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6 février: Mercredi des Cendres

Publié : mer. 06 févr. 2008, 0:58
par ami de la Miséricorde
SERMON DE SAINT BERNARD pour le PREMIER JOUR DE CAREME

"Parfumez-vous la tête et lavez-vous le visage"



1. Nous entrons aujourd'hui, mes bien-aimés, dans le saint temps du carême, dans le temps destiné aux combats du chrétien, car les observances du carême ne sont pas faites pour nous seulement, elles le sont pour tous ceux qui nous sont unis par les liens de la foi. Après tout, pourquoi le jeûne du Christ ne serait-il pas commun à tous les chrétiens? Pourquoi les membres ne suivraient-ils point leur chef? Si nous recevons les biens des mains de ce chef, pourquoi n'en accepterions-nous point aussi les maux? Voudrions-nous donc n'avoir de commun avec lui que ce qui est agréable, non aussi ce qui est triste et pénible ? S'il en est ainsi, nous montrons assez que nous sommes des membres indignes d'une pareille tête. En effet, tout ce qu'il souffre, c'est pour nous qu'il l'endure; s'il nous en coûte trop de travailler avec lui à l'oeuvre de notre salut, en quoi pourrons-nous après cela unir nos oeuvres aux siennes. Il n'y a pas grand mérite de jeûner avec Jésus-Christ quand on doit s'asseoir avec lui à la table de son Père, et il n'y a rien de bien surprenant. Que le membre souffre avec la tête, quand il doit être glorifié avec elle. Heureux le membre qui aura en toutes choses adhéré à la tête, et qui l'aura suivie partout où elle sera allée. Après tout, s'il lui arrive de se séparer d'elle et d'en être retranché, il est inévitablement privé de vie à l'instant même ; car toute partie du corps qui ne tient plus à la tête, perd, à l'instant, le sentiment et la vie. Mais il ne manquera point d'êtres qui s'en emparent et qui lui servent de tête. On verra germer de nouveau pour elle une racine pleine d'amertume, et repousser la tête venimeuse que la femme forte, je veux dire l'Église notre mère, avait, jadis écrasée, le jour où elle enfanta, à l'espérance de la vie, celui qu'une mère, selon la chair, avait fait enfant de colère.

2. Alors quiconque a les yeux du coeur ouverts, et sait regarder de l'oeil de l'esprit, apercevra un monstre horrible ayant un corps d'homme et une tète de démon. C'est peu que cela, le dernier état de cet homme sera certainement pire que le premier; car la tête du serpent, qui avait été coupée, ne repoussera qu'avec sept autres tètes pires qu'elle; qui ne tremble en entendant ces choses? Irai-je donc prendre les membres de Jésus-Christ pour en faire les membres du démon ? Serai-je assez malheureux pour aller me joindre au corps de Satan, après m'être séparé de celui du Sauveur ? Ah ! mes frères, Dieu nous préserve à jamais d'un si exécrable échange. C'est pour moi le plus grand des bonheurs, ô tête glorieuse que les Anges brûlent du désir de contempler, de m'attacher à vous. Je veux vous suivre partout où vous irez. Si vous passez par le feu, je ne me séparerai point de vous, il n'est point de maux que je redoute, parce que vous êtes avec moi. Vous vous chargez de mes douleurs, et vous souffrez pour moi, vous passez par l'étroit sentier de la Passion, pour frayer à vos membres qui vous suivront une voie large et facile. « Qui pourra nous séparer de la charité de Jésus-Christ (Rom. VII, 35) ? » N'est-ce point elle qui donne la force et l'accroissement aux liens et aux jointures de tous les membres du corps. C'est le bon mastic dont parle Isaïe (Is. XLI, 7). C'est elle qui fait goûter à des frères, le plaisir et le bonheur de vivre unis. Elle est ce parfum répandu sur la tête qui descend de la tête sur la barbe, et jusques sur le bord du vêtement (Psal. CXXXII, 1), en sorte qu'il n'est pas un fil qui n'en soit embaumé. En effet, c'est dans la tète que se trouve la plénitude des grâces , d'où nous avons tous reçu nous-mêmes celles que irons avons; c'est dans la tête que réside toute la Miséricorde*, la source intarissable de la bonté divine, et l'inépuisable abondance des parfums spirituels, selon ce qui est écrit : « Le Seigneur vous a oint d'une huile de joie, de préférence à tous ceux qui ont part à votre gloire (Psal. XLIV.) » Mais l'huile que le Père avait si abondamment versée sur cette tête, n'a point empêché Marie de l'arroser à son tour. Les disciples en murmurèrent, il est vrai, mais la Vérité répondit pour elle, et dit qu'elle avait fait une bonne oeuvre.

