J'ai parcouru rapidement le contenu, cela me semble très léger, surtout au vu de la façon de la façon dont le problème est abordé actuellement par les philosophes analytiques anglo-saxons qui ont considérablement approfondi le sujet depuis les années 1960 (je pense particulièrement à Alvin Plantinga, Antony Flew, et à Richard Swinburne).
Beaucoup trop rapidement :
D'abord, il faut diviser le problème du mal entre le problème émotionnel du mal (A) et le problème intellectuel du mal (B). Et voir si l'existence du mal n'est pas un argument en faveur de l'existence de Dieu (C)
A) Le problème émotionnel est largement compréhensible et, sauf exception pathologique, chacun de nous le ressent et l'éprouve. Ce sentiment de compassion n'offre toutefois pas un argument rationnel contre Dieu. On doit développer des arguments logiques pour démontrer que l'intensité de la souffrance et du mal est incompatible avec l'existence de Dieu (autrement chacun au nom de son ressenti émotionnel peut affirmer tout et son contraire sans se justifier au-delà). C'est là que les choses se corsent. Nous tombons dans le problème intellectuel du mal.
B) Les philosophes analytiques ont identifié deux grandes subdivisions dans ce problème intellectuel. Le problème ontologique (1) et le problème relatif à la fréquence du mal (2).
1) Le problème ontologique consisterait à construire un syllogisme semblable à celui-ci : a) Le mal existe, b) l'existence du mal est contradictoire avec l'existence d'un Dieu bienvaillant, omnipotent, moralement parfait donc c) Dieu n'existe pas.
Mais aucun philosophe n'a jamais pu démontrer la validité de la prémisse b). Il suffit notamment que Dieu donne le libre arbitre aux hommes (c'est la défense par le libre arbitre systématisée par Alvin Plantinga).
2) Reste le problème de la fréquence du mal sur terre. Il y aurait trop de mal sur terre pour que l'existence de Dieu soit probable. Mais pour juger de cette probabilité il faudrait que nos facultés intellectuelles soient semblables à celles de Dieu. Nous ne sommes pas en position de dire si telle souffrance ne va pas conduire le nombre optimal de gens à librement connaître Dieu dans l'avenir.
C) Enfin l'argument du mal est paradoxalement un argument en faveur de l'existence de Dieu. Avec le syllogisme suivant : a) il existe des choses objectivement mauvaises, de tout temps, en tout lieu,indépendamment des observateurs (dite valeurs morales objectives) b) or si Dieu n'existe pas, les valeurs morales objectives n'existent pas, donc c) Dieu existe.
Argument puissant puisque si le contradicteur refuse a), il tombe dans le relativisme et n'a plus aucune raison de mettre en avant le problème du mal comme obstacle à l'existence de Dieu (le mal devient subjectif). Et, pour b), si les valeurs morales objectives existent on ne voit pas ce qui peut pas être leur cause, hormis Dieu.
En français,
Y a-t-il un Dieu ?,de Richard Swinburne aux éditions Ithaque.
http://www.amazon.fr/Y--t--Dieu-Richard ... 916120092/
Pour finir, une précision, mais sûrement indispensable. Je ne recommanderai pas, sauf exception, de développer ces arguments intellectuels, par nature très froids, pour consoler une personne en situation de détresse, comme une mère venant tout juste de perdre son nouveau né.