Chemin d'un retour à la foi
Publié : lun. 04 août 2014, 20:07
Bonjour à tous,
Je me permets de me présenter en quelques mots, puisqu'il s'agit là de mon premier contact avec vous. Je m'appelle Frédérick, j'habite Lille, j'ai 41 ans et deux enfants, deux merveilleuses filles de 8 et 10 ans, Cassandre et Juliette. Je suis divorcé.
Je vous prie de m'excuser, mais mon premier post ici sera long. Ne vous inquiétez pas, cela ne se reproduira pas, mais pour cette première intervention, j'ai besoin de vous expliquer mon cheminement afin que vous puissiez répondre en toute connaissance de cause à ma question concrète en fin de post.
Alors voilà, je vis depuis quelques mois une sorte de "crise spirituelle" concernant la religion. Je ne connais malheureusement aucun catholique, vous êtes donc les seuls vers qui je puis me tourner pour l'instant.
Entrons dans le vif du sujet.
Cela est important à mes yeux de parler maintenant de religion, parce que je ne sais plus tout où j'en suis. Je me sens perdu, désarçonné même.
Je commencerai, si vous le voulez bien, par vous retracer mon parcours de ses débuts à aujourd'hui. Ma religion d'enfance est le catholicisme. J'ai un temps (à l'adolescence) été attiré par le protestantisme, mais mon respect pour nos papes successifs m'a écarté de ce chemin. Lorsque j'étais jeune, j'allais à la messe chaque dimanche, je priais, et les sermons étaient toujours pour moi des moments d'intense concentration. Vers 17 ans, crise de l'adolescence oblige (mais n'excusant rien), j'ai cessé d'aller à la messe.
[Supprimé] Ainsi donc, de 6 à 17 ans, j'ai eu un parcours catholique classique (scoutisme assidu, messes, communions, confirmation, actes de prières etc...). Il est très difficile pour moi d'affirmer que j'avais la foi. Qui peut d'ailleurs l'affirmer réellement? La foi est une chose complexe, exigeante et intime, et le doute habite chaque homme. Quand je dis que j'avais la foi jusqu'à 17 ans, c'est que je considérais le message du Christ comme le plus beau témoignage d'harmonie entre les hommes ayant jamais existé, et que le Nouveau Testament - message "direct" de Jésus - était la base de mes valeurs morales. Concernant les miracles (résurrection de Lazare, pêche miraculeuse après la résurrection, multiplication des pains etc... il y en a une foultitude) j'étais dubitatif mais je "m'arrangeais pour vivre avec", si je puis dire, me contentant de ne pas y penser. Puis, à dix-huit ans je suis rentré en faculté pour entreprendre des études de physique théorique. Cela avait toujours été mon rêve. Une autre façon que la religion d'approcher les mystères de la matière, du cosmos; une vision mathématique parfaite, élégante et puissante. Je me suis rapidement fait pas mal d'amis. Dont trois en particulier, qui sont aujourd'hui encore des amis proches. Or, ces trois amis étaient non seulement athées, mais se qualifiaient eux même comme des "bouffeurs de soutanes" (je vous prie d'excuser l'expression, mais ce sont leurs mots). Ils considéraient que la religion ne véhiculait qu'images éculées et fausses croyances d'un autre âge, et que leurs Dieux à eux, c'étaient plutôt Albert Einstein, Max Planck, Werner Heisenberg, Richard Feynman, Edwin Schrödinger, tous grands physiciens, et j'en passe. J'ai d'abord essayé de convaincre mes amis que le foi n'était pas en confrontation directe avec la science, qu'il n'y avait pas "concurrence" entre elles, mais cela n'a donné aucun résultat. Sous leur pression mutuelle, j'ai donc, en un an, abandonné mes idées catholiques. Quand on a 18 - 20 ans, on est très influençable; alors oui, j'ai d'abord mis de côté ma religion, puis, les trois années qui ont suivies, je l'ai totalement rejetée, la reniant même publiquement lors d'une soirée, vaincu par les arguments de mes amis ("La résurrection du Christ?! Fred! Tu es un scientifique! Tu sais bien que les lois fondamentales de la physique, à savoir plus précisément, la loi inviolable sur l'augmentation de l'entropie, interdit une résurrection!" etc...). Alors oui, à 21 ans, j'avais tout abandonné de ma foi, j'avais tout rejeté en bloc, j'avais abjuré, me demandant comment j'avais pu croire en de telles fadaises. En quatre années, j'étais passé de l'état de catholique à l'état d'athée. A 21 ans donc je ne pensais plus au message de Jésus, je ne priais plus, bref, j'avais barricadé tout cela dans "un coffre fort mental en mon esprit", coffre fort extrêmement bien fermé. La religion, Jésus, je n'y ai alors plus repensé ne serait-ce qu'une simple seconde pendant 19 années...
