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Thèmes de campagne électorale et valeurs judéo-chrétiennes

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 21:32
par Christophe
Monsieur Grimpret,

Il semble que de plus en plus, les questions sociétales qui sont au centre de la campagne se positionnent par rapport aux positions de l'Eglise catholique en matière de moeurs publiques : mariage et adoption par les couples homosexuels, euthanasie, etc. Et il semble se dégager un consensus des grands partis de gouvernement (UMP / PS) contre les positions traditionnelles de l'Église. La République laïque en train de muer en République multiconfessionnelle tente-t-elle d'exorciser son passé catholique ? La doctrine catholique ne sert-elle pas aujourd'hui d'épouvantail ? Les électeurs catholiques attachés à l'enseignement de l'Église en matière sociale vont-ils se marginaliser dans un vote d'extrême-droite ?

Merci de vos réponses.
Christophe

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 21:43
par Matthieu GRIMPRET
Non, sincèrement, je ne crois pas qu'il y ait un complot contre l'Eglise catholique, qu'il soit conscient ou inconscient (votre référence à l'exorcisation - je ne parle pas d'exorcisme ! ;-)
D'ailleurs, je crois que le véritable défi ne réside pas dans le fait pour la république d'exorciser son passé catholique, mais dans la nécessité, pour les catholiques, d'exorciser leur "mainmise" sur la France. Mais c'est un autre débat.
En effet, "on" (les catholiques ? les hommes politiques ? la presse ? l'opinion ?) se focalise sur des questions qui semblent ne laisser aux catholiques d'autre choix que de voter pour ceux qui semblent en accord avec la doctrine catholique. Mais, en la circonstance, le réalisme politique commande de ne pas voter uniquement sur les questions de moeurs. Ou alors on exerce une sorte de droit de retrait, ce qui est aussi possible, ce qui est peut-être une piste d'ailleurs. Mais vous voyez où elle nous emmène ?

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 21:50
par Christophe
Matthieu GRIMPRET a écrit :Mais, en la circonstance, le réalisme politique commande de ne pas voter uniquement sur les questions de moeurs. Ou alors on exerce une sorte de droit de retrait, ce qui est aussi possible, ce qui est peut-être une piste d'ailleurs. Mais vous voyez où elle nous emmène ?
Non, pas très bien... :oops: pourriez-vous préciser ?

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:02
par Matthieu GRIMPRET
Les catholiques peuvent se retirer de l'arène politique (il y a des précédents théoriques - Baudoin en Belgique) et la fameuse note du Cardinal Ratzinger sur l'engagement des chrétiens en politique comporte des paragraphes qui peuvent s'interpréter comme une légitimation de ce comportement de retrait. mais si les catholiques se retirent, ils sont dans une optique communautariste. personnellement je ne suis pas contre, mais ils doivent alors revendiquer, non plus telle ou telle orientation politique (respect de la vie, politique familiale, justice sociale...), mais qu'on leur laisse faire ce qu'ils veulent dans leur "espace communautaire".

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:05
par Christophe
Merci pour vos réponses.

Ne pensez-vous pas que c'est précisément le chemin que nous prenons ? Comment l'Église catholique, dont le nombre des fidèles est en chute libre et l'influence politique en déroute, pourrait-elle encore espérer peser sur la politique générale ?

Christophe

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:05
par Charles
Il n'y a que des adversaires "engagés" de l'Eglise pour souhaiter que les catholiques se retirent de la vie politique.

Si les catholiques polonais, soutenus par le pape, n'avaient pas fait de politique...

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:17
par Matthieu GRIMPRET
Oui, c'est le chemin que les catholiques prennent. C'est pourquoi ils doivent se rendre maîtres de leur destin et ne pas se le laisser dicter par la malveillance ou l'indifférence des autres...ou leur propre aveuglement ! "Si ton oeil te conduit à pécher, arrache-le. Il vaut mieux entrer borgne au Royaume des Cieux..."

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:23
par Geronimo
Matthieu GRIMPRET a écrit :Non, sincèrement, je ne crois pas qu'il y ait un complot contre l'Eglise catholique, qu'il soit conscient ou inconscient (votre référence à l'exorcisation - je ne parle pas d'exorcisme ! ;-)
"Ecrasons l'infâme" ne serait plus d'actualité ?
Matthieu GRIMPRET a écrit : D'ailleurs, je crois que le véritable défi ne réside pas dans le fait pour la république d'exorciser son passé catholique, mais dans la nécessité, pour les catholiques, d'exorciser leur "mainmise" sur la France. Mais c'est un autre débat.
En effet, "on" (les catholiques ? les hommes politiques ? la presse ? l'opinion ?) se focalise sur des questions qui semblent ne laisser aux catholiques d'autre choix que de voter pour ceux qui semblent en accord avec la doctrine catholique. Mais, en la circonstance, le réalisme politique commande de ne pas voter uniquement sur les questions de moeurs. Ou alors on exerce une sorte de droit de retrait, ce qui est aussi possible, ce qui est peut-être une piste d'ailleurs. Mais vous voyez où elle nous emmène ?
En l'occurence se positionner sur les thèmes de l'avortement, de l'euthanasie, de la promotion de l'homosexualité n'est pas une question de repli communautaire mais de survie des nations occidentales.
Pourquoi les institutions internationales, notamment la communauté européenne, sanctionnent-elles les peuples qui ne s'engagent pas assez rapidement dans ces voies de destruction comme le Portugal et la Pologne ?


:-x

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:27
par in aeternum
Cette idée d'un repli communautariste est un terrible constat d'échec, non ?

Publié : jeu. 15 févr. 2007, 22:35
par Matthieu GRIMPRET
Pourquoi ? Qu'avions-nous, qu'aviez-vous entrepris dont on puisse dire que ça a échoué ? Nous ne pouvons pas être tenus pour responsables de la morbidité des civilisations, pour plagier Valéry.