3. Eh bien! qu'est-ce que l'Évangile nous ordonne aujourd'hui ? « Pour vous, dit-il, lorsque vous jeûnez, parfumez votre tête. » Quelle condescendance admirable ! L'esprit du Seigneur repose en lui, puisqu'il l'a oint, et néanmoins il évangélise les pauvres et leur dit : « parfumez votre tête. » Dieu le Père se complait en son Fils, et pendant que sa voix retentit dans les cieux, l'Esprit-Saint descend sous la forme d'une colombe. Pensez-vous, mes frères, que le saint Chrême fit défaut au baptême du Christ ? Le Saint-Esprit se repose sur lui, qui osera douter qu'il ait été oint par lui ? « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j'ai mis toutes mes complaisances (Matth. III, 17). » Ne s'exhale-t-il point de ces mots tout un parfum d'onction spirituelle ? Le Père a oint son Fils de préférence à tous ceux qui ont part à sa gloire, parce qu'il se complait en lui beaucoup plus qu'en tous les autres, attendu qu'il l'aime d'un amour divin, inconnu à toute créature. Le Père, dis-je, a donc oint son Fils de préférence à tous ceux qui partagent sa gloire, il a accumulé sur lui toutes les Chrêmes de bonté, de mansuétude et de douceur, et l'a rempli abondamment des entrailles de sa Miséricorde* et de sa pitié. Lorsqu'il l'eut oint il nous l'envoya, et nous le fit voir plein de grâce et de Miséricorde*. Oui, voilà comment notre chef fut oint par son Père, et cela ne l'empêche point de nous demander de l'oindre encore nous-mêmes, car il nous dit : « Lorsque vous jeûnerez ayez soin d'oindre votre tête. » Eh quoi, la source intarissable demande de l'eau à un mince ruisseau? Oui, elle lui en demande, ou plutôt elle la lui redemande, car les eaux reviennent à la source d'où elles sont parties pour s'en écouler de nouveau.


4. Ce n'est pas toutefois parce qu'il est dans le besoin, que le Christ redemande ce qu'il vous a donné, mais c'est afin de vous conserver tout ce que vous voudrez bien lui rendre. De même que l'eau d'un fleuve, si elle cesse de couler, se corrompt, et arrête en même temps, par une sorte d'inondation, le cours des eaux qui surviennent, ainsi en est-il de la grâce, elle cesse de couler dès qu'elle ne revient plus à sa source, et, non-seulement elle cesse de s'accroître chez l'ingrat, mais de plus celles qu'il a reçues tournent à sa perte. Au contraire, celui qui se montre fidèle en de petites choses se rend digne d'une récompense plus grande. Parfumez donc votre tête en rapportant à celui qui est ai dessus de vous, tout ce que vous avez de dévotion, de bonheur et d'amour. Oui, parfumez votre tête, c'est-à-dire rapportez-lui toutes les grâces que vous en aviez reçues, et recherchez sa gloire bien plus que la vôtre. Or, celui-là seul parfume le Christ, qui répand lui-même une bonne odeur de vertu en tous lieux. Sachez que c'est contre les hypocrites qu'il a parlé ainsi, car il a dit : « Ne ressemblez point aux hypocrites (Matth. VI, 16). » Le Seigneur n'interdit point par-là toute espèce de tristesse, mais celle qu'on affecte d'avoir quand on se trouve en public, car il est dit ailleurs : «Le coeur des sages est volontiers là où se trouve la tristesse (Eccl. VII, 5), » et saint Paul ne regrette point d'avoir contristé ses disciples, puisque leur tristesse a contribué à leur salut (II Cor. VII,). Or telle n'est point la tristesse des hypocrites, parce qu'elle n'est point dans leur lune mais uniquement sur leur visage, car ils affectent de paraître avec un air abattu (Matth. V., 6).

