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Vers un communautarisme d'entreprise ?

Publié : mar. 17 juil. 2007, 22:49
par FMD
Bonsoir,

Les récents propos tenus par Jean-Paul Agon, PDG de L'Oréal, sur la discrimination positive méritent d'être relayés et commentés car ils augurent peut-être de profonds bouleversements au sein de la structure même des moyennes et grandes entreprises installées en France. Rappelons tout d'abord ses fameux propos:
Le Monde a écrit :Qu'est-ce que fait L'Oréal en matière de diversité et est-ce mesurable ?

Nous employons en France plus de 40 nationalités. En 2006, nous avons recruté 423 cadres et une centaine était d'origine étrangère. La loi nous interdit de compter le nombre de personnes issues de la diversité soit par le nom, soit par le lieu de résidence. Mais aujourd'hui, lorsque nous rencontrons un candidat qui a un prénom d'origine étrangère, il a plus de chance d'être recruté que celui qui porte un prénom français de souche.

http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0 ... 751,0.html
Quelques commentaires:

:arrow: La franc-parler de M. Agon est hautement appréciable. Il rappelle en effet qu'une entreprise devrait avoir le droit d'employer qui bon lui semble, quitte à adopter des critères discriminants comme le patronyme, la nationalité, le sexe, la race ou je ne sais quel autre artifice communautaire. Bien sûr, le choix du patronyme semble peu judicieux au regard des objectifs de diversité affichés par L'Oréal -une Africaine chrétienne mariée à un Français de souche aurait moins de chance d'être embauchée qu'une Française de souche convertie à l'islam et mariée à un musulman- et on se doute bien que M. Agon pense davantage à une sélection selon des critères ethniques. Comprenons toutefois que de telles pratiques sont illégales et que le PDG de L'Oréal s'expose à de futures poursuites en confessant de pareils aveux en public. Sans doute s'agit-il également de contrebalancer la publicité négative provoquée par la condamnation de Garnier, filiale de L'Oréal, pour discrimination raciale.

:arrow: Il va de soi que la reconnaissance et l'acceptation de cette pratique entraînent un certain nombre de contre-coups. En tant que consommateur français, M. Agon s'adresse à ma conscience communautaire en s'exprimant de la sorte. Tout dépendra ensuite de la manière dont je déciderai de maximiser mon utilité personnelle: l'achat d'un produit L'Oréal possédant un rapport qualité-prix satisfaisant suffira-t-il à compenser le dégoût que je peux ressentir face à une entreprise qui rejette ma communauté? On comprend que le résultat de cet arbitrage dépend de notre conscience communautaire individuelle mais également du degré de communautarisation du reste de la société. La première variable étant subjective, l'économiste privilégiera l'étude de la seconde variable et se demandera notamment si l'avènement d'une société communautaire débouchera nécessairement sur une communautarisation de l'espace de travail, a fortiori au sein des grandes entreprises.

Le sujet étant posé, j'attends avec impatience vos remarques et réflexions sur ce dernier point. :p

Franck

Re: Vers un communautarisme d'entreprise ?

Publié : mer. 18 juil. 2007, 0:45
par Christophe
Salut Franck
Franck a écrit :La première variable étant subjective, l'économiste privilégiera l'étude de la seconde variable et se demandera notamment si l'avènement d'une société communautaire débouchera nécessairement sur une communautarisation de l'espace de travail, a fortiori au sein des grandes entreprises.
Ce qui est paradoxal, c'est que des dispositifs communautaristes, tels que l'affirmative action, sont sur le point d'être importés en France (sous le nom de "discrimination positive") avec pour objectif affiché de lutter contre la montée des communautarismes...
Tu fais bien de rappeler que l'employeur, de même que le propriétaire cherchant à louer son bien, devrait être parfaitement libre (d'un point de vue légal) de ses critères de recrutement. (J'émets par contre de sérieuses réserves sur la publicité à donner à certains de ces critères, tous n'étant pas moralement licites - loin s'en faut...)
Je ne crois pas que la prise de position de L'Oréal soit motivée par "le rejet de ta communauté", mais davantage par l'idéologie multiculturaliste qui idéalise la mixité : "la diversité, c'est bien". En ce sens, il n'y a aucune chance pour que M. Agon soit condamné pour ses propos.

Enfin, pour rappel, l'Église condamne toute forme de discrimination raciale, qu'elle soit "positive" ou "négative" :
"Toute théorie ou comportement basé sur le racisme et la discrimination raciale est moralement inacceptable." (Compendium de la Doctrine sociale de l'Église)


Amicalement
Christophe

Re: Vers un communautarisme d'entreprise ?

Publié : mer. 18 juil. 2007, 10:18
par Boris
Est-ce à l'Etat (en fixant des critères) ou à l'entreprise de créer son "esprit d'entreprise" ?

En fait, nous observons que sous couvert de laïcité, les laïcards sont en train d'enfermer chacun dans un communautarisme primaire :
- qui se plaint qu'un clocher avec des cloches peut gêner des musulmans ? les laïcards athés
- qui parle de discrimination positive : les laïcards athés, refusant de voir le mot "discrimination" dans leur bouche

Nous sommes en fait en plein novlangue :ils nous parlent d'ouverture, d'anti-racisme, ... et enferme chacun dans une communauté, un getho :
- les cathos taisez-vous ou renoncez à voter religion. Sinon restez chez vous et nous embêtez pas.
- les musulmans soyez outragez quand on respecte pas l'Islam mais retirez vos voiles, faites le ramadan (c'est bon pour l'actualité, ça fait vendre) mais restez entre vous dans vos citées
- surtout soyez relitivistes sinon c'est que vous êtes des gens fermés, donc fermés dans votre communauté et s'il le faut nous inventerons votre communauté
- toutes les communautés sont acceptables si elles vont à l'encontre de la morale : pratiques homosexuelles, ... sinon elles ne le sont pas, il faut donc se barricader contre ces communautés.