St Laurent, St Dominique & St Maximin : reliques retrouvées
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etienne lorant
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St Laurent, St Dominique & St Maximin : reliques retrouvées
À la veille de Noël, en mettant « un peu d’ordre » dans la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Saint Maximin-la-Sainte-Baume (Var), son curé, le P. Florian Racine, 43 ans, tombe sur une « vieille boîte, sans allure et assez légère », de la taille d’une boîte à chaussures. Elle est en zinc, entièrement scellée.Ce qu’il croit n’être qu’un coffre insignifiant est déposé dans un coin du presbytère. « Elle est restée là plus d’un mois », raconte le jeune curé, en poste depuis deux ans.
Quand en février, il se décide à l’ouvrir, il remarque d’abord de vieux manuscrits datant du début du XXe siècle, rédigés par des chanceliers et des dominicains de l’époque, avec le cachet de l’évêque. Ces documents sont accompagnés de reliques empaquetées dans un corporal. Les trois tissus blancs « légèrement transparents » scellés recouvrent une relique de st Laurent, diacre et martyr, une autre de st Dominique dans un médaillon, et une troisième de st Maximin. Ce n’est que quand il glisse sa main au fond de la boîte, que le jeune curé sent les courbes d’un crâne que le tissu ne suffit pas à recouvrir, et qui est présenté comme celui de Saint Sidoine, l’aveugle-né guéri par Jésus.
« UN SYMBOLE FORT POUR AIDER LES CROYANTS »
Les sceaux, datés de 1905, sont cassés le jour même par la chancellerie de Toulon, en présence de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon et du P. Racine. « Dans l’Évangile de Saint Jean au chapitre IX, Saint Sidoine, l’aveugle né, retrouve la lumière grâce au Christ », raconte le prêtre. Dans le contexte actuel de Nouvelle évangélisation, cette trouvaille est, selon lui, « un symbole très fort pour aider les croyants à témoigner du Christ ». En effet, selon la tradition, Saint Sidoine fut chassé de la synagogue et renié par ses parents après sa guérison. Le moment venu d’annoncer l’Évangile, il embarqua avec Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et d’autres disciples sur un bateau qui les emmena en Provence. Quand Maximin s’éteignit, Sidoine devint évêque d’Aix. Après sa mort, vers l’an 80, ses reliques furent placées dans la Basilique de Saint Maximin.
Elles auraient été sauvées trois fois. D’abord par les moines cassianites, en 710, à l’arrivée des Sarrasins. Puis par le sacristain Bastide, lors de la Révolution française, qui ne put sauver que quelques vestiges. Et en 1905 par les Dominicains. En cédant la basilique au diocèse de Fréjus-Toulon, en 1957, ces derniers ont laissé tout l’héritage provençal qui s’y trouvait. « Le P. David Macaire, prieur des Dominicains de la Sainte-Baume, tout près d’ici, se réjouit plus de la découverte du médaillon où repose la relique de Saint Dominique, que de celle de Saint Sidoine », confie le prêtre, amusé.
La nouvelle de cette découverte sera annoncée dimanche 4 mai aux fidèles de Saint Maximin, particulièrement attachés à la tradition provençale des reliques.
http://www.la-croix.com/Religion/Actual ... 02-1144795
Quand en février, il se décide à l’ouvrir, il remarque d’abord de vieux manuscrits datant du début du XXe siècle, rédigés par des chanceliers et des dominicains de l’époque, avec le cachet de l’évêque. Ces documents sont accompagnés de reliques empaquetées dans un corporal. Les trois tissus blancs « légèrement transparents » scellés recouvrent une relique de st Laurent, diacre et martyr, une autre de st Dominique dans un médaillon, et une troisième de st Maximin. Ce n’est que quand il glisse sa main au fond de la boîte, que le jeune curé sent les courbes d’un crâne que le tissu ne suffit pas à recouvrir, et qui est présenté comme celui de Saint Sidoine, l’aveugle-né guéri par Jésus.
