J'ai envie de mettre mon petit grain de sel de non-croyant.
Qu'est-ce qui est le plus important à vos yeux :
1) De transmettre la foi chrétienne coûte de coûte ?
2) De donner à l'enfant les outils conceptuels et méthodologiques pour qu'il découvre la vérité par lui-même, qu'il se fasse son propre opinion ?
Pour ma part, je préfère l'option 2), qui est plus respectueuse de la vérité.
Pour répondre à cette question, il faut déjà remarquer qu'il existe des problèmes de différente nature,
Premier point:
1) Des problèmes d'ordre théorique: exemple, celui de la quadrature du cercle: peut-on à la règle et au compas construire un carré dont le périmètre soit égal à la circonférence d'un cercle de rayon 1 ?
2) Des problèmes d'ordre pratique: exemple, quelle éducation pour les enfants?
Deuxième point: quel est le degré de gravité du problème en lui-même? Est-ce un grave problème ou non? Ainsi il a fallu 2000 ans pour trouver une réponse à la quadrature du cercle, la réponse est bien sûr négative, mais pour la démontrer il a fallu attendre la théorie algébrique des corps et de leurs extensions. Cela signifie qu'entre temps des dizaines de millions d'hommes sont morts, soit en croyant à tort que la quadrature du cercle était possible, soit en ne le croyant pas mais sans pouvoir le démontrer, soit en n'en ayant aucune idée. Mais est-ce si grave que cela d'avoir vécu sans avoir pu obtenir de réponse à un problème mathématique? Est-ce aussi grave que de n'avoir pas su éduquer ses enfants (pour les parents) ou ceux des autres (pour un enseignant), ou faire mal en croyant bien faire? Qu'est-ce qui importe le plus: résoudre le problème de la famine dans le monde ou investir des milliards pour envoyer des hommes sur Mars et en savoir plus sur la planète rouge? etc...
Trosième point: l'urgence du problème, est-il urgent de résoudre le problème ou peut-on se permettre d'attendre indéfiniment?
Quatrième point: tel individu est t-il capable de résoudre le problème par lui-même ou non?
Cinquième point: y a t-il quelqu'un d'autre qui soit capable de le résoudre?
Sixième point: quelles sont les conséquences liées à la résolution ou non du problème? Et là de nouveau un problème découlant du premier et sur lequel il faut se poser les mêmes questions.
Septième point: finalement que décider? que c'est à l'individu de résoudre par lui-même le problème? que cet individu doit placer sa confiance en celui capable de le résoudre ? ou tout simplement choisir de ne rien décider ?
Je précise qu'il y a de toute évidence de fortes corrélations entre la gravité d'un problème et l'urgence à le traiter, mais comme chacun l'aura remarqué dans notre société ce n'est manifestement pas évident pour tout le monde, donc j'ai séparé les deux notions.
Pour illustrer sur deux exemples:
Le grand théorème de Fermat:
1) problème théorique
2) raisonnablement j'estime que ce n'est pas un problème bien grave
3) je ne vois pas l'urgence qu'il y aurait à résoudre ce problème, ce n'est pas une question de vie ou de mort...
4) par moi-même je crois raisonnablement que je n'y arriverais pas vu que des générations de mathématiciens et non des moindres s'y sont cassés les dents.
5) oui je crois qu'il y a quelqu'un qui est capable de le résoudre et qui d'ailleurs l'a résolu, à savoir Wiles. C'est typiquement un argument d'autorité vu que je suis incapable d'évaluer le niveau de Wiles en mathématique et que si je peux suivre sa démonstration dans les grandes lignes, je n'ai pas le loisir d'aller dans le détail et de nombreuses subtilités m'échappent. A dire vrai je n'ai pas de raisons sérieuses de douter que Wiles ne fasse pas autorité en la matière. Je considère donc que Wiles a finalement démontré le grand théorème de Fermat.
6) des conséquences théoriques, applicatives, techniques, scientifiques peut-être y en a t-il ou y en aura t-il mais relativement à ma vie, à mon être, à mon devenir et ceux de mes proches il n'y en a pas.
