Les raisons de ne pas croire
Publié : jeu. 20 sept. 2007, 3:44
Bonjour, au fil de mes réflexions ces deux dernières années, j'ai trouvé que les raisons qui me faisaient adhérer à la vérité catholique ne cadrent plus avec ce que j'ai appris sur le monde en général. Je ne peux plus dire sincèrement que je crois en Dieu tel que l'Église nous l'enseigne. Voici en résumé mes principales réflexions à ce sujet.
Ce sont plutôt les principales idées dans la religion catholique qui me semblent ne pas tenir la route.
L’idée que l’homme n’ait pas de fin proportionnée à sa nature, de fin qu’il soit capable d’atteindre par lui-même pendant la durée de son existence, comme tous les autres êtres que nous voyons évoluer. Voilà une chose très contraire à l’expérience. Non seulement l’ensemble de l’Univers observable contredit cette idée (chaque chose observable est ordonnée à une fin proportionnée à sa nature), mais de plus l’idée que la majorité se fait du bonheur : on considère que quelqu’un a vécu une bonne vie s’il a atteint un certain niveau d’excellence dans ses qualités humaines, s’il a élevé une famille et/ou aidé les autres, technologiquement, financièrement, etc. Si la fin de l’homme n’était pas accessible en cette vie terrestre, pourquoi s’attristerait-on tant de la mort d’un jeune homme, et dirions-nous d’une vieille personne qu’elle est morte « de sa belle mort »? Cela ne ferait aucune différence. S’il y a une différence c’est au regard du travail accompli en vue du bien de la société, ce qui nous semble être finalement la vraie fin de la vie humaine. C’est celle vers laquelle tendent toutes nos actions, nos efforts, etc. Et non vers une fin extra-terrestre comme la contemplation de Dieu.
Saint Thomas d’Aquin prétend le démontrer en disant que puisque l’intelligence de l’homme a pour objet le bien universel, l’homme ne sera heureux que lorsqu’il verra Dieu. Mais l’intelligence de l’homme a pour objet l’être intelligible des choses sensibles, donc un certain bien, pas le bien universel.
L’idée de la mainmise de Dieu sur l’Univers, tant sur son existence que sur le cours des choses (la providence). J’ai longtemps voulu croire à cette idée, très sincèrement. Mais je n’y vois plus le moindre sens. Je veux bien que l’Univers ait besoin d’un créateur, d’un être par soi; mais une fois qu’il existe, rien ne démontre qu’il perdrait spontanément l’existence s’il cessait d’y être maintenu par Dieu. Au fond cette idée découle de la physique d’Aristote, selon laquelle un objet ne peut demeurer en mouvement que si une force s’applique continuellement sur lui. Newton a réfuté cette idée. Une chose demeure dans le même état tant qu’une autre force n’agit pas sur elle, cet état fût-il le mouvement. De même une chose a besoin d’un créateur pour passer du non-être à l’être, mais je ne vois pas pourquoi elle aurait besoin d’un créateur pour la soutenir dans l’être. Les êtres n’ont pas tendance à cesser d’être à ce que nous sachions. Rien de ce qui nous entoure n’est annihilé. Tout au plus les échanges d’énergies engendrent de nouvelles formes. Et quant à la Providence, quoiqu’on dise elle demeure incompatible avec le fait que l’Univers est déterministe. Une chose arrive parce qu’elle a telle cause, et pour modifier le cours naturel des choses, Dieu devrait violer les lois de la nature. Ce que nous n’observons pas, les lois de la nature sont au contraire très fiables.
Et si la providence n’existe pas alors la prière ne sert à rien, sinon à créer des états psychologiques bénéfiques pour la santé. On en sait assez sur les avantages qu’il y a à se créer des états mentaux positifs pour donner une explication satisfaisante de la prière sans faire appel à l’action de Dieu.
Finalement l’idée que Dieu soit maître de nos volontés, en tant que conciliable avec la liberté. Aucune explication proposée par les théologiens depuis 2000 ans n’est satisfaisante. En fait l’alternative est simple (et les solutions oscillent entre négation d’une des propositions et négation de l’autre, ou tentent un compromis illogique) : si Dieu commande la volonté, alors la volonté ne se détermine pas elle-même, et l’homme n’est pas libre. Si l’homme est libre, alors la volonté se détermine elle-même, et pas Dieu. Dire que Dieu agit sur un plan de causalité supérieur n’est que jouer avec les idées. Quel exemple avons-nous dans le monde observable de tels « plans de causalités »? L’idée de causalité suppose un plan contenant l’effet et la cause. Les séparer sur différents plans annule leur relation.
Ayant lu différents livres de philo, théologie, défense de la foi chrétienne, fréquenté des forums comme celui-ci, connaissant assez bien le CEC, j'ai l'impression de connaître par coeur les réponses catholiques à ces idées et aucune ne me satisfait.
