Besoin de spiritualité
Publié : jeu. 26 sept. 2013, 11:45
Bonjour à tous.
Mon "cas" est un peu compliqué, j'espère n'ennuyer personne sur ce forum.
Je mène depuis un certain temps une quête spirituelle qui n'aboutit pas. Pourquoi je me tourne vers un forum catholique?
J'ai été baptisé, et j'ai fait ma première communion puis ma profession de foi à 12 ans, un âge où on est un peu jeune pour avoir un esprit critique et se poser les vraies questions... Ma mère est catholique et croyante, pas vraiment pratiquante. Mon père, agnostique.
Quand est venu l'âge des interrogations un peu plus matures, j'ai tout remis en question. Jusqu'alors, l'existence de Dieu ne faisait aucun doute pour moi, les catholiques détenaient la vérité, ma mère m'avait élevé dans cette certitude. Puis j'ai commencé à me demander, si entité divine il y a , quand est-elle née, pourquoi laisse-t-elle des personnes mourir dans d'atroces souffrances, mais aussi, d'autres questions du type, quand la terre n'était peuplée que de lézards géants, pendant des millions d'années, qu'est-ce que Dieu fabriquait? Il s'occupait d'autres mondes?
Je suis passé par une phase carrément anti-chrétienne à l'adolescence et à la post-adolescence, me réfugiant dans le mouvement musical black-métal et arborant t-shirt avec croix renversées. J'avais beaucoup de haine à l'époque, j'étais très en décalage par rapport à mes camarades, j'ai connu l'exclusion et les moqueries, la mise à l'écart. Alors j'ai choisi de détester la terre entière et de jouer les "maléfiques". J'ai vécu avant ce passage radical une grosse déception par rapport à une prière qui n'a pas été exaucée, ce qui a définitivement signé mon passage vers ce mouvement et rompu mes relations avec Dieu, si tant est qu'il existe. Je n'ai plus jamais remis les pieds dans une église depuis lors, ne me suis plus confessé et ne me suis plus adressé à des religieux (ou presque, je reviendrai là-dessus). C'était il y a 18 ans.
Fatigué de cette haine, j'ai pu sortir de ce mouvement, passer à autre chose et rentrer dans le moule, me sociabiliser, sortir de ma coquille, faire ma vie d'homme. Je n'ai plus jamais été insultant ni hostile envers l'église. Moqueur ou goguenard parfois. Mais la foi n'est jamais revenue.
Très attiré par l'ésotérisme, ayant eu quelques expériences avec le paranormal, j'ai cru en l'âme jusqu'à il y a quelques années. Au corps astral. En fait, je suis devenu agnostique, un peu comme mon père.
L'autre passage important fut la rencontre avec mon épouse, il y a sept ans, dans un pays d'Asie du Sud-Est. J'ai alors découvert le Bouddhisme, mais aussi l'animisme. J'ai trouvé les deux fascinants, surtout le second, l'idée d'être entouré d'esprits à honorer me plaisant beaucoup. Mais je n'ai jamais vraiment adhéré, cela me parait très naïf. Quand au Bouddhisme, voyant la sérénité que cela procurait à ma femme, sa certitude absolue face à ce qui pouvait se passer après la mort, son absence de doute, je l'ai enviée, j'ai essayé de m'y mettre, j'ai lu des ouvrages sur le sujet, l'ai suivie dans ses rites. Sans succès. La privation, le déni du plaisir inhérents à cette philosophie, ne me convenaient pas. Et surtout , je suis bassement humain, et ne jamais juger m'est impossible, en bien ou en mal. Je ne peux m'empêcher de condamner sévèrement un tueur d'enfants par exemple, et de l'affubler de tous les noms d'oiseaux.
Autre point important: je souffre de troubles anxieux assez sévères. Ils sont partiellement majorés par la peur de la mort, et par le fait que je me sois laissé convaincre par le discours des athées d'année en année. Rien ne me terrifie davantage que la perspective du néant, de ne plus avoir de conscience, de ne plus exister. Cette peur n'a pas été calmée par l'essai du Bouddhisme. Je précise que le Bouddhisme, ce n'est, contrairement au discours très répandu, pas qu'une philosophie. Il est observé comme une religion aussi. En Asie du Sud-Est, les croyants s'adressent à Bouddha comme à une entité divine, ils croient au paradis, à l'enfer, et tout n'est pas centré sur la recherche du nirvana, de la cessation de la souffrance, de l'extinction ultime sans aucune renaissance, du sommeil éternel. Si ça avait été le cas, ça m'aurait angoissé d'emblée. Je suis admiratif et envieux comme je l'ai dit, de la foi inébranlable de ma femme. Mais pour moi, ça ne vient pas. Par contre, je la laisse élever notre fille dans cet esprit, parce que veux que jamais elle ne souffre des mêmes angoisses que son père, je lui souhaite la même sérénité que sa mère.
