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Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : jeu. 12 juil. 2007, 20:00
par patrick_mtl
Salut a tous!
Voici la question qu'on m'a posé aujourd'hui:
Pourquoi le prêtre fractionne l'hostie à l'agneau de Dieu et non lorsqu'il prononce les paroles de consécration:"Jésus prit le pain, le bénit et, en rendant grâce, le rompit"
amicalement, Patrick
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : jeu. 12 juil. 2007, 20:27
par Hélène
Tiré de Redemptionis Sacramentum:
- 55 - L’abus suivant se répand dans certains lieux: durant la célébration de la sainte Messe, le prêtre rompt l’hostie au moment de la consécration. Un tel abus est contraire à la tradition de l’Église. Il doit être expressément réprouvé et il est très urgent de le corriger.
73 - Dans la célébration de la sainte Messe, la fraction du pain eucharistique commence après l’échange de la paix, pendant que l’on dit l’Agnus Dei; elle est accomplie seulement par le prêtre célébrant, et, si le cas se présente, avec l’aide d’un diacre ou d’un concélébrant, mais jamais d’un laïc. En effet, le geste de la fraction du pain «accompli par le Christ à la dernière Cène et qui, depuis l’âge apostolique, a donné son nom à toute l’action eucharistique, signifie que les multiples fidèles, dans la Communion à l’unique pain de vie, qui est le Christ, mort et ressuscité pour le salut du monde, deviennent un seul corps (1 Co 10, 17)».[153] C’est pourquoi il faut accomplir ce rite avec le plus grand respect.[154]
Cela ne dit pas explicitement pourquoi mais c'est un abus liturgique...
Fraternellement,
Hélène
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : jeu. 12 juil. 2007, 21:59
par Greensleeves
Ce serait intéressant de connaître la réponse à cette question ! Pour ma part, en l'absence de toute information, j'avancerais l'hypothèse que le prêtre qui choisit de rompre le pain au moment de la Consécration s'oriente plus dans le sens d'une commémoration protestante de la Cène (il refait au mot près les mêmes gestes que Jésus), balayant ainsi la dimension sacrificielle de l'Eucharistie.
Dans le même ordre d'idée, je songe à ce prêtre qui, paraît-il, en semaine, faisait s'asseoir tous les fidèles autour de l'autel, et leur passait la patène et le calice (Dieu merci, je n'y ai jamais assisté !).
C'est peut-être une très mauvaise explication

, et j'avoue que si un expert passait par là...

Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : ven. 13 juil. 2007, 7:36
par Boris
Je pense que tout le pain est le Corps du Christ : c'est un corps unique et UNI, non pas fragmenté.
Voilà pourquoi, selon moi, la fraction ne peut être faite à la consécration.
Par contre, et Redemptionis Sacramentum le rappelle très bien, il est important de symboliser le fait que nous communion tous au même et unique Corps du Christ : ce entraine inévitablement la fraction de celui-ci pour pouvoir le donner à plusieurs personnes.
Dans l'idéal, lorsque le nombre de fidèles le permet (c'est à dans un trou perdu, en semaine et qu'il ne fait pas beau), le prêtre ne devrait utiliser qu'une seule grande hostie qu'il fractionnerait en autant de morceau qu'il y a de personnes.
C'est évidemment impossible à la Messe Dominicale des grandes villes (quoique j'ai entendu parler de Besançon ...).
Mais pourquoi ce n'est pas fait plutôt dans la célébration, vraiment je pense que c'est pour manifester l'unité du Corps du Christ.
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : ven. 13 juil. 2007, 9:56
par François-Xavier
Sur cette question, la réponse n'est pas simple.
Ce qu'il faut savoir, mais je crois que la question a déjà été abordée sur ce forum, c'est que la liturgie eucharistique n'est pas un mime de la Cène.
Pour bien comprendre, il faut savoir que lorsque le prêtre dit (ou chante !) "accipite et manducate", ce qui est (officiellement) traduit par "Prenez et mangez", ce n'est pas à nous qu'il s'adresse. Et oui. Gros choc ?
L'Eglise, dans la célébration d'un mémorial sacrificiel, réactualise le mystère de l'offrande du Christ sur la Croix. Nous sommes à ce moment de la Messe non pas à la Cène mais au pied de la Croix. Et cela est réalisé rituellement par le mémorial du dernier repas.
C'est la ré-actualisation d'un sacrifice unique.... Ce n'est pas un autre sacrifice, ou alors le prêtre en cherchant à mimer la Cène, cherche (?) à remplacer le Christ ? Et quand bien même le lendemain il sera cloué sur le bois (le prêtre) son sacrifice ne rachèterait pas les péchés. Cela n'a donc pas de sens. Il n'a pas à le faire puisqu'il est déjà un autre Christ.
C'est complexe, mais intéressant. Peut être aura t'on un peu de temps pour creuser tout cela plus tard...
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : ven. 03 août 2007, 1:09
par Père André
Hé oui! un et un seul sachifice pour sauver le péché.En effet pendant la messe on ne reproduit pas la cène comme les Protestant mais on transforme le pain et le vin en corp et sang du Christ on appelle cela la "transubtantiation"
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : mer. 16 avr. 2008, 21:01
par Olivier JC
Bonjour,
La réponse à cette question est assez simple. La messe consiste à obéir au Christ : "Vous ferez cela en mémoire de moi".
De quoi s'agit-il ?
1) Prendre
2) Bénir
3) Rompre
4) Donner
Prendre, c'est l'Offertoire.
Bénir, c'est la Prière eucharistique.
Rompre, c'est la fraction.
Donner, c'est la communion.
D'où il ressort avec évidence que rompre le pain au moment où l'on dit "le rompit" constitue une perte de sens évidente.
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : sam. 19 avr. 2008, 10:14
par François-Xavier
Olivier JC a écrit :Bonjour,
La réponse à cette question est assez simple. La messe consiste à obéir au Christ : "Vous ferez cela en mémoire de moi".
Nous sommes bien d'accord.
Olivier JC a écrit :
De quoi s'agit-il ?
1) Prendre
2) Bénir
3) Rompre
4) Donner
Prendre, c'est l'Offertoire.
Bénir, c'est la Prière eucharistique.
Rompre, c'est la fraction.
Donner, c'est la communion.
D'où il ressort avec évidence que rompre le pain au moment où l'on dit "le rompit" constitue une perte de sens évidente.
Là, par contre, j'ai su mal à saisir vos "évidences".
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : sam. 19 avr. 2008, 10:58
par Olivier JC
Bonjour François-Xavier,
Lors de la Cène, Jésus a pris le pain, il l'a béni, l'a rompu et l'a donné à ses disciples en disant "Ceci est mon Corps", puis il a pris la coupe devin, l'a béni et l'a donnée à ses disciples en disant "Ceci est mon Sang".
De deux choses l'une concernant la répétition des faits et gestes posés par Jésus lors de la Cène.
Soit l'Eglise décidait de retenir la séquence suivante, plus "historique" :
Le prêtre prend le pain, il prononce la prière de bénédiction, rompt le pain et le distribue aux fidèles. Puis, il prend la coupe de vin, prononce la prière de bénédiction et la donne aux fidèles (ou est seul à communier, peu importe).
Mais l'Eglise n'a pas retenu cette séquence, et a regroupé en un même mouvement les deux actions du Christ. Ce qui peut se justifier, étant donné qu'il n'y a pas le "Corps" d'un côté, et le Sang de l'autre. L'utilisation du terme "Corps" vient du contact avec le monde grec. En araméen, l'équivalent est le terme "chair", que l'on retrouve chez S. Jean ("le Pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde", etc.). Et, dans la culture juive de l'époque, l'expression "la chair et le sang" désigne la personne humaine. Le symbolisme de l'Eucharistie a pour dessein de signifier la personne de Jésus, non pas séparément la chair et le sang. Unir dans un même mouvement le mémorial démontre que l'Eglise a tout de suite eu conscience de ce symbolisme et de ce qu'il impliquait (à savoir la présence réelle).
Dès lors que les deux actions sont unies dans un même mouvement, cela donne la séquence suivante :
Le prêtre prend le pain et la coupe, il prononce sur le pain et sur la coupe la prière de bénédiction, il rompt le pain, et il distribue le pain et la coupe aux fidèles (ou seulement le pain, peu importe).
Dans la mesure où c'est cette séquence que l'Eglise a retenue, qu'elle a eu d'excellentes raisons de le faire, il devient évident que déplacer la fraction du pain entraîne une perte de sens. Cela dénature la séquence liturgique retenue par l'Eglise, puisque cela donne :
Le prêtre prend le pain et la coupe, il prononce sur le pain la prière de bénédiction, il rompt le pain, il continue la prière de bénédiction sur le vin, et il distribue le pain et la coupe aux fidèles.
1. Cette façon de procéder casse le rythme de la prière de bénédiction ;
2. Cette façon de procéder fait perdre tout son sens à la fraction du pain, en l'escamotant de telle sorte qu'elle est à peine perçue par les fidèles. S'il y a un rite bien séparé de la fraction du pain, avec chant associé, c'est bien pour que l'on remarque cette fraction pleine de sens : nous participons tous à un seul pain, ainsi que le précise l'IGMR. Et la perte de sens est d'autant plus grande aujourd'hui que le plus souvent, l'utilisation de petites hosties ne manifeste pas cette communion à un même pain.
L'erreur liturgique est manifeste à mes yeux, mais sans doute ne suis-je pas très compétent pour l'expliquer...
+
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : sam. 19 avr. 2008, 14:48
par François-Xavier
OK, d'accord, j'ai compris ce que vous vouliez dire;
grand merci !
Re: Fraction du pain a l'agneau de Dieu
Publié : lun. 21 avr. 2008, 23:21
par Olivier JC
Bonsoir,
Dans mon dernier message, j'écrivais ceci :
Mais l'Eglise n'a pas retenu cette séquence
Il faut ici apporter une précision. Selon toute vraisemblance, les premières liturgies célébrées par l'Eglise retenaient précisément cette séquence. On en trouve trace dans les plus anciennes versions de la
Didascalia Apostolorum, ainsi, naturellement, que dans les Synoptiques (étant généralement admis que le récit de la Cène tel qu'on le trouve est la traduction liturgique de la Cène célébrée par Jésus), où la séparation de la consécration du pain et celle du vin par le repas est nette. Nous savons en effet que la concentration exclusive de la liturgie sur l'Eucharistie n'est pas immédiate (cf. ce qu'en dit S. Paul).
Cela ne fait que donner un poids encore plus grand à la séquence finalement retenue par l'Eglise et qui est aujourd'hui universelle. C'est un des multiples endroits où nous pouvons voir la Liturgie en train de mûrir sous l'action de l'Esprit, pour le plus grand profit spirituel des fidèles.
Egalement, il faut noter que la fraction
pendant la consécration ne peut même pas se prévaloir de l'antiquité, ce qui ne serait le cas que si cette fraction était réalisée
après la consécration. En tout état de cause, l'archéologisme (selon le terme consacré) est une parfaite idiotie : si l'Esprit se casse la tête (expression évangélique, rassurez-vous) à faire croître la graine de rituel plantée par le Christ lors de la Cène, ce n'est pas pour que l'on aille en déterrer les racines : on sait ce qui arrive quand on déracine une plante, et concernant la liturgie, on le constate
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