Article 122-5 du Code Pénal :
N'est pas pénalement responsable la personne qui, devant une atteinte injustifiée envers elle-même ou autrui, accomplit, dans le même temps, un acte commandé par la nécessité de la légitime défense d'elle-même ou d'autrui, sauf s'il y a disproportion entre les moyens de défense employés et la gravité de l'atteinte.
N'est pas pénalement responsable la personne qui, pour interrompre l'exécution d'un crime ou d'un délit contre un bien, accomplit un acte de défense, autre qu'un homicide volontaire, lorsque cet acte est strictement nécessaire au but poursuivi dès lors que les moyens employés sont proportionnés à la gravité de l'infraction.
Le Code Pénal français prévoit la légitime défense, c'est à dire un acte nécessaire pour faire cesser une "atteinte injustifiée" envers une personne (elle-même ou autrui). Il semble bien que dans ce cadre, jusqu'à l'homicide puisse être autorisé. Donc on ne peut employer l'homicide que s'il s'agit d'éviter un homicide. Mais si d'autres moyens, moins graves, peuvent être employés, ils doivent l'être, même en cas d'homicide.
L'expression "devant", qui semble manquer de précision, veut sans doute signifier que l'acte soit en cours d'exécution ou au moins en phase imminente d'exécution, faute de quoi il ne pourrait y avoir légitime défense.
Selon le Code Pénal français, la légitime défense est exclue lorsqu'elle emploie comme moyen l'homicide volontaire lorsqu'il s'agit d'un péril couru par un BIEN.
La légitime défense est donc très étroitement autorisée par la loi.
La légitime défense qui est une excuse absolutoire d'un crime ou d'un délit appartient par son domaine tant au droit pénal qu'à la morale.
Faisant son examen de conscience, le chrétien devra se poser la question : ai-je péché ou non en commettant cet acte que la morale, en temps habituel, réprouve ?
Le juge devra se poser la question, existe-t-il, objectivement, des circonstances qui font que l'excuse de légitime défense puisse s'appliquer ?
Quant à l'espérance, je ne vois pas trop ce qu'elle a à faire dans cette affaire naturelle. Mais il est évident que si, en raisonnant le candidat au crime, je peux éviter et le crime et la légitime défense, c'est mieux pour tout le monde.
Ne pas oublier que l'homicide illégitime est une faute particulière, qui se paie, dès ici bas, de terribles remords et souvent par un homicide subi ou un suicide. J'ai lu ça dans un catéchisme et ai été frappé par la vérité historique de cette loi statistique énoncée empiriquement. Très souvent l'homicide est tué lui-même ou se suicide. Raoul Villain l'assassin de Jaurès, acquitté scandaleusement, a été tué par les "rouges" espagnol etc.
J'ai été frappé par la confession d'un homme qui avait tué sa femme et l'amant de sa femme et qui avait été acquitté par la Cour d'assise. Il concluait son interview par le fait que ces deux homicides le poursuivaient, malgré l'acquittement, tous les jours de sa vie. "L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn." (Victor Hugo)