« UN SYMBOLE FORT POUR AIDER LES CROYANTS »
Les sceaux, datés de 1905, sont cassés le jour même par la chancellerie de Toulon, en présence de Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon et du P. Racine. « Dans l’Évangile de Saint Jean au chapitre IX, Saint Sidoine, l’aveugle né, retrouve la lumière grâce au Christ », raconte le prêtre. Dans le contexte actuel de Nouvelle évangélisation, cette trouvaille est, selon lui, « un symbole très fort pour aider les croyants à témoigner du Christ ». En effet, selon la tradition, Saint Sidoine fut chassé de la synagogue et renié par ses parents après sa guérison. Le moment venu d’annoncer l’Évangile, il embarqua avec Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et d’autres disciples sur un bateau qui les emmena en Provence. Quand Maximin s’éteignit, Sidoine devint évêque d’Aix. Après sa mort, vers l’an 80, ses reliques furent placées dans la Basilique de Saint Maximin.
Elles auraient été sauvées trois fois. D’abord par les moines cassianites, en 710, à l’arrivée des Sarrasins. Puis par le sacristain Bastide, lors de la Révolution française, qui ne put sauver que quelques vestiges. Et en 1905 par les Dominicains. En cédant la basilique au diocèse de Fréjus-Toulon, en 1957, ces derniers ont laissé tout l’héritage provençal qui s’y trouvait. « Le P. David Macaire, prieur des Dominicains de la Sainte-Baume, tout près d’ici, se réjouit plus de la découverte du médaillon où repose la relique de Saint Dominique, que de celle de Saint Sidoine », confie le prêtre, amusé.
La nouvelle de cette découverte sera annoncée dimanche 4 mai aux fidèles de Saint Maximin, particulièrement attachés à la tradition provençale des reliques.
http://www.la-croix.com/Religion/Actual ... 02-1144795
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Les reliques retrouvées
Navré, mais on ne me fera pas croire que ce crâne est authentique. Les Saintes femmes en Provence... J'ai un grand respect pour la Tradition mais ce genre de truc, ça ne passe pas.
C'est un peu comme le sarcophage des Rois-Mages que l'on trouve dans la Cathédrale de Cologne. C'est une oeuvre d'art magnifique et un bel objet de foi, mais ma foi se bâti sur la raison, pas sur la croyance sans réflexion.
C'est un peu comme le sarcophage des Rois-Mages que l'on trouve dans la Cathédrale de Cologne. C'est une oeuvre d'art magnifique et un bel objet de foi, mais ma foi se bâti sur la raison, pas sur la croyance sans réflexion.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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etienne lorant
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Re: Les reliques retrouvées
Pour ce qui est de la raison, du moins en ce qui me concerne, elle a complètement échoué à donner un sens à ma vie. Ce ne sont pas sur mes études en économie, puis en philosophie, sociologie, histoire, etc. qui m'ont conduit à reconnaître le Christ. Mais à partir du moment où j'ai pu reconnaître mon impuissance à être heureux... là, j'ai été proche du but.Héraclius a écrit :ma foi se bâti sur la raison, pas sur la croyance sans réflexion.
Cette relique est une relique :
Pourquoi venons-nous vénérer les reliques ?
Parce que nous vénérons la présence de Dieu dans une personne, nous honorons le lieu où Dieu s’est rendu présent. Le culte des reliques n’est pas magique, mais à travers la vie d’un saint nous honorons la présence de Dieu en l’homme. A travers la sainteté l’Eglise nous donne en exemple la vie d’une personne qui a vécu avec le Christ.
En présence des reliques nous pouvons évoquer plus facilement la condition humaine du saint ; c’est avec leur corps que les saints ont agi, pensé, prié, travaillé, souffert et fait l’expérience de la mort. Or ces signes si ténus et presque dérisoires, voici que Dieu veut parfois s’en servir pour manifester sa Présence et faire éclater sa Puissance et sa Gloire, car c’est Lui qui agit à travers ces signes.
http://qe.catholique.org/pratique-relig ... hretiennes
Et s'il n'est pas prouvé que ladite relique est bien celle qu'on croit, cela ne prouve pas non plus qu'elle n'est pas ce qu'ont cru les fidèles.