Nous voici donc aujourd'hui 19 ans plus tard. J'ai intégré il y a un an l'association chrétienne Les Petits Frères des Pauvres, en tant que bénévole. Nous nous y occupons des personnes âgées en précarité affective. J'ai rencontré dans cette association beaucoup de catholiques, et cela m'a rouvert quelques portes que je croyais fermées. Et aussi, et surtout, nous avons un nouveau pape. Ses prises de positions m'ont interpellées, si bien que j'ai acheté un de ses livres, et que je suis les paroles de François chaque semaine sur Internet. Il ne m'a pas fallu deux mois pour considérer François comme un grand homme de bien, au service des pauvres et des humbles. Son choix de nom de pape, François, m'a beaucoup touché, car il montrait d'emblée sa volonté de se mettre au service de l'humble, du pauvre. Bien plus que ses deux prédécesseurs il a ré ouvert d'un coup ce coffre fort mental dont je vous parlais et que je croyais scellé à vie. François est, à mes yeux, le pape que j'attendais (inconsciemment, certes) pour avoir un déclic. J'ai en effet trouvé dans ses publications (livres, Internet, discours) ce que je considère comme étant le message du Christ "sortant de la bouche et du sourire d'un homme simple et bon au service de la foi". J'ai donc mis il y a quelques mois la photo du pape François dans un beau cadre sur ma cheminée. J'ai ressorti plus récemment mon crucifix reçu lors de ma communion et l'ai cloué au dessus de mon lit. Puis, s'en est suivi une intense période de réflexion(s). "Suis-je redevenu catholique grâce à François?", "Est-ce que je mérite de ré intégrer la communauté des chrétiens après avoir renié le Christ?", "Pourquoi, subitement, me rapprocher à nouveau des valeurs morales contenues dans les paroles du Christ, qui sont guides de vie?". Après avoir réfléchi pas mal le soir dans le lit, et relu les évangiles, au bout de quelques semaines j'ai trouvé la réponse aux questions que je viens d'évoquer. La réponse était bien tapie au fond de moi. Mais elle était très simple. En effet, depuis la naissance de mes deux filles, j'essaye de leur apprendre - pour résumer et en un mot - que l'amour du prochain et le pardon sont deux grandes vertus et guides de conduite, puisque apportant le bonheur à autrui autant qu'à soi-même. Il m'a alors semblé évident de faire partager aux enfants les messages du Nouveau Testament, que je venais de redécouvrir. J'ai commencé doucement (elles n'avaient jamais entendu le nom de Jésus), en leur expliquant qu'il y a deux mille ans, un homme, un prophète, était né en terre de Palestine, et qu'il avait apporté au monde une vison radicalement neuve, conseillant à ses frères humains de "s'aimer les uns les autres" et de savoir pardonner, entre autres exemples. Je leur ai aussi expliqué qu'en cette époque ancienne où la femme était classée au trente-sixième dessous dans les pratiques religieuses Juives, Jésus avait été, en quelque sorte, le premier des "féministes" (Marie-Madelaine, interdiction d'une lapidation etc...). Depuis mes filles me posent souvent des questions et je leur réponds dans la mesure de mes (faibles) moyens. Je leur ai aussi "présenté" le pape François, leur expliquant son rôle de guide spirituel pour la communauté des catholiques, leur faisant lire certains passages de ses écrits, passages simples d'accès même pour des enfants. Elles ont essentiellement compris que François avait comme axe principal de pensée le bien être des pauvres et que chacun, avec ses faibles moyens, pouvait agir pour plus d'harmonie et de justice. Le discours de François d'il y a quelques mois lors de sa visite aux réfugiés Nord-africains sur l'île Italienne de Lampedusa les a beaucoup touchées. Voici donc pour mes premiers pas, pour ce début de "renaissance".
Il y a un mois et demi j'ai écrit un long E-Mail à mes parents, catholiques non pratiquants, pour leur demander de m'aider dans ma nouvelle démarche spirituelle. Ils n'ont même pas daigné me répondre ne serait-ce qu'une ligne et n'ont jamais évoqués cette lettre à l'oral. J'ai trois amis proches, les plus proches de tous les proches, tous trois amis d'enfance. Je leur ai donc envoyé à chacun une lettre expliquant mon besoin de renouer avec le message du Christ et leur explicitant mes interrogations, les invitant à ouvrir le débat. Deux d'entre eux m'ont répondu avec humour que j'avais perdu les pédales et que "c'était n'importe quoi". Quolibets mal venus. Cela m'a un peu attristé, je m'attendais à plus d'ouverture d'esprit de leur part. Dieu merci, le troisième, dont je suis parrain de la fille, m'a pris bien plus au sérieux et nous avons eu de longues discussions par courriers.
