Le combat invisible : la lutte contre le mensonge
Publié : ven. 17 oct. 2014, 18:03
Le combat invisible : la lutte contre le mensonge
Cela apparaîtra certes bien dérangeant à certains naïfs, mais le monde dans lequel nous vivons est régi par le mensonge. Mentir et voler sont vraiment les caractéristiques du genre humain et ceci, quelle que soit la race ou la confession. Celui qui affirmerait le contraire, proférerait simplement un mensonge de plus. Précision intéressante : tout à fait contrairement à ce que l'on pourrait croire, le progrès de la civilisation, résultat de l'effort intellectuel humain, augmente dans des proportions considérables le besoin de mentir. Lorsque Dieu transmit les tables de la loi à Moïse, celles-ci n'incluaient aucune interdiction formelle de mentir. Seule existait l'injonction « tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton frère ! » qui n'est pas vraiment une interdiction de mentir. Dieu était donc bien conscient qu'il n'était pas possible à l'homme de bannir le mensonge de sa vie. D'ailleurs, le peuple juif ayant été tellement peu convaincu par les injonctions du premier décalogue qu'il n'entendait pas suivre, Moïse fit une crise de colère au cours de laquelle il brisa les tables de la loi. Dieu, conscient que cela ne marcherait pas en fit graver de nouvelles au contenu tout à fait différent, surtout centré sur le formalisme et le rite. Heureusement que l'Eglise catholique, dans sa grande sagesse, a préféré conserver le contenu du premier décalogue à l'usage des gentils...
Les mensonges peuvent être classés en quatre catégories principales :
mensonge aux autres
mensonge à soi-même
mensonge utile
mensonge inutile
Le mensonge, une fois proféré, oblige. S'il s'agit de faits insignifiants, le mensonge, le plus souvent, n'entraîne pas de conséquences sérieuses. Par contre, un mensonge grave mène immanquablement à une catastrophe à la mesure de l'importance du problème. Jésus, à maintes reprises nous mit en garde contre ce fait, notamment lorsqu'il dit : « il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu et mis au jour » (Matthieu, X, 26 ; Marc, IV, 22 ; Luc, VIII, 17;XII,2).
Parmi les quatre formes de mensonges énumérées ci-dessus, le plus difficile à éradiquer est le mensonge à soi-même. Bien que dans tout parcours spirituel, l'éradication de toutes sortes de mensonges représente la condition sine qua non d'obtention d'un quelconque succès, c'est vraiment le mensonge fait à soi-même qui entraîne les plus lourdes conséquences, et qui est le plus difficile à extirper. En effet, notre corps abrite, même si on n'en est malheureusement pas conscient la plupart du temps, une parcelle de la divinité. C'est la raison pour laquelle la Tradition affirme que le corps est le temple de l'Esprit-saint. Se mentir à soi-même est le seul cas de figure qui constitue un blasphème contre le Saint-Esprit, blasphème qui, je vous le rappelle, est le plus grave des péchés, « celui qui ne sera pardonné ni dans ce siècle ni dans l'autre ». Se mentir à soi-même participe à la construction du personnage que nous voudrions être et façonne ainsi à bon compte notre personnalité à laquelle, bien à tort, nous confions les rennes de notre existence alors qu'il vaudrait mieux, pour chacun d'entre nous, de confier notre vie à ce que l'on appelle le Soi réel, notre âme véritable qui nous suit de siècle en siècle.
Il me faut maintenant illustrer, dans la catégorie du mensonge fait à soi-même, deux mensonges qui en sont deux facettes différentes et qui représentent les cas les plus lourds. En premier lieu, l'hypocrisie dont Jésus mettait en garde ses disciples : « avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens qu'est l'hypocrisie ». ((Luc, XII, 1). Car l'hypocrisie affecte une vertu, un sentiment louable, dans l'intention de tromper des personnes de bonne foi. Et puis, pour terminer la série, existe malheureusement le mensonge intégral qui caractérise la personne qui, à force de mentir et de tricher en toute occasion, finit par croire en ses propres mensonges et perd ainsi tout sens du réel. Ces deux derniers cas sont ceux qui sont les plus difficiles à guérir : en effet, l'hypocrisie se trouve enracinée si profondément dans la personnalité qu'elle finit par être l'élément principal du comportement. Vaincre cette tendance en soi-même nécessite des efforts intenses et douloureux. Il en est de même pour le menteur intégral. Cependant, dans ce dernier cas, si ses mensonges ne sont pas entachés d'hypocrisie, c'est-à-dire si l'élément intentionnel mythomaniaque y fait entièrement défaut, ce cas se soigne plus facilement que le précédent. L'élément le plus important à retenir, c'est que ces deux sortes de mensonges affectent gravement notre personnalité qui nous a été prêtée pour la durée de notre existence, et que nous devons faire fructifier, bonifier, afin qu'elle puisse, in fine, fusionner avec notre Soi réel, véritable parcelle divine qui est en nous (La parabole des talents qu'il faut faire fructifier pendant l'absence du maître, l'illustre admirablement). En tout cas, il faut bien se rappeler qu'aucune progression spirituelle notable ne peut s'effectuer sans l'éradication complète des mensonges et j'ajoute que le sacrement de pénitence est, à ce niveau, inopérant. Que Dieu vous bénisse.
« C'est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle qui vont être anéantis. Nous prêchons la sagesse divine, mystérieuse et cachée, que Dieu avant les siècles avait destinée pour notre gloire, sagesse qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue. » (I Corinthiens, II, 6-8).