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
Re: Les reliques retrouvées
Non, mais on ne peut pas gober n'importe quoi non plus au nom de la foi ! Certaines reliques sont relativement fiables, d'autres... moins.etienne lorant a écrit :Pour ce qui est de la raison, du moins en ce qui me concerne, elle a complètement échoué à donner un sens à ma vie. Ce ne sont pas sur mes études en économie, puis en philosophie, sociologie, histoire, etc. qui m'ont conduit à reconnaître le Christ. Mais à partir du moment où j'ai pu reconnaître mon impuissance à être heureux... là, j'ai été proche du but.Héraclius a écrit :ma foi se bâti sur la raison, pas sur la croyance sans réflexion.
Cette relique est une relique :
Pourquoi venons-nous vénérer les reliques ?
Parce que nous vénérons la présence de Dieu dans une personne, nous honorons le lieu où Dieu s’est rendu présent. Le culte des reliques n’est pas magique, mais à travers la vie d’un saint nous honorons la présence de Dieu en l’homme. A travers la sainteté l’Eglise nous donne en exemple la vie d’une personne qui a vécu avec le Christ.
En présence des reliques nous pouvons évoquer plus facilement la condition humaine du saint ; c’est avec leur corps que les saints ont agi, pensé, prié, travaillé, souffert et fait l’expérience de la mort. Or ces signes si ténus et presque dérisoires, voici que Dieu veut parfois s’en servir pour manifester sa Présence et faire éclater sa Puissance et sa Gloire, car c’est Lui qui agit à travers ces signes.
http://qe.catholique.org/pratique-relig ... hretiennes
Et s'il n'est pas prouvé que ladite relique est bien celle qu'on croit, cela ne prouve pas non plus qu'elle n'est pas ce qu'ont cru les fidèles.
Jetez un œil à cela :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint_Pr%C3%A9puce
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Re: Les reliques retrouvées
La légende est belle, mais ... c'est une légende !etienne lorant a écrit :En effet, selon la tradition, Saint Sidoine fut chassé de la synagogue et renié par ses parents après sa guérison. Le moment venu d’annoncer l’Évangile, il embarqua avec Lazare, Marthe, Marie-Madeleine et d’autres disciples sur un bateau qui les emmena en Provence. Quand Maximin s’éteignit, Sidoine devint évêque d’Aix. Après sa mort, vers l’an 80, ses reliques furent placées dans la Basilique de Saint Maximin.
Cette question, maintes fois débattue, trouve une réponse simple et catégorique : la légende en question est sans fondement crédible ! Lazare, Marthe et Marie ne sont jamais venus en Gaule et les deux saintes femmes n'ont jamais débarqué (en compagnie de leur hypothétique servante Sara) sur dans le delta du Rhône, sur les rivages de sable qui ont pris le nom de Saintes-Marie-de-la-Mer.
EN REVANCHE, il est certain que cette légende est ancienne et, surtout, qu'elle a alimenté un culte chrétien authentique. Ce culte n'apparaît en fait que tardivement et la légende n'est attestée au mieux qu'à l'époque carolingienne (quoiqu'en dise le site du diocèse de Fréjus-Toulon, qui parle de manière vague "des premiers siècles chrétiens").
Légende et culte des saintes Marie et de saint Lazare sont pourtant intimement liés à l'histoire provençale, et pour une certaine part, à l'identité provençale.
Ce qui est certain, c'est que le culte rendu à ces saints, à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume, aux Saintes-Maries-de-la-Mer, mais aussi à Vézelay (pour ne citer que les principaux sanctuaires qui leur sont dédiés), est AUTHENTIQUE. Sur des bases historiquement fausses, certes, mais avec une foi REELLE de la part des pèlerins et de leurs pasteurs.