Alors pourquoi m'adresser à un forum catholique? J'ai besoin de spiritualité. Ce besoin est inassouvi. J'ai besoin, je pense de prier, je pense que ça peut beaucoup m'aider. Je consulte un psy, mais les anxiolytiques et la thérapie ne sont pas complètement efficaces, je ne suis jamais complètement heureux, j'ai toujours l'impression d'un drame imminent. Les réponses qu'il m'apporte ne me conviennent pas complètement, accepter mon scepticisme, mon agnosticisme voire mon athéisme profond... Et si la prière pouvait m'apporter apaisement? Mais comment prier sans avoir retrouvé la foi, en doutant toujours? En passant devant des églises près de chez moi, je me sens attiré à nouveau, peut-être parce que c'est la religion de mon enfance. Je songe à demander l'écoute d'un prêtre. A discuter des questions théologiques qui m'habitent. J'aurais presque envie qu'il arrive à me convaincre totalement, ne plus accepter que ce que je pense être, comme mon épouse, avoir la conviction inébranlable d'un après. Mais ça me parait bien difficile. Et puis sauter le pas, oser rentrer à nouveau dans une église... Après tout ce temps... Je me sens très gêné.
Quand je parcours votre forum, pardonnez-moi cette franchise, mais je me dis que le catholicisme et la chrétienté en général ont besoin d'être dépoussiérés pour pouvoir exister face à l'islam et aux autres religions. Quand je vois la réponse qui a été faite à certains intervenant qui parlaient de leur homosexualité, la suggestion de continence... Je ne suis pas pour le mariage homo, mais bon... Inutile de s'empêcher d'aimer si on ne fait pas de mal aux autres, ni à chercher à se réorienter dans une sexualité qui n'est pas la sienne. Je vois la gaytitude comme une particularité, pas comme une normalité même si je déteste ce mot. Si la filiation naturelle se fait entre hétéros, ce n'est pas pour rien. Mais je ne la vois pas comme un pêché non plus, les adultes consentants font ce qu'ils veulent entre eux si ils n'occasionnent pas la souffrance d'autrui. Je suis en désaccord avec bien des dogmes.
J'ai fait des choses qui pourraient être répréhensibles selon la religion, pas selon les lois. Des choses que je n'aurais aucune envie de confesser parce que je considère pas avoir mal agi. Pour être plus précis, j'ai, avant d'être marié, fréquenté les prostituées dans le pays de ma femme. Attention, pas de clichés, elles étaient toutes largement majeures, ne mourraient pas de faim, n'étaient pas en haillons, c'était des filles joyeuses qui apportaient du bonheur à des hommes esseulés, avec qui on partageait un moment. Beaucoup d'idées reçues circulent sur là-bas. Si je vous confie ceci, c'est pour observer un peu vos réactions, pour réfléchir à une possibilité de retour pour moi à cette religion, à une compatibilité.. Je me doute qu'à la simple évocation de ces faits, certains risquent de bondir, de parler de l'exploitation du corps humain, etc. Mais je ne vois pas les choses ainsi, la sexualité est selon moi un besoin naturel, auquel les célibataires sont libres de s'adonner. Pour autant, je suis un mari fidèle. Je préfère jouer cartes sur table, ainsi je verrai si on me considère ici comme un vilain bonhomme.
Pour continuer un peu mon histoire, il y a deux ans, ma femme souffrait elle-même de ne pas pouvoir observer sa religion correctement loin de son pays, les lieux de culte bouddhistes ne sont pas légion. Alors j'ai essayé de la brancher un peu sur le catholicisme, pourvu qu'elle puisse prier, et j'avais alors secrètement espéré trouver des réponses moi-même en la suivant si elle accrochait, nous avions à cette occasion rencontré une bonne soeur. Mais elle n'a pas accroché, et ça a avorté pour moi du même coup. Aujourd'hui, si je retourne vers cette voie, ce sera sans elle. Ce n'est pas sa culture. Point.
Peut-être suis-je très égoïste dans le fond, je recherche la conviction de la continuité après la mort, de l'immortalité en quelques sortes, tout en refusant de me soumettre à toutes les croyances. Mais je recherche la paix, l'amour et la fraternité aussi.
Voilà, merci à ceux qui auront le courage de me lire, ça fait un gros pâté, je sais. Mais j'avais besoin d'en parler et je n'ai personne avec qui aborder ces questions. Je suis un peu perdu, il y a un gros fouillis dans mon esprit, j'ai besoin d'écoute et de conseils. J'espère que vous ne me jugerez pas.
