Jésus et Abraham

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stephlorant
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Dieu, Abraham, le Christ

Message non lu par stephlorant »

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 8,51-59.

Jésus disait aux Juifs : " Amen, amen, je vous le dis : si quelqu'un reste fidèle à ma parole, il ne verra jamais la mort. "
Les Juifs lui dirent : « Nous voyons bien maintenant que tu es un possédé. Abraham est mort, les prophètes aussi, et toi, tu dis : 'Si quelqu'un reste fidèle à ma parole, jamais il ne connaîtra la mort. '
Es-tu donc plus grand que notre père Abraham ? Il est mort, et les prophètes aussi. Qui donc prétends-tu être ? »

Jésus répondit : « Si je me glorifie moi-même, ma gloire n'est rien ; c'est mon Père qui me glorifie, lui que vous appelez votre Dieu, alors que vous ne le connaissez pas. Mais moi, je le connais, et, si je dis que je ne le connais pas, je serai un menteur, comme vous. Mais je le connais, et je reste fidèle à sa parole.

Abraham votre père a tressailli d'allégresse dans l'espoir de voir mon Jour. Il l'a vu, et il a été dans la joie. » Les Juifs lui dirent alors : « Toi qui n'as pas cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : avant qu'Abraham ait existé, moi, JE SUIS. » Alors ils ramassèrent des pierres pour les lui jeter. Mais Jésus, en se cachant, sortit du Temple.

Extrait de la Traduction Liturgique de la Bible - © AELF, Paris


Le voici donc, ce texte d'Évangile parmi ceux que j'aime le plus. Les Juifs 'convertis' un instant le traitent à présent de possédé, puisqu'il parle d'Abraham. Mais remarquez comme il en parle ! En effet, Jésus ne dit pas vraiment qu'il a connu Abraham (en lui parlant, en prenant un repas avec lui, par exemple) mais il va beaucoup plus loin: il leur décrit quel fut l'état d'âme d'Abraham : il le décrit de l'intérieur !

"Abraham votre père a tressailli d'allégresse dans l'espoir de voir mon Jour." Il faut véritablement être très proche de quelqu'un pour percevoir le tressaillement d'allégresse qui a accompagné l'espoir d'un si lointain ancêtre ! C'est dire combien le Seigneur est proche de nous, puisqu'il se souvient d'un infime mouvement de nos cœurs ! Cependant, les Juifs décrits ici sont soit dans un état de fureur, soit beaucoup trop raisonneurs pour saisir la subtilité. Ils répondent donc: « Toi qui n'as pas cinquante ans, tu as vu Abraham ! » Or, entre voir et connaître intimement, il y a une marge !

J'ai sauté le paragraphe dans lequel Jésus témoigne une première fois de lui-même. Il leur dit carrément que son Père est celui qu'ils nomment 'Dieu', mais sans le connaître. C'est à ce moment déjà qu'ils auraient dû ramasser des pierres ! C'est donc vrai qu'ils ne connaissent pas Dieu, mais qu'ils se reconnaissent à tort en Abraham. Somme toute, c'est là leur erreur, le voile sombre qui pèse sur leur regard : l'origine du peuple élu, ce n'est pas Abraham, mais c'est Dieu lui-même. La leçon finale que j'en tire, c'est qu'il faut se fier en Dieu seul.

Se fier et se fixer en Dieu seul - entre se fier et se fixer en Dieu, justement il n'y a qu'une croix...
In manus tuas, Domine, commendo spiritum meum
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etienne lorant
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Jésus et Abraham

Message non lu par etienne lorant »

Le mercredi de la 5e semaine de Carême

Livre de Daniel 3,14-20.91-92.95.