5. Au reste, remarquez bien que le Seigneur n'a pas dit : ne soyez pas tristes comme; les hypocrites, mais «ne leur ressemblez, pas , » c'est-à-dire, n'affectez point comme ceux-là d'être tristes. On dit, en effet, vulgairement en parlant d'un homme, il fait le triste, ou bien il fait le superbe ; et encore, ceux qui vantent votre bonheur vous trompent ; il y a beaucoup d'autres tours semblables, à l'usage de la feinté plutôt que de la vérité. « Pour vous, quand vous jeûnez, parfumez votre tête et lavez votre visage. » Ils affectent un air abattu, à vous, on recommande de vous laver la figure; or, la figure signifie ici les actions de la vie qui paraissent au dehors. Voilà ce qu'un fidèle serviteur du Christ lave avec soin, afin de n'y rien laisser qui choque les regards ; l'hypocrite, au contraire, leur donne un air d'abattement, en affectant toute sorte de singularités et de pratiques extraordinaires. Il ne parfume point non plus sa tête, dont toutes les pensées sont loin du Christ, et que charment seulement les vaines louanges des hommes. Il aime mieux se parfumer lui-même, pour s'enivrer de la bonne odeur de l'opinion qu'il a de lui, ou bien encore, comme il est manifeste que le Christ n'est pas le chef de l'hypocrite, il ne parfume même point sa tête, quelle qu'elle soit, attendu que son esprit se complaît, non point dans le témoignage de sa conscience, mais uniquement dans l'estime des hommes. Les vierges folles disaient aux vierges sages : « Donnez-nous de votre huile (Matt. XXV, ) » pourquoi cela? Parce qu'elles n'en avaient point dans leurs lampes; mais ce n'est pas le fait de vierges prudentes de donner ainsi de l'huile aux autres. Elles ne voudraient pas en recevoir, comment en donneraient-elles ? Mais écoutez un Prophète à qui Dieu avait révélé les impénétrables secrets de sa sagesse : « L'huile du pécheur, dit-il, ne parfumera point ma tête (Psal. CXI., 5). » Voilà, l'huile qu'achètent les hypocrites, mais comme dit le Seigneur: « En vérité, ils ont reçu leur récompense. Ils affectent, en effet, de paraître avec un visage pâle et défiguré, pour faire voir aux hommes qu'ils jeûnent (Matt. VI, 16). » Voyez-vous comment en deux mots il signale les habitudes de singularité des hypocrites et condamne leur vanité ? Mais remarquez aussi comment en quelques mots, il nous engage à faire de bonnes oeuvres devant Dieu et devant les hommes : « Parfumez votre tête, dit-il, et lavez votre visage. » En d'autres termes : ayez soin de vous montrer toujours au dehors d'une conduite irréprochable, mais en ayant soin de vous rendre dignes de la grâce de Dieu; et ne recherchez point votre gloire, mais celle de votre Auteur devant les hommes.