On trouve le même phénomène, en plus complexe toutefois, avec un improbable débarquement de Zachée et de Véronique (devenus entre temps mari et femme !) à Bordeaux, et qui auraient évangélisé le Sud-Ouest de la France de Bordeaux à Bourges, en passant par Rocamadour et Conques ...
De telles légendes avaient évidemment pour but, conscient ou inconscient (!?), de prouver la très ancienne évangélisation de la Gaule (qui a pris en réalité plusieurs siècles). Il était sans doute plus facile, et peut-être plus valorisant, de saisir la filiation spirituelle de l'Evangile en se référant (quitte à tordre un peu la réalité historique) à des contemporains et compagnons du Christ lui-même que de se référer au grec Irénée, disciple de Polycarpe, dont on suppose qu'il fut enseigné par (le) saint Jean (rédacteur de l'Apocalypse), dont on n'est pas certain qu'il soit le même que le saint Jean, l'un des douze ...
En résumé, on est bien en face de légendes, sans fondement historique crédible, mais la foi qui anime depuis longtemps la dévotion dans ces saints est ANTHENTIQUE et infiniment RESPECTABLE.
A la question "est-il légitime de vénérer les reliques ?", ma réponse est donc clairement "oui !"
A la question "ces reliques sont-elles bien les restes des saints ?", ma réponse est donc "pas sûr du tout, notamment pour les plus anciennes ! MAIS je suis heureux de m'associer par-delà les siècles à mes prédécesseurs dans la foi, et de m'associer dans la communion des saints à l'exemple et à la prière des saints".
A la question "faut-il douter de l'authenticité de TOUTES les reliques ?", ma réponse est "non ! à partir de la fin du Moyen-Âge, l'authenticité des reliques ne pas vraiment de doute ; auparavant, il convient d'être plus prudent sur leur authenticité, mais pas sur le culte qu'elles ont généré".
Fraternellement
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
Re: Les reliques retrouvées
Sans aucun doute.En résumé, on est bien en face de légendes, sans fondement historique crédible, mais la foi qui anime depuis longtemps la dévotion dans ces saints est ANTHENTIQUE et infiniment RESPECTABLE.
En temps que symboles, images, "icônes", oui. Pas en temps que reliques.A la question "est-il légitime de vénérer les reliques ?", ma réponse est donc clairement "oui !"
Soit.A la question "ces reliques sont-elles bien les restes des saints ?", ma réponse est donc "pas sûr du tout, notamment pour les plus anciennes ! MAIS je suis heureux de m'associer par-delà les siècles à mes prédécesseurs dans la foi, et de m'associer dans la communion des saints à l'exemple et à la prière des saints".
C'est évident. Et on peut supposer que pour certaines des plus anciennes et importantes (je pense aux reliques de la passion, notamment), la grâce de l'Esprit a préservé les fidèles de l'erreur et a permis de conserver de véritables reliques.A la question "faut-il douter de l'authenticité de TOUTES les reliques ?", ma réponse est "non ! à partir de la fin du Moyen-Âge, l'authenticité des reliques ne pas vraiment de doute ; auparavant, il convient d'être plus prudent sur leur authenticité, mais pas sur le culte qu'elles ont généré".
En Christ,
Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)
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Re: Les reliques retrouvées
J'étais il y a 8 jours à la Ste Baume pour la retraite annuelle des Fraternités laïques dominicaines, nous avons visité la basilique de St Maximin mais je n'ai pas entendu parler de cette histoire de reliques !
Je comprends que le frère David Macaire soit plus intéressé par les reliques de notre père st Dominique, certainement authentiques, que par le crâne de l'hypothétique st Sidoine.
Quant à la présence de ste Marie Madeleine en ces lieux, je suis très sceptique, mais on ne peut pas affirmer qu'elle n'est jamais venue en Gaule. Après tout, on n'en sait rien. Puisque Caïphe et Pilate ont terminé leurs jours en exil dans les Hautes-Pyrénées (à St Bertrand de Comminges, Lugdunum Convenarum) - et ça c'est historique, ce n'est pas une légende -, pourquoi des amis de Jésus n'auraient-ils pas fui vers nos rivages ?