Voilà pour l'instant, je n'ai pas le temps d'en taper plus, je reviendrai demain. Merci pour vos commentaires.
Ce sont plutôt les principales idées dans la religion catholique qui me semblent ne pas tenir la route.
L’idée que l’homme n’ait pas de fin proportionnée à sa nature, de fin qu’il soit capable d’atteindre par lui-même pendant la durée de son existence, comme tous les autres êtres que nous voyons évoluer. Voilà une chose très contraire à l’expérience. Non seulement l’ensemble de l’Univers observable contredit cette idée (chaque chose observable est ordonnée à une fin proportionnée à sa nature), mais de plus l’idée que la majorité se fait du bonheur : on considère que quelqu’un a vécu une bonne vie s’il a atteint un certain niveau d’excellence dans ses qualités humaines, s’il a élevé une famille et/ou aidé les autres, technologiquement, financièrement, etc. Si la fin de l’homme n’était pas accessible en cette vie terrestre, pourquoi s’attristerait-on tant de la mort d’un jeune homme, et dirions-nous d’une vieille personne qu’elle est morte « de sa belle mort »? Cela ne ferait aucune différence. S’il y a une différence c’est au regard du travail accompli en vue du bien de la société, ce qui nous semble être finalement la vraie fin de la vie humaine. C’est celle vers laquelle tendent toutes nos actions, nos efforts, etc. Et non vers une fin extra-terrestre comme la contemplation de Dieu.
Saint Thomas d’Aquin prétend le démontrer en disant que puisque l’intelligence de l’homme a pour objet le bien universel, l’homme ne sera heureux que lorsqu’il verra Dieu. Mais l’intelligence de l’homme a pour objet l’être intelligible des choses sensibles, donc un certain bien, pas le bien universel.
L’idée de la mainmise de Dieu sur l’Univers, tant sur son existence que sur le cours des choses (la providence). J’ai longtemps voulu croire à cette idée, très sincèrement. Mais je n’y vois plus le moindre sens. Je veux bien que l’Univers ait besoin d’un créateur, d’un être par soi; mais une fois qu’il existe, rien ne démontre qu’il perdrait spontanément l’existence s’il cessait d’y être maintenu par Dieu. Au fond cette idée découle de la physique d’Aristote, selon laquelle un objet ne peut demeurer en mouvement que si une force s’applique continuellement sur lui. Newton a réfuté cette idée. Une chose demeure dans le même état tant qu’une autre force n’agit pas sur elle, cet état fût-il le mouvement. De même une chose a besoin d’un créateur pour passer du non-être à l’être, mais je ne vois pas pourquoi elle aurait besoin d’un créateur pour la soutenir dans l’être. Les êtres n’ont pas tendance à cesser d’être à ce que nous sachions. Rien de ce qui nous entoure n’est annihilé. Tout au plus les échanges d’énergies engendrent de nouvelles formes. Et quant à la Providence, quoiqu’on dise elle demeure incompatible avec le fait que l’Univers est déterministe. Une chose arrive parce qu’elle a telle cause, et pour modifier le cours naturel des choses, Dieu devrait violer les lois de la nature. Ce que nous n’observons pas, les lois de la nature sont au contraire très fiables.
Et si la providence n’existe pas alors la prière ne sert à rien, sinon à créer des états psychologiques bénéfiques pour la santé. On en sait assez sur les avantages qu’il y a à se créer des états mentaux positifs pour donner une explication satisfaisante de la prière sans faire appel à l’action de Dieu.
Finalement l’idée que Dieu soit maître de nos volontés, en tant que conciliable avec la liberté. Aucune explication proposée par les théologiens depuis 2000 ans n’est satisfaisante. En fait l’alternative est simple (et les solutions oscillent entre négation d’une des propositions et négation de l’autre, ou tentent un compromis illogique) : si Dieu commande la volonté, alors la volonté ne se détermine pas elle-même, et l’homme n’est pas libre. Si l’homme est libre, alors la volonté se détermine elle-même, et pas Dieu. Dire que Dieu agit sur un plan de causalité supérieur n’est que jouer avec les idées. Quel exemple avons-nous dans le monde observable de tels « plans de causalités »? L’idée de causalité suppose un plan contenant l’effet et la cause. Les séparer sur différents plans annule leur relation.
Ayant lu différents livres de philo, théologie, défense de la foi chrétienne, fréquenté des forums comme celui-ci, connaissant assez bien le CEC, j'ai l'impression de connaître par coeur les réponses catholiques à ces idées et aucune ne me satisfait.
Voilà pour l'instant, je n'ai pas le temps d'en taper plus, je reviendrai demain. Merci pour vos commentaires.