6. On peut encore entendre par ce visage lavé. une conscience pure, et par cette tête parfumée, une âme dévote. Mais si on les prend en ce sens, il semble alors que les paroles du Sauveur sont dirigées particulièrement contre deux défauts propres aux personnes qui jeûnent. En effet, les uns jeûnent par ostentation, c'est à eux qu'il est dit : « Lavez votre visage. » Les autres jeûnent avec impatience et murmure; ce sont ceux qui ont besoin de se parfumer la tête. Or, par la tête, il faut entendre les dispositions intérieures de l'âme, qui se trouvent parfumées dans le jeûne, lorsqu'on est spirituellement heureux de jeûner. Il vous semble peut-être que je m'explique d'une façon bien nouvelle, quand je dis que le jeûne parfume? je vais plus loin, je prétends même qu'il engraisse. En effet, n'avez-vous jamais lu dans les Saintes Lettres « qu'il doit les nourrir dans la faim (Psal. XXXII, 10) ? » Le jeûne du corps est donc l'onction de la tête ; et les privations de la chair, la réfection du coeur. Après tout, pourquoi ne verrais-je point une onction dans ce qui guérit nos blessures et adoucit les tourments de la conscience? Que l'hypocrite achète donc au prix de son jeûne l'huile du pécheur; pour moi, je ne vends point mon jeûne, je m'en sers comme d'une huile dont je me parfume. « Parfumez votre tête, » est-il dit, de peur que le murmure ou l'impatience n'entrent dans votre âme. Ce n'est même pas encore assez; mais « glorifiez-vous dans la tribulation (Rom. V, 3), selon le mot de l'Apôtre. Oui, glorifiez-vous, mais sans jamais céder à une pensée de vanité, afin que votre figure soit pure de l'huile du pécheur.

Source: livres-mystiques.com

SAINT CAREME A TOUS!
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

25 février : Mercredi des Cendres

Publié : mer. 25 févr. 2009, 22:00
par ami de la Miséricorde
Extrait d'un sermon du saint curé d'Ars pour le Mercredi des Cendres (Tome I)