Ce qui est très douteux aussi, c'est que Marie Madeleine soit Marie de Béthanie, soeur de Marthe et de Lazare.
En tout cas, il y a bel et bien un squelette très ancien dans la basilique St Maximin, le squelette d'une femme quinquagénaire de type méditerranéen. En visitant cette basilique, je me demandais pourquoi ils ne passaient pas ce squelette au carbone 14, ainsi on saurait si c'est vraiment du 1er siècle? C'est peut-être simplement une question d'argent car la pauvre basilique, qui est superbe, tombe un peu en ruines...
Et quant à la Sainte-Baume, il y a certainement eu une pénitente qui y a vécu à une époque très ancienne. Peut-être pas Marie Madeleine, ou peut-être elle, qui sait ?
Je comprends que le frère David Macaire soit plus intéressé par les reliques de notre père st Dominique, certainement authentiques, que par le crâne de l'hypothétique st Sidoine.
A la Ste Baume, il est dit que des frères cassianites se sont établis là en 415, c'est bien avant l'époque carolingienne.Jean-Mic a écrit : il est certain que cette légende est ancienne et, surtout, qu'elle a alimenté un culte chrétien authentique. Ce culte n'apparaît en fait que tardivement et la légende n'est attestée au mieux qu'à l'époque carolingienne (quoiqu'en dise le site du diocèse de Fréjus-Toulon, qui parle de manière vague "des premiers siècles chrétiens").
Quant à la présence de ste Marie Madeleine en ces lieux, je suis très sceptique, mais on ne peut pas affirmer qu'elle n'est jamais venue en Gaule. Après tout, on n'en sait rien. Puisque Caïphe et Pilate ont terminé leurs jours en exil dans les Hautes-Pyrénées (à St Bertrand de Comminges, Lugdunum Convenarum) - et ça c'est historique, ce n'est pas une légende -, pourquoi des amis de Jésus n'auraient-ils pas fui vers nos rivages ?
Ce qui est très douteux aussi, c'est que Marie Madeleine soit Marie de Béthanie, soeur de Marthe et de Lazare.
En tout cas, il y a bel et bien un squelette très ancien dans la basilique St Maximin, le squelette d'une femme quinquagénaire de type méditerranéen. En visitant cette basilique, je me demandais pourquoi ils ne passaient pas ce squelette au carbone 14, ainsi on saurait si c'est vraiment du 1er siècle? C'est peut-être simplement une question d'argent car la pauvre basilique, qui est superbe, tombe un peu en ruines...
Et quant à la Sainte-Baume, il y a certainement eu une pénitente qui y a vécu à une époque très ancienne. Peut-être pas Marie Madeleine, ou peut-être elle, qui sait ?
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Re: Les reliques retrouvées
J'ai peur que vous confondiez ...Fée Violine a écrit :Puisque Caïphe et Pilate ont terminé leurs jours en exil dans les Hautes-Pyrénées (à St Bertrand de Comminges, Lugdunum Convenarum) - et ça c'est historique, ce n'est pas une légende -, pourquoi des amis de Jésus n'auraient-ils pas fui vers nos rivages ?
Nous apprenons par Flavius Josèphe, dans les Antiquités judaïques, que c'est Hérode Antipas qui est exilé en Gaule, au confins de l'Hispanie, à Lugdunum Convenarum (autant dire au bout du monde) ... Hérodiade l'aurait rejoint, au moins un temps. Il ne s'agit donc pas de la fuite d'une poignée de juifs disciples du Christ qui fuient la Palestine, mais de l'exil forcé d'un dignitaire, devenu citoyen romain, allié à la famille de l'empereur par sa femme Hérodiade, et clairement non chrétien.
Il est également plausible que Claudia Procula, la femme de Pilate, dont on peut effectivement supposer par divers écrits qu'elle était disciple du Christ, était originaire de Narbo Martius (Narbonne), la plus romaine des villes de Gaule (fondée dès 118 av. JC par les romains). Les mêmes écrits laissent entendre qu'elle pourrait être revenue sur les terres de sa famille. En revanche, rien de tel pour Pilate lui-même.