7) je m'en remets à Wiles et à ses confrères (qui ne sont pas nombreux à avoir suivi pas à pas sa démonstration...) et décide de considérer qu'il a résolu le problème.
Qui ou/et quoi attend l'homme après la mort?
1) problème pratique
2) j'estime que c'est un problème grave car si a priori les réponses possibles peuvent être: rien, quelqu'un de bon, quelque chose de bien, il y a également: quelqu'un de mauvais, quelque chose de mal.
3) du fait même de la problématique je dirais qu'il y a urgence à la traiter car c'est plus qu'une question de vie ou de mort et l'homme peut mourir à tout instant.
4) je suis incapable par moi-même de savoir ce qui attend l'homme, ou si rien ne l'attend, une fois passé de vie à trépas. (même si par la raison je parviens à l'immortalité de l'âme (entre autres preuves celle de Saint Thomas d'Aquin), je ne parviens pas à saisir le contenu de sa destinée )
5) je crois qu'il y a une personne qui a donné une réponse pratique au problème, à savoir le Christ. Là encore c'est un argument d'autorité, mais attention pas un argument arbitraire, c'est à dire que je n'ai pas pioché au hasard et naïvement une quelconque personnalité ou figure de l'histoire ayant prétendu avoir fourni une réponse définitive au problème, non j'ai estimé avec raison que dans l'histoire des hommes il n'y avait qu'une seule personne au-dessus de tout soupçon au point qu'elle en était divine, et qu'elle faisait autorité sur ce type de question. Cela veut dire que si l'on m'oppose la prétendue autorité d'un mahomet, d'un bouddha, d'un philosophe athée, de mon voisin ou de je ne sais qui d'autre je saurais rendre raison de mon choix, rendre raison de ma confiance en la personne du Christ et de ma défiance envers les autres "concurrents".
6) pour les conséquences pratiques, problématique seconde, dans le cas où l'individu ne serait pas parvenu à la solution, jugeant à tort le problème insoluble parce qu'ayant décidé par principe de n'en référer à aucune autre autorité que la sienne propre ou alors parce qu'ayant placé sa confiance dans des pseudo-autorités mensongères: pour exactement les mêmes raisons que précédemment j'en réfère à l'autorité du Christ:
Matthieu : 10, 26-33
26 Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
J'ouvre une parenthèse pour signaler que contrairement au courant moderniste qui cherche à édulcorer le christianisme pour le rendre soluble dans le monde (et même le dissoudre ...) si Christ est venu nous sauver, ce n'est pas seulement de nous même et d'un mal générique, mais de l'emprise d'une créature qui elle aussi conserve sa liberté et a choisi de l'employer pour tourmenter les hommes. Et des paroles du Christ j'en déduis qu'il vaut mieux ne pas ignorer cet aspect-là des choses, surtout lorsque l'homme à lui tout seul ne fait pas le poids face à un pareil adversaire, la crainte pouvant être salutaire, l'inconscience suicidaire. En tout cas les conséquences sont terribles et incalculables.
7) Pour conclure si il s'agit de moi je m'en remets donc au Christ, mais si il s'agit d'un autre? Vous allez me dire, puisque vous estimez que votre raisonnement vous a livré la solution, laissez-le libre de retrouver par lui-même ce raisonnement en lui en offrant seulement les moyens. Ce à quoi j'objecte: que l'individu en question ne le retrouvera pas forcément parce que peut-être il est trop jeune, il est d'un tempérament qui ne se prête pas à la réflexion, il va subir tout un tas d'influences indésirables et il est fragile etc...mais qu'en revanche la question est d'ordre pratique, elle est gravissime, elle est urgente, elle nécessite de faire appel à l'autorité du Christ et que la conséquence d'un échec à trouver la bonne réponse est terrible et a une portée éternelle. J'illusterais ce point par l'affaire Mortara, affaire dans laquelle une chrétienne au service de Juifs avait baptisé secrètement un bébé juif sur le point de mourir.
A votre question je réponds donc 1).