Quelques questions subsidiaires sur le catholicisme
Publié : jeu. 11 oct. 2007, 16:02
Bonjour,
J'ouvre un nouveau fil pour, non pas parler de mes points de désaccord, mais pour connaître la solution catholique proposée à un certain nombre de paradoxes que je crois cerner dans sa doctrine - mais qui sont sans doute apparents
- sur des points qui, somme toute, me paraissent relativement du détail - même s'il est possible que cela n'en soit pas pour vous - et qui, en tout cas, ne constituent pas chez moi un sujet majeur de discorde. Toutefois, ces détails sont suffisament troublants pour mon esprit epris de logique bien carrée, pour que cela me titille et que je souhaite avoir des éclaircissements.
1. Les catholiques disent que Dieu est immuable. Pourtant Dieu, disent-ils, a créé le monde : créer n'implique-t-il pas changer ? (passer d'un statut de non-créateur à un statut de créateur). De même, la Bible nous présente un Dieu qui semble prendre des décisions dans le temps (création en 6 jours, tables de la Loi données à Moïse, etc.), revenir sur celles-ci (ex. : le Déluge), se battre avec des mortels (ex. : Jacob), naître, vivre, mourir (Jésus-Christ), etc. Tout cela semble humain, très humain, trop humain, et en tout cas, implique le devenir, le changement, pas l'immuabilité. D'ailleurs, à quoi bon faire des prières intercessoires à l'adresse d'un Dieu qui ne saurait changer ?
2. Les catholiques disent que Dieu est bon. Alors est-il possible que Dieu puisse ne pas sauver des gens dont le seul tort serait de s'être trompés, en toute bonne foi, sur la nature de la Vérité ? (bouddhistes, athées, protestants, déistes, etc. [selon votre perspective, bien entendu]).
3. Si la conscience de qqn recherchant humblement et sincèrement la Vérité lui fait dire qu'il est moralement bon de forniquer, il commet certes une faute objective (selon vos critères) en forniquant. Mais puisqu'il fait cela parce qu'en conscience il croit bien agir, ne sera-t-il pas sauvé ? Inversement, si la conscience de qqn recherchant humblement et sincèrement la Vérité lui fait dire qu'il est moralement mauvais d'aller à la messe, et qu'il y va malgré tout, au mépris de sa conscience, par vice, il aura objectivement un bon comportement, mais ce dernier sera motivé par de mauvaises intentions. Sera-t-il sauvé ?
4. Si Dieu est omniscient, alors il semble logique qu'il sait de toute éternité qui va être sauvé et qui n'y sera pas. Peut-on encore dire que nous sommes libres ?
5. J'ai entendu une fois une comparaison entre le travail de Dieu et celui d'un écrivain. Nous sommes comme les personnages d'un roman qui serait écrit par Dieu. Dieu, comme auteur, connaît pertinemment le fin mot de l'histoire, mais ce n'est pas incompatible avec la liberté, du point de vue des personnages. Ainsi, on peut très bien écrire une histoire comportant le passage : "Mikaël décida délibéremment de commencer un nouveau sujet dans le forum de la Cité Catholique". Que pensez-vous de cette comparaison ?
6. Si Dieu est infini, omniprésent, éternel, n'englobe-t-il pas, dans sa substance, le fini, limité, temporel ? Or le théisme classique envisage Dieu comme extérieur au monde, transcendant, "tout autre", etc. Ne faut-il pas préférer le pan-en-théisme qui affirme que tout est en Dieu et Dieu est en tout ?
7. Si Dieu est tout-puissant, peut-il réussir à ne plus l'être ? à disparaître ? mais si Dieu pouvait se faire disparaître, comment pourrait-il être nécessaire ?
8. Si Dieu est parfaitement bon, il ne peut pas faire de mal. Cela n'est-il pas une limite à sa toute-puissance ?
9. C'est une vérité logique que la conséquence nécessaire de qqch de nécessaire est également nécessaire. Si la création n'est pas nécessaire, la volonté créatrice de Dieu n'est-elle pas contingente ?
C'est tout pour aujourd'hui
Mikaël
J'ouvre un nouveau fil pour, non pas parler de mes points de désaccord, mais pour connaître la solution catholique proposée à un certain nombre de paradoxes que je crois cerner dans sa doctrine - mais qui sont sans doute apparents
1. Les catholiques disent que Dieu est immuable. Pourtant Dieu, disent-ils, a créé le monde : créer n'implique-t-il pas changer ? (passer d'un statut de non-créateur à un statut de créateur). De même, la Bible nous présente un Dieu qui semble prendre des décisions dans le temps (création en 6 jours, tables de la Loi données à Moïse, etc.), revenir sur celles-ci (ex. : le Déluge), se battre avec des mortels (ex. : Jacob), naître, vivre, mourir (Jésus-Christ), etc. Tout cela semble humain, très humain, trop humain, et en tout cas, implique le devenir, le changement, pas l'immuabilité. D'ailleurs, à quoi bon faire des prières intercessoires à l'adresse d'un Dieu qui ne saurait changer ?
2. Les catholiques disent que Dieu est bon. Alors est-il possible que Dieu puisse ne pas sauver des gens dont le seul tort serait de s'être trompés, en toute bonne foi, sur la nature de la Vérité ? (bouddhistes, athées, protestants, déistes, etc. [selon votre perspective, bien entendu]).
3. Si la conscience de qqn recherchant humblement et sincèrement la Vérité lui fait dire qu'il est moralement bon de forniquer, il commet certes une faute objective (selon vos critères) en forniquant. Mais puisqu'il fait cela parce qu'en conscience il croit bien agir, ne sera-t-il pas sauvé ? Inversement, si la conscience de qqn recherchant humblement et sincèrement la Vérité lui fait dire qu'il est moralement mauvais d'aller à la messe, et qu'il y va malgré tout, au mépris de sa conscience, par vice, il aura objectivement un bon comportement, mais ce dernier sera motivé par de mauvaises intentions. Sera-t-il sauvé ?
4. Si Dieu est omniscient, alors il semble logique qu'il sait de toute éternité qui va être sauvé et qui n'y sera pas. Peut-on encore dire que nous sommes libres ?
5. J'ai entendu une fois une comparaison entre le travail de Dieu et celui d'un écrivain. Nous sommes comme les personnages d'un roman qui serait écrit par Dieu. Dieu, comme auteur, connaît pertinemment le fin mot de l'histoire, mais ce n'est pas incompatible avec la liberté, du point de vue des personnages. Ainsi, on peut très bien écrire une histoire comportant le passage : "Mikaël décida délibéremment de commencer un nouveau sujet dans le forum de la Cité Catholique". Que pensez-vous de cette comparaison ?
6. Si Dieu est infini, omniprésent, éternel, n'englobe-t-il pas, dans sa substance, le fini, limité, temporel ? Or le théisme classique envisage Dieu comme extérieur au monde, transcendant, "tout autre", etc. Ne faut-il pas préférer le pan-en-théisme qui affirme que tout est en Dieu et Dieu est en tout ?
7. Si Dieu est tout-puissant, peut-il réussir à ne plus l'être ? à disparaître ? mais si Dieu pouvait se faire disparaître, comment pourrait-il être nécessaire ?
8. Si Dieu est parfaitement bon, il ne peut pas faire de mal. Cela n'est-il pas une limite à sa toute-puissance ?
9. C'est une vérité logique que la conséquence nécessaire de qqch de nécessaire est également nécessaire. Si la création n'est pas nécessaire, la volonté créatrice de Dieu n'est-elle pas contingente ?
C'est tout pour aujourd'hui
Mikaël
