blue eyes a écrit :Selon Essaie 49, verset 2, Apo.6 et d'Apo.19 parlent, probablement, de la même personne; Jésus
...Il a fait de ma parole une épée tranchante
et il me cache à l'abri de sa main.
Il a fait de mon message
une flèche pointue, dissimulée dans son carquois.
(Esaïe 49,2)
Amitié, Blue eyes
Je ne pense pas que cet exemple à lui seul suffise. Les contre exemples sont également très très nombreux
Dans le livre de Jérémie, le prophète prévient Dieu que des faux prophètes se sont glissés dans la population en lui promettant qu’elle ne sera pas touchée par les fléaux que Dieu décide d’envoyer sur eux, à savoir l’épée, la famine et la peste (14,11-16). Bien qu’ici Dieu insiste sur le fait qu’il ne les a «pas envoyés» (14,14 ; 14,15, 29,9) on reconnait la proximité des quatre fléaux des cavaliers de l’Apocalypse. Le chapitre 13 du livre d’Ezéchiel est consacré aux faux prophètes alors comparés à des bêtes sauvages, ici des «chacals» (13,4). Là encore, Dieu est assez sévère avec eux, mais ici aussi la proximité des fléaux est assez parlante, puisque à la fin du chapitre d’avant Dieu menace les rebelles de Jérusalem de les punir par l’épée, la famine et la peste (12,16). Dans le Deutéronome, Yahvé prévient qu’il enverra un prophète sur terre, et qu’il faut suivre ses paroles à lui, tout en mettant en garde que d’autres prophètes viendront et qu’ils ne faudra pas se faire perdre dans leurs paroles (Dt 18,9-22). Le Christ de l’Apocalypse serait donc celui qu’il faut suivre alors que celui qui lui ressemble (le cavalier blanc) serait un de ces faux prophètes. Un passage du livre d’Ezéchiel est assez troublant : Le prophète est chargé de dire à Jérusalem que «ses princes sont comme un lion rugissant {...} ses chefs sont comme des loups qui déchirent leur proie» et que les «faux prophètes» ont parlé en son nom sans que cela ne soit vrai (22,25-28). Ici, la traduction du mot prince est tiré du grec, mais le texte hébreux parlait en réalité de qesher nebî’êah «conspiration de prophètes». On peut alors, peut être reconnaitre les chefs (des princes munis de couronne?) qui sont des bêtes sauvages et qui sont associés à des faux prophètes? Dans le Livre des Proverbes, Yahvé dit que «le faux témoin n’est que tromperie, tel qui parle étourdiment blesse comme une épée» (12,17-18). Le menteur apparait ici comme un personnage blessant, c’est donc légitimement qu’il peut apparaitre comme un personnage armé, bien que Jean, s’il a suivi cette voie, a préféré l’arc à l’épée, réservant celle ci au deuxième cavalier.
Pour les faux prophètes dans l’Ancien Testament voir également Dt 13,2-6 ; Jr 23,9-14 ; Dt 13,2-6 etc..
Dans le Nouveau Testament, c’est dans l’Évangile selon Matthieu que l’on a la première trace des faux prophètes : Jésus met en garde ses fidèles, en leur annonçant que juste avant son retour à lui, certains d’entre eux viendront (24,5) et avec eux, des guerres et des famines (24,6-7) et qu’il ne faut pas que les fidèles s’alarment car « il faut que cela arrive » (24,5). Saint Marc (13,6) et Saint Luc (21,8-11) reprennent exactement les mêmes citations, au mot près, sauf que ce dernier rajoute la peste parmi les fléaux. La même mise en garde se retrouve dans le second épitre aux Thessaloniciens. On remarque que cette fois ci Dieu envoie une « influence qui égare et qui pousse à croire aux mensonges » (2,11). C’est un test que doivent passer les hommes, pour que Dieu puisse reconnaitre ceux d’entre eux qui sont les véritables fidèles. On peut justifier le fait que le cavalier soit blanc par un passage de l’Évangile selon Saint Matthieu, dans lequel le Christ averti des faux prophètes « déguisés en brebis » (7,15), mais qui sont en réalité des bêtes sauvages, ici des « loups rapaces », ou qui va même jusqu’à dire qu’il surgira des « Faux Christ » (24,24), formulation reprise par Saint Marc (13,22). Ce phénomène de faux prophétisme comme signe de la fin des temps se retrouve à plusieurs reprises dans la Bible : Jude 4 ; 18 ; Ac 20,29-31 ; 1 Tm 4,1 ; 2 Tm 3,1-5 ; 2 Tm 4,3.
Et je ne parle pas des textes intertestamentaires, qui ont certainement encore plus influencé l'auteur que les textes du Canon, puisque directement contemporain au texte de l'Apocalypse et de cette ambiance littéraire apocalyptique.