Unité du rite romain
Publié : ven. 26 févr. 2016, 0:22
Chers frères dans le Christ,
Je voudrais vous soumettre une question que je me pose depuis quelque temps concernant la situation actuelle du rite romain, et ses évolutions tant du point de vue de l'ordo que de la sensibilité des fidèles.
Je crois que personne, ni parmi ceux qui préfèrent l'ancienne forme du rite, ni parmi ceux qui vont à la messe dite "Paul VI", ne peut raisonnablement se satisfaire de la situation actuelle, c'est-à-dire de ce dualisme qui crée un bi-ritualisme de fait à l'intérieur d'une unité théologique affirmée et réelle. La liturgie, "sommet et source de la vie de l'Église", tend par nature à l'unité ; c'est elle qui rassemble les chrétiens, par elle que les baptisés forment l'Église en prière, en elle que tous ceux qui prient s'unissent dans un même corps. Je ne parle même pas de ceux qui ont le courage de pratiquer les deux formes à la fois : en plus de devoir passer en permanence d'un calendrier à l'autre, ils font souvent face à l'incompréhension de leur entourage, et – l'ouverture d'esprit n'étant pas toujours là où on s'y attend le plus – parfois plus parmi ceux qui vont à la messe "Paul VI".
Pour avoir parcouru ce forum, je constate bien que plusieurs d'entre-vous sont convaincus, comme l'affirme l'Église, que les deux formes du rite romain forment une vraie unité, notamment en raison de leur origine commune dans la tradition occidentale. Hélas, et c'est un constat qu'on peut faire aisément, trop de fidèles voient et vivent l'existence de ces deux formes comme s'il s'agissait de deux rites séparés, et presque de deux Églises distinctes. Je n'ai pas besoin d'énumérer tous les murs imaginaires qui se dressent entre "progressistes" et "traditionalistes", et qui recouvrent bien souvent des oppositions sociales, morales, souvent même politiques, bien plus que religieuses. Et, bien que cela soit malheureux, on ne peut nier que l'existence de deux formes pour un même rite n'aide pas à atténuer cette situation regrettable : même lorsque l'opposition n'est pas ouverte ni totale, l'existence même d'une crispation autour de ces questions de forme est néfaste. Sans aller jusqu'à dire que le "bi-formalisme" du rite romain encourage la division parmi les fidèles, ce qui serait faux étant donné que la vocation même de la liturgie est de tendre vers l'unité, il est certain que, de manière apparente, c'est une différence qui permet la division, surtout lorsque, comme c'est le cas, elle s'inscrit dans un contexte historique fortement polarisé.
Bref, le bi-formalisme est une triste chose pour l'Église romaine et il me semble que celle-ci est appelée un jour à retrouver une forme rituelle unique.
J'ai toutefois le sentiment que les principales instances en charge de la liturgie au sein de l'Église s'efforcent de remédier à la situation actuelle par tous les moyens possibles, et surtout dans la mesure du possible étant donné les difficultés qui se dressent. D'une part, pour la forme ordinaire l'instruction Liturgiam Authenticam visait à fermer définitivement la page de la fantaisie liturgique post-conciliaire en rappelant toute l'Église moins à une conformité aux textes liturgiques romains qu'à une harmonie universelle autour d'un rite accepté par tous, de telle sorte que les particularismes locaux disparaissent au profit d'une plus grande unité à travers le monde. Le motu proprio Summorum Pontificorum a pour sa part largement aidé à atténuer les crispations que pouvait susciter la forme extraordinaire du rite romain, en permettant à ceux qui le célèbrent de concentrer leurs efforts sur l'acte liturgique lui-même, plutôt qu'à les dépenser en démarches épuisantes leur permettant d'obtenir les autorisations nécessaires. En permettant également au rite tridentin d'être célébré dans un nombre toujours croissant de lieux, il a aussi contribué à une meilleure connaissance de cette forme aujourd'hui trop largement méconnue, et pour cela rejetée a priori comme une épave du passé. En rappelant que le rite tridentin est toujours pleinement catholique, cette lettre aide à ne plus faire la distinction entre tradiitonalistes et intégristes, et à bien marquer que le conflit avec la Fraternité Saint Pie X n'est pas (ou plus) un conflit autour de questions liturgiques. Plus récemment, il semble être question de réintroduire l'offertoire du rite tridentin dans la forme ordinaire du rite romain. Bref, de nombreuses initiatives semblent prendre forme pour tenter de remédier aux regrettables problèmes qui naissent du bi-formalisme : à la fois la division parmi les fidèles, mais aussi cet effet néfaste du bi-formalisme lui-même et totalement contraire à l'esprit même de la liturgie.
