Vous en pensez quoi?
Publié : lun. 02 déc. 2013, 21:03
Suite à la lecture du fil de Menthe, je me suis souvenue d'un passage de "Casti connubii" du pape Pie XI et je me demandais ce que vous en pensiez, car j'ai la forte impression que l'enseignement présenté est totalement tombé en désuétude. Du moins, je n'ai jamais entendu aucun prêtre en parler. Pourtant, je trouve cet extrait fort sage et le considère même encore plus important aujourd'hui qu'en 1930, lors de la publication de cette lettre encyclique.
Je vous cite le texte:
En effet, combien de baptisés non croyants se sont mariés religieusement pour avoir une belle fête et non dans l'optique de suivre les commandements de l'Eglise (en l'occurrence liberté, indissolubilité, fidélité et fécondité)? Les prêtres ont-ils raisons d'être si libéraux en la matière (comme en bien d'autres)? Car sincèrement, quelle souffrance pour l'époux ou l'épouse catholique d'être condamné/e à la continence en cas (non rare) de divorce...
De plus, la transmission de la foi est bien plus difficile dans ce genre de foyers, comme le fait remarquer le pape. D'ailleurs, les musulmans pratiquants ont un taux de mariages endogames (j'entends par là l'endogamie religieuse) beaucoup plus élevé que les catholiques et cela se ressent sur la piété des jeunes générations. On pourrait faire la même remarque pour les juifs ou les évangéliques pratiquants.
Bref, qu'en pensez-vous? Le clergé a-t-il tort de ne pas aborder la question? Doit-il être plus souple que le pape Pie XI en son temps (nettement moins déchristianisé tout de même que le nôtre)?
Je vous remercie de votre attention!
Suliko
Je vous cite le texte:
En interprétant selon l'esprit plutôt que selon la lettre, j'aurais même tendance à ranger dans la catégorie "unions mixtes" le mariage de deux baptisés dont seulement un est de fait croyant, voire même dont les deux ne sont pas vraiment croyants.Dangers des unions mixtes
Ils se mettent bien en défaut à cet égard, et parfois non sans risquer leur salut éternel, ceux qui s'engagent témérairement dans les unions mixtes, dont l'amour maternel et la maternelle prévoyance de l'Église, pour des raisons très graves, détourne les siens — comme on le voit par de nombreux documents, y compris le canon du Code qui décrète ceci : « L'Église prohibe très sévèrement le mariage entre deux personnes baptisées, dont une est catholique et dont l'autre est adhérente à une secte hérétique ou schismatique ; que s'il y a péril de perversion pour l'époux catholique et pour les enfants, le mariage est interdit par la loi divine elle. Même. » 64. Si l'Église, quelquefois, pour des raisons de temps, de choses, de personnes, ne refuse point de dispenser de ces sévères prescriptions (le droit divin étant sauf, et le péril de perversion ayant été écarté dans toute la mesure possible), il arrivera toutefois difficilement que l'époux catholique ne subisse en ce genre de mariage aucun détriment.
Il n'est pas rare qu'il en résulte pour les enfants de déplorables défections religieuses, ou, du moins, un glissement rapide en ce qu'on appelle l'indifférence religieuse, si proche de l'infidélité et de l'impiété. Ajoutons que les mariages mixtes rendent beaucoup plus difficile cette vivante unanimité qui reproduit le mystère que nous avons dit, savoir l'union ineffable de l'Église avec le Christ.
Cette étroite union des cœurs, en effet, sera difficilement réalisée, qui, étant le signe et la note de l'Église du Christ, doit être pareillement le signe, la gloire et l'ornement du mariage chrétien. Car le lien des cœurs se rompt d'ordinaire, il se relâche tout au moins, quand interviennent, dans les choses suprêmes que l'homme vénère, c'est-à-dire dans les vérités et les sentiments religieux, la dissemblance des esprits et la diversité des volontés. D'où le péril que la charité ne languisse entre les époux, et, conséquemment, que ne soient ébranlés la paix et le bonheur de la société domestique, qui naît surtout de l'union des cœurs. Car, comme l'avait défini l'antique Droit Romain : « Les noces sont la conjonction de l'homme et de la femme, la mise en commun de toute leur vie, la communauté parfaite du droit divin et du droit humain. »
En effet, combien de baptisés non croyants se sont mariés religieusement pour avoir une belle fête et non dans l'optique de suivre les commandements de l'Eglise (en l'occurrence liberté, indissolubilité, fidélité et fécondité)? Les prêtres ont-ils raisons d'être si libéraux en la matière (comme en bien d'autres)? Car sincèrement, quelle souffrance pour l'époux ou l'épouse catholique d'être condamné/e à la continence en cas (non rare) de divorce...
De plus, la transmission de la foi est bien plus difficile dans ce genre de foyers, comme le fait remarquer le pape. D'ailleurs, les musulmans pratiquants ont un taux de mariages endogames (j'entends par là l'endogamie religieuse) beaucoup plus élevé que les catholiques et cela se ressent sur la piété des jeunes générations. On pourrait faire la même remarque pour les juifs ou les évangéliques pratiquants.
Bref, qu'en pensez-vous? Le clergé a-t-il tort de ne pas aborder la question? Doit-il être plus souple que le pape Pie XI en son temps (nettement moins déchristianisé tout de même que le nôtre)?
Je vous remercie de votre attention!
Suliko