Père. Qu’apporte t-il de plus ? A quoi ça sert de comprendre l’environnement araméen quand on sait qu’il a bien été reçu par les premiers chrétiens et l’Eglise ? D’autant plus que la parole du Christ est universelle, qu’elle n’est pas le signe d’un essentialisme identitaire comme les autres religions (on voit que même le Christ dans les différentes cultures locales s’imprégner de l’environnement). On peut même dire que contrairement au judaïsme ou à l’islam, le christianisme retourne le paganisme, il le rend secondaire, il ne l’extermine pas (René Girard dit quelque chose comme cela).
Mettons que j’approuve totalement son approche et que je souhaite me lancer dans la « lectio divina façon Pierre Perrier », quel Nouveau Testament dois-je posséder pour apprendre par cœur et faire mienne la parole vivante ? Cela donne follement envie de posséder la Peshitta, cependant a-t-elle vraiment le regard d’exégèse critique nécessaire ? Sur wikipedia on parle de certains passages omis et du fait que c’est une traduction basée sur le koinè du Nouveau Testament (http://fr.wikipedia.org/wiki/Peshitta ) encore une fois il n’y a pas d’attestation comme quoi les textes en araméen qu’on dispose seraient plus anciens, puisque les plus anciens attestés sont grecs.
En tous cas comment se fait t-il que personne à part Pierre Perrier ne se rend compte de cela ? Même Benoît XVI semble convaincu que le grec est la source du Nouveau Testament.
Il y a aussi le fait que la tradition orale a été perdue (même si les églises de rite syriaque semblent la conserver comme ils peuvent) et dans ce cas là on est obligé de revenir sur le texte, et en l’occurrence sur le texte le plus précis possible, ce texte ne peut être que le grec.
En bref, il s’agit simplement de clarifier sa pensée et de dire en quoi il est si important pour nous aujourd’hui, tout en apportant quelques bémols si il y a en.
Merci d'avance !
Sur le forum les travaux de Pierre Perrier ont déjà étés abordés, cependant j’aimerai rassembler la réflexion dans un seul sujet.
Le Synode étant achevé, on a pu voir les différents commentaires de l’approche qu’on doit avoir par rapport à la Bible, dans le souci de concilier à la foi l’exégèse scientifique et la lectio divina.
Pierre Perrier à de quoi remuer les habitudes, avec cependant un manque de clarté dans son discours (nul n’est parfaitement pédagogue) qui demande des précisions pour ceux qui n’ont pas une culture d’exégèse suffisante. Même sur les sites en question et dans ses vidéos je n’arrive pas à bien saisir la puissance de son approche.
Je me place en élève par rapport à vous, je ne cherche qu’à comprendre par ceux qui connaissent son approche, pour cela je vais poser des questions simplistes et je vais certainement faire de grossières approximations pour que tout le monde comprenne, il ne faut pas hésiter à me corriger.
La réponse peut se poser comme un résumé clair de la pensée de Pierre Perrier, ce qui compte est de montrer ce qu’il critique et en quoi il y a un intérêt essentiel dans ses travaux.
Quel crédit accorde Pierre Perrier à l’apport grec au Nouveau Testament ? J’ai cru comprendre qu’il accepte le fait que ce soit plus précis que l’araméen, mais que cela reste dans le cadre de l’écriture, dans une dimension scripturaire, et que, se baser uniquement là-dessus pour penser l’Eglise primitive est une sottise (ce qui est évident quand on est catholique ou orthodoxe) étant donné qu’elle s’est fondée avant l’écriture avec la Tradition basée sur l’oralité (araméenne, cela reste à confirmer). Cependant le Nouveau Testament écrit en grec est t-il à négliger pour lui ? Préfère t-il le texte en araméen ?
Benoît XVI rappelle dans son discours de Ratisbonne qu’il y a comme une nécessité de préserver le grec, que ce n’est pas un hasard si cette langue à croiser le christianisme, qu’il y a eu une rencontre qui a déjà commencé avec la Septante, que c’est l’alliance des deux qui fonde le chrétien. Il s’inquiète de la déshellénisation rampante qui pourrait nuire à ce qui fait aussi de nous des chrétiens. Pierre Perrier en occultant l’apport du grec ne nuit t-il pas au final au christianisme ?
Tout cela peut poser la question d’une manière plus globale, à savoir que ce n’est pas dans un environnement araméen que l’Eglise a changé le monde, mais dans l’univers gréco-romain et même romain tout court, qui a su lié le christianisme et la pensée grec, cela a été le fruit du fait que l’Occident est devenu le phare du monde, et ce monde n’a pas connu l’oralité araméenne et même le retour à l’araméen concernant le Nouveau Testament. En quoi est-ce si important de revenir à cette oralité en sachant qu’on dispose de la lectio divina ? (Même s’il est évident que la lectio divina n’est pratiqué par presque personne) Que nous manque-t-il d’après Pierre Perrier ? Sommes-nous encore dans une approche de discrédit envers l’Occident chrétien ?
Qu’est ce qui fait dire à certains que l’approche de Pierre Perrier casse complètement l’approche protestante-moderniste ? Si l’on s’en tient au problème de la datation des Evangiles, les travaux de Philippe Rolland vont dans ce sens (http://certitudes.free.fr/nrc15/nrc15002.htm ) et le fait que la transmission orale soit solide peut être admis par beaucoup d’exégètes. Indemne pour le fait que l’apparition des chapitres et des versets réduisent la parole de Dieu, c’est bien pour cela qu’il faut prendre en compte l’unité de toute l’Ecriture comme dit le Saint Père. Qu’apporte t-il de plus ? A quoi ça sert de comprendre l’environnement araméen quand on sait qu’il a bien été reçu par les premiers chrétiens et l’Eglise ? D’autant plus que la parole du Christ est universelle, qu’elle n’est pas le signe d’un essentialisme identitaire comme les autres religions (on voit que même le Christ dans les différentes cultures locales s’imprégner de l’environnement). On peut même dire que contrairement au judaïsme ou à l’islam, le christianisme retourne le paganisme, il le rend secondaire, il ne l’extermine pas (René Girard dit quelque chose comme cela).
Mettons que j’approuve totalement son approche et que je souhaite me lancer dans la « lectio divina façon Pierre Perrier », quel Nouveau Testament dois-je posséder pour apprendre par cœur et faire mienne la parole vivante ? Cela donne follement envie de posséder la Peshitta, cependant a-t-elle vraiment le regard d’exégèse critique nécessaire ? Sur wikipedia on parle de certains passages omis et du fait que c’est une traduction basée sur le koinè du Nouveau Testament (http://fr.wikipedia.org/wiki/Peshitta ) encore une fois il n’y a pas d’attestation comme quoi les textes en araméen qu’on dispose seraient plus anciens, puisque les plus anciens attestés sont grecs.
En tous cas comment se fait t-il que personne à part Pierre Perrier ne se rend compte de cela ? Même Benoît XVI semble convaincu que le grec est la source du Nouveau Testament.
Il y a aussi le fait que la tradition orale a été perdue (même si les églises de rite syriaque semblent la conserver comme ils peuvent) et dans ce cas là on est obligé de revenir sur le texte, et en l’occurrence sur le texte le plus précis possible, ce texte ne peut être que le grec.
En bref, il s’agit simplement de clarifier sa pensée et de dire en quoi il est si important pour nous aujourd’hui, tout en apportant quelques bémols si il y a en.
Merci d'avance !