La trilogie divine de Philip K.Dick
Publié : sam. 28 déc. 2013, 3:58
Bonjour,
Ce n'est pas forcément le bon endroit pour en parler, mais cela pourrait vous intéresser.
Je viens de finir la trilogie divine de l'auteur de science-fiction Philipp K.Dick (1928-1982).
C'est assez intéressant.
Le premier volume SIVA (Valis), relate le rapport étrange du personnage principal HorseLover Fat (éponyme de l'auteur) avec Dieu. Il cherche à retrouver le chemin de sa raison tandis qu'il sent que se superposent la rome antique (plus exactement l'an 70, date de la destruction du temple), la Californie des années 80, et un distant futur dans une étoile lointaine. Très psychédélique et assez autobiographique. P.K.Dick a eu en effet des hallucinations qui lui auraient permis de déceler une tumeur à son fils.
Le deuxième volume l'invasion divine est de facture plus classique.
Il raconte le retour de Dieu Yah sur terre.
Yah a été exclu de la terre par le pouvoir de l'adversaire Belial, et la seule possibilité de revenir est de passer "en contrebande" depuis une colonie spatiale via une nouvelle Marie portant un messie, Emmanuel, guidé par le prophète Elie.
Les références bibliques sont assez nombreuses et l'on retrouve encore ces idées psychotiques chères à P.K.Dick où la réalité semble avoir autant d'épaisseur que la fiction.
Le dernier volume La transmigration de Timothy Archer est sans doute le plus autobiographique des trois. C'est le dernier roman complet de Philipp K.Dick .
On peut difficilement parler d'œuvre de science-fiction.
Il s'agit plutôt d'un drame psychologique assez abouti ayant pour cadre la Californie.
Cela commence avec la mort de Lennon, la narratrice Angel Archer en recherche d'un sens à sa vie, s'apprête à rencontrer une sorte de gourou. Elle repense aux personnes qui l'ont marquée.
Elle revient alors à la rencontre improbable qu'elle avait organisée entre son beau-père, le très populaire évêque épiscopal de Californie Timothy Archer, et une amie féministe, Kirsten Lundberg. Ces deux personnes qu'à priori tout oppose, vont développer assez vite une relation intime.
Les thèmes développés par la suite, sont l'étude de la traduction des manuscrits de la mer morte qui montreraient que les "Zadokistes", secte hypothétique juive du 1er siècle avant J.C. avait développé des principes chrétiens antérieurement à Jésus, et également que les premières communautés chrétienne auraient eu recours à des champignons hallucinogènes.
Entre les expériences d'occultisme des uns, la folie psychotique du fils de Kirsten, passionné par les voitures ( ce qui n'est pas sans rappeler le personnage de Chris dans le traité du zen et de l'entretien des motocyclettes de Pirsig), Angel essaye de trouver une explication à sa vie.
Au fond, la question lancinante est celle du fondement de nos croyances. Philip K.Dick en bon schizophrène met au même niveau réalité, la croyance en Dieu, ou à la présence active parmi nous des êtres disparus.
J'ai appris par la suite que le personnage de l'évêque était très fortement inspiré d'un personnage réel, intime de P.K.Dick, James Albert Pike.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la théorie selon laquelle les premières communautés religieuses chrétiennes auraient eu recours à des produits psychotropes, comme des amanites tue-mouches, a également existé.
Elle a été développée dans les années 70 par John M.Allegro, un érudit qui a participé à la traduction des manuscrits de la mer morte.
http://en.wikipedia.org/wiki/John_M._Allegro
Inutile de dire que sa carrière académique a été stoppée net suite à la publication de cet essai pour le moins iconoclaste.
Enfin, j'ai appris que P.K.Dick avait connu certaines forme d'épiphanie, après avoir rencontré une pharmacienne qui portait un collier Ichtus, symbole des premiers chrétiens :
À ce moment, quand j'ai fixé ce poisson scintillant et entendu ses mots, j'ai soudainement expérimenté ce que j'ai plus tard appris et appelé "anamnèse" - un mot grec signifiant, littéralement, " perte de l'amnésie". Je me suis souvenu de qui j'étais et où j'étais. À cet instant, en un clignement de cils, tout m'est revenu. Et pas seulement dans ma mémoire, mais je pouvais le voir aussi. La fille était une chrétienne secrète comme je l'étais. Nous avons vécu dans la peur de la découverte par les Romains. Nous devions communiquer par l'intermédiaire de signes cryptés. Elle m'a tout dit et sa haine de Rome. Mais, le plus important, je me suis souvenu de Jésus, qui était récemment avec nous, et est parti temporairement mais reviendra bientôt. Je fus empli de joie. Nous étions secrètement prêts à accueillir son retour. Ça ne sera pas long. Et les Romains ne le savent pas. Ils pensent qu'Il est mort, à jamais. C'était notre grand secret, notre gai savoir. En dépit de toutes ces apparences, le Christ va revenir, et notre plaisir et notre anticipation sont débordants.