[...]Nous craignons de faire pénitence. Mais voyez, M. F., la manière dont on se conduisait envers les pécheurs dans les commencements de l'Église. Ceux qui voulaient se réconcilier avec le bon Dieu se rendaient le mercredi des Cendres à la porte de l'église avec des habits sales et déchirés. Étant entrés dans l'église, on leur couvrait la tête de cendres, on leur donnait un cilice qu'ils devaient porter autant de temps que devait durer leur pénitence. Après cela on leur commandait de se prosterner contre terre, et pendant ce temps-là on chantait les sept psaumes de la pénitence pour implorer sur eux la Miséricorde de Dieu ; ensuite on leur faisait une exhortation pour les engager à se livrer à la pénitence avec autant de zèle qu'ils pourraient, espérant que peut-être le bon Dieu se laisserait toucher.
Après tout cela, on les avertissait qu'on allait les chasser de l'église avec confusion, comme Dieu chassa Adam du paradis terrestre après son péché. A peine les laissait-on sortir qu'on leur fermait dessus la porte de l'église. Mais si vous désirez savoir comment ils passaient ce temps-là, combien durait cette pénitence, le voici : d'abord, ils étaient ordinairement obligés à vivre dans la retraite ou bien à s'occuper des travaux les plus pénibles ; ils avaient tant de jours par semaine pendant lesquels ils devaient jeûner au pain et à l'eau, selon le nombre et la grandeur de leurs péchés ; ils avaient de longues prières pendant la nuit prosternés la face contre terre ; ils couchaient sur des planches ; ils se levaient plusieurs fois la nuit, pour pleurer leurs péchés. On les faisait passer par différents degrés de pénitence ; les dimanches, ils paraissaient à la porte de l'église vêtus d'un cilice, la tête couverte de cendre, restant dehors exposés au mauvais temps ; ils se prosternaient devant les fidèles qui entraient à l'église, en les conjurant, avec larmes, de prier pour eux. Au bout d'un certain temps, ils avaient la permission d'entendre la parole de Dieu, mais aussitôt que l'instruction était faite, on les chassait de l'église ; plusieurs n'étaient admis à la grâce de l'absolution qu'à l'heure de la mort. Encore regardaient-ils cela comme une grande grâce que l'Église leur faisait après avoir passé dix ans, vingt ans, parfois plus longtemps encore dans les larmes et la pénitence. Voilà, M. F., comment l'Église se conduisait autrefois pour les pécheurs qui voulaient se convertir tout de bon.
Si maintenant, M. F., vous désirez savoir ceux qui se soumettaient à toutes ces pénitences : je vous dirai tous, depuis les bergers jusqu'aux empereurs. Si vous en voulez un exemple, en voici un que nous avons dans la personne de l'empereur Théodose. Ayant péché plutôt par surprise que par malice, saint Ambroise lui écrivit en lui disant : « J'ai vu cette nuit dans une vision où le bon Dieu m'a fait voir que vous veniez à l'église, il m'a commandé de vous défendre d'entrer ». L'empereur, en lisant cette lettre, pleura amèrement ; cependant il alla se prosterner à la porte de l'église comme à l'ordinaire, avec espérance que ses larmes et son repentir toucheraient le saint évêque. Quand saint Ambroise le vit venir, il lui dit : « Arrêtez, empereur, vous êtes indigne d'entrer dans la maison du Seigneur ». L'empereur lui dit : « Il est vrai, mais David avait bien péché, et le Seigneur l'a pardonné ».- « Eh bien ! Lui dit saint Ambroise, puisque vous l'avez imité dans son péché, suivez-le dans sa pénitence. » L'empereur, à ces mots, se retire sans rien dire dans son palais, quitte ses ornements impériaux, se prosterne la face contre terre, s'abandonne à toute la douleur dont son cœur était capable. Il resta huit mois sans mettre les pieds à l'église. Lorsqu'il voyait que ses domestiques y allaient, tandis que lui-même en était privé, on l'entendait pousser des cris capables de toucher les cœurs les plus endurcis. Quand on lui permettait d'assister aux prières publiques, il se tenait, non comme les autres, debout ou à genoux, mais le visage prosterné contre terre de la manière la plus touchante, se frappant la poitrine, s'arrachant les cheveux et pleurant amèrement. Il conserva toute sa vie le souvenir de son péché ; il ne pouvait y penser sans verser des larmes. Eh bien ! M. F., voilà ce que fit un empereur qui ne voulait pas perdre son âme.
Que devons-nous conclure, M. F. ? Le voici : c'est que, puisqu'il faut nécessairement pleurer nos péchés, en faire pénitence ou dans ce monde ou dans l'autre, choisissons la moins rigoureuse et la moins longue. Quel regret, M. F., d'arriver à la mort sans avoir rien fait pour satisfaire à la justice de Dieu ! Quel malheur d'avoir perdu tant de moyens que nous avions de souffrir quelques misères qui, si nous les avions bien prises pour le bon Dieu, nous auraient mérité notre pardon ! Quel malheur d'avoir vécu dans le péché, espérant toujours que nous le quitterions, et de mourir sans l'avoir fait ! Mais prenons, M. F. une autre route qui nous consolera davantage dans ce moment ; cessons de faire le mal ; commençons à pleurer nos pêchés et souffrons tout ce que le bon Dieu voudra nous envoyer. Que notre vie ne soit qu'une vie de regrets, de repentir de nos péchés et d'amour de Dieu, afin que nous ayons le bonheur d'aller nous unir au bon Dieu pendant l'éternité. C'est ce que je vous souhaite.

Source : livresmystiques.com

Saint Carême à tous !

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Temps Liturgiques - Les Cendres

Publié : mer. 04 mai 2011, 6:38
par PriereUniverselle
Temps Liturgiques - Les Cendres


Sur mon front ou dans mes mains,
la cendre dit la terre, la terre d’où je viens,
celle que j’habite pour la changer, la transformer,
et en même temps transformer mon cœur.

