L'évolution des populations extra-européennes en France
Publié : mar. 08 mai 2007, 12:10
[align=justify]Chose rare, un organisme reconnu ose se livrer à un petit exercice de projection démographique:
[/align]Collège Interarmées de Défense - La France multiethnique de 2030: force ou faiblesse géopolitique ? a écrit :Prospective démographique sur l’évolution des populations extra-européennes
Cette population extra-européenne a cru rapidement sur le sol métropolitain : elle représentait moins de un million de personnes en 1945 et atteignait entre trois et quatre millions de personnes en 1975. Elle a donc doublé depuis cette date.
Le taux d’accroissement annuel de cette population (+1,5%) est quatre à cinq fois plus important que celui de l’ensemble de la population de la métropole (+0,3%). Il est vrai que la fécondité des femmes immigrées décroît rapidement au fur et à mesure des générations pour se rapprocher de la moyenne de l’ensemble de la population (les femmes algériennes avaient un taux de fécondité de 4,4 enfants par femme ; ce taux n’est plus que de 3,2 pour leurs filles nées en France). Plus généralement, le taux de fécondité des jeunes femmes immigrées de la seconde génération tend progressivement à se rapprocher de celui des Françaises. Ainsi, en 1982 le taux de fécondité s’établissait à 3,2 enfants par femme immigrée contre 1,8 enfants par femme française alors qu’en 1990, la comparaison de ces taux de fécondité faisait apparaître 2,8 enfants par femme immigrée contre 1,7 enfants par femme française. Cependant, cette érosion sera largement compensée par la persistance du flux migratoire extra-européen.
En effet, actuellement environ 100 000 étrangers hors EEE sont autorisés chaque année à résider à titre permanent en France. Par exemple, en 2001, 106 600 étrangers sont venus résider régulièrement en France. Ce nombre se répartissait entre les catégories suivantes (cf. rapport du CES op cit, p 83) :
− séjours au titre de l’asile politique ou territorial : 7 600 personnes ;
− séjours au titre du regroupement familial : 80 600 personnes ;
− séjours pour exercer une activité professionnelle : 9 200 personnes ;
− visiteurs, divers et régularisation exceptionnelles : 9 200 personnes.
Comme on le voit, 75% de l’immigration actuelle est une immigration de peuplement, l’immigration de travail représentant seulement 10% du total annuel. Ce flux d’immigration va être amené à évoluer à partir de 2006, année charnière à partir de laquelle la population active commencera à baisser en France en raison de l’arrivée à l’âge de la retraite des générations nombreuses nées après la deuxième guerre mondiale (de 2006 à 2020, la population active baissera d’environ 30 000 personnes par an puis d’environ 80 000 par an à compter de 2025). Afin de garder la population active à son niveau de 2006, et éviter les pénuries de main d’oeuvre ainsi qu’un déficit trop grand de l’assurance vieillesse, le rapport du CES préconise d’autoriser à partir de 2005 une croissance de l’immigration de 10 000 personnes par an pour atteindre un flux annuel maximal de 150 000 personnes par an.
Dès lors, on peut prévoir que vers 2050, au tournant du XXIème siècle, le nombre d’enfants issus de parents d’origine extra-européenne vivant en France dépassera (avec 200 000 naissances par an) celui des enfants issus de parents d’origine européenne.