Mon but principal, et finalement la seule raison valable pour laquelle je me permets de vous solliciter, c'est que j'ai un problème majeur: en quelques mois j'ai ré intégré à mon système de pensée les enseignements de Jésus et de François. Je suis retourné à la source des choses: le Nouveau Testament. J'ai par ailleurs décidé que désormais, je réadopterai le système de valeurs morales du christianisme comme mon propre système de valeurs pour devenir, si possible et avec un peu d'efforts, un homme un tout petit petit petit peu meilleurs chaque mois (vaste et ambitieux programme, mais avançons doucement, tout doucement, et sans se prendre au sérieux). LE SOUCIS: je ne crois en aucun miracle (déformation de physicien) et SURTOUT je ne peux croire, en aucun cas, sous aucun prétexte, en la résurrection du Christ. Or, il me semble que pour l'Eglise, un homme ne peut se dire catholique, ne peut dire qu'il a la foi, s'il ne croit pas en la résurrection du Christ. Cela est quand même la base, non? Et bien du coup me voilà perdu, totalement démuni, et bloqué dans la poursuite de ma démarche d'un retour à la foi. Selon vous, puis-je vivre une certaine forme de foi "à ma sauce" (quelle vilaine expression, mais parlante au moins) qui ferait abstraction de la résurrection ou dois-je "tout abandonner" (un peu radical car je ne veux plus vivre sans les enseignements de Jésus, ni en priver mes enfants...). Je me sens perdu. Je voudrais aller en parler au prêtre de ma paroisse mais étant quelqu'un d'assez timide je n'ose pas le faire. Vos avis de catholiques posés, compréhensifs et patients comptent énormément pour moi, voilà pourquoi je vous ai écrit ce long post.
Alors en résumé: est-il possible de vivre sa foi sans croire en la résurrection du Christ, ou n'est-ce pas pensable? Que dois-je faire? Tout abandonner? Passer à autre chose?
D'avance merci de votre aide, et surtout merci d'avoir lu ma tartine pas bien passionnante <:
Fraternellement,
Frédérick.
Je me permets de me présenter en quelques mots, puisqu'il s'agit là de mon premier contact avec vous. Je m'appelle Frédérick, j'habite Lille, j'ai 41 ans et deux enfants, deux merveilleuses filles de 8 et 10 ans, Cassandre et Juliette. Je suis divorcé.
Je vous prie de m'excuser, mais mon premier post ici sera long. Ne vous inquiétez pas, cela ne se reproduira pas, mais pour cette première intervention, j'ai besoin de vous expliquer mon cheminement afin que vous puissiez répondre en toute connaissance de cause à ma question concrète en fin de post.
Alors voilà, je vis depuis quelques mois une sorte de "crise spirituelle" concernant la religion. Je ne connais malheureusement aucun catholique, vous êtes donc les seuls vers qui je puis me tourner pour l'instant.
Entrons dans le vif du sujet.
Cela est important à mes yeux de parler maintenant de religion, parce que je ne sais plus tout où j'en suis. Je me sens perdu, désarçonné même.
Je commencerai, si vous le voulez bien, par vous retracer mon parcours de ses débuts à aujourd'hui. Ma religion d'enfance est le catholicisme. J'ai un temps (à l'adolescence) été attiré par le protestantisme, mais mon respect pour nos papes successifs m'a écarté de ce chemin. Lorsque j'étais jeune, j'allais à la messe chaque dimanche, je priais, et les sermons étaient toujours pour moi des moments d'intense concentration. Vers 17 ans, crise de l'adolescence oblige (mais n'excusant rien), j'ai cessé d'aller à la messe.