Le roi Nabucodonosor parla ainsi dans sa colère : « Est-il vrai, Sidrac, Misac et Abdénago, que vous refusez de servir mes dieux et d'adorer la statue d'or que j'ai fait ériger ?
Êtes-vous prêts, maintenant, à vous prosterner pour adorer la statue que j'ai dressée, quand vous entendrez le cor, la flûte, la cithare, la harpe, la lyre, la cornemuse et tous les autres instruments de musique ? Si vous n'adorez pas cette statue, vous serez immédiatement jetés dans la fournaise ; et quel est le dieu qui vous délivrera de ma main ? »
Sidrac, Misac et Abdénago dirent au roi Nabucodonosor : « Ce n'est pas à nous de te répondre.
Si notre Dieu, que nous servons, peut nous délivrer, il nous délivrera de la fournaise et de ta main, ô roi.
Et même s'il ne le fait pas, sois-en bien sûr, ô roi : nous ne servirons pas tes dieux, nous n'adorerons pas la statue d'or que tu as dressée. »
Alors Nabucodonosor fut rempli de fureur contre Sidrac, Misac et Abdénago, et son visage s'altéra. Il ordonna de chauffer la fournaise sept fois plus qu'à l'ordinaire.
Puis il ordonna aux plus vigoureux de ses soldats de ligoter Sidrac, Misac et Abdénago et de les jeter dans la fournaise.
Le roi Nabucodonosor les entendit chanter. Stupéfait, il se leva précipitamment et dit à ses conseillers : « Nous avons bien jeté trois hommes, ligotés, au milieu du feu ? » Ils répondirent : « Assurément, ô roi. »
Il reprit : « Eh bien moi, je vois quatre hommes qui se promènent librement au milieu du feu, ils sont parfaitement indemnes, et le quatrième ressemble à un être divin. »
Et il s'écria : « Béni soit le Dieu de Sidrac, Misac et Abdénago, qui a envoyé son ange et délivré ses serviteurs ! Ils ont mis leur confiance en lui, et ils ont désobéi à l'ordre du roi, ils ont livré leur corps plutôt que de servir et d'adorer un autre dieu que leur Dieu. »  


Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 8,31-42.
Jésus disait à ces Juifs qui maintenant croyaient en lui :
« Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »
Ils lui répliquèrent : « Nous sommes les descendants d'Abraham, et nous n'avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu dire : 'Vous deviendrez libres' ? »
Jésus leur répondit : « Amen, amen, je vous le dis : tout homme qui commet le péché est esclave du péché.
L'esclave ne demeure pas pour toujours dans la maison ; le fils, lui, y demeure pour toujours.
Donc, si c'est le Fils qui vous rend libres, vous serez vraiment libres.
Je sais bien que vous êtes les descendants d'Abraham, et pourtant vous cherchez à me faire mourir, parce que ma parole n'a pas de prise sur vous.
Je dis ce que moi, j'ai vu auprès de mon Père, et vous, vous faites aussi ce que vous avez entendu chez votre père. »
Ils lui répliquèrent : « Notre père, c'est Abraham. » Jésus leur dit : « Si vous êtes les enfants d'Abraham, vous devriez agir comme Abraham.
Et en fait vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j'ai entendue de Dieu. Abraham n'a pas agi ainsi.
Mais vous, vous agissez comme votre père. » Ils lui dirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes ! Nous n'avons qu'un seul Père, qui est Dieu. »
Jésus leur dit : « Si Dieu était votre Père, vous m'aimeriez, car moi, c'est de Dieu que je suis sorti et que je viens. Je ne suis pas venu de moi-même ; c'est lui qui m'a envoyé.


Cy Aelf, Paris

Le procès de Jésus se poursuit. Pourquoi les Juifs se réclament-ils d'Abraham - et d'Abraham seul ?  Comment Abraham est-il devenu le "père" de tous les Juifs ?  Ne serait-ce pas à cause de sa relation à Dieu ?  Qui donc a donné Isaac à Abraham ?  Si les Juifs qui pressent Jésus en cet instant pouvaient se rendre compte, s'ils n'étaient pas à ce point aveugles, ils comprendraient qu'en réalité, tout vient de Dieu ?

Et Jésus insiste sur sa propre identité: "C'est de Dieu que je suis sorti et que je viens".

Si l'on me demandait pourquoi la première lecture concerne les trois jeunes gens fidèles à Dieu, qui acceptent de subir le supplice de la fournaise plutôt que d'être infidèles à Dieu, j'ai bien envie de répondre que cette épreuve ressemble beaucoup au tourment intérieur qu'a pu vivre Abraham lorsque Dieu lui a demandé de lui sacrifier son fils Isaac, l'héritier de la promesse divine. Mais il est évidemment une autre fournaise: celle où conduisent tous les désordres humains...
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )
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