Les questions que je voudrais soulever avec vous sont les suivantes, et il s'agit au fond de la même interrogation : une convergence entre les deux formes du rite romain vous semble-t-elle souhaitable, et si oui selon quelles modalités ? D'un point de vue proprement liturgique, quels seraient les moyens les plus appropriés pour tendre vers ce but, étant donné qu'il s'agirait nécessairement d'un processus long et sans doute laborieux ? Et d'un point de vue pastoral, comment, selon vous, aider les fidèles de l'une et de l'autre forme à mieux se comprendre ? En réalité, il s'agit surtout des fidèles de la messe "Paul VI" dont je parle, car bien souvent, ceux qui choisissent d'aller à la messe en rite tridentin le font par choix, et par conséquent ont tant soit peu réfléchi et connu les deux rites, tandis que l'immense majorité des partisans de la forme ordinaire ne connaissent rien ou presque de la forme extraordinaire.
J'ai eu plusieurs idées que je n'ai pas beaucoup explorées, mais qui pourraient peut-être contribuer au lancement du débat : outre la réintroduction de l'offertoire tridentin dans la forme ordinaire, j'ai le sentiment que l'un des principaux obstacles qui conduit à une séparation de fait entre les deux rites est le calendrier, puisque l'existence de deux calendriers différents rend extrêmement difficile le passage d'un rite à l'autre ou même la pratique des deux à la fois (par exemple en adoptant une forme pour la liturgie des heures et une autre pour celle de la messe). Je sais bien que la structure même du calendrier romain a fondamentalement changé avec le concile, mais il serait peut-être possible de travailler à une sorte de calendrier à deux niveaux, où certaines fêtes telles que le dimanche de la Septuagésime n'apparaîtraient que dans le calendrier tridentin, mais où dans l'ensemble, les deux calendriers concorderaient sans grands écarts mentaux pour les fidèles ? En tout état de cause, il faudrait se pencher sur la question et je lance cette bouteille à la mer si cela peut en intéresser certains.
Une autre idée, sur un plan plus pastoral, serait l'élaboration d'un missel de paroisse (type Jounel/Képhas/Ephata) mais pour les deux formes du rite, qui présenterait d'une manière qui reste à déterminer une sorte de synopse des deux formes. L'idée m'est venue en pratiquant le Missel du Barroux et en découvrant ce document du portail Salve Regina : http://www.salve-regina.com/salve/Fichi ... omanus.pdf (même s'il est évident qu'un tel document est destiné aux études de liturgie et certainement pas à aider les fidèles à suivre la messe). Ce missel permettrait non seulement aux fidèles qui le souhaitent d'assister beaucoup plus facilement tantôt à une forme, tantôt à une autre (je sais bien que le principe de fixité paroissiale est important, mais outre qu'il est assez malmené aujourd'hui, le fait est que beaucoup de fidèles assistent à la messe deux fois par semaine, par exemple dans leur aumônerie et dans leur paroisse, ou bien ils passent souvent leur week-end ou leurs vacances dans une même ville, différente de celle où ils habitent, et ont donc deux paroisses selon le lieu où ils se trouvent). Mais surtout, ce missel aiderait à mieux connaître chacun des deux rites, quel que soit celui auquel on assiste ordinairement : en tombant à chaque fois sur le confiteor traditionnel à côté du confiteor ordinaire, on s'y habitue, on trouve cela moins étrange ou bizarre... D'une certaine manière, ce livre aiderait les fidèles à avoir une meilleure familiarité avec les deux rites à la fois. Enfin, un troisième effet pourrait être d'aider les fidèles à retrouver certains rites de la messe tridentine qui, bien qu'ayant disparu de la forme ordinaire, peuvent toujours être pratiqués à titre de dévotion privée. Je pense notamment aux prières au bas de l'autel et au dernier Évangile, qui sont assurément une excellente préparation et une excellente action de grâces quelle que soit la forme à laquelle on assiste (et nonobstant les prières rituelles de préparation et d'action de grâces par ailleurs indiquées dans le Missel romain). Je n'oublie pas que le dernier Évangile a été introduit, à l'origine, à la demande des fidèles, et cela se comprend aisément étant donné que le Prologue de Jean résume et donne toute la signification de l'action liturgique accomplie dans la messe. C'est en quelque sorte la clé pour comprendre tout ce qui vient de se passer, et il ne serait certainement pas malvenu de retrouver ce texte aujourd'hui. De la même manière, les prières au bas de l'autel sont sans doute une très bonne manière de se préparer à entrer dans la célébration du Mystère, et permet de se rendre sensible à la présence du sacré en ce début de la liturgie.