Ce n'est pas forcément le bon endroit pour en parler, mais cela pourrait vous intéresser.
Je viens de finir la trilogie divine de l'auteur de science-fiction Philipp K.Dick (1928-1982).
C'est assez intéressant.
Le premier volume SIVA (Valis), relate le rapport étrange du personnage principal HorseLover Fat (éponyme de l'auteur) avec Dieu. Il cherche à retrouver le chemin de sa raison tandis qu'il sent que se superposent la rome antique (plus exactement l'an 70, date de la destruction du temple), la Californie des années 80, et un distant futur dans une étoile lointaine. Très psychédélique et assez autobiographique. P.K.Dick a eu en effet des hallucinations qui lui auraient permis de déceler une tumeur à son fils.
Le deuxième volume l'invasion divine est de facture plus classique.
Il raconte le retour de Dieu Yah sur terre.
Yah a été exclu de la terre par le pouvoir de l'adversaire Belial, et la seule possibilité de revenir est de passer "en contrebande" depuis une colonie spatiale via une nouvelle Marie portant un messie, Emmanuel, guidé par le prophète Elie.
Les références bibliques sont assez nombreuses et l'on retrouve encore ces idées psychotiques chères à P.K.Dick où la réalité semble avoir autant d'épaisseur que la fiction.
Le dernier volume La transmigration de Timothy Archer est sans doute le plus autobiographique des trois. C'est le dernier roman complet de Philipp K.Dick .
On peut difficilement parler d'œuvre de science-fiction.
Il s'agit plutôt d'un drame psychologique assez abouti ayant pour cadre la Californie.
Cela commence avec la mort de Lennon, la narratrice Angel Archer en recherche d'un sens à sa vie, s'apprête à rencontrer une sorte de gourou. Elle repense aux personnes qui l'ont marquée.
Elle revient alors à la rencontre improbable qu'elle avait organisée entre son beau-père, le très populaire évêque épiscopal de Californie Timothy Archer, et une amie féministe, Kirsten Lundberg. Ces deux personnes qu'à priori tout oppose, vont développer assez vite une relation intime.
Les thèmes développés par la suite, sont l'étude de la traduction des manuscrits de la mer morte qui montreraient que les "Zadokistes", secte hypothétique juive du 1er siècle avant J.C. avait développé des principes chrétiens antérieurement à Jésus, et également que les premières communautés chrétienne auraient eu recours à des champignons hallucinogènes.
Entre les expériences d'occultisme des uns, la folie psychotique du fils de Kirsten, passionné par les voitures ( ce qui n'est pas sans rappeler le personnage de Chris dans le traité du zen et de l'entretien des motocyclettes de Pirsig), Angel essaye de trouver une explication à sa vie.
Au fond, la question lancinante est celle du fondement de nos croyances. Philip K.Dick en bon schizophrène met au même niveau réalité, la croyance en Dieu, ou à la présence active parmi nous des êtres disparus.
J'ai appris par la suite que le personnage de l'évêque était très fortement inspiré d'un personnage réel, intime de P.K.Dick, James Albert Pike.
Aussi surprenant que cela puisse paraître, la théorie selon laquelle les premières communautés religieuses chrétiennes auraient eu recours à des produits psychotropes, comme des amanites tue-mouches, a également existé.
Elle a été développée dans les années 70 par John M.Allegro, un érudit qui a participé à la traduction des manuscrits de la mer morte.
http://en.wikipedia.org/wiki/John_M._Allegro
Inutile de dire que sa carrière académique a été stoppée net suite à la publication de cet essai pour le moins iconoclaste.
Enfin, j'ai appris que P.K.Dick avait connu certaines forme d'épiphanie, après avoir rencontré une pharmacienne qui portait un collier Ichtus, symbole des premiers chrétiens :
À ce moment, quand j'ai fixé ce poisson scintillant et entendu ses mots, j'ai soudainement expérimenté ce que j'ai plus tard appris et appelé "anamnèse" - un mot grec signifiant, littéralement, " perte de l'amnésie". Je me suis souvenu de qui j'étais et où j'étais. À cet instant, en un clignement de cils, tout m'est revenu. Et pas seulement dans ma mémoire, mais je pouvais le voir aussi. La fille était une chrétienne secrète comme je l'étais. Nous avons vécu dans la peur de la découverte par les Romains. Nous devions communiquer par l'intermédiaire de signes cryptés. Elle m'a tout dit et sa haine de Rome. Mais, le plus important, je me suis souvenu de Jésus, qui était récemment avec nous, et est parti temporairement mais reviendra bientôt. Je fus empli de joie. Nous étions secrètement prêts à accueillir son retour. Ça ne sera pas long. Et les Romains ne le savent pas. Ils pensent qu'Il est mort, à jamais. C'était notre grand secret, notre gai savoir. En dépit de toutes ces apparences, le Christ va revenir, et notre plaisir et notre anticipation sont débordants.