Bonne journée à tous
Mon "cas" est un peu compliqué, j'espère n'ennuyer personne sur ce forum.
Je mène depuis un certain temps une quête spirituelle qui n'aboutit pas. Pourquoi je me tourne vers un forum catholique?
J'ai été baptisé, et j'ai fait ma première communion puis ma profession de foi à 12 ans, un âge où on est un peu jeune pour avoir un esprit critique et se poser les vraies questions... Ma mère est catholique et croyante, pas vraiment pratiquante. Mon père, agnostique.
Quand est venu l'âge des interrogations un peu plus matures, j'ai tout remis en question. Jusqu'alors, l'existence de Dieu ne faisait aucun doute pour moi, les catholiques détenaient la vérité, ma mère m'avait élevé dans cette certitude. Puis j'ai commencé à me demander, si entité divine il y a , quand est-elle née, pourquoi laisse-t-elle des personnes mourir dans d'atroces souffrances, mais aussi, d'autres questions du type, quand la terre n'était peuplée que de lézards géants, pendant des millions d'années, qu'est-ce que Dieu fabriquait? Il s'occupait d'autres mondes?
Je suis passé par une phase carrément anti-chrétienne à l'adolescence et à la post-adolescence, me réfugiant dans le mouvement musical black-métal et arborant t-shirt avec croix renversées. J'avais beaucoup de haine à l'époque, j'étais très en décalage par rapport à mes camarades, j'ai connu l'exclusion et les moqueries, la mise à l'écart. Alors j'ai choisi de détester la terre entière et de jouer les "maléfiques". J'ai vécu avant ce passage radical une grosse déception par rapport à une prière qui n'a pas été exaucée, ce qui a définitivement signé mon passage vers ce mouvement et rompu mes relations avec Dieu, si tant est qu'il existe. Je n'ai plus jamais remis les pieds dans une église depuis lors, ne me suis plus confessé et ne me suis plus adressé à des religieux (ou presque, je reviendrai là-dessus). C'était il y a 18 ans.
Fatigué de cette haine, j'ai pu sortir de ce mouvement, passer à autre chose et rentrer dans le moule, me sociabiliser, sortir de ma coquille, faire ma vie d'homme. Je n'ai plus jamais été insultant ni hostile envers l'église. Moqueur ou goguenard parfois. Mais la foi n'est jamais revenue.
Très attiré par l'ésotérisme, ayant eu quelques expériences avec le paranormal, j'ai cru en l'âme jusqu'à il y a quelques années. Au corps astral. En fait, je suis devenu agnostique, un peu comme mon père.
L'autre passage important fut la rencontre avec mon épouse, il y a sept ans, dans un pays d'Asie du Sud-Est. J'ai alors découvert le Bouddhisme, mais aussi l'animisme. J'ai trouvé les deux fascinants, surtout le second, l'idée d'être entouré d'esprits à honorer me plaisant beaucoup. Mais je n'ai jamais vraiment adhéré, cela me parait très naïf. Quand au Bouddhisme, voyant la sérénité que cela procurait à ma femme, sa certitude absolue face à ce qui pouvait se passer après la mort, son absence de doute, je l'ai enviée, j'ai essayé de m'y mettre, j'ai lu des ouvrages sur le sujet, l'ai suivie dans ses rites. Sans succès. La privation, le déni du plaisir inhérents à cette philosophie, ne me convenaient pas. Et surtout , je suis bassement humain, et ne jamais juger m'est impossible, en bien ou en mal. Je ne peux m'empêcher de condamner sévèrement un tueur d'enfants par exemple, et de l'affubler de tous les noms d'oiseaux.
Autre point important: je souffre de troubles anxieux assez sévères. Ils sont partiellement majorés par la peur de la mort, et par le fait que je me sois laissé convaincre par le discours des athées d'année en année. Rien ne me terrifie davantage que la perspective du néant, de ne plus avoir de conscience, de ne plus exister. Cette peur n'a pas été calmée par l'essai du Bouddhisme. Je précise que le Bouddhisme, ce n'est, contrairement au discours très répandu, pas qu'une philosophie. Il est observé comme une religion aussi. En Asie du Sud-Est, les croyants s'adressent à Bouddha comme à une entité divine, ils croient au paradis, à l'enfer, et tout n'est pas centré sur la recherche du nirvana, de la cessation de la souffrance, de l'extinction ultime sans aucune renaissance, du sommeil éternel. Si ça avait été le cas, ça m'aurait angoissé d'emblée. Je suis admiratif et envieux comme je l'ai dit, de la foi inébranlable de ma femme. Mais pour moi, ça ne vient pas. Par contre, je la laisse élever notre fille dans cet esprit, parce que veux que jamais elle ne souffre des mêmes angoisses que son père, je lui souhaite la même sérénité que sa mère.