Là encore, ce n'est qu'une idée qui mérite peut-être d'être explorée et qu'on réfléchisse aux modalités concrètes de sa mise en œuvre. Tel que je le vois, j'imagine un livre comportant le texte latin de la messe tridentine et, en regard, de manière à correspondre le plus possible à l'ordo tridentin, la traduction liturgique officielle du Missel pour la forme ordinaire (et peut-être une traduction en français des prières tridentines qui n'existent plus dans la forme ordinaire). On pourrait imaginer une série de catéchèses et de méditations destinées à favoriser la réflexion sur le sens profond de la liturgie, dans l'esprit de ce qu'on trouve dans le Missel du Barroux. L'idée serait évidemment d'avoir un missel d'une excellente qualité qui, en lui-même, vaille la peine d'être offert et utilisé quand bien même il ne proposerait pas ce bi-formalisme. Je suis bien conscient que cela est plus facile à dire qu'à faire, mais là encore, qu'en pensez-vous ? S'agirait-il à votre sens d'une initiative utile, profitable ? Serait-il plus pertinent de la mettre en œuvre sous la forme d'un périodique, type Magnificat, qui puisse vivifier le goût et le sens de la liturgie parmi les fidèles tout en marquant bien le fait que c'est la prière "d'aujourd'hui" ?
Bien d'autres possibilités restent sans doute à imaginer. Je me dis seulement qu'il ne faut pas avoir peur d'être inventif en ce domaine réputé traditionnel (à juste titre d'ailleurs), si l'on veut trouver des voies nouvelles pour l'unité liturgique, tout en se montrant le plus respectueux possible des deux traditions de manière à ne faire violence à personne.
Je voudrais vous soumettre une question que je me pose depuis quelque temps concernant la situation actuelle du rite romain, et ses évolutions tant du point de vue de l'ordo que de la sensibilité des fidèles.
Je crois que personne, ni parmi ceux qui préfèrent l'ancienne forme du rite, ni parmi ceux qui vont à la messe dite "Paul VI", ne peut raisonnablement se satisfaire de la situation actuelle, c'est-à-dire de ce dualisme qui crée un bi-ritualisme de fait à l'intérieur d'une unité théologique affirmée et réelle. La liturgie, "sommet et source de la vie de l'Église", tend par nature à l'unité ; c'est elle qui rassemble les chrétiens, par elle que les baptisés forment l'Église en prière, en elle que tous ceux qui prient s'unissent dans un même corps. Je ne parle même pas de ceux qui ont le courage de pratiquer les deux formes à la fois : en plus de devoir passer en permanence d'un calendrier à l'autre, ils font souvent face à l'incompréhension de leur entourage, et – l'ouverture d'esprit n'étant pas toujours là où on s'y attend le plus – parfois plus parmi ceux qui vont à la messe "Paul VI".
Pour avoir parcouru ce forum, je constate bien que plusieurs d'entre-vous sont convaincus, comme l'affirme l'Église, que les deux formes du rite romain forment une vraie unité, notamment en raison de leur origine commune dans la tradition occidentale. Hélas, et c'est un constat qu'on peut faire aisément, trop de fidèles voient et vivent l'existence de ces deux formes comme s'il s'agissait de deux rites séparés, et presque de deux Églises distinctes. Je n'ai pas besoin d'énumérer tous les murs imaginaires qui se dressent entre "progressistes" et "traditionalistes", et qui recouvrent bien souvent des oppositions sociales, morales, souvent même politiques, bien plus que religieuses. Et, bien que cela soit malheureux, on ne peut nier que l'existence de deux formes pour un même rite n'aide pas à atténuer cette situation regrettable : même lorsque l'opposition n'est pas ouverte ni totale, l'existence même d'une crispation autour de ces questions de forme est néfaste. Sans aller jusqu'à dire que le "bi-formalisme" du rite romain encourage la division parmi les fidèles, ce qui serait faux étant donné que la vocation même de la liturgie est de tendre vers l'unité, il est certain que, de manière apparente, c'est une différence qui permet la division, surtout lorsque, comme c'est le cas, elle s'inscrit dans un contexte historique fortement polarisé.
