Jeudi saint et institution de l'Eucharistie
Publié : mer. 26 sept. 2007, 16:55
Dans beaucoup d'endroits et de forums, la question de la liturgie eucharistique se résume à la suivante : ce qu'on fait à la Messe est il conforme à ce qu'a fait le Christ le jeudi saint ? Et comme c'est la seule question qui est posée pour résoudre la question de la ritualité et de ses formes (y compris les sujets "chauds" comme la langue liturgique et l'orientation commune - ou non - du célébrant et de l'assemblée), je vous propose une petite réflexion :
Ce que nous faisons dans la liturgie eucharistique n'est pas le "mime" de ce que fit le Christ le 14 Nisan (c'est à dire la date annuelle, dans le calendrier hébreu, de la Pâque juive) de l'année 33 de notre ère. Le jeudi saint fut une liturgie juive, un repas rituel, dont le protocole, fixé par avance, était rigide.
Ce que nous faisons tous les dimanches à la Messe est très différent : ce n'est pas la répétition hebdomadaire de ce repas de la Pâque qui n'a lieu dans la religion juive qu'une fois par an. L'Eucharistie c'est le renouvellement du sacrifice du Christ, pas la mémoire du passage par le peuple hébreu de la mer rouge. C'est d'ailleurs très intéressant : le Rabbi - juif ! - Jésus transfigure sacramentellement ce repas rituel en instituant la Très Sainte Eucharistie et le sacerdoce/épiscopat chrétien. Il l'a d'ailleurs fait avec une certaine audace, en "dépassant" largement ce cérémonial strict, notamment, comme on le voit dans S. Jean, avec le lavement des pieds, qui lui aussi est un rituel juif d'institution des prêtres lévites. C'est la raison pour laquelle Jésus insiste lourdement auprès de Pierre.
Or les apôtres n'étaient justement pas de cette tribu de Lévi...
Il n'ya aucun doute sur la présence des sacrements (de l'ordre et de l'Eucharistie) le jeudi saint / 14 Nisan. Par contre, ce qu'on peut dire de façon certaine, c'est que ce ne fut pas une liturgie chrétienne, mais une liturgie juive. Par définition, ce ne pouvait pas être une liturgie chrétienne, et pour cause...
Donc : cela n'a pas de sens de vouloir faire à la messe une sorte de "copie" de ce qui s'est passé, et que nous connaissons par certains détails donnés par les Evangiles. La bonne approche est de se fier à la Tradition, c'est à dire à l'enseignement des apôtres, en n'oubliant jamais que l'Ecriture Sainte est justement une partie de la Tradition apostolique et non l'inverse.
Le missel romain, par exemple, insiste lourdement sur l'idée qu'il ne faut pas "mimer" le Christ au moment du récit de l'institution ; on a "il prit le pain, le rompit", mais il est explicitement demandé de ne pas rompre le pain à ce moment là. Le rituel de la "fraction du pain" (qui est la première appellation de la "liturgie eucharistique" en tant que messe) est justement réalisé à un autre moment : l'Agnus. La liturgie eucharistique (chrétienne) est ainsi un mémorial sacrificiel : mémorial du jeudi saint (qui renvoir au repas rituel : on réalise le mémorial, on ne "mime" pas comme au théâtre : "faites ceci en méméoire de moi") et on est réellement présent sacramentellement au pied de la croix (c'est le renouvellement de l'unique sacrifice).
Ce que nous faisons dans la liturgie eucharistique n'est pas le "mime" de ce que fit le Christ le 14 Nisan (c'est à dire la date annuelle, dans le calendrier hébreu, de la Pâque juive) de l'année 33 de notre ère. Le jeudi saint fut une liturgie juive, un repas rituel, dont le protocole, fixé par avance, était rigide.
Ce que nous faisons tous les dimanches à la Messe est très différent : ce n'est pas la répétition hebdomadaire de ce repas de la Pâque qui n'a lieu dans la religion juive qu'une fois par an. L'Eucharistie c'est le renouvellement du sacrifice du Christ, pas la mémoire du passage par le peuple hébreu de la mer rouge. C'est d'ailleurs très intéressant : le Rabbi - juif ! - Jésus transfigure sacramentellement ce repas rituel en instituant la Très Sainte Eucharistie et le sacerdoce/épiscopat chrétien. Il l'a d'ailleurs fait avec une certaine audace, en "dépassant" largement ce cérémonial strict, notamment, comme on le voit dans S. Jean, avec le lavement des pieds, qui lui aussi est un rituel juif d'institution des prêtres lévites. C'est la raison pour laquelle Jésus insiste lourdement auprès de Pierre.
Or les apôtres n'étaient justement pas de cette tribu de Lévi...
Il n'ya aucun doute sur la présence des sacrements (de l'ordre et de l'Eucharistie) le jeudi saint / 14 Nisan. Par contre, ce qu'on peut dire de façon certaine, c'est que ce ne fut pas une liturgie chrétienne, mais une liturgie juive. Par définition, ce ne pouvait pas être une liturgie chrétienne, et pour cause...
Donc : cela n'a pas de sens de vouloir faire à la messe une sorte de "copie" de ce qui s'est passé, et que nous connaissons par certains détails donnés par les Evangiles. La bonne approche est de se fier à la Tradition, c'est à dire à l'enseignement des apôtres, en n'oubliant jamais que l'Ecriture Sainte est justement une partie de la Tradition apostolique et non l'inverse.
Le missel romain, par exemple, insiste lourdement sur l'idée qu'il ne faut pas "mimer" le Christ au moment du récit de l'institution ; on a "il prit le pain, le rompit", mais il est explicitement demandé de ne pas rompre le pain à ce moment là. Le rituel de la "fraction du pain" (qui est la première appellation de la "liturgie eucharistique" en tant que messe) est justement réalisé à un autre moment : l'Agnus. La liturgie eucharistique (chrétienne) est ainsi un mémorial sacrificiel : mémorial du jeudi saint (qui renvoir au repas rituel : on réalise le mémorial, on ne "mime" pas comme au théâtre : "faites ceci en méméoire de moi") et on est réellement présent sacramentellement au pied de la croix (c'est le renouvellement de l'unique sacrifice).