Si la « pédophilie » est une « tendance », comme vous le dites, il convient de préciser :
Quelle est l’origine de cette tendance ?
– soit l’homme
– soit un démon
– soit un ange
– soit Dieu
On peut exclure de facto les 2 dernières propositions puisque Dieu est bon, et les anges également.
Donc quelle est l'origine de cette tendance ? Quelle créature en est à l'origine ?
– soit c’est l’homme qui a fait naître cette tendance, il en est donc l’auteur, c’est donc un péché par désir / pensée
– soit c’est un démon auquel cas il s’agit d’une action du démon qui tente l’homme, donc il s’agit d’une faute imputable au démon et non pas à l'homme.
Je vois mal d’autre alternative : on a balayé toutes les créatures que Dieu avait faites…
Ensuite, la question posée par le journaliste n'était pas de savoir si X ou Y est un pécheur, mais si la pédophilie est un péché. Donc on se fiche totalement de savoir s’il y a pleine conscience, etc. qui sont des critères de définition du péché mortel.
La question posée à Mgr Lalanne portait sur la notion de "péché", il a donné une réponse portant sur le "péché mortel" qui est un cas particulier.
Sur la notion de péché
Catéchisme de l'Eglise Catholique - § 1849 a écrit :Le péché est une faute contre la raison, la vérité. [...] Il a été défini comme "une parole, un acte ou un désir contraires à la loi éternelle" (S. Augustin, Faust. 22, 27 : PL 42, 418 ; S. Thomas d’A., s. th. 1-2, 71, 6).
La personne qui commet un acte pédophile (ce que j'appelle "un pédophile"), même en ayant perdu tout son libre arbitre et en étant totalement dominé par ses passions (ou même sous la menace d'une arme), commet "un acte contraire à la loi éternelle".
La pédophilie est contraire à la loi de Dieu, à son plan divin. Peu importe l'état de conscience et de liberté de celui qui la commet.
L'état de conscience permet de déterminer le degré de responsabilité du pécheur (péché véniel ou péché mortel ?). Mais ne change rien au fait que l'acte en lui-même est absolument contraire au plan de Dieu. Or, c'est la définition du péché (cf. §1849 cité ci-dessus).
Cet enseignement est d’ailleurs une constante du Magistère, rappelée par Jean Paul II, Benoît XVI et François :
Saint Jean Paul II a écrit :Il est juste que la société considère comme un crime, mais c’est aussi un péché détestable aux yeux de Dieu.
Pape émérite Benoît XVI a écrit :Les abus sexuels sur des enfants et des jeune gens sont non seulement un crime atroce, mais aussi un péché grave qui offense Dieu et blesse la dignité de la personne humaine créée à son image.
Pape François a écrit :Ces crimes et péchés graves voilà mon chagrin et ma douleur pour quelques prêtres et évêques qui ont violé l’innocence de mineurs et leur propre vocation sacerdotale en les abusant sexuellement.
Ces papes ont-ils tord quand ils déclarent que la pédophilie est un péché ?
Sur le degré de gravité
Catéchisme de l'Eglise Catholique - § 1859 a écrit :Le péché mortel requiert pleine connaissance et entier consentement. Il présuppose la connaissance du caractère peccamineux de l’acte, de son opposition à la Loi de Dieu. Il implique aussi un consentement suffisamment délibéré pour être un choix personnel. L’ignorance affectée et l’endurcissement du cœur (cf. Mc 3,5-6 ; Lc 16,19-31) ne diminuent pas, mais augmentent le caractère volontaire du péché.
Catéchisme de l'Eglise Catholique - § 1860 a écrit :L’ignorance involontaire peut diminuer sinon excuser l’imputabilité d’une faute grave. Mais nul n’est censé ignorer les principes de la loi morale qui sont inscrits dans la conscience de tout homme. Les impulsions de la sensibilité, les passions peuvent également réduire le caractère volontaire et libre de la faute, de même que des pressions extérieures ou des troubles pathologiques. Le péché par malice, par choix délibéré du mal, est le plus grave.
Catéchisme de l'Eglise Catholique - § 1862 a écrit :On commet un péché véniel quand on n’observe pas dans une matière légère la mesure prescrite par la loi morale, ou bien quand on désobéit à la loi morale en matière grave, mais sans pleine connaissance ou sans entier consentement.
Conclusion :
- pleine conscience = péché mortel
- dans tous les autres cas = péché véniel
C'est donc toujours,
a minima, un péché véniel. Rappelons par ailleurs qu'il fait partie de la liste des 4 péchés qui "crient vengeance contre le Ciel" selon le CEC et la tradition catholique...