Rupture des voeux
Publié : sam. 16 nov. 2013, 13:42
Bonjour
En cherchant totalement autre chose je suis tombée sur un site pédagogique dédié au film La Religieuse de Guillaume Nicloux (2012), d'après le roman de Diderot.
Si je comprends bien, au 18ème siècle et sans doute avant, une religieuse (ou un religieux) dont la demande d'annulation des vœux est refusée est obligée de rester dans son couvent (j'allais dire "de rester emprisonnée") ? Pourquoi ? Quels sont les motifs "légitimes" pour que la demande soit acceptée ?
Depuis quand ça ne marche plus comme ça ?
Comment ça se passe aujourd'hui si une religieuse veut rompre ses vœux ?
En cherchant totalement autre chose je suis tombée sur un site pédagogique dédié au film La Religieuse de Guillaume Nicloux (2012), d'après le roman de Diderot.
Zérodeconduite.net : Pour en revenir à la Suzanne de Diderot, est-ce que l'on connait beaucoup de cas attestés de vocations forcées ?
E. L. : La question des vocations forcées a été longuement débattue par les historiens. Il faut faire la part entre la profusion d'écrits sur le sujet et la réalité des requêtes d'annulation de vœux. Pour le XVIIIème siècle on recense pas moins d’une centaine de romans et essais relatant les malheurs de jeunes filles forcées à entrer au monastère. La vocation forcée devient un véritable lieu commun de la littérature du XVIIIème siècle. Mais il y a un hiatus entre cette littérature et la rareté des demandes en réclamations de vœux dans les sources dont on dispose. Selon un ouvrage récent portant sur les demandes d’annulation de vœux faites au pape, on recense pour tout le XVIIIème siècle environ un millier de dossiers d'annulation de vœux, qui pour les trois quarts concernent des hommes. Dans la moitié des cas, on ne connaît pas la décision finale de la papauté, mais pour l'autre moitié, il y environ 25 % d'annulations accordées. Il y a beaucoup moins de requêtes présentées par des femmes, mais celles-ci ont proportionnellement plus de chances d'aboutir. Les difficultés sont nombreuses pour les religieuses qui souhaitent annuler leurs vœux : elles s’engagent dans un procès souvent contre l’avis de leur famille; elles s’exposent aux représailles de leur communauté ; enfin, ces procédures ont un coût (il faut par exemple payer des taxes sur les lettres et les actes judiciaires), ce qui suppose de pouvoir les financer : elles sont donc plutôt réservées au classes aisées.
http://www.zerodeconduite.net/lareligie ... usset.htmlZérodeconduite.net : Que risque Suzanne lorsqu'elle s'enfuie ?
E. L. : Comme sa procédure d'annulation a été rejetée et qu'elle ne peut pas rompre des vœux faits à Dieu, elle peut, si elle est retrouvée, être excommuniée et enfermée à nouveau.
Si je comprends bien, au 18ème siècle et sans doute avant, une religieuse (ou un religieux) dont la demande d'annulation des vœux est refusée est obligée de rester dans son couvent (j'allais dire "de rester emprisonnée") ? Pourquoi ? Quels sont les motifs "légitimes" pour que la demande soit acceptée ?
Depuis quand ça ne marche plus comme ça ?
Comment ça se passe aujourd'hui si une religieuse veut rompre ses vœux ?