Mes mains couvertes de cendres,
marquées de mon péché et de choses ratées,
devant Toi, Seigneur, je les ouvre,
pour qu’elles redeviennent capables de construire
et pour que tu en ôtes la saleté.

Mes mains crispées sur mes possessions
et mes idées toutes faites,
devant Toi, Seigneur, je les ouvre,
pour qu’elles laissent échapper mes trésors.

Mes mains, prêtes à lacérer et à blesser,
devant Toi, Seigneur, je les ouvre,
pour qu’elles redeviennent capables de caresser.

Mes mains, fermées comme des poings
de haine et de violence
devant Toi, Seigneur, je les ouvre,
Tu y déposeras la tendresse.

Mes mains se séparent de leur péché :
devant Toi, Seigneur, je les ouvre :
J’attends ton pardon.

Au creux de mes mains ou sur mon front,
la cendre pour me dire :
reviens au terre à terre de tous les jours,
sans pour autant oublier le rêve.

La trace de la cendre,
Sur mon front ou dans mes mains,
Me montre un chemin :
C’ est en revenant à Dieu
Que je peux revenir à moi
et me réconcilier avec moi-même.
Amen.

22 février Mercredi des Cendres

Publié : mer. 22 févr. 2012, 12:56
par ami de la Miséricorde
22 février 2012 : Mercredi des Cendres :

Début du Carême

« L'Eglise s'unit chaque année par les quarante jours du Grand Carême
au mystère de Jésus dans le désert »
(Catéchisme de l'Eglise Catholique, 540)

Le Carême commence " le Mercredi des Cendres " et termine avant la Messe de
la Cène du Seigneur, le Jeudi Saint. Ce jour est particulièrement pénitentiel et doit
manifester notre désir personnel de conversion à Dieu.
En recevant l'imposition des Cendres dans les églises ce jour là, nous exprimons avec humilité et sincérité de cœur que nous voulons nous convertir et croire à l'Evangile.

Les divers moyens de conversion que nous propose l'Eglise sont les suivants :

1. S'approcher du Sacrement de Réconciliation (Sacrement de Pénitence ou Confession)
2. Dépasser les divisions par le pardon, grandir dans l'esprit fraternel.
3. Pratiquer les Œuvres de Miséricorde.

Les œuvres de Miséricorde spirituelles :
Enseigner l'ignorant.
Conseiller celui qui en a besoin
Corriger l'égaré
Pardonner les injures
Consoler le triste
Souffrir avec patience les adversités et les faiblesses du prochain
Prier Dieu pour les vivants et les morts.

Les œuvres de Miséricorde corporelles :
Visiter le malade
Donner à manger à celui qui a faim
Donner à boire à celui qui a soif
Secourir le captif
Vêtir celui qui est sans vêtement
Accueillir le pélerin
Enterrer les morts.

une vidéo Baptême et Pénitence
http://www.dailymotion.com/video/x6hggz ... tence_news

Mon Carême.Com
http://careme.communautesaintmartin.org/

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Re: 22 février Mercredi des Cendres

Publié : mer. 22 févr. 2012, 22:01
par Relief
Merci pour votre message, Ami de la Miséricorde.

Mercredi des Cendres

Publié : mer. 13 févr. 2013, 14:14
par ami de la Miséricorde
Homélie XX de Saint Jean Chrysostome

LORSQUE VOUS JEUNEZ, NE SOYEZ POINT TRISTES COMME LES HYPOCRITES QUI PARAISSENT AVEC UN VISAGE DÉFIGURÉ, AFIN QUE LES HOMMES CONNAISSENT QU’ILS JEUNENT. JE VOUS DIS EN VÉRITÉ QU’ILS ONT DÉJA REÇU LEUR RÉCOMPENSE. — MAIS VOUS, LORSQUE VOUS JEUNEZ, PARFUMEZ VOTRE TÊTE, ET LAVEZ VOTRE VISAGE. — AFIN DE NE PAS FAIRE PARAÎTRE AUX HOMMES QUE VOUS JEUNEZ, MAIS SEULEMENT A VOTRE PÈRE QUI EST PRÉSENT DANS LES LIEUX LES PLUS SECRETS, ET VOTRE PÈRE QUI VOIT CE QU’IL Y A DE PLUS SECRET, VOUS EN RÉCOMPENSERA. » (CHAP. VI, 16, 17, 18 ; JUSQU’AU VERSET 24.)