Bref, le bi-formalisme est une triste chose pour l'Église romaine et il me semble que celle-ci est appelée un jour à retrouver une forme rituelle unique.
J'ai toutefois le sentiment que les principales instances en charge de la liturgie au sein de l'Église s'efforcent de remédier à la situation actuelle par tous les moyens possibles, et surtout dans la mesure du possible étant donné les difficultés qui se dressent. D'une part, pour la forme ordinaire l'instruction Liturgiam Authenticam visait à fermer définitivement la page de la fantaisie liturgique post-conciliaire en rappelant toute l'Église moins à une conformité aux textes liturgiques romains qu'à une harmonie universelle autour d'un rite accepté par tous, de telle sorte que les particularismes locaux disparaissent au profit d'une plus grande unité à travers le monde. Le motu proprio Summorum Pontificorum a pour sa part largement aidé à atténuer les crispations que pouvait susciter la forme extraordinaire du rite romain, en permettant à ceux qui le célèbrent de concentrer leurs efforts sur l'acte liturgique lui-même, plutôt qu'à les dépenser en démarches épuisantes leur permettant d'obtenir les autorisations nécessaires. En permettant également au rite tridentin d'être célébré dans un nombre toujours croissant de lieux, il a aussi contribué à une meilleure connaissance de cette forme aujourd'hui trop largement méconnue, et pour cela rejetée a priori comme une épave du passé. En rappelant que le rite tridentin est toujours pleinement catholique, cette lettre aide à ne plus faire la distinction entre tradiitonalistes et intégristes, et à bien marquer que le conflit avec la Fraternité Saint Pie X n'est pas (ou plus) un conflit autour de questions liturgiques. Plus récemment, il semble être question de réintroduire l'offertoire du rite tridentin dans la forme ordinaire du rite romain. Bref, de nombreuses initiatives semblent prendre forme pour tenter de remédier aux regrettables problèmes qui naissent du bi-formalisme : à la fois la division parmi les fidèles, mais aussi cet effet néfaste du bi-formalisme lui-même et totalement contraire à l'esprit même de la liturgie.
Les questions que je voudrais soulever avec vous sont les suivantes, et il s'agit au fond de la même interrogation : une convergence entre les deux formes du rite romain vous semble-t-elle souhaitable, et si oui selon quelles modalités ? D'un point de vue proprement liturgique, quels seraient les moyens les plus appropriés pour tendre vers ce but, étant donné qu'il s'agirait nécessairement d'un processus long et sans doute laborieux ? Et d'un point de vue pastoral, comment, selon vous, aider les fidèles de l'une et de l'autre forme à mieux se comprendre ? En réalité, il s'agit surtout des fidèles de la messe "Paul VI" dont je parle, car bien souvent, ceux qui choisissent d'aller à la messe en rite tridentin le font par choix, et par conséquent ont tant soit peu réfléchi et connu les deux rites, tandis que l'immense majorité des partisans de la forme ordinaire ne connaissent rien ou presque de la forme extraordinaire.
J'ai eu plusieurs idées que je n'ai pas beaucoup explorées, mais qui pourraient peut-être contribuer au lancement du débat : outre la réintroduction de l'offertoire tridentin dans la forme ordinaire, j'ai le sentiment que l'un des principaux obstacles qui conduit à une séparation de fait entre les deux rites est le calendrier, puisque l'existence de deux calendriers différents rend extrêmement difficile le passage d'un rite à l'autre ou même la pratique des deux à la fois (par exemple en adoptant une forme pour la liturgie des heures et une autre pour celle de la messe). Je sais bien que la structure même du calendrier romain a fondamentalement changé avec le concile, mais il serait peut-être possible de travailler à une sorte de calendrier à deux niveaux, où certaines fêtes telles que le dimanche de la Septuagésime n'apparaîtraient que dans le calendrier tridentin, mais où dans l'ensemble, les deux calendriers concorderaient sans grands écarts mentaux pour les fidèles ? En tout état de cause, il faudrait se pencher sur la question et je lance cette bouteille à la mer si cela peut en intéresser certains.