Quant à Caïphe, les archéologues israéliens pensent avoir retrouver son tombeau à proximité de Jérusalem.
C'est sont là les seules vérités historiquement recevables. Pour le reste, il n'existe rien de crédible dans les sources historiques pour dire que l'évangélisation de la Gaule est le fait des compagnons directs du Christ. Et ce, bien que les légendes abondent !
Désolé de mettre à mal ainsi des récits profondément inscrits dans l'imaginaire régional de plusieurs contrées de France ... Mais, à tout prendre, je pense que la réalité de l'évangélisation de la Gaule par des grecs débarquant à Marseille, ou à proximité d'Arles, et de là remontant le Rhône, ou passant (via Gibraltar) jusqu'à Bordeaux est tout aussi passionnante. En d'autres termes, nous sommes plutôt les fils spirituels des grecs convertis, plus sûrement venus d'Athènes et de Corinthe (sans passer par la case Rome), que ceux de juifs devenus chrétiens et venus directement de Palestine. D'ailleurs les noms des premiers évangélisateurs historiquement attestés en Gaule sont d'origine grecque.
Fraternellement
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Re: Les reliques retrouvées
Oui, pardon, c'était évidemment Pilate, je confonds toujours avec Hérode ou Caïphe.
Ce que je voulais dire, c'est que la Gaule n'est pas inaccessible depuis la Palestine, donc pourquoi d'autres personnes n'auraient-elles pas fait aussi ce voyage (volontairement)?
Ce que je voulais dire, c'est que la Gaule n'est pas inaccessible depuis la Palestine, donc pourquoi d'autres personnes n'auraient-elles pas fait aussi ce voyage (volontairement)?
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Re: Les reliques retrouvées de St Laurent, St Dominique & St
C'est géographiquement possible ... sauf que l'histoire ne le vérifie pas !
Les légendes en question apparaissent tardivement, entre le VI° et le IX°s., avec l'essor du culte des reliques. Un culte qui porte une foi et une dévotion authentique certes, mais qui s'accompagne, consciemment ou inconsciemment, de bien des acrobaties historiques. Le lait de la Vierge, les (12 ou 15) orteils de saint Pierre, les (deux) crânes de saint André, ... sans oublier les plumes de l'archange Gabriel (qui faisaient la gloire de Flavigny) ! s'ajoutent aux saints parfois créés de toutes pièces : i.e. saint Sylvain et les fontaines qui portent son nom, comme par hasard sur des sites païens en zone autrefois forestière (sylva = la forêt en latin). Dans ce contexte, il suffit parfois d'une relique, authentique peut-être, ramenée par un pèlerin pour que la légende se forme du passage du saint en personne ...
Ses légendes ont largement alimenté le folklore local (avec le succès qu'on sait pour ce qui concerne la Madeleine, Lazare et les Saintes Maries en Provence ; cf. le début de ce fil). Elle ont aussi connu un grand regain d'intérêt et des explications savamment tirées par les cheveux lors du XIX°s. qui a vu l'essor des régionalismes. Anciennes ou remises au goût du jour, elles ont été et sont encore pour beaucoup d'entre elles objets de pèlerinage.
Sur le sujet, lire : la christianisation de la France (II°-VIII° siècle), Pierre Pierrard, DDB, 1994
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Jean-Mic
Les légendes en question apparaissent tardivement, entre le VI° et le IX°s., avec l'essor du culte des reliques. Un culte qui porte une foi et une dévotion authentique certes, mais qui s'accompagne, consciemment ou inconsciemment, de bien des acrobaties historiques. Le lait de la Vierge, les (12 ou 15) orteils de saint Pierre, les (deux) crânes de saint André, ... sans oublier les plumes de l'archange Gabriel (qui faisaient la gloire de Flavigny) ! s'ajoutent aux saints parfois créés de toutes pièces : i.e. saint Sylvain et les fontaines qui portent son nom, comme par hasard sur des sites païens en zone autrefois forestière (sylva = la forêt en latin). Dans ce contexte, il suffit parfois d'une relique, authentique peut-être, ramenée par un pèlerin pour que la légende se forme du passage du saint en personne ...
Ses légendes ont largement alimenté le folklore local (avec le succès qu'on sait pour ce qui concerne la Madeleine, Lazare et les Saintes Maries en Provence ; cf. le début de ce fil). Elle ont aussi connu un grand regain d'intérêt et des explications savamment tirées par les cheveux lors du XIX°s. qui a vu l'essor des régionalismes. Anciennes ou remises au goût du jour, elles ont été et sont encore pour beaucoup d'entre elles objets de pèlerinage.
Sur le sujet, lire : la christianisation de la France (II°-VIII° siècle), Pierre Pierrard, DDB, 1994
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- Barbarus

Re: Les reliques retrouvées
De nos jours, il est assez facile de dater les objets. Alors, si le doute subsiste dans votre esprit ..Héraclius a écrit :Navré, mais on ne me fera pas croire que ce crâne est authentique. Les Saintes femmes en Provence... J'ai un grand respect pour la Tradition mais ce genre de truc, ça ne passe pas.
C'est un peu comme le sarcophage des Rois-Mages que l'on trouve dans la Cathédrale de Cologne. C'est une oeuvre d'art magnifique et un bel objet de foi, mais ma foi se bâti sur la raison, pas sur la croyance sans réflexion.
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Re: Les reliques retrouvées
Bel exemple de la confusion des genres et de la construction d'une légende, sources d'une iconographie abondante qui a traversé les siècles.Héraclius a écrit :C'est un peu comme le sarcophage des Rois-Mages que l'on trouve dans la Cathédrale de Cologne.
Les évangiles parlent de "mages venus d'Orient" et seulement de "mages venus d'Orient" ! Ce sont des écrits postérieurs qui prétendent qu'ils étaient "rois ET mages" et qu'ils étaient "trois". Aux sources de cette construction artificielle mais particulièrement féconde :
- 1/ (comme la plupart des ajouts légendaires) les évangiles apocryphes, et en particulier le protévangile de Jacques qui date de la deuxième moitié du II°s. (soit, en gros, un siècle après les évangiles canoniques),
2/ (ce qui est plus rare) les écrits de deux pères de l'Eglise : Tertullien (début du III°s.) et Origène (fin du III°s.).
- - ce qui est article de foi (au sens fort de cette expression) :
- le Christ est révélé aux nations,
un certain nombre de mages venus d'Orient en sont les témoins,
qui, guidés par une étoile, ont apporté l'or, l'encens et la myrrhe.
- le nombre de trois,
les couronnes et le titre de roi,
les noms de Melchior, Gaspard et Balthazar,
leur venue les trois continents connus (Asie-Arabie, Europe, Afrique-Abyssinie), et au passage la présence d'un noir,
la représentation de trois âges de la vie : un jeune, un adulte et un vieux (cf. un chapiteau de Vézelay),
ainsi que les caravanes avec les chameaux et tout le décorum qui conviendrait à des rois,
... c'est à dire tout ce qui fait le "folklore" (sans que ce mot soit ici péjoratif) de nos crèches.
- le Christ est révélé aux nations,
Jean-Mic
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- Jean-Mic
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Re: Les reliques retrouvées
Je confirme ces deux points :Héraclius a écrit :... le sarcophage des Rois-Mages que l'on trouve dans la Cathédrale de Cologne. C'est une oeuvre d'art magnifique et un bel objet de foi.
Héraclius a écrit :... une oeuvre d'art magnifique ...

Ce n'est pas sans raison que Benoît XVI y avait convoqué les JMJ !Héraclius a écrit :... et un bel objet de foi.
Fraternellement
Jean-Mic
Heureux ceux qui savent rire d'eux-mêmes. Ils n'ont pas fini de s'amuser !
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