1. Comment il faut entendre cette parole : Parfumez vos têtes

1.Il faut gémir ici, mes frères. Il faut pleurer notre malheur, puisque nous n’imitons pas seulement, mais que nous surpassons même ces hypocrites dont parle Jésus-Christ. Car je sais, et je ne le sais que trop, qu’il y a aujourd’hui plusieurs personnes qui, par une hypocrisie bien différente de celle des pharisiens, ne jeûnent pas comme eux, afin qu’on les voie; mais qui veulent faire croire qu’ils jeûnent lorsqu’ils ne jeûnent pas. Ils allèguent pour excuse une raison qui est pire encore que leur crime, en disant qu’ils affectent de paraître ainsi jeûner, afin de ne scandaliser personne. Pensez-vous bien à ce que vous dites? Quoi ! Dieu vous fait un commandement, et vous nous parlez de scandale? Vous croyez scandaliser le monde, en faisant ce que Dieu commande, et éviter le scandale en le violant? Y a-t-il rien de plus criminel et de plus extravagant que cette excuse? Jusqu’à quand surpasserez-vous en malice les hypocrites mêmes? Jusqu’à quand userez-vous d’une double hypocrisie dans un seul crime, et pratiquerez-vous ce raffinement de malice si ingénieusement inventé par vous? Ne rougissez-vous point de l’expression si forte dont Jésus-Christ se sert en cet endroit, où il ne se contente pas d’appeler ces personnes qui vous ressemblent « hypocrites », mais où il ajoute: « Qu’ils abattent et décolorent leur visage? » C’est-à-dire, qu’ils le corrompent et le défigurent.

Mais si c’est se défigurer le visage que de vouloir par vanité paraître pâle et blême à cause du jeûne; que dirons-nous, mes frères, du fard, des eaux et des poudres dont les femmes couvrent leur visage pour corrompre les âmes des jeunes gens? Les premiers se contentent de se perdre eux-mêmes : mais celles-ci en se perdant font périr encore ceux qui les regardent. Il faut donc éviter avec un soin égal cette double peste: et c’est pour ce sujet que Jésus-Christ nous commande encore ici, comme il l’avait déjà fait, non seulement de ne point faire voir notre jeûne, mais encore de le cacher.

Remarquez que le Sauveur, en parlant de l’aumône, ne dit pas simplement: « Prenez garde de ne pas faire vos aumônes devant les hommes, » mais qu’il ajoute formellement, « afin d’être vus d’eux; » au lieu que lorsqu’il parle de la prière et du jeûne, il n’ajoute pas cette même circonstance. Pourquoi cela? C’est sans doute parce que souvent nous ne pouvons cacher nos aumônes, quelque désir que nous en ayons; au lieu que nous pouvons toujours garder le secret dans notre jeûne et notre prière. Comme donc lorsqu’en disant:

« Que votre main gauche ne sache pas ce que fait la droite, il ne veut pas qu’on prenne ces paroles à la lettre, mais seulement qu’on ait grand soin de cacher ses aumônes; et comme lorsqu’il nous commande d’entrer dans un lieu secret pour prier, il ne nous oblige point à ne faire nos prières que dans ces lieux retirés, mais seulement à ne pas rechercher les yeux des hommes; de même, lorsqu’il nous dit ici de parfumer et de laver notre visage, il ne faut point entendre ce commandement à la lettre, puisque nous ne l’observons point de cette manière, non plus que ces peuples entiers de solitaires qui vivent sur les montagnes. Ce n’est donc point là ce que Jésus-Christ demande de nous; mais comme les anciens se parfumaient le visage les jours de fête et de réjouissances, ainsi qu’on le voit par David et Daniel, il nous dit de nous parfumer aussi, ce qui ne doit pas s’entendre au pied de la lettre, mais en ce sens que nous devons être attentifs à cacher soigneusement ce précieux trésor du jeûne.