Une autre idée, sur un plan plus pastoral, serait l'élaboration d'un missel de paroisse (type Jounel/Képhas/Ephata) mais pour les deux formes du rite, qui présenterait d'une manière qui reste à déterminer une sorte de synopse des deux formes. L'idée m'est venue en pratiquant le Missel du Barroux et en découvrant ce document du portail Salve Regina : http://www.salve-regina.com/salve/Fichi ... omanus.pdf (même s'il est évident qu'un tel document est destiné aux études de liturgie et certainement pas à aider les fidèles à suivre la messe). Ce missel permettrait non seulement aux fidèles qui le souhaitent d'assister beaucoup plus facilement tantôt à une forme, tantôt à une autre (je sais bien que le principe de fixité paroissiale est important, mais outre qu'il est assez malmené aujourd'hui, le fait est que beaucoup de fidèles assistent à la messe deux fois par semaine, par exemple dans leur aumônerie et dans leur paroisse, ou bien ils passent souvent leur week-end ou leurs vacances dans une même ville, différente de celle où ils habitent, et ont donc deux paroisses selon le lieu où ils se trouvent). Mais surtout, ce missel aiderait à mieux connaître chacun des deux rites, quel que soit celui auquel on assiste ordinairement : en tombant à chaque fois sur le confiteor traditionnel à côté du confiteor ordinaire, on s'y habitue, on trouve cela moins étrange ou bizarre... D'une certaine manière, ce livre aiderait les fidèles à avoir une meilleure familiarité avec les deux rites à la fois. Enfin, un troisième effet pourrait être d'aider les fidèles à retrouver certains rites de la messe tridentine qui, bien qu'ayant disparu de la forme ordinaire, peuvent toujours être pratiqués à titre de dévotion privée. Je pense notamment aux prières au bas de l'autel et au dernier Évangile, qui sont assurément une excellente préparation et une excellente action de grâces quelle que soit la forme à laquelle on assiste (et nonobstant les prières rituelles de préparation et d'action de grâces par ailleurs indiquées dans le Missel romain). Je n'oublie pas que le dernier Évangile a été introduit, à l'origine, à la demande des fidèles, et cela se comprend aisément étant donné que le Prologue de Jean résume et donne toute la signification de l'action liturgique accomplie dans la messe. C'est en quelque sorte la clé pour comprendre tout ce qui vient de se passer, et il ne serait certainement pas malvenu de retrouver ce texte aujourd'hui. De la même manière, les prières au bas de l'autel sont sans doute une très bonne manière de se préparer à entrer dans la célébration du Mystère, et permet de se rendre sensible à la présence du sacré en ce début de la liturgie.
Là encore, ce n'est qu'une idée qui mérite peut-être d'être explorée et qu'on réfléchisse aux modalités concrètes de sa mise en œuvre. Tel que je le vois, j'imagine un livre comportant le texte latin de la messe tridentine et, en regard, de manière à correspondre le plus possible à l'ordo tridentin, la traduction liturgique officielle du Missel pour la forme ordinaire (et peut-être une traduction en français des prières tridentines qui n'existent plus dans la forme ordinaire). On pourrait imaginer une série de catéchèses et de méditations destinées à favoriser la réflexion sur le sens profond de la liturgie, dans l'esprit de ce qu'on trouve dans le Missel du Barroux. L'idée serait évidemment d'avoir un missel d'une excellente qualité qui, en lui-même, vaille la peine d'être offert et utilisé quand bien même il ne proposerait pas ce bi-formalisme. Je suis bien conscient que cela est plus facile à dire qu'à faire, mais là encore, qu'en pensez-vous ? S'agirait-il à votre sens d'une initiative utile, profitable ? Serait-il plus pertinent de la mettre en œuvre sous la forme d'un périodique, type Magnificat, qui puisse vivifier le goût et le sens de la liturgie parmi les fidèles tout en marquant bien le fait que c'est la prière "d'aujourd'hui" ?
Bien d'autres possibilités restent sans doute à imaginer. Je me dis seulement qu'il ne faut pas avoir peur d'être inventif en ce domaine réputé traditionnel (à juste titre d'ailleurs), si l'on veut trouver des voies nouvelles pour l'unité liturgique, tout en se montrant le plus respectueux possible des deux traditions de manière à ne faire violence à personne.