Alors pourquoi m'adresser à un forum catholique? J'ai besoin de spiritualité. Ce besoin est inassouvi. J'ai besoin, je pense de prier, je pense que ça peut beaucoup m'aider. Je consulte un psy, mais les anxiolytiques et la thérapie ne sont pas complètement efficaces, je ne suis jamais complètement heureux, j'ai toujours l'impression d'un drame imminent. Les réponses qu'il m'apporte ne me conviennent pas complètement, accepter mon scepticisme, mon agnosticisme voire mon athéisme profond... Et si la prière pouvait m'apporter apaisement? Mais comment prier sans avoir retrouvé la foi, en doutant toujours? En passant devant des églises près de chez moi, je me sens attiré à nouveau, peut-être parce que c'est la religion de mon enfance. Je songe à demander l'écoute d'un prêtre. A discuter des questions théologiques qui m'habitent. J'aurais presque envie qu'il arrive à me convaincre totalement, ne plus accepter que ce que je pense être, comme mon épouse, avoir la conviction inébranlable d'un après. Mais ça me parait bien difficile. Et puis sauter le pas, oser rentrer à nouveau dans une église... Après tout ce temps... Je me sens très gêné.
Quand je parcours votre forum, pardonnez-moi cette franchise, mais je me dis que le catholicisme et la chrétienté en général ont besoin d'être dépoussiérés pour pouvoir exister face à l'islam et aux autres religions. Quand je vois la réponse qui a été faite à certains intervenant qui parlaient de leur homosexualité, la suggestion de continence... Je ne suis pas pour le mariage homo, mais bon... Inutile de s'empêcher d'aimer si on ne fait pas de mal aux autres, ni à chercher à se réorienter dans une sexualité qui n'est pas la sienne. Je vois la gaytitude comme une particularité, pas comme une normalité même si je déteste ce mot. Si la filiation naturelle se fait entre hétéros, ce n'est pas pour rien. Mais je ne la vois pas comme un pêché non plus, les adultes consentants font ce qu'ils veulent entre eux si ils n'occasionnent pas la souffrance d'autrui. Je suis en désaccord avec bien des dogmes.
J'ai fait des choses qui pourraient être répréhensibles selon la religion, pas selon les lois. Des choses que je n'aurais aucune envie de confesser parce que je considère pas avoir mal agi. Pour être plus précis, j'ai, avant d'être marié, fréquenté les prostituées dans le pays de ma femme. Attention, pas de clichés, elles étaient toutes largement majeures, ne mourraient pas de faim, n'étaient pas en haillons, c'était des filles joyeuses qui apportaient du bonheur à des hommes esseulés, avec qui on partageait un moment. Beaucoup d'idées reçues circulent sur là-bas. Si je vous confie ceci, c'est pour observer un peu vos réactions, pour réfléchir à une possibilité de retour pour moi à cette religion, à une compatibilité.. Je me doute qu'à la simple évocation de ces faits, certains risquent de bondir, de parler de l'exploitation du corps humain, etc. Mais je ne vois pas les choses ainsi, la sexualité est selon moi un besoin naturel, auquel les célibataires sont libres de s'adonner. Pour autant, je suis un mari fidèle. Je préfère jouer cartes sur table, ainsi je verrai si on me considère ici comme un vilain bonhomme.
Pour continuer un peu mon histoire, il y a deux ans, ma femme souffrait elle-même de ne pas pouvoir observer sa religion correctement loin de son pays, les lieux de culte bouddhistes ne sont pas légion. Alors j'ai essayé de la brancher un peu sur le catholicisme, pourvu qu'elle puisse prier, et j'avais alors secrètement espéré trouver des réponses moi-même en la suivant si elle accrochait, nous avions à cette occasion rencontré une bonne soeur. Mais elle n'a pas accroché, et ça a avorté pour moi du même coup. Aujourd'hui, si je retourne vers cette voie, ce sera sans elle. Ce n'est pas sa culture. Point.
Peut-être suis-je très égoïste dans le fond, je recherche la conviction de la continuité après la mort, de l'immortalité en quelques sortes, tout en refusant de me soumettre à toutes les croyances. Mais je recherche la paix, l'amour et la fraternité aussi.
Voilà, merci à ceux qui auront le courage de me lire, ça fait un gros pâté, je sais. Mais j'avais besoin d'en parler et je n'ai personne avec qui aborder ces questions. Je suis un peu perdu, il y a un gros fouillis dans mon esprit, j'ai besoin d'écoute et de conseils. J'espère que vous ne me jugerez pas.
Bonne journée à tous