Et pour nous faire voir que c’est de cette manière que doit s’entendre ce commandement, Jésus-Christ a fait lui-même ce qu’il nous a commandé de faire : il a jeûné quarante jours dans le désert, et il n’a ni lavé ni parfumé son visage; et néanmoins sa conduite était exempte de la plus légère ombre d’affectation. Car son dessein principal dans ces paroles, est de nous inspirer un grand éloigne- ment de la vaine gloire. C’est pourquoi il se sert du mot « d’hypocrite » , qui signifie aussi un comédien, afin de nous éloigner de ce vice par deux considérations différentes. La première en nous montrant combien ce vice est ridicule et dangereux pour le salut; et la seconde, en nous faisant voir que ce déguisement et cette imposture ne peuvent pas durer longtemps. Un homme qui joue un personnage sur un théâtre, ne peut être estimé que le temps que dure la comédie. Tous même ne l’estiment pas alors, puisque plusieurs de ceux qui le voient, savent très bien qu’il n’est pas en effet ce qu’il paraît être. Mais au moins lorsque la comédie est jouée, il est reconnu de tout le monde pour ce qu’il est. C’est ce qui arrivera indubitablement aux amateurs de la vaine gloire. Plusieurs dès cette heure reconnaissent leur déguisement. On sait déjà qu’ils ne sont pas ce qu’ils paraissent, et qu’ils n’en ont que l’extérieur. Mais ils seront reconnus clairement pour ce qu’ils sont dans ce grand jour où Dieu fera voir à nu les secrets des coeurs.

Jésus-Christ nous montre par cette même parole combien ce commandement qu’il nous fait est doux. Cari! ne nous ordonne pas d’augmenter nos jeûnes et de les rendre plus austères; mais il nous avertit seulement de n’en pas perdre le mérite. Tout ce qu’il y a de pénible dans le jeûne nous est commun avec les hypocrites, puisqu’ils jeûnent en effet; mais ce que Jésus-Christ nous ordonne en cet endroit est extrêmement doux, puisqu’il ne tend qu’à nous empêcher de perdre notre récompense. Il n’ajoute rien à nos travaux; mais il nous en assure le mérite, et sa bonté ne peut souffrir que nous perdions notre couronne comme les hypocrites la perdent.

Ces âmes vaines ne veulent pas imiter ceux qui combattent dans les jeux olympiques, qui voyant devant eux une si grande foule de peuple qui les regarde, et tant de magistrats qui les environnent, négligent néanmoins tout ce monde, et ne tâchent qu’à plaire à celui qui leur promet le prix s’ils sont vainqueurs, quand même sa qualité serait beaucoup moindre que celle des autres. Vous, vous avez des raisons puissantes de ne vouloir que Dieu seul pour témoin de votre victoire, et parce que c’est lui seul qui vous en donne le prix, et parce qu’il est infiniment élevé au-dessus de tous, et cependant vous ne laissez pas de vouloir être vus des autres, qui non seulement ne vous servent pas, mais qui vous nuisent même beaucoup par leur estime et par leurs louanges. [...]

Source : abbaye-saint-benoit.ch

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde

Mercredi des Cendres

Publié : mer. 05 mars 2014, 12:07
par ami de la Miséricorde
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Sermon du Mercredi des Cendres du Saint Curé d'Ars
http://livres-mystiques.com/partieTEXTE ... ite15.html

Bon et saint Carême

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde