L'esthétisation de la violence dans le cinéma contemporain
Publié : mer. 15 mars 2006, 20:58
[align=justify]Bonsoir,
La multiplication en France d'affaires impliquant des jeunes dans des crimes sadiques et barbares a attiré mon attention sur un fait souvent repris par les journalistes mais malheureusement peu développé: l'immersion de ces jeunes dans une réalité virtuelle faite de films et de jeux vidéo où la violence est omniprésente et gratuite et où la vie humaine n'a manifestement aucune valeur. Pour restreindre la discussion aux films, je suis assez mal à l'aise de constater l'hypocrisie de notre société qui ne cesse de faire l'apologie d'oeuvres abjectes du fait de leur manque de recul ou de leur surenchère dans l'esthétisation d'une violence absurde. À ce titre, et ce sans vouloir chercher un bouc émissaire en particulier, les dernières réalisations et productions de Quentin Tarantino sont probablement ce qui se fait de « mieux » en la matière, tout du moins en Occident – le cinéma asiatique n'est en effet pas en reste, songeons notamment au sinistre Fulltime Killer de Johnnie To qui élève le meurtre au rang de discipline olympique.
Rappelez-vous l'enthousiasme médiatique suscité par Kill Bil vol. 1, film qui n'est pourtant rien d'autre qu'une vulgaire apologie nihiliste du chaos, alors qu'au même moment la Passion du Christ de Mel Gibson était vouée aux gémonies à cause de sa violence qui est pour le coup tout sauf gratuite. Il faut en effet bien comprendre que ce n'est pas la représentation de la violence en soi qui est gênante mais le fait que cette représentation soit erronée et vire bien souvent à l'apologie pure et simple. On ne peut donc comparer la Passion du Christ de Mel Gibson ou même les films de Romero où la violence et l'horreur sont dépeintes dans leur réalité la plus crue mais jamais exaltées avec un détritus cinématographique comme Hostel – film d'ailleurs produit par... Tarantino! - qui n'est rien d'autre qu'un monument de sadisme où des jeunes gens se font séquestrer et massacrer dans des conditions atroces par des tortionnaires acharnés après avoir été aguichés par des créatures bien vénales – toute ressemblance avec l'actualité récente est bien évidemment fortuite.
Comment dès lors s'étonner que des jeunes destructurés et sans aucun autre repère que cette éducation virtuelle puissent ensuite passer à l'acte et reproduire les gestes de leurs « héros » sans le moindre remord?
PaX
Franck[/align]
La multiplication en France d'affaires impliquant des jeunes dans des crimes sadiques et barbares a attiré mon attention sur un fait souvent repris par les journalistes mais malheureusement peu développé: l'immersion de ces jeunes dans une réalité virtuelle faite de films et de jeux vidéo où la violence est omniprésente et gratuite et où la vie humaine n'a manifestement aucune valeur. Pour restreindre la discussion aux films, je suis assez mal à l'aise de constater l'hypocrisie de notre société qui ne cesse de faire l'apologie d'oeuvres abjectes du fait de leur manque de recul ou de leur surenchère dans l'esthétisation d'une violence absurde. À ce titre, et ce sans vouloir chercher un bouc émissaire en particulier, les dernières réalisations et productions de Quentin Tarantino sont probablement ce qui se fait de « mieux » en la matière, tout du moins en Occident – le cinéma asiatique n'est en effet pas en reste, songeons notamment au sinistre Fulltime Killer de Johnnie To qui élève le meurtre au rang de discipline olympique.
Rappelez-vous l'enthousiasme médiatique suscité par Kill Bil vol. 1, film qui n'est pourtant rien d'autre qu'une vulgaire apologie nihiliste du chaos, alors qu'au même moment la Passion du Christ de Mel Gibson était vouée aux gémonies à cause de sa violence qui est pour le coup tout sauf gratuite. Il faut en effet bien comprendre que ce n'est pas la représentation de la violence en soi qui est gênante mais le fait que cette représentation soit erronée et vire bien souvent à l'apologie pure et simple. On ne peut donc comparer la Passion du Christ de Mel Gibson ou même les films de Romero où la violence et l'horreur sont dépeintes dans leur réalité la plus crue mais jamais exaltées avec un détritus cinématographique comme Hostel – film d'ailleurs produit par... Tarantino! - qui n'est rien d'autre qu'un monument de sadisme où des jeunes gens se font séquestrer et massacrer dans des conditions atroces par des tortionnaires acharnés après avoir été aguichés par des créatures bien vénales – toute ressemblance avec l'actualité récente est bien évidemment fortuite.
Comment dès lors s'étonner que des jeunes destructurés et sans aucun autre repère que cette éducation virtuelle puissent ensuite passer à l'acte et reproduire les gestes de leurs « héros » sans le moindre remord?
PaX
Franck[/align]