Fête de l'Assomption de la Vierge Marie
Publié : ven. 15 août 2008, 18:34
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc 1,39-56.
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.
Dans son homélie, notre curé a insisté sur les qualité de Marie, qui ont fait d'elle l'élue du Tout-Puissant. C'était très intéressant, mais il avait peu de temps (sept paroisses à déservir, c'est beaucoup !). Malgré l'impression de "trop peu", j'ai beaucoup apprécié son commentaire du "renversement des puissants de leur trône". Ces puissants sont en nous, a-t-il dit, et ce sont tous les obstacles que notre Moi élève en rendant plus difficile l'action de la grâce. Alors, il se produit d'abord un renversement, notre auguste Moi est culbuté hors de son trône - tout comme saint Paul, alors appelé, Saül fut précipité du haut de sa monture sur le chemin de Damas.
Effectivement, me suis-je dit, il y a certaines catastrophes dans nos vies (nous les appelons instinctivement des catastrophes, alors qu'il s'agit souvent d'incidents de parcours), qui nous rendent d'un seul coup plus disponibles, nous obligent à sortir de notre cocon et à reconnaître que nous sommes faibles et faillibles.
En y réfléchissant, plus tard dans la journée, j'ai songé qu'en passant la quarantaine, j'ai commencé - comme beaucoup d'hommes, à être confronté au cholestérol et à la "légère surcharge pondérale". Ce fut une longue bagarre avec moi-même car après chaque période de régime, les taux de cholestérol étant redevenus acceptables, je replongeais assez vite dans une alimentation trop riche en viandes et en graisse, et il me fallait recommencer... A présent, j'ai dépassé la cinquantaine, et ouf, il semble que mon poids se soit stabilisé. Eh bien, me suis-je dit, sur le plan spirituel, des nécessités similaires finissent par s'imposer: si l'homme dans sa chair, à quarante ans, doit surveiller son poids, alors l'homme dans l'esprit, au même âge, devrait commencer à surveiller son "Moi". Cela me donne un joli jeu de mots, mais j'y crois tout à fait: comment laisserai-je de la place à Dieu, si je ne perds pas un peu de "Moi" ? Et jeûne pour perdre du "Moi" est tout aussi pénible que pour perdre du poids. (N'est-ce pas curieux comme les deux mots collent bien ensemble ?)
Je suis heureux de dire qu'à cette perte de "substance égoïste" a succédé peu à peu, un enrichissement de la vie en Dieu: les grâces se sont multipliées, certaines sont devenues indissociables de mon être profond. C'est le cas de ma "chute" matinale dans l'angoisse chaque matin, cette chute me fait également tomber de mon lit, je me mets à genoux, et lorsque je me relève, ce n'est plus "Etienne-moi-je" qui commence sa journée, Etienne-qui-prie (Etienne l'Orant) qui cherche le secours du Seigneur, le Lui demande et l'obtient comme le pain quotidien. Tout est donné. Marie a très bien exprimé cette plénitude qui vient d'En Haut sur toute âme lorsqu'elle se fait petite et servante...
Bonne fête de l'Assomption !
En ces jours-là, Marie se mit en route rapidement vers une ville de la montagne de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth.
Or, quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l'enfant tressaillit en elle. Alors, Élisabeth fut remplie de l'Esprit Saint,
et s'écria d'une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni.
Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu'à moi ?
Car, lorsque j'ai entendu tes paroles de salutation, l'enfant a tressailli d'allégresse au-dedans de moi.
Heureuse celle qui a cru à l'accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur. »
Marie rendit grâce au Seigneur en disant : « Mon âme exalte le Seigneur,
mon esprit exulte en Dieu mon Sauveur.
Il s'est penché sur son humble servante ;désormais tous les âges me diront bienheureuse.
Le Puissant fit pour moi des merveilles ;Saint est son nom !
Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.
Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.
Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles.
Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.
Il relève Israël son serviteur,il se souvient de son amour,
de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race à jamais. »
Marie demeura avec Élisabeth environ trois mois, puis elle s'en retourna chez elle.
Dans son homélie, notre curé a insisté sur les qualité de Marie, qui ont fait d'elle l'élue du Tout-Puissant. C'était très intéressant, mais il avait peu de temps (sept paroisses à déservir, c'est beaucoup !). Malgré l'impression de "trop peu", j'ai beaucoup apprécié son commentaire du "renversement des puissants de leur trône". Ces puissants sont en nous, a-t-il dit, et ce sont tous les obstacles que notre Moi élève en rendant plus difficile l'action de la grâce. Alors, il se produit d'abord un renversement, notre auguste Moi est culbuté hors de son trône - tout comme saint Paul, alors appelé, Saül fut précipité du haut de sa monture sur le chemin de Damas.
Effectivement, me suis-je dit, il y a certaines catastrophes dans nos vies (nous les appelons instinctivement des catastrophes, alors qu'il s'agit souvent d'incidents de parcours), qui nous rendent d'un seul coup plus disponibles, nous obligent à sortir de notre cocon et à reconnaître que nous sommes faibles et faillibles.
En y réfléchissant, plus tard dans la journée, j'ai songé qu'en passant la quarantaine, j'ai commencé - comme beaucoup d'hommes, à être confronté au cholestérol et à la "légère surcharge pondérale". Ce fut une longue bagarre avec moi-même car après chaque période de régime, les taux de cholestérol étant redevenus acceptables, je replongeais assez vite dans une alimentation trop riche en viandes et en graisse, et il me fallait recommencer... A présent, j'ai dépassé la cinquantaine, et ouf, il semble que mon poids se soit stabilisé. Eh bien, me suis-je dit, sur le plan spirituel, des nécessités similaires finissent par s'imposer: si l'homme dans sa chair, à quarante ans, doit surveiller son poids, alors l'homme dans l'esprit, au même âge, devrait commencer à surveiller son "Moi". Cela me donne un joli jeu de mots, mais j'y crois tout à fait: comment laisserai-je de la place à Dieu, si je ne perds pas un peu de "Moi" ? Et jeûne pour perdre du "Moi" est tout aussi pénible que pour perdre du poids. (N'est-ce pas curieux comme les deux mots collent bien ensemble ?)
Je suis heureux de dire qu'à cette perte de "substance égoïste" a succédé peu à peu, un enrichissement de la vie en Dieu: les grâces se sont multipliées, certaines sont devenues indissociables de mon être profond. C'est le cas de ma "chute" matinale dans l'angoisse chaque matin, cette chute me fait également tomber de mon lit, je me mets à genoux, et lorsque je me relève, ce n'est plus "Etienne-moi-je" qui commence sa journée, Etienne-qui-prie (Etienne l'Orant) qui cherche le secours du Seigneur, le Lui demande et l'obtient comme le pain quotidien. Tout est donné. Marie a très bien exprimé cette plénitude qui vient d'En Haut sur toute âme lorsqu'elle se fait petite et servante...
Bonne fête de l'Assomption !