[Supprimé] Ainsi donc, de 6 à 17 ans, j'ai eu un parcours catholique classique (scoutisme assidu, messes, communions, confirmation, actes de prières etc...). Il est très difficile pour moi d'affirmer que j'avais la foi. Qui peut d'ailleurs l'affirmer réellement? La foi est une chose complexe, exigeante et intime, et le doute habite chaque homme. Quand je dis que j'avais la foi jusqu'à 17 ans, c'est que je considérais le message du Christ comme le plus beau témoignage d'harmonie entre les hommes ayant jamais existé, et que le Nouveau Testament - message "direct" de Jésus - était la base de mes valeurs morales. Concernant les miracles (résurrection de Lazare, pêche miraculeuse après la résurrection, multiplication des pains etc... il y en a une foultitude) j'étais dubitatif mais je "m'arrangeais pour vivre avec", si je puis dire, me contentant de ne pas y penser. Puis, à dix-huit ans je suis rentré en faculté pour entreprendre des études de physique théorique. Cela avait toujours été mon rêve. Une autre façon que la religion d'approcher les mystères de la matière, du cosmos; une vision mathématique parfaite, élégante et puissante. Je me suis rapidement fait pas mal d'amis. Dont trois en particulier, qui sont aujourd'hui encore des amis proches. Or, ces trois amis étaient non seulement athées, mais se qualifiaient eux même comme des "bouffeurs de soutanes" (je vous prie d'excuser l'expression, mais ce sont leurs mots). Ils considéraient que la religion ne véhiculait qu'images éculées et fausses croyances d'un autre âge, et que leurs Dieux à eux, c'étaient plutôt Albert Einstein, Max Planck, Werner Heisenberg, Richard Feynman, Edwin Schrödinger, tous grands physiciens, et j'en passe. J'ai d'abord essayé de convaincre mes amis que le foi n'était pas en confrontation directe avec la science, qu'il n'y avait pas "concurrence" entre elles, mais cela n'a donné aucun résultat. Sous leur pression mutuelle, j'ai donc, en un an, abandonné mes idées catholiques. Quand on a 18 - 20 ans, on est très influençable; alors oui, j'ai d'abord mis de côté ma religion, puis, les trois années qui ont suivies, je l'ai totalement rejetée, la reniant même publiquement lors d'une soirée, vaincu par les arguments de mes amis ("La résurrection du Christ?! Fred! Tu es un scientifique! Tu sais bien que les lois fondamentales de la physique, à savoir plus précisément, la loi inviolable sur l'augmentation de l'entropie, interdit une résurrection!" etc...). Alors oui, à 21 ans, j'avais tout abandonné de ma foi, j'avais tout rejeté en bloc, j'avais abjuré, me demandant comment j'avais pu croire en de telles fadaises. En quatre années, j'étais passé de l'état de catholique à l'état d'athée. A 21 ans donc je ne pensais plus au message de Jésus, je ne priais plus, bref, j'avais barricadé tout cela dans "un coffre fort mental en mon esprit", coffre fort extrêmement bien fermé. La religion, Jésus, je n'y ai alors plus repensé ne serait-ce qu'une simple seconde pendant 19 années...
Nous voici donc aujourd'hui 19 ans plus tard. J'ai intégré il y a un an l'association chrétienne Les Petits Frères des Pauvres, en tant que bénévole. Nous nous y occupons des personnes âgées en précarité affective. J'ai rencontré dans cette association beaucoup de catholiques, et cela m'a rouvert quelques portes que je croyais fermées. Et aussi, et surtout, nous avons un nouveau pape. Ses prises de positions m'ont interpellées, si bien que j'ai acheté un de ses livres, et que je suis les paroles de François chaque semaine sur Internet. Il ne m'a pas fallu deux mois pour considérer François comme un grand homme de bien, au service des pauvres et des humbles. Son choix de nom de pape, François, m'a beaucoup touché, car il montrait d'emblée sa volonté de se mettre au service de l'humble, du pauvre. Bien plus que ses deux prédécesseurs il a ré ouvert d'un coup ce coffre fort mental dont je vous parlais et que je croyais scellé à vie. François est, à mes yeux, le pape que j'attendais (inconsciemment, certes) pour avoir un déclic. J'ai en effet trouvé dans ses publications (livres, Internet, discours) ce que je considère comme étant le message du Christ "sortant de la bouche et du sourire d'un homme simple et bon au service de la foi". J'ai donc mis il y a quelques mois la photo du pape François dans un beau cadre sur ma cheminée. J'ai ressorti plus récemment mon crucifix reçu lors de ma communion et l'ai cloué au dessus de mon lit. Puis, s'en est suivi une intense période de réflexion(s). "Suis-je redevenu catholique grâce à François?", "Est-ce que je mérite de ré intégrer la communauté des chrétiens après avoir renié le Christ?", "Pourquoi, subitement, me rapprocher à nouveau des valeurs morales contenues dans les paroles du Christ, qui sont guides de vie?". Après avoir réfléchi pas mal le soir dans le lit, et relu les évangiles, au bout de quelques semaines j'ai trouvé la réponse aux questions que je viens d'évoquer. La réponse était bien tapie au fond de moi. Mais elle était très simple. En effet, depuis la naissance de mes deux filles, j'essaye de leur apprendre - pour résumer et en un mot - que l'amour du prochain et le pardon sont deux grandes vertus et guides de conduite, puisque apportant le bonheur à autrui autant qu'à soi-même. Il m'a alors semblé évident de faire partager aux enfants les messages du Nouveau Testament, que je venais de redécouvrir. J'ai commencé doucement (elles n'avaient jamais entendu le nom de Jésus), en leur expliquant qu'il y a deux mille ans, un homme, un prophète, était né en terre de Palestine, et qu'il avait apporté au monde une vison radicalement neuve, conseillant à ses frères humains de "s'aimer les uns les autres" et de savoir pardonner, entre autres exemples. Je leur ai aussi expliqué qu'en cette époque ancienne où la femme était classée au trente-sixième dessous dans les pratiques religieuses Juives, Jésus avait été, en quelque sorte, le premier des "féministes" (Marie-Madelaine, interdiction d'une lapidation etc...). Depuis mes filles me posent souvent des questions et je leur réponds dans la mesure de mes (faibles) moyens. Je leur ai aussi "présenté" le pape François, leur expliquant son rôle de guide spirituel pour la communauté des catholiques, leur faisant lire certains passages de ses écrits, passages simples d'accès même pour des enfants. Elles ont essentiellement compris que François avait comme axe principal de pensée le bien être des pauvres et que chacun, avec ses faibles moyens, pouvait agir pour plus d'harmonie et de justice. Le discours de François d'il y a quelques mois lors de sa visite aux réfugiés Nord-africains sur l'île Italienne de Lampedusa les a beaucoup touchées. Voici donc pour mes premiers pas, pour ce début de "renaissance".
Il y a un mois et demi j'ai écrit un long E-Mail à mes parents, catholiques non pratiquants, pour leur demander de m'aider dans ma nouvelle démarche spirituelle. Ils n'ont même pas daigné me répondre ne serait-ce qu'une ligne et n'ont jamais évoqués cette lettre à l'oral. J'ai trois amis proches, les plus proches de tous les proches, tous trois amis d'enfance. Je leur ai donc envoyé à chacun une lettre expliquant mon besoin de renouer avec le message du Christ et leur explicitant mes interrogations, les invitant à ouvrir le débat. Deux d'entre eux m'ont répondu avec humour que j'avais perdu les pédales et que "c'était n'importe quoi". Quolibets mal venus. Cela m'a un peu attristé, je m'attendais à plus d'ouverture d'esprit de leur part. Dieu merci, le troisième, dont je suis parrain de la fille, m'a pris bien plus au sérieux et nous avons eu de longues discussions par courriers.
Mon but principal, et finalement la seule raison valable pour laquelle je me permets de vous solliciter, c'est que j'ai un problème majeur: en quelques mois j'ai ré intégré à mon système de pensée les enseignements de Jésus et de François. Je suis retourné à la source des choses: le Nouveau Testament. J'ai par ailleurs décidé que désormais, je réadopterai le système de valeurs morales du christianisme comme mon propre système de valeurs pour devenir, si possible et avec un peu d'efforts, un homme un tout petit petit petit peu meilleurs chaque mois (vaste et ambitieux programme, mais avançons doucement, tout doucement, et sans se prendre au sérieux). LE SOUCIS: je ne crois en aucun miracle (déformation de physicien) et SURTOUT je ne peux croire, en aucun cas, sous aucun prétexte, en la résurrection du Christ. Or, il me semble que pour l'Eglise, un homme ne peut se dire catholique, ne peut dire qu'il a la foi, s'il ne croit pas en la résurrection du Christ. Cela est quand même la base, non? Et bien du coup me voilà perdu, totalement démuni, et bloqué dans la poursuite de ma démarche d'un retour à la foi. Selon vous, puis-je vivre une certaine forme de foi "à ma sauce" (quelle vilaine expression, mais parlante au moins) qui ferait abstraction de la résurrection ou dois-je "tout abandonner" (un peu radical car je ne veux plus vivre sans les enseignements de Jésus, ni en priver mes enfants...). Je me sens perdu. Je voudrais aller en parler au prêtre de ma paroisse mais étant quelqu'un d'assez timide je n'ose pas le faire. Vos avis de catholiques posés, compréhensifs et patients comptent énormément pour moi, voilà pourquoi je vous ai écrit ce long post.
Alors en résumé: est-il possible de vivre sa foi sans croire en la résurrection du Christ, ou n'est-ce pas pensable? Que dois-je faire? Tout abandonner? Passer à autre chose?
D'avance merci de votre aide, et surtout merci d'avoir lu ma tartine pas bien passionnante <:
Fraternellement,
Frédérick.