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Valeur de la souffrance ou dolorisme?
Publié : lun. 21 nov. 2011, 18:28
par Isabelle47
etienne lorant a écrit :Non, la recherche du recueillement, ce n'est pas une faute. Mais la prière qui monte d'un wagon de métro bondé où l'on transpire à grosses gouttes vaudra plus aux yeux du Seigneur. De même la prière dans le froid, dans la douleur, bref dans les conditions difficiles. Je crois que le risque existe d'assimiler "bonne prière" à "bonne relaxation", sans plus...
Bonsoir, Etienne Lorant,
Je me demande si prier en souffrant rend la prière plus valable aux yeux du Seigneur, comme vous le dites.
Si la recherche de notre propre bien être (relaxation) n'est pas une valeur en soi, le penchant au "dolorisme" ne l'est guère plus.
Il me semble que cette dérive (du dolorisme) n'a été que trop présente dans la religion catholique telle qu'on nous l'a enseignée (il y a "quelques années"

)et qu'elle y a laissé encore trop de traces.
Certes, Jésus à souffert la Passion... certes, il a dit de Le suivre.
Mais a-t-il dit que la souffrance était en soi quelque chose de positif et qui nous rapprocherait de Dieu?
En revanche, que cette notion ait été très répandue (peut-être à tort), c'est incontestable. Je me souviens, enfant, avoir entendu des récits de vies édifiantes de ce qu'elles appelaient des "petites saintes", de la part de mes institutrices (soeurs dominicaines)des enfants se faisant souffrir volontairement afin d'être plus proche du Christ...
Re: Les traditions étrangères
Publié : lun. 21 nov. 2011, 20:03
par etienne lorant
La souffrance n'est pas en soi une chose positive, mais elle est une donnée qu'on ne peut éluder, évidemment. D'ailleurs, la parole du Christ est assez claire: "Celui qui veut me suivre, qu'il prenne sa croix chaque jour et qu'il me suive". En 2004, j'ai demandé au Seigneur de me délivrer du tabac et il m'en fut fait comme je l'avais prié. Au troisième jour d'abstinence, les timbres de nicotine n'ont plus eu aucun effet et j'ai commencé de souffrir terriblement; cependant, une Joie m'a envahie au même moment et elle était si forte que, par la suite, je me suis dit souvent: "Ah, si cet après-midi là pouvait recommencer chaque jour !" Car la douleur du manque était tellement investie par la Joie que j'aurais voulu tout recommencer (ce que je n'ai pas fait, bien sûr - mais du coup, j'ai moins peur du purgatoire). Par contre, ceux qui s'imposent des pénitences physiques - à moins qu'elle soient soumises à l'obéissance au directeur spirituel... commettent des fautes graves.
Re: Les traditions étrangères
Publié : lun. 21 nov. 2011, 23:32
par Isabelle47
Ceux qui s'imposent des souffrances commettent des fautes graves.
Je suis d'accord avec vous. Il s'agit d'une forme d'orgueil, non?
Re: Les traditions étrangères
Publié : lun. 21 nov. 2011, 23:50
par stephlorant
Pas forcément: pensez-vous que Charles de Foucauld ait choisi d'aller vivre à Bethléem pour seulement y souffrir en faisant pénitence ? Je crois plutôt qu'il recherchait à vouloir, à l'imitation de Jésus, se faire le plus petit parmi tous après avoir été un 'dandy' dans le monde. Je crois que les saints cherchent à rejoindre plus vite le Seigneur et c'est leur course échevelée qui nous fait songer à une forme de 'masochisme'. Qu'en disent les autres sur ce forum ?