Cela apparaîtra certes bien dérangeant à certains naïfs, mais le monde dans lequel nous vivons est régi par le mensonge. Mentir et voler sont vraiment les caractéristiques du genre humain et ceci, quelle que soit la race ou la confession. Celui qui affirmerait le contraire, proférerait simplement un mensonge de plus. Précision intéressante : tout à fait contrairement à ce que l'on pourrait croire, le progrès de la civilisation, résultat de l'effort intellectuel humain, augmente dans des proportions considérables le besoin de mentir. Lorsque Dieu transmit les tables de la loi à Moïse, celles-ci n'incluaient aucune interdiction formelle de mentir. Seule existait l'injonction « tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton frère ! » qui n'est pas vraiment une interdiction de mentir. Dieu était donc bien conscient qu'il n'était pas possible à l'homme de bannir le mensonge de sa vie. D'ailleurs, le peuple juif ayant été tellement peu convaincu par les injonctions du premier décalogue qu'il n'entendait pas suivre, Moïse fit une crise de colère au cours de laquelle il brisa les tables de la loi. Dieu, conscient que cela ne marcherait pas en fit graver de nouvelles au contenu tout à fait différent, surtout centré sur le formalisme et le rite. Heureusement que l'Eglise catholique, dans sa grande sagesse, a préféré conserver le contenu du premier décalogue à l'usage des gentils...
Les mensonges peuvent être classés en quatre catégories principales :
mensonge aux autres
mensonge à soi-même
mensonge utile
mensonge inutile
Le mensonge, une fois proféré, oblige. S'il s'agit de faits insignifiants, le mensonge, le plus souvent, n'entraîne pas de conséquences sérieuses. Par contre, un mensonge grave mène immanquablement à une catastrophe à la mesure de l'importance du problème. Jésus, à maintes reprises nous mit en garde contre ce fait, notamment lorsqu'il dit : « il n'y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu et mis au jour » (Matthieu, X, 26 ; Marc, IV, 22 ; Luc, VIII, 17;XII,2).
Parmi les quatre formes de mensonges énumérées ci-dessus, le plus difficile à éradiquer est le mensonge à soi-même. Bien que dans tout parcours spirituel, l'éradication de toutes sortes de mensonges représente la condition sine qua non d'obtention d'un quelconque succès, c'est vraiment le mensonge fait à soi-même qui entraîne les plus lourdes conséquences, et qui est le plus difficile à extirper. En effet, notre corps abrite, même si on n'en est malheureusement pas conscient la plupart du temps, une parcelle de la divinité. C'est la raison pour laquelle la Tradition affirme que le corps est le temple de l'Esprit-saint. Se mentir à soi-même est le seul cas de figure qui constitue un blasphème contre le Saint-Esprit, blasphème qui, je vous le rappelle, est le plus grave des péchés, « celui qui ne sera pardonné ni dans ce siècle ni dans l'autre ». Se mentir à soi-même participe à la construction du personnage que nous voudrions être et façonne ainsi à bon compte notre personnalité à laquelle, bien à tort, nous confions les rennes de notre existence alors qu'il vaudrait mieux, pour chacun d'entre nous, de confier notre vie à ce que l'on appelle le Soi réel, notre âme véritable qui nous suit de siècle en siècle.
Il me faut maintenant illustrer, dans la catégorie du mensonge fait à soi-même, deux mensonges qui en sont deux facettes différentes et qui représentent les cas les plus lourds. En premier lieu, l'hypocrisie dont Jésus mettait en garde ses disciples : « avant tout, gardez-vous du levain des pharisiens qu'est l'hypocrisie ». ((Luc, XII, 1). Car l'hypocrisie affecte une vertu, un sentiment louable, dans l'intention de tromper des personnes de bonne foi. Et puis, pour terminer la série, existe malheureusement le mensonge intégral qui caractérise la personne qui, à force de mentir et de tricher en toute occasion, finit par croire en ses propres mensonges et perd ainsi tout sens du réel. Ces deux derniers cas sont ceux qui sont les plus difficiles à guérir : en effet, l'hypocrisie se trouve enracinée si profondément dans la personnalité qu'elle finit par être l'élément principal du comportement. Vaincre cette tendance en soi-même nécessite des efforts intenses et douloureux. Il en est de même pour le menteur intégral. Cependant, dans ce dernier cas, si ses mensonges ne sont pas entachés d'hypocrisie, c'est-à-dire si l'élément intentionnel mythomaniaque y fait entièrement défaut, ce cas se soigne plus facilement que le précédent. L'élément le plus important à retenir, c'est que ces deux sortes de mensonges affectent gravement notre personnalité qui nous a été prêtée pour la durée de notre existence, et que nous devons faire fructifier, bonifier, afin qu'elle puisse, in fine, fusionner avec notre Soi réel, véritable parcelle divine qui est en nous (La parabole des talents qu'il faut faire fructifier pendant l'absence du maître, l'illustre admirablement). En tout cas, il faut bien se rappeler qu'aucune progression spirituelle notable ne peut s'effectuer sans l'éradication complète des mensonges et j'ajoute que le sacrement de pénitence est, à ce niveau, inopérant. Que Dieu vous bénisse.
« C'est une sagesse que nous prêchons parmi les parfaits, sagesse qui n'est pas de ce siècle, ni des chefs de ce siècle qui vont être anéantis. Nous prêchons la sagesse divine, mystérieuse et cachée, que Dieu avant les siècles avait destinée pour notre gloire, sagesse qu'aucun des chefs de ce siècle n'a connue. » (I Corinthiens, II, 6-8).